Ouvrage
La Préparation du roman
Publié en 2003, La Préparation du roman rassemble les deux derniers cours que Roland Barthes donna au Collège de France, en 1978-1979 et 1979-1980. Le sémiologue y médite sur le désir d'écrire, sur le roman comme forme et sur le haïku comme modèle de notation du monde. Un texte devenu classique, à la croisée de la théorie littéraire et du journal intime.
Auteur
Roland Barthes était un écrivain, critique littéraire et sémiologue français. Il est connu pour ses travaux sur la théorie littéraire et la critique culturelle, influençant de nombreux domaines des sciences humaines.
Catégories
Positionnement
Cours de théorie et de pratique littéraires devenu un classique universitaire, sans portée partisane : comme les grandes œuvres de la critique sur le site, il relève du patrimoine commun.
Contenu
Ces cours des années 1978-1980 sont les derniers que Barthes professera au Collège de France avant sa mort accidentelle en mars 1980. Leur sujet annoncé - la préparation du roman - est doublement trompeur : Barthes n'écrira jamais le roman qu'il médite, et c'est précisément cette méditation sur un livre à venir qui fait l'objet du cours, mené avec la liberté d'un maître qui n'a plus rien à prouver.
La première année interroge le désir d'écrire : qu'est-ce qui fait basculer une vie vers l'œuvre ? Barthes examine le fantasme du roman chez Proust et chez lui-même, la question du temps et du deuil - sa mère vient de mourir -, et cette étrange décision par laquelle on choisit la forme longue. La seconde année se donne pour objet le haïku : une notation brève du réel, sans symbolique ni développement.
La thèse du livre, si l'on ose ce mot pour un cours qui s'en méfie, tient dans une éthique de la notation : contre l'œuvre monumentale, Barthes valorise le fragment, l'instant saisi, l'écriture qui dit le présent sans le surcharger de sens. Le roman qu'il prépare serait fait de ces notations - une œuvre minimale, tout entière tendue vers la justesse du ton.
Pourquoi le lire ? Parce que c'est le Barthes le plus intime et le plus accessible, celui qui parle d'écriture comme d'un projet de vie ; parce que ces cours ont profondément marqué la littérature française contemporaine, du journal d'écrivain à l'autofiction. Un beau document sur la création littéraire, et une porte d'entrée vers La Chambre claire, parue la même année que sa mort.