Ouvrages
Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
Ouvrage
L’ancienne actrice livre un réquisitoire virulent contre la déchéance de la société moderne. Retirée dans sa maison à La Madrague, elle exprime sa profonde amertume face à la perte des traditions françaises et dénonce avec véhémence la cruauté animale, qu'il s'agisse de l'élevage industriel ou des sacrifices rituels. Ses écrits abordent des sujets polémiques tels que l'immigration, l'homosexualité exhibitionniste et l'inefficacité du gouvernement, témoignant d'une nostalgie marquée pour la France des années cinquante. Au fil des pages, l'auteure oppose la pureté et la fidélité des animaux à la corruption et au matérialisme des êtres humains. Ce texte constitue à la fois une profession de foi pour sa fondation et le testament moral d'une icône révoltée par son époque.
Ce texte propose une critique acerbe de l'intelligentsia française, accusant de nombreuses figures intellectuelles de complaisance envers l'antisémitisme et le fascisme. L'auteur déconstruit les trajectoires de penseurs célèbres comme Sartre, Beauvoir, Ricoeur ou Foucault, révélant leurs ambiguïtés sous l'Occupation ou leur soutien à des régimes théocratiques. Il explore la généalogie d'un antisémitisme structurel à gauche, prenant racine chez Marx et les socialistes du XIXe siècle pour aboutir à l'islamo-gauchisme contemporain. Onfray dénonce également le négationnisme de Roger Garaudy et les dérives de la déconstruction, qu'il juge responsables d'une haine renouvelée envers l'État d'Israël. En soulignant les contradictions de ces « maîtres à penser », l'ouvrage appelle à une relecture sans concession de l'histoire politique et philosophique moderne. Cette analyse vise à démontrer comment une certaine élite a systématiquement occulté ses propres compromissions morales pour préserver sa domination culturelle.
Cet ouvrage analyse l'émergence de l'islamo-palestinisme, une idéologie fusionnant le nationalisme arabe, l'islamisme radical et un antisionisme absolu. L'auteur retrace les racines historiques de ce mouvement, citant notamment l'alliance entre le Grand Mufti de Jérusalem et le régime nazi, ainsi que l'influence doctrinale des Frères musulmans. Le texte examine comment la cause palestinienne a été transformée en un mythe révolutionnaire universel, soutenu par des courants d'extrême gauche et la culture « woke » sous couvert de lutte anticoloniale. Taguieff dénonce la diabolisation d'Israël et la requalification d'actes terroristes, comme les massacres du 7 octobre, en simples gestes de résistance par certains intellectuels occidentaux. En explorant les concepts de jihad mondial et de concurrence victimaire, cette étude met en lumière une nouvelle forme de judéophobie globalisée. L'œuvre constitue ainsi une critique sévère de l'islamo-gauchisme et de l'aveuglement des démocraties libérales face à ce qu'il définit comme un retour de la barbarie.
Ce texte théorise le triomphe mondial de la démocratie libérale. L'auteur soutient que ce modèle politique, couplé au capitalisme, constitue l'aboutissement du développement idéologique de l'humanité face aux échecs du totalitarisme. Il s'appuie sur la notion hégélienne de la lutte pour la reconnaissance, affirmant que le désir de dignité individuelle est le moteur essentiel du progrès historique. Bien que la science moderne et l'économie unifient le monde, Fukuyama souligne que les identités culturelles et le nationalisme restent des forces complexes. Enfin, il s'interroge sur la stabilité à long terme de ces sociétés, craignant que l'absence de grands défis ne mène à un ennui existentiel profond.
