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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Essais de Max Scheler publiés en allemand entre 1912 et 1915, réunis en français sous ce titre : l'une des grandes réponses philosophiques à Nietzsche. Scheler reconnaît la réalité du ressentiment comme poison moral, mais conteste que le christianisme en procède : l'amour chrétien est un mouvement ascendant ; c'est la morale moderne, bourgeoise et égalitaire envieuse, qui est structurée par le ressentiment.
Premier essai de Salomé Saqué, journaliste grand reporter, publié chez Payot en 2024. Sa thèse : l'extrême droite ne progresse pas seulement dans les urnes, elle a gagné une bataille culturelle dans les médias et le vocabulaire du débat public. Enquêtant sur les chaînes d'information et les cercles du pouvoir, elle décrit une droitisation de l'espace public et appelle à organiser la résistance intellectuelle.
Publié chez Plon en 1927, Défense de l'Occident fit aussitôt d'Henri Massis, proche de Maurras, le porte-parole d'une génération inquiète pour la civilisation européenne. L'Occident, héritage gréco-latin et chrétien de l'ordre et de la mesure, y est présenté comme menacé de l'intérieur par le subjectivisme et le matérialisme, et de l'extérieur par le bolchevisme et les mystiques de la dissolution.
Discours adressé par John Milton au Parlement d'Angleterre en 1644, en pleine guerre civile, contre la loi rétablissant l'autorisation préalable pour tout imprimé. La censure préalable y est dénoncée comme inefficace et impie : la vérité a besoin du choc des opinions pour triompher - « qu'elle lutte à découvert avec le mensonge, dans une rencontre libre et ouverte ». Un classique de la liberté de la presse.
Ouvrage majeur de Joseph Schumpeter, paru en anglais en 1942. Le capitalisme ne s'y définit pas par la concurrence statique mais par la « destruction créatrice », l'innovation permanente qui balaye les structures anciennes. Or ce dynamisme mine ses propres fondements : l'entrepreneur cède au bureaucrate, les intellectuels se retournent contre le système, et la société glisse vers le socialisme par excès de réussite.
Publié en 1850, quelques mois avant la mort de son auteur, ce texte de Frédéric Bastiat est une leçon d'économie politique en un principe : le mauvais économiste s'en tient à l'effet visible et immédiat d'une mesure, le bon en calcule aussi les effets invisibles, différés, déplacés sur d'autres acteurs. De la vitre cassée aux travaux publics, il y démonte douze sophismes où l'État croit créer la richesse.
Premier essai de Thibault Mercier, publié en 2019 aux éditions de l'Institut Iliade. Sa thèse : la discrimination n'est pas le mal absolu dénoncé par le conformisme contemporain, mais l'acte élémentaire de la pensée - distinguer, choisir, préférer. En criminalisant toute distinction, l'antiracisme institutionnel interdit aux sociétés européennes de se définir, et donc de se défendre.
Traité de Konrad Lorenz, fondateur de l'éthologie et prix Nobel, paru en allemand en 1973. Le naturaliste y dénombre huit processus mortels de la civilisation industrielle : surpopulation, dévastation de la nature, course à soi-même, indurcissement affectif, décadence génétique, rupture avec la tradition, endoctrinement de masse et armes nucléaires - l'homme, animal culturel trop rapide, a dépassé ses propres limites.
Livre le plus connu de David Engels, historien belge de la Rome antique, publié en 2019. Le déclin de l'Europe n'y est pas une hypothèse mais un fait démographique, culturel et politique qu'aucune politique ne renversera. La vraie question devient : comment y vivre ? Engels esquisse une éthique de la résistance intérieure, héritière des sages de la décadence romaine.
Leçon inaugurale prononcée par Isaiah Berlin à Oxford en 1958, l'un des classiques de la philosophie politique du XXe siècle. Berlin y distingue la liberté négative, absence d'entraves, de la liberté positive, maîtrise de soi : absolutisée, la seconde bascule dans l'oppression au nom de l'homme « vrai », tandis que la première prolonge le libéralisme anglais.
Ouvrage d'Edmund Burke publié le 1er novembre 1790, alors que la Révolution française ne fait que commencer. Le philosophe irlando-britannique y en prédit la dérive sanglante et y défend, face à la raison abstraite, la valeur des traditions et des institutions héritées. Texte fondateur du conservatisme moderne.
Conférence prononcée par Ortega y Gasset à l'université libre de Berlin en 1949, dans une Europe en ruines déjà coupée en deux (traduction française de Jean Canavaggio, Bartillat, 2023). Sa thèse : les nations européennes sont devenues trop étroites pour l'histoire qui s'ouvre ; l'Europe ne survivra comme sujet historique qu'en dépassant les souverainetés nationales.
