A Droite

Ouvrage

Guide de la culture moderne à l’usage de l’homme intelligent

Accueilli par la presse britannique avec un mélange égal d’acclamations et d’indignation, ce livre entreprend de définir et de défendre la haute culture contre le monde du pop, du kitsch et du popcorn. Il montre précisément pourquoi la culture importe dans un âge sans foi, et développe un long argument, s’appuyant sur la philosophie, la critique et l’anthropologie, contre la vision du monde « post-moderniste ». Scruton livre une attaque pénétrante contre la déconstruction, contre Foucault, contre l’auto-indulgence nietzschéenne et contre la « culture de la répudiation » qui a contaminé l’université moderne. Mais son livre n’est pas seulement négatif. C’est une célébration des vrais héros de la culture moderne et un appel à la vie supérieure.

L’édition américaine de cette œuvre célèbre et notoire a été révisée pour tenir compte de la controverse qu’elle a suscitée, et contient des matériaux nouveaux spécialement destinés aux Américains.

An Intelligent Person’s Guide to Modern Culture n’a pas été traduit en français.

Auteur

Roger Scruton
Roger Scruton
Philosophe

Roger Scruton était un philosophe britannique, figure majeure du conservatisme intellectuel contemporain. Spécialiste d’esthétique, de politique et de culture, il a écrit plus de 50 ouvrages portant sur la beauté, l’architecture, la musique, la morale, la tradition et l’attachement aux « petites patries ». Défenseur des institutions héritées, de l’autorité culturelle et de la continuité historique, il s’est également illustré par son engagement en faveur des dissidents d’Europe de l’Est dans les années 1980. Sa pensée conjugue érudition, sens du concret et critique de la modernité libérale ou technocratique.

Positionnement

L'ouvrage de Roger Scruton, "Guide de la culture moderne à l’usage de l’homme intelligent", se positionne clairement dans une perspective conservatrice. Scruton défend la haute culture contre le populisme et le post-modernisme, critiquant vigoureusement des figures comme Foucault et la déconstruction. Son approche archéologique souligne l'importance des traditions et des racines religieuses dans la culture, ce qui le place dans une ligne de pensée réactionnaire et identitaire. En célébrant la haute culture comme rempart contre l'aliénation moderne, il incarne une vision conservatrice de la société et de l'art, ce qui justifie son classement en droite affirmée.

Contenu

Dans cet ouvrage, Roger Scruton propose une analyse philosophique de la culture moderne, en explorant les tensions entre les traditions héritées et l'individualisme issu des Lumières. L'auteur distingue la culture savante, conçue comme une éducation des émotions, de la culture commune, dont il situe les racines profondes dans l'expérience religieuse et le sacré. Selon lui, l'art et l'esthétique ont progressivement remplacé la foi pour offrir une vision transcendante de la condition humaine dans un monde de plus en plus désenchanté. Scruton examine comment le mouvement romantique a tenté de réconcilier la raison universelle avec le besoin vital d'appartenance à une communauté locale et enracinée. À travers une approche qu'il qualifie d'archéologique, il défend la pertinence de la haute culture comme ultime rempart contre l'aliénation de la société de consommation. Cette étude souligne finalement l'importance des rites et de l'imagination pour donner un sens éthique et durable à l'existence contemporaine.

Ce livre se présente comme une théorie de la culture moderne et une défense de ses formes les plus critiques. Scruton utilise une méthode qu'il qualifie d'archéologique, explorant les différentes strates de la conscience moderne, des racines religieuses anciennes aux sédiments plus récents de la culture populaire. L'ouvrage s'attaque vigoureusement au post-modernisme, à la déconstruction et à ce que l'auteur appelle la « culture de la répudiation » qui, selon lui, a infecté les institutions académiques modernes. L'édition américaine inclut également une réflexion sur les images photographiques et la télévision.

La pensée de Roger Scruton dans ce livre

La pensée de Scruton s'articule autour de plusieurs concepts clés :

  • Les deux types de culture : Il distingue la « culture commune », qui correspond aux croyances et rites partagés par une communauté (perspective anthropologique), de la « haute culture », qui est une forme d'expertise intellectuelle et artistique.
  • Les racines religieuses : Pour Scruton, la culture a une racine et une signification religieuses. Même dans un monde sécularisé, la haute culture continue de fournir une vision éthique de l'homme, autrefois assurée par la religion.
  • Imagination contre Fantaisie : Il fait une distinction fondamentale entre l'imagination, qui ennoblit et se confronte à la réalité, et la fantaisie (comme dans le kitsch ou la pornographie), qui dégrade l'objet pour satisfaire des désirs immédiats.
  • Critique de la modernité : Il analyse la tension entre les idéaux de l'Illumination (raison, liberté individuelle) et le besoin humain de communauté et de sacré. Il critique la culture de la jeunesse actuelle (« Yoofanasia »), qu'il voit comme une perte des rites de passage vers l'âge adulte et une dissolution du sentiment d'appartenance.
  • Opposition aux intellectuels radicaux : Il dénonce l'influence de penseurs comme Michel Foucault et Jacques Derrida, qu'il accuse de réduire la culture à de simples structures de pouvoir ou à un vide de sens.

Liste des chapitres

L'ouvrage est composé des chapitres suivants :

Voici un résumé de chaque chapitre de l'ouvrage An Intelligent Person's Guide to Modern Culture de Roger Scruton, basé sur les sources fournies :

1. What Is Culture? (Qu'est-ce que la culture ?)

Scruton commence par distinguer trois concepts de culture. La « culture commune » est l'ensemble des pratiques et croyances qui forment l'identité d'un groupe (approche anthropologique). La « haute culture » est une forme d'expertise intellectuelle et artistique propre à une élite éduquée. Enfin, la « culture populaire » moderne est une quête d'identité fluide dans un monde déraciné, souvent alimentée par le divertissement commercial. L'auteur annonce une méthode « archéologique » pour explorer ces strates de la conscience moderne.