Cet essai présente une philosophie de l'histoire où les civilisations sont traitées comme des organismes vivants soumis à un cycle naturel de croissance et de déclin. L'auteur oppose radicalement la culture Faustienne de l'Occident, définie par sa soif d'infini et d'espace, à la culture Apollinienne de l'Antiquité, centrée sur le corps et le moment présent. Il analyse comment chaque société développe ses propres symboles mathématiques, artistiques et religieux pour exprimer son âme unique face à la mort. Le texte explore également la transition inévitable vers la Civilisation, phase finale marquée par l'urbanisation massive, la domination de l'argent et l'émergence du Césarisme. Spengler affirme que la science et la démocratie sont des phénomènes éphémères qui s'effacent devant une seconde religiosité lors de l'hiver d'une culture. En somme, l'œuvre propose une méthode morphologique pour anticiper le destin des peuples à travers l'étude comparative des grandes cultures mondiales.
Un texte attribué à Nicolas Sarkozy, ancien président de la République Française, qui relate son expérience de l'incarcération à la prison de la Santé en octobre 2025. L'auteur exprime son choc et son sentiment d'injustice face à cette situation qu'il n'avait jamais envisagée, tout en détaillant le processus de son incarcération et son environnement immédiat dans le quartier d'isolement. Il décrit les moments intimes passés avec sa famille, notamment son épouse Carla et ses enfants, et évoque les soutiens reçus (du public, de ses avocats et même du personnel pénitentiaire) contrastant avec l'attitude de ses adversaires politiques et les incohérences de la procédure judiciaire. Le récit met en lumière sa résilience et son introspection spirituelle durant cette période difficile de trois semaines, qui se conclut par sa libération après une audience en appel.
Ce livre explore le concept de la "logocratie", de "logos", un régime où le pouvoir s'établit par la force du discours, en analysant la prolifération des mensonges politiques et leur impact corrosif sur la démocratie. Le texte examine des cas français, comme ceux de Jérôme Cahuzac, François Bayrou, et la présidence d'Emmanuel Macron, en détaillant comment les contre-vérités, les euphémismes et le déni sont utilisés pour obscurcir la réalité, discréditer les adversaires, et éroder l'État de droit. Une partie significative est dédiée à la rupture introduite par Donald Trump et Boris Johnson, qui ont normalisé le mensonge éhonté, un phénomène qui se mondialise. Enfin, le document analyse comment l'émergence des réseaux sociaux et des "chambres d'écho" exacerbe cette crise en fragmentant la réalité, rendant le public imperméable à la contradiction, et menaçant ainsi les fondements mêmes de la souveraineté populaire.
Une réflexion critique et nostalgique sur l'état actuel de la France, Franz-Olivier Giesbert y expose sa hantise d'un déclin. En parallèle à cette analyse politique et économique, il partage des mémoires personnelles, évoquant ses rencontres avec des figures du XXe siècle et célébrant les personnalités françaises qui incarnaient une certaine splendeur nationale. Giesbert insiste sur la perte de l'identité culturelle française face à l'américanisation et l'islamisation, et met en garde contre les dangers du robespierrisme, qu'il voit comme la source d'une violence idéologique persistante, tout en dénonçant le conformisme intellectuel. Finalement, l'auteur déplore la dévastation des centres-villes et le déclin de la chanson française, symboles de cette agonie culturelle qu'il compare aux phases finales de l'Empire romain.
Une critique virulente de l'état actuel de la France et de l'Occident, articulée autour du concept de « populicide », qu'il soit physique ou anthropologique. L'auteur, Philippe de Villiers, déplore la perte d'identité nationale et le reniement de l'histoire française, exacerbés par la montée de l'islam et le multiculturalisme. Il critique fermement les élites politiques européistes pour leur laxisme migratoire et leur abandon de la souveraineté à des entités supranationales et à des juges progressistes. L'ouvrage met en garde contre un avenir de contrôle totalitaire facilité par la technologie et le gouvernement par le chaos, et exhorte à un réveil de la fierté et de la conscience nationale pour éviter l'extinction culturelle, en s'appuyant notamment sur l'exemple du Puy du Fou.