Parue en 1796 à Constance, alors que Bonald est émigré, cette Théorie est le premier grand système de la pensée contre-révolutionnaire française. L'homme ne se fait pas lui-même : il est un être de société, et la société ne tient que par un pouvoir de source divine. Monarchie, famille et religion forment un seul ordre ; en voulant refonder la société sur la volonté des individus, la Révolution a détruit les conditions mêmes de toute société.
Classique de Georges Sorel paru en 1908 chez Marcel Rivière, écrit au moment des Réflexions sur la violence. Il y démonte la religion du progrès : l'idée que l'histoire irait d'elle-même vers le mieux est une idéologie de la classe dominante, qui flatte l'optimisme bourgeois et masque la décadence réelle.
Paru en Allemagne en 1969, cet essai d'Arnold Gehlen est l'une des analyses les plus pénétrantes de la dérive morale des sociétés contemporaines. La morale n'est supportable que canalisée par les institutions - famille, métier, État ; absolutisée en « hypermorale », elle devient un instrument de culpabilisation et de décomposition, brandi contre les institutions elles-mêmes.
Chef-d'œuvre d'Ernst H. Kantorowicz paru en 1957 à Princeton, sous-titré Essai sur la théologie politique au Moyen Âge. Les juristes et théologiens médiévaux ont forgé une fiction : le roi a un corps naturel, qui naît et meurt, et un corps politique, invisible et immortel. En suivant cette idée jusqu'à ses racines, Kantorowicz éclaire la genèse de l'État moderne.
Chef-d'œuvre dramatique de Zygmunt Krasiński, poète polonais de l'émigration, écrit en 1833-1835 et publié anonymement à Paris. Dans un royaume imaginaire, le comte Henri, chef d'une aristocratie en déroute, affronte Pankracy, chef des révoltés : la révolution triomphe, mais sa victoire s'achève dans l'épouvante quand apparaît le Christ, juge des deux camps.
Publié à Naples en 1982, cet essai de Giorgio Locchi est l'un des textes majeurs de la Nouvelle Droite européenne. Il y dégage le « mythe surhumaniste » né chez Wagner : l'homme peut se dépasser non vers un au-delà chrétien mais vers une figure nouvelle, héritière des dieux indo-européens. Wagner et Nietzsche, loin de leur querelle de façade, travaillent à la même œuvre.
Ouvrage posthume de l'historien belge Henri Pirenne, publié en 1937 et fruit de dix années de travail. Sa thèse bouleverse l'histoire de l'Occident : ce n'est pas l'invasion germanique mais la conquête arabe des VIIe-VIIIe siècles qui a rompu l'unité méditerranéenne et fait naître le Moyen Âge européen.
Paru en 1869 à Saint-Pétersbourg, cet unique grand livre de Nikolaï Danilevski est le texte fondateur du panslavisme russe. L'humanité n'y forme pas un tout mais une mosaïque de « types historico-culturels » qui naissent et meurent comme des organismes : au type romano-germanique vieillissant s'oppose le type slave, encore jeune, dont la Russie porte la mission.
Rédigé à l'automne 44 av. J.-C., entre l'assassinat de César et la proscription de son auteur, le De officiis est la lettre-testament de Cicéron à son fils et le traité de morale pratique le plus lu de l'Antiquité latine. En trois livres, il soutient que le véritable utile ne peut jamais s'opposer à l'honnête : l'homme est fait pour la vie commune, et la gloire du politique se mesure au service du bien public.
Manifeste politique d'Arthur Moeller van den Bruck paru en 1919 chez Piper, dans l'Allemagne défaite de l'après-Armistice. L'histoire y oppose les jeunes peuples, encore capables de volonté et de croissance, aux vieux peuples installés dans leurs empires : l'Allemagne humiliée mais jeune doit inventer sa propre révolution, nationale et sociale, contre le libéralisme des vainqueurs.
Parue en 1873, la première des Considérations inactuelles est un pamphlet du jeune Nietzsche contre le théologien David Strauss, auteur d'une Vie de Jésus démythifiée. Sa cible : la culture allemande triomphante de 1871, imposture du philistin content de soi et incapable de création. Contre cette fausse culture, Nietzsche appelle à une aristocratie de l'esprit et à la figure du génie.
Prononcés à Berlin occupée entre décembre 1807 et mars 1808, après Iéna et la paix de Tilsit, les Discours à la nation allemande sont le grand texte politique de Fichte. Sa thèse : la défaite militaire n'est pas fatale si la nation se refonde par l'éducation. La nation est une communauté vivante de langue et de culture, contre les sociétés mortes de l'imitation.
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