Ouvrage
Révolte contre le monde moderne
Publiée en 1934, Révolte contre le monde moderne est l'oeuvre maîtresse de Julius Evola : une critique radicale de la modernité au nom de la « tradition intégrale ». Hiérarchie, sacralité, caste et Empire face à l'égalitarisme, à la démocratie et à l'économisme : un livre-programme devenu une référence de la droite traditionaliste, à lire comme un document d'histoire des idées autant que comme une doctrine.
Auteur

Philosophe, poète et peintre italien, figure majeure du traditionalisme. Révolte contre le monde moderne et ses écrits sur la caste, le sacré et l'autorité marquent la droite radicale intellectuelle. Lecture exigeante, souvent polémique, de la modernité.
Courants
Catégories
Positionnement
Doctrine du traditionalisme intégral explicitement opposée à la démocratie, à l'égalitarisme et au libéralisme modernes : la radicalité assumée du propos justifie le classement en droite affirmée.
Contenu
Parue en 1934, Révolte contre le monde moderne condense la lecture evolienne de l'histoire : l'Occident moderne aurait rompu avec un ordre traditionnel fondé sur la transcendance, la hiérarchie spirituelle et l'autorité légitime. Evola mobilise mythologies comparées, histoire des religions et symboles pour décrire une « descente » en quatre âges, du monde de l'être au monde du devenir, aboutissant à la subversion moderne : matérialisme, individualisme, économie souveraine.
Contre ce constat, le livre dessine ce que serait un État conforme à la tradition : organique, hiérarchisé, ordonné à une idée supra-politique. La critique de la démocratie, du socialisme comme du capitalisme y est frontale ; le fascisme italien, à peine évoqué, est jugé avec distance pour son caractère tenu pour insuffisamment spirituel. Ce n'est pas un programme politique au sens ordinaire : c'est une métaphysique de l'histoire.
L'écriture d'Evola procède par affirmations autoritaires plus que par démonstration. Ses lectures de l'Antiquité, du Moyen Âge ou de l'Orient sont celles d'un doctrinaire, non d'un historien universitaire, et plusieurs de ses rapprochements ont été contestés dès la parution. Le livre s'assume pourtant comme une « révolte » intégrale : il ne propose ni retour au passé ni compromis avec le présent.
Pourquoi le lire ? Parce que nul ne comprend la droite traditionaliste européenne, de Guénon à la Nouvelle Droite, sans ce livre de référence. On peut rejeter sa vision cyclique et son mépris de l'égalité ; il demeure le manuel le plus cohérent d'une pensée contre-moderne qui n'a cessé d'inspirer des cercles militants et intellectuels.