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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Majid Oukacha, écrivain et essayiste français d'origine algérienne qui a opéré une rupture radicale avec l’islam de son enfance après une étude systématique et critique du Coran et des hadiths Sahih, une désislamisation vécue comme une libération douloureuse qui fonde toute son œuvre. Dans son essai de 2017 Il Était une Foi, l’islam… (442 pages), il propose une exégèse rigoureuse et sans complaisance des textes fondateurs, traités comme des objets d’analyse plutôt que comme des révélations intouchables, en se démarquant à la fois des islamologues occidentaux trop prudents et des polémistes identitaires. Il examine en profondeur le djihad et la violence légitime, le statut inégalitaire de la femme, l’absence de séparation entre le spirituel et le politique, et le caractère totalisant de l’islam textuel, tout en maintenant soigneusement la distinction essentielle entre le corpus normatif et les pratiques de la majorité des musulmans ordinaires. Ce travail méthodique, mené depuis l’intérieur par un ex-croyant, s’inscrit dans une tradition laïque et rationaliste et constitue une contribution métapolitique majeure au débat occidental sur la laïcité, l’intégration et la liberté d’expression, offrant des outils conceptuels précieux pour penser l’islam sans déni ni haine.
La Lettre à Ménécée constitue le texte le plus accessible par lequel Épicure nous a transmis les fondements de sa philosophie du bonheur. Adressée à un disciple, elle expose avec une concision remarquable les quatre remèdes – le tétrapharmakos – contre les principales causes de l'inquiétude humaine : la crainte des dieux, la peur de la mort, l'incapacité à atteindre le bien et la difficulté à supporter le mal. Épicure y développe sa célèbre distinction entre les désirs naturels et nécessaires, naturels mais non nécessaires, et les désirs vains engendrés par des opinions fausses. Seule la satisfaction des premiers garantit l'ataraxie – la tranquillité de l'âme – et l'aponie – l'absence de douleur corporelle – qui constituent pour lui le souverain bien. Sa philosophie, profondément matérialiste, s'appuie sur la physique atomiste de Démocrite pour libérer l'homme des superstitions religieuses : si l'âme est un assemblage d'atomes qui se dissout à la mort, la mort ne peut être crainte, car là où elle est, nous ne sommes plus. Complétée par la Lettre à Hérodote sur la physique, la Lettre à Pythoclès sur les phénomènes célestes et les Maximes capitales, cette édition restitue la cohérence d'une philosophie qui ne vise pas le plaisir débridé mais la sérénité obtenue par la raison, l'amitié et la contemplation philosophique.
L’Union européenne est en crise, une crise non seulement économique et institutionnelle mais aussi identitaire. Et les années à venir seront décisives pour sa survie en tant qu’acteur politique majeur. Qui parle de « crise identitaire » parle automatiquement de racines culturelles et religieuses. Dans le cas de l’Union, avoir les idéés claires exige de remonter un passé plus que millénaire. C’est dans cette perspective que ce livre s’inscrit en analysant l’importance de la république romaine tardive pour l’identité européenne du XXIème siècle. David Engels propose est une comparaison rigoureuse entre les évènements du monde romain du 1er siècle av JC et l’Europe actuelle. Plus simple d’accès que la grande étude d’Oswald Spengler (Le Déclin de l’Occident, Gallimard), cette comparaison se révèle stupéfiante et renferme certaines clés importantes pour comprendre de nombreux problèmes actuels.
Le tome 4 de la série C'était le XXe siècle d’Alain Decaux, publié en 1999. Ce volume couvre l’après-guerre (1947-1963), période de Guerre froide intense entre États-Unis et URSS. Alain Decaux, historien et conteur talentueux, raconte sous forme d’épisodes marquants les grands événements et drames qui ont mobilisé l’opinion mondiale : l’affaire de l’Exodus (survivants de la Shoah), la mort de Staline, la crise de Suez (1956), le détournement de l’avion de Ben Bella, l’insurrection de Budapest (1956), le 13 mai 1958 en Algérie, la crise des missiles de Cuba (1962) et l’assassinat de John F. Kennedy (1963). Écrit dans un style vivant et narratif, le livre mêle anecdote, analyse et émotion pour faire revivre ces moments décisifs qui ont failli plonger le monde dans une troisième guerre mondiale. Un regard captivant sur l’accélération de l’histoire au milieu du XXe siècle.
