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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Conférence donnée par Ernest Renan à la Sorbonne en 1882, publiée la même année. Renan y définit la nation non par la race, la langue ou la religion, mais comme un « plébiscite de tous les jours », fondé sur la volonté de vivre ensemble et l'oubli partagé. Un texte fondateur du débat français sur la nation.
Paru en 1849, précédé des Temps présents, De la douleur est l'ouvrage le plus lu d'Antoine Blanc de Saint-Bonnet, philosophe catholique et maître de la contre-révolution française. Il y défend la douleur comme loi providentielle qui purifie et instruit, contre les révolutions qui méconnaissent la nature tragique de la condition humaine. Admiré par Baudelaire, cité par Bernanos.
Parues en 1793, les Recherches sur la Révolution française d'August Wilhelm Rehberg, homme d'État et philosophe hanovrien, sont avec Burke la première grande critique européenne de la Révolution. Whig admirateur de l'Angleterre, Rehberg juge de l'intérieur des Lumières la prétention de refonder la politique sur la raison abstraite, contre les droits historiques et les rapports concrets de la société.
Rédigé le 12 février 1974, le jour où Soljenitsyne est arrêté avant d'être expulsé d'URSS, Ne mentez pas ! est un appel aux peuples soumis au mensonge d'État. Le régime totalitaire tient par le mensonge auquel chacun est sommé de participer ; la riposte commence par un refus personnel : « Que le mensonge règne, mais pas par moi. »
Œuvre maîtresse de Feliks Koneczny, historien et philosophe de l'histoire de Cracovie, publiée en polonais en 1935. Contre l'illusion d'une civilisation humaine unique, il dénombre plusieurs civilisations ordonnées chacune à une éthique propre - latine, byzantine, turque, juive, germanique. On ne peut pas être civilisé de deux manières : mélanger les normes produit le dérèglement, non la richesse.
Publié chez Plon en 1927, Défense de l'Occident fit aussitôt d'Henri Massis, proche de Maurras, le porte-parole d'une génération inquiète pour la civilisation européenne. L'Occident, héritage gréco-latin et chrétien de l'ordre et de la mesure, y est présenté comme menacé de l'intérieur par le subjectivisme et le matérialisme, et de l'extérieur par le bolchevisme et les mystiques de la dissolution.
Ouvrage d'Edmund Burke publié le 1er novembre 1790, alors que la Révolution française ne fait que commencer. Le philosophe irlando-britannique y en prédit la dérive sanglante et y défend, face à la raison abstraite, la valeur des traditions et des institutions héritées. Texte fondateur du conservatisme moderne.
Parue en 1796 à Constance, alors que Bonald est émigré, cette Théorie est le premier grand système de la pensée contre-révolutionnaire française. L'homme ne se fait pas lui-même : il est un être de société, et la société ne tient que par un pouvoir de source divine. Monarchie, famille et religion forment un seul ordre ; en voulant refonder la société sur la volonté des individus, la Révolution a détruit les conditions mêmes de toute société.
Publié à Naples en 1982, cet essai de Giorgio Locchi est l'un des textes majeurs de la Nouvelle Droite européenne. Il y dégage le « mythe surhumaniste » né chez Wagner : l'homme peut se dépasser non vers un au-delà chrétien mais vers une figure nouvelle, héritière des dieux indo-européens. Wagner et Nietzsche, loin de leur querelle de façade, travaillent à la même œuvre.
Manifeste politique d'Arthur Moeller van den Bruck paru en 1919 chez Piper, dans l'Allemagne défaite de l'après-Armistice. L'histoire y oppose les jeunes peuples, encore capables de volonté et de croissance, aux vieux peuples installés dans leurs empires : l'Allemagne humiliée mais jeune doit inventer sa propre révolution, nationale et sociale, contre le libéralisme des vainqueurs.
Thèse d'Armin Mohler parue en 1950, devenue la référence sur la nébuleuse de la Révolution conservatrice allemande. Entre 1918 et 1932 s'est formée une famille de pensée ni réactionnaire ni nazie - jeunes-conservateurs, révolutionnaires nationaux, mouvement bündisch, populistes - unie par le refus du libéralisme, du parlementarisme et de l'esprit de 1789, de Jünger à Schmitt.