Premier volume d'un cycle en quatre tomes qui retrace l'histoire de la civilisation occidentale à travers la philosophie. Ce premier opus consacré à l'Antiquité gréco-romaine présente la philosophie comme une "guerre des idées" structurée par des antagonismes radicaux. Onfray s'appuie sur une "dynamique des diades" qui oppose les grandes figures pour en révéler les tensions fondatrices : l'idéalisme de Platon contre le matérialisme de Démocrite, Héraclite contre Parménide, la vertu stoïcienne contre l'hédonisme d'Aristippe, l'ascétisme d'Épicure face à la jouissance de Lucrèce. Le titre évoque les "ruines" au double sens : notre connaissance fragmentaire de l'Antiquité (victime des autodafés chrétiens) et les fondations philosophiques sur lesquelles s'est bâtie notre civilisation. Les trois volumes suivants traiteront du christianisme, de la Renaissance à la Révolution, puis de la modernité nihiliste. Sélectionné au Prix Renaudot Essai, ce livre propose une initiation accessible à la sagesse antique tout en montrant comment ces débats millénaires structurent encore notre pensée contemporaine.
The Strange Death of Europe est un récit personnel et polémique où Douglas Murray décrit une Europe engagée, selon lui, dans un processus d’autodestruction. Il y analyse la combinaison d’une démographie en déclin, d’une immigration massive et d’une perte de confiance culturelle qui rendraient les Européens incapables de défendre leur civilisation. À travers ses voyages – de Lampedusa à Berlin, de Paris à la Scandinavie – Murray observe les effets concrets du multiculturalisme, des revirements politiques comme celui d’Angela Merkel, de l’absence de politiques de retour et d’un climat marqué par les attentats et l’érosion des libertés. L’ouvrage s’achève sur deux scénarios possibles pour l’avenir du continent, l’un optimiste, l’autre sombre, laissant ouverte la question du destin d’une civilisation peut-être vouée, comme le suggérait Spengler, à la naissance, au déclin puis à la disparition.
Christopher Lasch analyse comment les transformations économiques et sociales du XXe siècle américain ont fait émerger une personnalité narcissique devenue dominante dans la culture. S’appuyant sur Freud et sur une grille de lecture en partie marxiste, Lasch décrit une société où l’autorité, les communautés traditionnelles et les liens familiaux se sont affaiblis, produisant des individus anxieux, obsédés par leur image, dépendants du regard des autres et incapables de se projeter dans l’histoire. Il critique autant la gauche progressiste – accusée d’avoir fragilisé la famille – que la droite libérale – qui aurait dissous les solidarités locales. Des phénomènes tels que le développement personnel, les nouveaux mouvements spirituels, l’évolution du sport ou le comportement des hommes politiques lui apparaissent comme les symptômes d’une même pathologie culturelle. L’ouvrage, polémique et incisif, est devenu une référence majeure de la critique sociale américaine.
Roger Scruton présente une exploration approfondie du conservatisme, en le distinguant entre ses formes métaphysique et empirique. L'auteur définit le conservatisme empirique comme une réponse moderne aux changements de la Réforme et des Lumières, visant à protéger les biens collectifs hérités tels que la liberté individuelle, l'État de droit impartial et la culture ouverte. Une partie significative du texte est consacrée aux réflexions personnelles de Scruton, contrastant le socialisme de son père, enraciné dans le ressentiment de classe, avec un instinct conservateur plus profond pour la protection de la patrie et du patrimoine local, ce qu'il a lui-même adopté. Scruton analyse également les défis posés par l'égalitarisme, l'État-providence et la culture de la répudiation anti-Lumières qui menace la raison et la vérité objective. Enfin, il critique l'érosion de la souveraineté nationale par l'Union européenne et souligne l'importance des frontières nationales, de l'identité partagée et du droit séculier pour maintenir la démocratie et la société civile, y compris l'environnement.