Aucune des histoires que contient ce livre n'aurait pu exister hors du climat né de la dernière guerre. Telle est la raison qui conduit Alain Decaux à qualifier celle-ci d'absolue. Qu'on en juge : responsables du massacre de la totalité des officiers polonais capturés en 1939, les Soviétiques en attribuent délibérément la responsabilité aux Allemands et soutiennent ce mensonge d'Etat pendant près de cinquante ans. En Allemagne, face au silence assourdissant qui entoure le génocide, c'est un SS qui tente de le dénoncer. Le truand Lafont recrute dans une prison les membres de la Gestapo française, tandis que le docteur Petiot, assassin de gens pourchassés par les Allemands, se campe à la Libération en héros de la Résistance. Ce n'est pas un collaborateur qui est à l'origine de l'arrestation de Jean Moulin, mais un résistant. Les savants qui ont fait éclater la première bombe atomique dans un désert s'acharnent pour qu'elle ne soit pas lancée sur le Japon...Dans ce volume : Katyn ou le mensonge, Mers el-Kébir, Monsieur Lafont, de la Gestapo française, Le SS qui hurlait contre le génocide, La tragédie du "Laconia", Jean Moulin : le piège de Caluire, Mussolini s'évade, Les chaudières du docteur Petiot, L'homme d'Hiroshima, Hiro-Hito : le grand combat pour la paix.
Publiés en 1988, vingt et un ans après la parution de La société du spectacle, ces Commentaires constituent moins une révision qu'une radicalisation du diagnostic initial. Guy Debord, dont la lucidité n'a rien perdu de son tranchant, revient sur ses analyses fondamentales à la lumière de deux décennies d'histoire – mai 68, les mutations du capitalisme, l'essor des médias de masse – pour constater que le spectacle ne s'est pas affaibli mais perfectionné. Il introduit une notion nouvelle, le « spectacle intégré », synthèse du spectaculaire concentré des régimes totalitaires et du spectaculaire diffus des démocraties libérales de consommation. Dans ce stade avancé, le spectacle a pénétré jusqu'aux interstices les plus intimes de l'existence, colonisant la mémoire, le désir et la perception du temps. Plus inquiétant encore : les mouvements contestataires, les dissidences et les formes alternatives de vie sont eux-mêmes absorbés et neutralisés par le système qu'ils prétendaient combattre. La critique devient marchandise, la révolte devient spectacle. Debord observe avec une lucidité désabusée que le monde dans lequel il écrit est dominé par des structures d'opacité et de désinformation organisées. Ces Commentaires, rédigés avec la concision acérée qui caractérise leur auteur, offrent une clé d'interprétation de la modernité médiatique que les développements ultérieurs d'Internet et des réseaux sociaux n'ont fait que confirmer et amplifier.
Publié en 1967, La Société du spectacle de Guy Debord reste l’un des textes les plus incisifs de la critique du XXe siècle. Cofondateur de l’Internationale situationniste, Debord y pose une thèse radicale : dans les sociétés modernes, la vie sociale s’est décomposée en une immense accumulation de spectacles. Les rapports humains authentiques ont cédé la place à leur représentation marchande. Le spectacle n’est pas seulement l’ensemble des images télévisées, mais une logique structurante qui convertit l’existence vécue en existence représentée, et l’individu actif en consommateur passif. Cette aliénation s’étend à tous les domaines : travail, loisir, amour, politique et culture. Prolongeant Marx, Debord substitue à l’accumulation des marchandises celle des représentations. Contre cette emprise, il prône le détournement, la dérive et la construction de situations révolutionnaires. Ouvrage fondateur du situationnisme, il demeure une référence essentielle pour comprendre et critiquer la société du spectacle et la démocratie médiatique.