Rédigé en 1950, Orientations est le plus bref et le plus direct des textes de Julius Evola : onze points destinés aux hommes qui, après la guerre, se reconnaissent dans une droite européenne en ruines. La défaite matérielle ne signifie pas la défaite intérieure : fidélité aux principes plutôt qu'aux régimes, aristocratie de l'âme contre démocratie de masse.
Publiée en 1958, la Métaphysique du sexe est née d'un projet d'introduction au Sexe et Caractère d'Otto Weininger, devenu livre à part entière. Evola y soutient que le masculin et le féminin sont des principes métaphysiques incarnés, non de simples données biologiques : le monde moderne, en nivellant cette différence ou en la réduisant à la pulsion, en perd la signification profonde.
Publié en 1841, Les Héros rassemble les conférences que Thomas Carlyle consacra aux grandes figures de l'histoire : prophètes, poètes, religieux, hommes de lettres, rois et chefs. Pour l'historien écossais, l'histoire universelle est au fond l'histoire de ces grands hommes, et l'incapacité d'une époque à les reconnaître signe son déclin. Un classique de la pensée du XIXe siècle, entre historiographie et philosophie politique.
Écrit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Les Hommes au milieu des ruines (1953) applique la « tradition intégrale » d'Evola à la politique : principes d'une doctrine de l'État, critique de la démocratie, du communisme et du capitalisme, et réflexion sur ce que peut être l'action politique dans un monde en ruine. C'est le plus politique des livres d'Evola.
Sous-titré « Normes existentielles pour une époque de dissolution », Chevaucher le tigre (1961) est le plus personnel des livres d'Evola. À l'individu qui refuse le monde moderne sans pouvoir le transformer, il propose une voie de détachement actif : ni fuite, ni révolte frontale, mais une souveraineté intérieure exercée au milieu même de la ruine.
Publiée en 1934, Révolte contre le monde moderne est l'oeuvre maîtresse de Julius Evola : une critique radicale de la modernité au nom de la « tradition intégrale ». Hiérarchie, sacralité, caste et Empire face à l'égalitarisme, à la démocratie et à l'économisme : un livre-programme devenu une référence de la droite traditionaliste, à lire comme un document d'histoire des idées autant que comme une doctrine.
Laetitia Strauch-Bonart clarifie ce que peut signifier le conservatisme dans le debat contemporain. Elle distingue tradition, reaction, liberalisme, attachement aux institutions et prudence politique. L ouvrage cherche a rehabiliter une disposition conservatrice non caricaturale, attentive a la transmission, aux limites et aux conditions concretes de la liberte.
Dans cet essai, Peter Thiel soutient que les attentats du 11 septembre 2001 ont brisé le cadre politique rationnel de la modernité occidentale. L'auteur analyse comment les pères fondateurs, sous l'influence de John Locke, ont délibérément mis de côté les questions fondamentales sur la nature humaine et la religion pour favoriser la paix par le commerce. Cette stratégie de l'Enlightenment est désormais défiée par des acteurs comme Oussama ben Laden, qui réintroduisent une violence radicale motivée par la foi. Thiel examine alors les théories de Carl Schmitt sur l'inéluctabilité du conflit entre amis et ennemis, ainsi que l'approche ésotérique de Leo Strauss. Finalement, l'œuvre suggère que l'Occident doit sortir de son amnésie intellectuelle pour affronter un monde où la prospérité économique ne suffit plus à garantir la sécurité.
L'ouvrage propose une critique radicale du système démocratique à travers le prisme de l'école autrichienne d'économie. L'auteur y soutient que la transition de la monarchie vers la démocratie a entraîné une décivilisation marquée par une augmentation de la dépense publique et une érosion du respect de la propriété privée. Il analyse la démocratie comme une machine de redistribution forcée qui encourage une vision à court terme au détriment de l'épargne et de l'investissement. Pour remédier à cet échec, Hoppe préconise la sécession et la création de petites unités politiques concurrentes sur le modèle de la propriété privée. Ses thèses abordent également des sujets polémiques tels que l'immigration et les fondements conservateurs de l'ordre naturel. En somme, ce livre remet en question les certitudes politiques modernes pour défendre une vision de la liberté radicale.