2. Culture and Cult (Culture et culte)

Ce chapitre soutient que le cœur de la culture commune est la religion. Scruton décrit le schéma du rite religieux : la communauté, l'expérience de la souillure (la « chute »), le sacrifice pour l'expiation, et enfin le sacrement qui apporte la rédemption. Cette structure religieuse offre une « vision éthique » où l'être humain est objet de jugement, ce qui ennoblit nos émotions (comme l'amour ou le deuil). La haute culture, selon Scruton, a pour rôle de perpétuer cette vision éthique là où la religion décline.

3. Enlightenment (Les Lumières)

L'époque des Lumières est marquée par le scepticisme envers l'autorité, le respect de la raison et la promotion de la liberté individuelle. Ce mouvement a entraîné un « retrait du sacré » et le remplacement des liens hérités par l'idée du « contrat social ». Scruton souligne cependant la tension qui en résulte : l'individu éclairé, bien que libre, souffre d'une solitude profonde et d'un désir de retrouver une appartenance communautaire.

4. The Aesthetic Gaze (Le regard esthétique)

Avec le déclin de la foi, l'esthétique a pris une place centrale pour offrir des aperçus du transcendant. Scruton définit l'intérêt esthétique comme « désintéressé » : on apprécie l'objet pour lui-même, et non comme un simple outil ou un bien de consommation. L'art devient ainsi un « rite de passage » vers un monde de valeurs intrinsèques, sauvant la dignité humaine dans un monde dominé par l'utilitarisme.

5. Romanticism (Le romantisme)

Le romantisme est présenté comme une réaction interne aux Lumières, une nostalgie de la « piété naturelle » et de la communauté perdue. L'artiste romantique est un vagabond qui tente de recréer par l'imagination ce qui n'existe plus dans les faits. Scruton met toutefois en garde contre la dérive du romantisme vers la sentimentalité, où l'émotion devient une fin en soi, déconnectée de la réalité morale.

6. Fantasy, Imagination and the Salesman (Fantaisie, imagination et le vendeur)

Scruton établit une distinction capitale entre l'imagination, qui nous permet d'explorer des mondes possibles avec empathie, et la fantaisie, qui cherche des substituts (simulacres) pour gratifier des désirs immédiats (comme dans la pornographie ou la violence gratuite). La fantaisie et son corollaire, le kitsch, dégradent l'objet en le transformant en marchandise et sont en guerre contre la réalité.

7. Modernism (Le modernisme)

Le modernisme est la réponse de la haute culture à la marchandisation du monde et à la « mort de Dieu ». Scruton analyse Wagner comme celui qui propose l'art comme voie de rédemption par le sacrifice. Des poètes comme Baudelaire et T.S. Eliot utilisent la tradition pour maintenir un jugement moral et une vision éthique au milieu de la laideur de la ville moderne.

8. Avant-garde and Kitsch (Avant-garde et kitsch)

Le modernisme a délibérément rendu la haute culture « difficile » pour la protéger du kitsch et du divertissement de masse. Cependant, Scruton déplore que le modernisme se soit institutionnalisé en une « bureaucratie de l'avant-garde ». Cela a mené au « kitsch préemptif » (ex: Andy Warhol, Jeff Koons), où l'artiste embrasse délibérément la futilité pour éviter la critique, transformant l'art en une simple prétention.

9. Surface and Surfeit (Surface et excès)

Ce chapitre traite de l'impact des technologies de l'image. Scruton affirme que la photographie n'est pas un art de la représentation comme la peinture, car elle est un processus causal qui capture un moment réel plutôt qu'une pensée. Le cinéma, par sa capacité à réaliser visuellement les fantasmes (sexe et violence), tend intrinsèquement vers l'obscénité s'il n'est pas maîtrisé par une intention dramatique supérieure.

10. Yoofanasia (Jeunethanasie)

Scruton analyse la culture mondiale des jeunes comme une culture sans rites de passage vers l'âge adulte. La musique pop (ex: Nirvana, Oasis) est souvent caractérisée par un manque d'argument musical et une répétition mécanique qui « totémise » le chanteur. Cette culture célèbre la jeunesse comme une fin en soi et remplace l'imagination par la fantaisie et le sentiment par le kitsch.

11. Idle Hands (Les mains oisives)

Scruton critique la figure de l'intellectuel moderne, qu'il voit comme une classe s'autoproclamant juge de la société. Il s'attaque particulièrement à Michel Foucault et à son « éthique du soupçon », qui réduit toute culture et institution à des structures de pouvoir et de domination. Cela mène à une « culture de la répudiation » dans les universités, visant à détruire l'autorité de l'héritage occidental.

12. The Devil’s Work (L'œuvre du Diable)

Consacré à Jacques Derrida et à la déconstruction, ce chapitre qualifie ce mouvement d'entreprise théologique visant à « signifier le Néant ». Scruton compare la déconstruction à une incantation magique qui utilise un langage cryptique pour détruire le sens. Il y voit une forme d'« uncréation » ou de nihilisme qu'il associe métaphoriquement à l'œuvre du Diable.

13. Conclusions (Conclusions)

En conclusion, Scruton réaffirme que la culture est enracinée dans le religieux et que la haute culture doit perpétuer la vision éthique par l'esthétique. Il rejette le multiculturalisme éducatif, le considérant comme une « indolence mentale » qui refuse le jugement critique. Il plaide pour une forme de « piété naturelle » (inspirée de Confucius) : vivre « comme si » nos actes importaient éternellement, en respectant les coutumes et les cérémonies qui donnent de la dignité à la vie.