Philippe de Villiers, fondateur du Mouvement pour la France et figure emblématique du souverainisme conservateur, livre dans ce témoignage paru en 2015 le bilan d'une vie consacrée à un combat politique et intellectuel contre ce qu'il perçoit comme le double abandon de la France : à l'Union européenne supranationale d'un côté, à la mondialisation libérale de l'autre. Le titre, emprunté à une formule johannique, exprime une urgence prophétique : de Villiers veut témoigner de ce qu'il a vu et compris avant qu'il ne soit trop tard. Son récit mêle l'autobiographie politique – ses combats au sein des institutions européennes, sa fondation du Puy du Fou, ses campagnes électorales – à une réflexion plus large sur le destin de la civilisation française et chrétienne. Pour l'auteur, la France souffre d'une dépossession identitaire et culturelle organisée par les élites mondialistes qui ont trahi les classes populaires au nom d'abstractions progressistes. Son conservatisme enraciné revendique l'héritage chrétien comme fondement irremplaçable de la civilisation française, et le souverainisme national comme condition de toute démocratie authentique. Cet ouvrage ne prétend pas à la neutralité académique : c'est un acte politique et spirituel, une exhortation au sursaut identitaire adressée aux Français qui refusent la résignation et l'effacement de leur héritage pluriséculaire.
Fruit de son voyage aux États-Unis en 1831-1832, cette œuvre maîtresse d'Alexis de Tocqueville constitue l'une des analyses les plus profondes jamais consacrées aux démocraties modernes. Loin de se limiter à une description du régime américain, Tocqueville y élabore une véritable sociologie politique de la démocratie, saisie dans ses conditions d'existence, ses mœurs constitutives et ses contradictions internes. Son intuition fondamentale est que l'égalité des conditions constitue une révolution irrésistible qui transforme non seulement les institutions politiques mais l'ensemble des rapports sociaux, des croyances, des goûts et des habitudes. Ce mouvement vers l'égalité recèle des promesses incontestables – liberté politique, mobilité sociale, dignité individuelle – mais aussi des périls spécifiques que les théoriciens classiques n'avaient pas anticipés. Tocqueville forge le concept de « despotisme doux » pour désigner le risque qu'une société démocratique, éprise de bien-être et d'égalité, se laisse gouverner par un pouvoir tutélaire et bienveillant qui finit par éteindre l'énergie civique. Il identifie également la « tyrannie de la majorité » comme menace proprement démocratique sur les libertés minoritaires. Face à ces périls, il valorise les corps intermédiaires, les associations civiles, la pratique du jury et la religion comme remparts contre la centralisation despotique. Texte fondateur de la philosophie politique libérale, il reste d'une extraordinaire pertinence pour comprendre les tensions de la démocratie contemporaine.
Publié en 1864, cet ouvrage de Numa Denis Fustel de Coulanges constitue une œuvre fondatrice de l'histoire des institutions antiques et de la sociologie historique. La thèse centrale, audacieuse pour l'époque, soutient que la vie politique et juridique de la Grèce et de Rome ne peut être comprise qu'à partir de sa base religieuse. Pour Fustel de Coulanges, la religion domestique primitive – le culte des ancêtres, du foyer sacré et des dieux pénates – n'est pas un simple ornement de la vie sociale mais son fondement constitutif. C'est cette sacralité de l'espace domestique qui génère, par extension progressive, la famille au sens large, la phratrie, la tribu et finalement la cité. Chaque institution civique, chaque règle juridique, chaque magistrature trouve son origine dans un acte religieux primordial. Cette thèse conduit l'auteur à une interprétation radicalement différente de l'Antiquité classique : les Grecs et les Romains ne sont pas nos contemporains sous des noms différents mais habitent un univers mental entièrement gouverné par des croyances et des pratiques sans équivalent dans la modernité. La méthode, rigoureusement fondée sur les sources primaires – poèmes, lois, inscriptions – anticipe les exigences de la méthode historique moderne. Cet ouvrage demeure une lecture indispensable pour qui veut saisir comment les sociétés antiques pensaient le lien indissoluble entre religion, famille et politique.
