Ouvrage
Les Modérés
Publié en 1936, cet essai d'Abel Bonnard fustige la modération comme l'idéologie de ceux qui ne veulent rien voir : face aux crises du présent, les « modérés » temporisent toujours, et c'est ainsi qu'on les mène où ils ne voulaient pas aller.
Auteur

Poète, romancier et essayiste français, académicien. Écrivain d'Action française dans l'entre-deux-guerres, il a aussi occupé des fonctions sous Vichy. Son parcours illustre les ambiguïtés de la droite littéraire française du XXe siècle.
Positionnement
Essai programmatique pour une doctrine de droite, attaque frontale contre le centrismisme mou de la IIIe République finissante ; Bonnard, maurrassien puis ministre de Vichy, appartient pleinement à la droite radicale française. Droite affirmée.
Contenu
Paru chez Grasset en 1936, sous-titré Le Drame du présent, Les Modérés est le grand essai polémique d'Abel Bonnard, alors académicien et figure des lettres françaises, écrit dans une France traversée par le Front populaire et les crises européennes.
La thèse du livre : la modération n'est pas une sagesse mais une fuite. Le modéré se croit au-dessus des partis parce qu'il refuse de choisir ; en réalité, sa prudence systématique sert toujours le camp le plus déterminé. Contre cet esprit de demi-mesure, Bonnard appelle à une doctrine de droite assumée, capable d'affirmer plutôt que de temporiser.
Portée et réception. Salué à sa parution par Robert Brasillach dans L'Action française comme par André Bellessort, le livre a été réédité en 1986 par le Livre-Club du Labyrinthe. Il reste la pièce maîtresse du Bonnard essayiste, celui que la droite française continue de citer quand elle moque le « juste milieu ».
Pourquoi le lire ? Pour une démonstration brillante et mordante de ce que coûte l'absence de doctrine, écrite dans une langue d'académicien - et pour mesurer combien le portrait du modéré n'a pas pris une ride.