Accueilli par la presse britannique avec un mélange égal d’acclamations et d’indignation, ce livre entreprend de définir et de défendre la haute culture contre le monde du pop, du kitsch et du popcorn. Il montre précisément pourquoi la culture importe dans un âge sans foi, et développe un long argument, s’appuyant sur la philosophie, la critique et l’anthropologie, contre la vision du monde « post-moderniste ». Scruton livre une attaque pénétrante contre la déconstruction, contre Foucault, contre l’auto-indulgence nietzschéenne et contre la « culture de la répudiation » qui a contaminé l’université moderne. Mais son livre n’est pas seulement négatif. C’est une célébration des vrais héros de la culture moderne et un appel à la vie supérieure. L’édition américaine de cette œuvre célèbre et notoire a été révisée pour tenir compte de la controverse qu’elle a suscitée, et contient des matériaux nouveaux spécialement destinés aux Américains. An Intelligent Person’s Guide to Modern Culture n’a pas été traduit en français.
Cet ouvrage propose une analyse provocatrice de la Révolution française perçue comme un événement de nature providentielle. L’auteur soutient que les acteurs révolutionnaires, malgré leur apparente autonomie, ne sont que les instruments passifs d'une force divine supérieure destinée à purgation de la nation. Selon sa vision, la violence extrême et le régime de la Terreur constituent à la fois un châtiment nécessaire pour les crimes du pays et un moyen paradoxal de préserver l'intégrité du royaume. Maistre affirme que l'ordre renaîtra nécessairement de ce chaos, car la Providence utilise les malheurs présents pour préparer une restauration monarchique et religieuse plus éclatante. En examinant le rôle de l'Église et de la langue française, il dépeint la France comme une entité investie d'une mission spirituelle unique en Europe. Ce texte fondamental de la pensée contre-révolutionnaire invite ainsi à voir dans les bouleversements politiques le déploiement d'un plan métaphysique qui dépasse la simple volonté humaine.
Depuis l'effondrement des empires coloniaux, l'Occident se consume d'une culpabilité lancinante vis-à-vis du monde extérieur, culpabilité que Pascal Bruckner diagnostique comme pathologie mentale collective. Cet essai, paru en 1983 dans le contexte de la réévaluation du tiers-mondisme français, démonte le mécanisme pervers du repentir occidental : en s'auto-fustigeant, les sociétés occidentales ne se libèrent pas mais renforcent une domination moralisante. Elles projettent sur les peuples du Sud une image figée, essentialisée, victimaire et infantilisante, reproduisant sous forme psychologique le paternalisme colonial qu'elles prétendent désavouer. Bruckner identifie l'absurdité de cette honte de soi systématisée : elle prétend honorer les non-Occidentaux en les enferrant dans l'immobilité de la victimité, en niant leur capacité d'agir historique et politique. Loin de constituer une solidarité authentique, cette flagellation morale perpétue une asymétrie des responsabilités et des pouvoirs. L'auteur défend une solidarité véritable, fondée sur l'égalité des nations et des personnes, libérée du complexe de culpabilité. Son approche redonne aux acteurs non-occidentaux leur dignité d'agents autonomes, combattant ainsi une forme insidieuse de racisme paternaliste déguisé en progressisme.
Roger Scruton présente une exploration approfondie du conservatisme, en le distinguant entre ses formes métaphysique et empirique. L'auteur définit le conservatisme empirique comme une réponse moderne aux changements de la Réforme et des Lumières, visant à protéger les biens collectifs hérités tels que la liberté individuelle, l'État de droit impartial et la culture ouverte. Une partie significative du texte est consacrée aux réflexions personnelles de Scruton, contrastant le socialisme de son père, enraciné dans le ressentiment de classe, avec un instinct conservateur plus profond pour la protection de la patrie et du patrimoine local, ce qu'il a lui-même adopté. Scruton analyse également les défis posés par l'égalitarisme, l'État-providence et la culture de la répudiation anti-Lumières qui menace la raison et la vérité objective. Enfin, il critique l'érosion de la souveraineté nationale par l'Union européenne et souligne l'importance des frontières nationales, de l'identité partagée et du droit séculier pour maintenir la démocratie et la société civile, y compris l'environnement.