The million copy international bestseller, critically acclaimed and translated into over 25 languages. As influential today as when it was first published, The Selfish Gene has become a classic exposition of evolutionary thought. Professor Dawkins articulates a gene's eye view of evolution - a view giving centre stage to these persistent units of information, and in which organisms can be seen as vehicles for their replication. This imaginative, powerful, and stylistically brilliant work not only brought the insights of Neo-Darwinism to a wide audience, but galvanized the biology community, generating much debate and stimulating whole new areas of research. Forty years later, its insights remain as relevant today as on the day it was published. This 40th anniversary edition includes a new epilogue from the author discussing the continuing relevance of these ideas in evolutionary biology today, as well as the original prefaces and foreword, and extracts from early reviews. Oxford Landmark Science books are 'must-read' classics of modern science writing which have crystallized big ideas, and shaped the way we think.
La moitié des Français expriment un mal-être au travail. Une organisation néo-taylorienne soumise au rendement financier est en train de détruire notre monde commun. Cette machine à extraire le profit écrase le travail vivant : celui qui mobilise notre corps, notre intelligence, notre créativité, notre empathie et fait de nous, dans l'épreuve de la confrontation au réel, des êtres humains. Contre les " réformes " néolibérales du travail, on a raison de lutter. Mais pour défendre les conquêtes du salariat et prendre soin du monde, il nous faut repenser le travail. Nous avons besoin d'un souffle nouveau, d'un " avenir désirable ". La liberté, l'autonomie, la démocratie au travail, doivent être replacées au cœur de toute politique d'émancipation. La gauche politique et syndicale a trop longtemps privilégié le pouvoir d'achat au pouvoir d'agir dans le travail. Paradoxalement, les innovations dans ce domaine sont d'abord venues des managers : " l'entreprise libérée " inspire des initiatives patronales souvent futiles et parfois stimulantes. Des consultants créatifs proposent des modèles " d'entreprise autogouvernée " plus audacieux que les rêves autogestionnaires les plus fous. Mais surtout, des expériences multiples fleurissent un peu partout inspirées du travail collaboratif, du care, de la construction du commun, qui sont autant d'écoles d'une démocratie refondée. Et si on libérait le travail, vraiment ? C'est possible : ce livre en fait la démonstration !
André Comte-Sponville, l'un des philosophes français les plus lus de sa génération, poursuit dans cet essai sa méditation sur les conditions du bonheur humain en prenant au sérieux la figure du désespoir, non comme contraire de la joie mais comme son point de départ nécessaire. Le titre, qui joue sur l'écho nietzschéen du « gai savoir », énonce le paradoxe central de la sagesse matérialiste : c'est en acceptant lucidement les limites de l'existence – la mort, la perte, l'absence de sens transcendant – que devient possible une joie authentique et non illusoire. Comte-Sponville hérite ici de Spinoza, pour qui la liberté consiste à connaître sa propre nécessité plutôt qu'à s'en lamenter, et d'Épictète, pour qui la sagesse réside dans la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Cette philosophie de l'immanence refuse autant le nihilisme déclaratoire que le spiritualisme consolateur : il ne s'agit ni de désespérer du monde ni d'espérer une transcendance fictive, mais d'habiter pleinement le réel dans son impermanence radicale. L'essai se déploie avec la clarté pédagogique caractéristique de l'écriture de Comte-Sponville, accessible sans être superficielle. Il propose une sagesse pratique ancrée dans la tradition matérialiste française, de Montaigne à Camus, contre les illusions religieuses et les ressentiments du nihilisme contemporain.
