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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Thèse d'Armin Mohler parue en 1950, devenue la référence sur la nébuleuse de la Révolution conservatrice allemande. Entre 1918 et 1932 s'est formée une famille de pensée ni réactionnaire ni nazie - jeunes-conservateurs, révolutionnaires nationaux, mouvement bündisch, populistes - unie par le refus du libéralisme, du parlementarisme et de l'esprit de 1789, de Jünger à Schmitt.
Livre le plus lu de José Ortega y Gasset, paru en 1930, et l'un des essais les plus influents du XXe siècle. La modernité y a produit un type humain nouveau, l'« homme-masse » : satisfait de lui-même, héritier de droits qu'il croit naturels, fermé à ce qui le dépasse. Sa révolte n'est pas une révolution sociale mais une insolence : il occupe la scène et impose ses goûts.
Paru chez Félix Alcan en 1894, ce premier grand essai rendit Gustave Le Bon célèbre et prépara Psychologie des foules. Il y fonde une science des peuples : chaque peuple est guidé par une « âme » collective, héritage stable forgé par les ancêtres, dont institutions, arts et croyances ne sont que les expressions - et qu'on ne transpose pas d'un peuple à l'autre.
Œuvre posthume de Marcel de Corte, philosophe belge et thomiste, parue en 2002 chez R. Perrin. Sa thèse : une société ne tient pas par le contrat ou la prospérité mais par un héritage reçu - nature, famille, religion, mémoire. En rejetant ces fondements au nom de l'individu souverain, l'Occident ne réforme pas la société, il la dissout : voilà la « dissociété ».
Rédigé en 1950, Orientations est le plus bref et le plus direct des textes de Julius Evola : onze points destinés aux hommes qui, après la guerre, se reconnaissent dans une droite européenne en ruines. La défaite matérielle ne signifie pas la défaite intérieure : fidélité aux principes plutôt qu'aux régimes, aristocratie de l'âme contre démocratie de masse.
Grand essai polémique d'Abel Bonnard paru chez Grasset en 1936, sous-titré Le Drame du présent, dans la France du Front populaire. Sa thèse : la modération n'est pas une sagesse mais une fuite ; la prudence systématique sert toujours le camp le plus déterminé. Contre l'esprit de demi-mesure, Bonnard appelle à une doctrine de la décision.
Livre le plus lu de Carl Schmitt, paru en 1922. Il s'ouvre sur une formule devenue canonique : « Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle. » Contre le normativisme de Kelsen, Schmitt soutient que l'ordre juridique repose sur une décision, non sur une norme, et que les concepts de l'État moderne sont des concepts théologiques sécularisés.
Publié à titre posthume en 2021 aux Éditions du Labyrinthe, ce recueil rassemble les dernières réflexions de Guillaume Faye, mort en 2019. Le titre dit le programme : Faye ne met plus en garde contre le déclin, il le constate - une chute civilisationnelle démographique, identitaire et culturelle que les illusions progressistes rendent irréversible.
Testament intellectuel de Juan Donoso Cortés, paru en 1851, après les révolutions de 1848. Sa thèse : toute question politique est au fond une question théologique. Le socialisme athée pousse la négation jusqu'au bout ; le libéralisme n'est que l'école de la discussion, incapable de décider ; seul le catholicisme offre une réponse complète, parce qu'il affirme.
Publiée en 1958, la Métaphysique du sexe est née d'un projet d'introduction au Sexe et Caractère d'Otto Weininger, devenu livre à part entière. Evola y soutient que le masculin et le féminin sont des principes métaphysiques incarnés, non de simples données biologiques : le monde moderne, en nivellant cette différence ou en la réduisant à la pulsion, en perd la signification profonde.
Grand essai d'Ernst Jünger paru en 1932 (Der Arbeiter), entre défaite de 1918 et effondrement de Weimar. Tirant les leçons de la guerre de matériel, il y annonce la fin du XIXe siècle bourgeois et l'avènement de la « forme » du Travailleur, figure qui dépasse les classes et organise le monde selon la logique de la mobilisation totale.
Publié en 1908, ce recueil défend l'idée que les grands mouvements sociaux sont portés par des mythes mobilisateurs plutôt que par des plans rationnels. Sorel y fait de la grève générale le mythe central du syndicalisme révolutionnaire et réhabilite la violence prolétarienne comme signe de vitalité face à une bourgeoisie qu'il juge épuisée.