Hannah Arendt analyse la genèse et la nature des régimes totalitaires du XXe siècle, en particulier le nazisme et le stalinisme. Elle retrace d’abord les racines historiques de ces systèmes dans l’antisémitisme et l’impérialisme européen, avant de montrer comment la désagrégation des structures sociales traditionnelles et la formation des masses déracinées ont permis l’émergence de mouvements totalitaires. Arendt met en lumière leurs mécanismes essentiels : l’idéologie comme explication totale du monde, la terreur comme mode de gouvernement, la destruction de la sphère politique et de la spontanéité humaine, ainsi que l’atomisation sociale qui isole les individus pour mieux les soumettre. L’ouvrage se distingue par son ambition théorique : montrer que le totalitarisme représente une forme de domination radicalement nouvelle, visant non seulement à contrôler les actions des hommes, mais à remodeler leur réalité même et à effacer leur capacité de jugement.
Anthony D. Smith montre que les nations modernes ne surgissent pas ex nihilo : elles prolongent des communautés ethniques anciennes dont elles reprennent les mythes, symboles, mémoires et valeurs. Contre les modernistes qui voient la nation comme entièrement récente et contre les primordialistes qui la pensent naturelle, Smith défend une voie médiane : la nation est une construction moderne fondée sur des matériaux pré-modernes. Il distingue le modèle civique-occidental et le modèle ethnique-généalogique, et montre comment l’État moderne, la citoyenneté et la mobilisation de masse ont réorganisé sans effacer les héritages culturels et historiques. Pour Smith, la nation n’abandonne pas l’ethnie : elle la transforme, la politise et la réactive pour garantir continuité et identité.
John Rawls expose sa théorie de la justice comme équité (justice as fairness), qu'il présente comme une alternative au principe d'utilité, en se concentrant sur les principes de justice qui régiraient les institutions d'une société bien ordonnée. Il traite de concepts fondamentaux tels que la position originelle (une expérience de pensée hypothétique), la liberté égale (le premier principe), et le principe de différence (qui garantit que les inégalités bénéficient aux moins avantagés). Le travail compare et contraste cette approche contractualiste avec l'intuitionnisme et l'utilitarisme, et explore la stabilité de la conception de la justice et son rapport avec le bien individuel (la rationalité délibérative).
Publié en 1651 pendant la Guerre civile anglaise, le Léviathan de Thomas Hobbes énonce la doctrine fondatrice de la philosophie politique moderne contractuelle. Confronté au spectacle de l'effondrement politique et social, Hobbes construit un système théorique implacable : dans l'état de nature pré-politique règne la guerre de tous contre tous, où chaque vie demeure nécessairement « sordide, bestiale et brève ». Seul remède à cette violence originelle : un contrat social où les individus renoncent volontairement à leurs libertés absolues pour confier toute autorité à un souverain omnipotent, qu'il soit monarque, assemblée ou magistrature. Cette abdication de la liberté naturelle demeure l'unique fondement possible de la paix civile et de la sécurité collective. Hobbes rejette l'illusion que les arrangements institutionnels fragmentés ou limités puissent garantir la stabilité : seul le pouvoir indivisible, armé de la terreur légitime, peut imposer l'ordre. Cette philosophie de l'absolutisme contractuel inaugure le débat fondateur de la modernité politique : comment justifier légalement et rationnellement l'autorité souveraine ? Locke, Rousseau et Kant débattront ce paradigme hobbésien du contrat, mais tous demeurent captifs de sa problématique. Leviathan demeure l'œuvre maîtresse de la pensée politique réaliste.
Thomas Sowell dissèque dans cet essai les sophismes constitutifs du discours contemporain sur la justice sociale. Son argument central s'énonce simplement mais destructeur : présumer que l'absence d'égalité des résultats entre groupes humains découle nécessairement de discriminations systématiques constitue une grave illusion logique. En réalité, la diversité des destins collectifs reflète l'héritage historique, la géographie, les dotations économiques et les capitaux culturels accumulés différemment. Sowell démonte également le sophisme égalitariste selon lequel la prospérité d'une classe résulterait mécaniquement de l'exploitation des pauvres : cette hypothèse marxiste ignore comment la richesse se crée plutôt qu'elle ne se redistribue. Sur le terrain racial américain, l'auteur conteste vigoureusement les politiques de discrimination positive universitaire : admettre des étudiants noirs insuffisamment préparés dans les universités d'élite ne les sauve pas, il les expose à l'échec académique en les plaçant parmi des pairs incomparables. Sowell soulève enfin l'objection épistémologique : même si l'égalité des résultats s'avérait désirable, l'État dispose-t-il véritablement de la connaissance et du pouvoir pour l'imposer sans dévaster d'autres biens précieux, liberté et prospérité comprise ? Ouvrage critique du progressisme, Sowell défend une économie de marché entendue comme meilleure approximation du bien commun.