Winner of the Spear's Best Business Book Award Longlisted for the 2012 Financial Times and Goldman Sachs Business Book of the Year Award For the past forty years western economies have splurged on debt. Now, as the reality dawns that many debts cannot be repaid, we find ourselves again in crisis. But the oncoming defaults have a time-worn place in our economic history. As with the crises in the 1930s and 1970s, governments will fall, currencies will lose their value, and new systems will emerge. Just as Britain set the terms of the international system in the nineteenth century, and America in the twentieth century, a new system will be set by today's creditors in China and the Middle East. In the process, rich will be pitted against poor, young against old, public sector workers against taxpayers and one country against another. In Paper Promises, Economist columnist Philip Coggan helps us to understand the origins of this mess and how it will affect the new global economy by explaining how our attitudes towards debt have changed throughout history, and how they may be about to change again.
Bronislaw Malinowski, ethnologue polonais formé à l'école anglaise d'anthropologie sociale, révolutionne la discipline avec ces trois essais qui constituent autant d'applications exemplaires de sa méthode d'observation participante. Le premier essai, consacré au mythe, rejette l'interprétation intellectualiste qui y voit une proto-science ou une narration esthétique : le mythe est une « charte vivante » qui justifie les institutions et les pratiques sociales existantes. Le deuxième essai, portant sur le droit primitif, conteste l'idée d'une société sans droit aux stades inférieurs de l'évolution : Malinowski montre que les sociétés mélanésiennes des Îles Trobriand sont régies par un réseau d'obligations réciproques parfaitement efficaces, fondées non sur la contrainte coercitive mais sur l'intérêt mutuel et la réciprocité. Le troisième essai, sur la magie, distingue soigneusement celle-ci de la religion et de la science, analysant son rôle fonctionnel dans la gestion de l'anxiété face aux domaines de l'existence – pêche en haute mer, guerre, jardinage – où l'incertitude technique domine. L'apport méthodologique de ces essais est considérable : Malinowski fonde l'ethnographie sur l'immersion prolongée dans la société étudiée, l'apprentissage de la langue vernaculaire et le refus des grilles d'interprétation importées de la culture de l'observateur. Ce fonctionnalisme empirique demeure une référence indispensable de l'anthropologie sociale contemporaine.
Dans Empty Planet : Le choc du déclin démographique mondial (titre français : Planète vide), Darrell Bricker (chercheur social chez Ipsos) et John Ibbitson (journaliste) soutiennent que, contrairement aux craintes historiques de surpopulation, la population mondiale va bientôt culminer puis décliner rapidement (probablement vers 9 milliards au milieu du siècle, puis redescendre), sous l’effet d’une chute accélérée de la fécondité partout sur la planète – y compris dans les pays en développement. Ils prédisent des bénéfices (salaires plus élevés, meilleur environnement, moins de famines, plus d’autonomie pour les femmes) mais aussi de graves défis : vieillissement massif, pénuries de main-d’œuvre, tensions sur les retraites et la santé, et risques économiques en Europe/Asie déjà visibles. Les auteurs insistent sur l’importance de l’immigration et de l’ouverture pour atténuer ces chocs, notamment pour les États-Unis et le Canada. Le livre est optimiste sur le potentiel à « façonner » cet avenir, basé sur des enquêtes de terrain et des données démographiques, et critique les projections de l’ONU jugées trop élevées. Le ton est provocateur et accessible, avec un fort accent sur les implications géopolitiques et sociétales.
Mathieu Bock-Côté, sociologue québécois et chroniqueur influent, poursuit dans cet essai son analyse de la transformation idéologique des sociétés occidentales contemporaines. Son diagnostic central est que le « politiquement correct » n'est pas une simple question de courtoisie langagière mais le symptôme d'une révolution culturelle profonde ayant instauré une nouvelle orthodoxie progressiste dans les institutions, les médias et les universités. Cette orthodoxie fonctionne comme un régime d'intimidation intellectuelle : elle délimite les opinions exprimables et criminalise les déviances, créant une atmosphère de conformisme généralisé que Bock-Côté rapproche des mécanismes des totalitarismes doux décrits par Tocqueville. L'auteur identifie une nouvelle classe dirigeante qui s'est approprié les institutions culturelles et médiatiques pour imposer sa grille de lecture identitaire et multiculturaliste. Cette hégémonie culturelle transforme le débat démocratique en théâtre d'épuration symbolique où les opposants ne sont pas réfutés mais disqualifiés moralement. Bock-Côté défend une vision conservatrice de la démocratie qui suppose la liberté d'expression authentique, le pluralisme des opinions et l'enracinement culturel comme conditions du débat public sain. Sa perspective québécoise donne à son analyse une dimension particulière : la question de l'identité culturelle face à l'américanisation et au multiculturalisme fédéral canadien éclaire les enjeux européens de manière transversale, révélant la dimension continentale du phénomène analysé.