Publié en 1841, Les Héros rassemble les conférences que Thomas Carlyle consacra aux grandes figures de l'histoire : prophètes, poètes, religieux, hommes de lettres, rois et chefs. Pour l'historien écossais, l'histoire universelle est au fond l'histoire de ces grands hommes, et l'incapacité d'une époque à les reconnaître signe son déclin. Un classique de la pensée du XIXe siècle, entre historiographie et philosophie politique.
Publié en 1943, La Source vive est le premier grand roman d'Ayn Rand, avant La Grève. L'architecte Howard Roark refuse de composer avec les goûts de son époque et préfère la ruine à la trahison de son œuvre. À travers son destin, le roman oppose l'intégrité du créateur à l'esprit de conformité, dans l'Amérique des années 1920-1930.
Publié en 2003, La Préparation du roman rassemble les deux derniers cours que Roland Barthes donna au Collège de France, en 1978-1979 et 1979-1980. Le sémiologue y médite sur le désir d'écrire, sur le roman comme forme et sur le haïku comme modèle de notation du monde. Un texte devenu classique, à la croisée de la théorie littéraire et du journal intime.
Publié en 2014, Hôtel Europe est le récit que Bernard-Henri Lévy tire de ses voyages en Ukraine au moment de Maïdan. Pièce-monologue écrite pour être jouée, suivie de réflexions sur l'Europe, le livre fait du soulèvement ukrainien un test pour la conscience européenne : ce qui se jouait à Kiev, soutient l'auteur, c'était l'avenir même de l'idée d'Europe.
Publiée en 1986, un an après la mort de Fernand Braudel, L'Identité de la France est le testament intellectuel du grand historien des Annales. En trois volumes rassemblés ici en un, il y applique à la France sa méthode de la longue durée : géographie, économie, société et culture replacées dans des rythmes de plusieurs siècles. Une somme pour comprendre ce pays autrement que par ses événements.
Publié entre 1883 et 1885, Ainsi parlait Zarathoustra est l'œuvre la plus célèbre de Nietzsche, un livre pour tous et pour personne selon son sous-titre. Le prophète Zarathoustra y descend de sa montagne pour annoncer la mort de Dieu, le dépassement de l'homme et l'éternel retour, dans une langue poétique qui doit autant à Luther qu'aux moralistes. Une expérience de lecture unique dans l'histoire de la philosophie.
Publiée en 1872, La Naissance de la tragédie est le premier livre de Nietzsche. Le jeune philologue y soutient que la tragédie grecque est née de l'union de deux pulsions, l'apollinien et le dionysiaque, et que sa disparition sous le rationalisme socratique a durablement orienté la culture européenne. Un essai fondateur, à la fois érudition philologique, philosophie de l'art et diagnostic sur la modernité.
Publiée en 1677, après la mort de son auteur, L'Éthique est le chef-d'œuvre de Spinoza et l'un des sommets de la philosophie moderne. Rédigé selon l'ordre géométrique, avec définitions, axiomes et démonstrations, l'ouvrage part de Dieu et de la substance pour aboutir à la liberté humaine : comprendre nos affects et les nécessités du monde est la voie même de la béatitude.
Publié en 1957, l'année de son prix Nobel, Réflexions sur la guillotine est le grand texte d'Albert Camus contre la peine de mort. L'écrivain y démonte, un à un, les arguments des partisans du châtiment suprême - l'exemple, la dissuasion, la justice - et oppose à la logique de l'État la mesure de l'homme. Un classique du combat abolitionniste, toujours d'actualité.
Publié en 1928, Propos sur le bonheur rassemble des chroniques courtes d'Alain, le professeur de philosophie qui forma toute une génération au lycée Henri-IV. En quatre-vingt-treize propos, l'auteur traite du bonheur comme d'une discipline : une manière de penser, de vouloir et de regarder, plutôt qu'un état que l'on subit. Un classique de la sagesse française, à lire par petites doses.
Publié en février 1848, le Manifeste du parti communiste est le texte le plus lu de Karl Marx et Friedrich Engels. Commandé par la Ligue des communistes, il y formule la théorie de la lutte des classes et une analyse saisissante du capitalisme et de sa dynamique mondiale, avant d'appeler les prolétaires de tous les pays à s'unir. Un pamphlet fondateur, à la fois document historique et texte toujours discuté.
Publié en 1975, Surveiller et punir retrace la naissance de la prison moderne et le passage, entre le XVIIIe et le XIXe siècle, des châtiments spectaculaires aux techniques disciplinaires. Michel Foucault y analyse comment le pouvoir s'est déplacé du corps supplicié vers la surveillance, la normalisation et l'organisation des corps, de la caserne à l'école et à l'atelier. Un classique de la pensée critique contemporaine.
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