Julien Rochedy entreprend dans cet essai une archéologie philosophique et historique des concepts de supériorité et d'infériorité qui structurent depuis l'Antiquité nos représentations de l'humanité. Au-delà de la simple histoire des idées, l'auteur interroge les fondements ontologiques et éthiques de ces distinctions : comment les sociétés légitiment-elles les hiérarchies humaines ? Rochedy refuse tant l'illusion égalitariste moderne qui nierait tout fondement naturel aux différences qu'un darwinisme social brut. Son approche situe plutôt ces catégories dans une longue généalogie : de l'aristocratie antique à l'eugénisme moderne, en passant par les systèmes de castes, ces concepts révèlent comment l'ordre politique s'enracine dans des représentations de la nature humaine. L'essai analyse comment ces concepts impactent concrètement les sociétés : les hiérarchies légitimes crées par la pensée philosophique et religieuse modèlent les institutions, les droits et les devoirs. Rochedy explore particulièrement le moment moderne où la science biologiste a prétendu fonder scientifiquement les distinctions humaines, ouvrant vers les idéologies racistes du XXe siècle. Son analyse reste critique, refusant le relativisme qui dénierait toute validité aux différences réelles tout en combattant les essentialismes réductionnistes. L'ouvrage invite ainsi à repenser radicalement les catégories de supériorité sans sombrer dans l'égalitarisme abstrait.
Comment un petit blanc de la France périphérique est-il devenu un champion international de développé couché et une star du YouTube francophone après avoir été videur à Paris et petit voyou des stades ? Dans ce livre brutal mais sincère, sauvage mais authentique, viril mais réfléchi, Baptiste Marchais livre sans détours les secrets d’une vie qui aurait sûrement dû être banale et « comme tout le monde », mais qui a changé radicalement sa destinée grâce au sang, à l’abnégation, aux sacrifices, au culte de la force et, surtout, grâce au désir ultime et absolu de toujours demeurer libre. Le récit emmène du Val-d’Oise aux vastes espaces du Texas, de la vie urbaine à la chasse en Russie, et propose des leçons pour la vie et l’avenir du pays.
Julien Rochedy confie à un ami sa vision du monde et les principes philosophiques constituant sa conception de la droite intellectuelle française. Cet essai ne se veut ni polémique crude ni manifeste partisan, mais plutôt catéchèse pédagogique exposant l'architecture conceptuelle d'une pensée politique alternative. L'auteur situe sa philosophie dans la lignée des penseurs contre-révolutionnaires : de Maistre, Burke, Bonald et Cortès fournissent les fondations théoriques. Cette droite-là repose sur trois piliers : l'ordre comme principe d'intelligibilité politique, la tradition comme sagesse séculaire plus fiable que la raison révolutionnaire, et la nature comme réalité irréductible aux projets utopiques des idéologues. Rochedy oppose systématiquement cette vision conservatrice à l'utopie progressiste de gauche, mais aussi à la bêtise superficielle d'une droite libérale détachée de ses racines doctrinales. L'essai déploie la continuité historique d'une pensée politique refusant l'illusion du commencement absolu ; la révolution apparaît chez lui comme processus désastreux brisant la cumulation prudente des civilisations. Rochedy enrichit sa réflexion par une postface confrontant ses idées à la nouvelle gauche déconstructionniste du wokisme contemporain, présentée comme l'aboutissement logique de la destruction révolutionnaire des essences. L'ouvrage se veut synthèse accessible de la pensée politique de droite.