Francois Begaudeau propose un texte bref et combatif sur la joie comme force politique et existentielle. Contre les passions tristes, le ressentiment et la posture victimaire, il defend une maniere d habiter le monde par l intensite, le desir et l action collective. L ouvrage prolonge ses reflexions sur la classe, la gauche et les affects politiques, dans un style direct et personnel.
« Catéchisme révolutionnaire » de Michel Bakounine est un texte fondateur de l'anarchisme moderne, rédigé au coeur du dix-neuvième siècle, à une époque où la lutte pour la liberté et l'égalité anime l'Europe. Dans ce manifeste incisif, Bakounine expose une critique radicale de l'oppression et de l'ordre établi, appelant à l'insurrection du peuple contre toutes les formes d'autorité. À travers une série de questions et de réponses, il pose les bases d'une théorie politique nouvelle, fondée sur l'emancipation collective, la justice sociale et la solidarité. L'auteur analyse les mécanismes de la société et propose une vision utopique où l'action révolutionnaire devient le moteur du changement. Par son engagement sans compromis, il inspire les mouvements de lutte et d'engagement social, invitant chacun à remettre en cause les dogmes et à s'approprier la liberté. Ce texte, à la fois manifeste et guide pratique, demeure une référence majeure pour comprendre les enjeux de la révolution, la place du peuple dans l'histoire et la nécessité d'une transformation profonde de la société. Entre critique sociale et appel à l'action, « Catéchisme révolutionnaire » s'inscrit dans la lignée des grands écrits politiques, offrant une réflexion puissante sur la justice, l'utopie et la construction d'un avenir libéré de l'oppression. Les lecteurs passionnés de théorie politique, d'histoire des idées et de mouvements sociaux y trouveront une source d'inspiration et de réflexion toujours actuelle.
Suivant la manière de Bainville, le sujet est traité sans idée préconçue, en privilégiant l'explication synthétique par rapport à la narration détaillée. À son époque, semblable en cela à la nôtre, Napoléon et l'Empire gardaient des nostalgiques de l'”homme de la nation” conciliant un pouvoir fort avec les idées de la Révolution. Aussi, l'historien fait-il utilement justice de la mythologie impériale pour faire apparaître le personnage, sa situation dans la période, ses forces et ses faiblesses.Du portrait hallucinant de vérité qu'il en brosse, tout contre-révolutionnaire conséquent tirera l'horreur d'un homme que l'ambition, et l'entêtement ont porté sa patrie à un effort démesuré où elle a manqué se briser.
Le Clan de l'Ours des cavernes est le premier tome de la saga Les Enfants de la Terre, un best-seller historique et préhistorique publié en 1980. Il y a environ 35 000 ans, en Europe glaciaire, une fillette de 5 ans, Ayla (Homo sapiens, Cro-Magnon), est orpheline après un tremblement de terre qui détruit son camp. Blessée par un lion des cavernes, affamée et mourante, elle est recueillie par un clan de Néandertaliens (le Clan de l’Ours des cavernes) qui cherche un nouveau foyer après le même séisme. La guérisseuse Iza la sauve et l’adopte, malgré les réticences du chef Brun et les différences physiques et culturelles avec « les Autres ». Ayla grandit au sein du clan, apprenant leurs traditions rigides, leurs rituels totémiques et leur mode de vie, mais son intelligence vive, son indépendance et ses aptitudes exceptionnelles (notamment en chasse et médecine) heurtent les coutumes patriarcales et provoquent des conflits, surtout avec le jeune Broud. Un roman immersif sur la survie, le choc des cultures, l’acceptation et le destin d’une femme hors norme à la préhistoire.
Le désir de se débarrasser de la politique est de plus en plus répandu. Il rend manifeste l'existence d'une crise, qui nous contraint à nous demander : « Qu’est-ce que la politique ? » Voilà la question permanente de la pensée de Hannah Arendt, posée face au choc de l’événement totalitaire et au développement de nouveaux moyens d’anéantissement. La réponse tient dans deux thèses qui se trouvent déployées dans ce livre : l’essence de la politique est la pluralité ; son sens est la liberté. Cet ouvrage nous invite à comprendre pourquoi la philosophie s’est toujours révélée incapable de penser l’action collective, afin de nous faire entrer progressivement dans la politique en tant que domaine, c'est-à-dire dans la réalité des expériences qui la constituent. Pour se saisir des promesses que la politique recèle, abdiquons toute volonté de spéculation et laissons place à la pensée. Hannah Arendt, née à Hanovre en 1906, est l’une des plus belles figures intellectuelles du XXe siècle. Élève de Husserl, Heidegger et Jaspers, elle s’exile en 1941 aux États-Unis, où elle enseignera la philosophie et les sciences politiques. Elle est l’auteur d’ouvrages aussi célèbres que Les Origines du totalitarisme, Condition de l’homme moderne, La Crise de la culture ou Eichmann à Jérusalem. Nouvelle traduction, édition augmentée de cinq textes inédits.
L'homme se tient sur une brèche, dans l'intervalle entre le passé révolu et l'avenir infigurable. Il ne peut s'y tenir que dans la mesure où il pense, brisant ainsi, par sa résistance aux forces du passé infini et du futur infini, le flux du temps indifférent. Chaque génération nouvelle, chaque homme nouveau doit redécouvrir laborieusement l'activité de pensée. Longtemps, pour ce faire, on put recourir à la tradition. Or nous vivons, à l'âge moderne, l'usure de la tradition, la crise de la culture. Il ne s'agit pas de renouer le fil rompu de la tradition, ni d'inventer quelque succédané ultra-moderne, mais de savoir s'exercer à penser pour se mouvoir dans la brèche. Hannah Arendt, à travers ces essais d'interprétation critique - notamment de la tradition et des concepts modernes d'histoire, d'autorité et de liberté, des rapports entre vérité et politique, de la crise de l'éducation entend nous aider à savoir comment penser en notre siècle.
Alberto Angela, paléontologue et présentateur de vulgarisation scientifique devenu l'auteur historique le plus lu d'Italie, reconstitue dans ce livre une journée ordinaire de la vie quotidienne à Rome vers l'an 115 après Jésus-Christ, au sommet de la puissance impériale sous le règne de Trajan. Ce choix narratif audacieux – adopter l'échelle du quotidien plutôt que celle des grandes batailles et des empereurs – permet une immersion inédite dans la réalité vécue des Romains de toutes conditions sociales. Dès l'aube, le lecteur accompagne patriciens, affranchis, esclaves et marchands dans leurs déambulations à travers les rues encombrées de l'Urbs, ses insulae surpeuplées, ses thermes luxueux, ses tabernae animées et ses cérémonies religieuses. Angela mêle avec habileté les données archéologiques les plus récentes aux témoignages des auteurs antiques, transformant les vestiges matériels en scènes de vie palpables. Son approche novatrice fait la part belle aux anonymes – la plupart des habitants de Rome – plutôt qu'aux grands personnages dont l'histoire politique a retenu les noms. Les structures sociales, les inégalités criantes, les pratiques alimentaires, les croyances religieuses, les divertissements et les violences du quotidien apparaissent ainsi dans leur épaisseur concrète. Cette fresque vivante et érudite, accessible à tous sans jamais sacrifier la rigueur documentaire, restitue avec une rare efficacité la densité humaine de la civilisation romaine dans son apogée impériale.
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