Julien Rochedy situe Friedrich Nietzsche en penseur d'une pertinence incisive pour le monde contemporain, loin des caricatures nationalistes ou totalitaires qui encombrent son héritage. L'essai récupère Nietzsche pour la pensée politique actuelle en interrogeant comment sa critique radicale de la morale chrétienne et ses concepts de volonté de puissance éclairent les apories présentes. Rochedy analyse le diagnostic nietzschéen du nihilisme, ce processus souterrain où s'effondrent les valeurs fondatrices sans qu'aucune alternative n'émerge pour les remplacer. Le monde contemporain, selon cette lecture, incarne exactement le nihilisme craint et annoncé par Nietzsche : la destruction des cadres de sens traditionnels ouvre sur le vide, sur l'errance de valeurs flottantes. L'auteur explore comment la volonté de puissance, loin de signifier domination brutale, désigne la créativité vitale, la capacité à engendrer des valeurs et du sens. Cette lecture redonne à Nietzsche sa dimension tragique et existentielle, refusant l'instrumentalisation idéologique. Rochedy scrute enfin comment dépasser le nihilisme : peut-on penser une affirmation des valeurs qui ne retourne pas simplement au passé, mais invente l'avenir ? Nietzsche devient alors un compagnon critique du présent, non prophète mais penseur de la crise du sens qui requiert réinvention constante. L'essai tente cette résurrection de Nietzsche pour les défis spirituels actuels.
Arthur Schopenhauer construisit dans ce monument théorique une métaphysique révolutionnaire où la volonté devient l'essence cachée de tout être, tandis que le monde phénoménal ne subsiste que comme voile d'illusion tissé par la perception. Publié en 1818, cet ouvrage inaugure un renversement du platonisme : l'apparence n'accède jamais à la réalité véritable, elle en demeure l'antithèse. Derrière le spectacle du monde spatial et temporel palpite une Volonté métaphysique, aveugle, irrationnelle, pulsant sans fin et sans direction, elle-même dépourvue de conscience. Cette Volonté constitue la chose-en-soi kantienne mais libérée du statut d'inconnaissable : Schopenhauer la saisit comme volonté de vivre, dynamique éternelle d'auto-conservation et de reproduction. Toute existence phénoménale devient manifestation de ce vouloir-vivre primordial, depuis les atomes minéraux jusqu'aux créatures conscientes. L'humanité s'enracine dans cette irrationalité fondamentale, contrairement au rationalisme cartésien. Schopenhauer déploie les conséquences existentielles : la volonté génère souffrance, frustration, conflit perpétuel, car elle demeure jamais satisfaite. Seules trois voies pallient cette condition : l'esthétique transcendante, l'ascétisme mystique ou la compassion métaphysique. Cette philosophie pessimiste inaugura l'influence nietzschéenne, freudienne et exprima une mélancolie profonde face à la condition humaine.
L’Histoire de France de Jacques Bainville propose une lecture continue et géopolitique du destin français, depuis la Gaule romanisée jusqu’à l’après-1918. Il y montre comment la France s’est patiemment construite autour de la monarchie capétienne, seule force capable d’unifier un territoire morcelé et d’assurer la cohérence politique du pays face aux puissances voisines. Pour Bainville, l’histoire française est une chaîne de causes et de conséquences où chaque erreur – guerres civiles, divisions idéologiques, ruptures révolutionnaires – affaiblit durablement la nation. Il insiste sur la menace récurrente de l’Allemagne, née de la politique napoléonienne, et sur l’instabilité chronique du XIXe siècle qui conduit aux catastrophes de 1870 puis aux fragilités de 1914. Même la victoire de la Grande Guerre lui semble compromise par un traité de Versailles trop clément. Au total, Bainville défend l’idée que la grandeur française repose sur la continuité, la prudence et la force organisatrice de l’État.
Page 4 / 12 - 24 affiches sur 276