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Positionnement : Gauche affirmee

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L'anarchisme ouvrier et la philosophie

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L'anarchisme ouvrier et la philosophie

Cet ouvrage explore l'articulation historique et théorique entre la pensée anarchiste et les mouvements ouvriers, refusant de les envisager comme simples antécédents ou épiphénomènes d'idéologies politiques majeures. L'auteur analyse comment les idées anarchistes ont perméé les luttes ouvrières, fournissant des cadres conceptuels et des imaginaires de libération authentiquement enracinés dans l'expérience des travailleurs. Inversement, les pratiques ouvrières ont validé ou infléchi la théorie anarchiste, créant une dialectique féconde entre action et pensée. L'essai examine les concepts clés de l'anarchisme : l'abolition de l'État, le fédéralisme ouvrier, l'autogestion, l'action directe, en montrant comment ces catégories procèdent de l'expérience collective des prolétaires. L'anarchisme ouvrier refuse tant la dictature du prolétariat marxiste que la représentation parlementaire capitaliste, imaginant une démocratie directe fondée sur les associations volontaires. Le texte scrute les expériences historiques : les conseils ouvriers russes de 1917, les collectivités espagnoles de 1936, les mouvements autonomes contemporains. Chaque cas révèle comment la philosophie anarchiste ne constitue pas une utopie abstraite mais une cristallisation théorique des aspirations réelles des travailleurs. L'ouvrage défend une dignité intellectuelle à cette pensée politique marginalisée, montrant comment elle articule justice économique et liberté politique. Il redéfinit l'héritage anarchiste comme ressource critique toujours pertinente pour les luttes actuelles.

Daniel Colson
Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère

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Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère

Pierre-Joseph Proudhon publie en 1846 ce traité en deux volumes qui constitue sa contribution la plus ambitieuse à la théorie économique et sociale. L'ouvrage s'engage dans un dialogue critique avec les économistes classiques et avec Hegel, cherchant à dépasser les contradictions du capitalisme par une synthèse dialectique. Proudhon y développe sa vision d'une économie mutuelliste fondée sur l'échange équitable et le crédit gratuit, alternative aux deux formes d'exploitation qu'il identifie : le profit capitaliste et la rente foncière. Sa critique de la propriété s'approfondit ici par une analyse des mécanismes économiques concrets par lesquels la propriété génère une extraction systématique de valeur du travail productif. L'ouvrage contient également une critique précoce du socialisme autoritaire et de la planification étatique, préfigurant les débats ultérieurs entre anarchistes et marxistes. Marx lui-même répondra avec sa Misère de la philosophie, lançant une polémique intellectuelle qui traversera tout le mouvement ouvrier du XIXe siècle. Proudhon y affirme que les contradictions économiques ne se résolvent pas par leur suppression violente mais par leur dépassement dialectique vers des formes d'organisation plus justes. Ce texte dense et ambitieux reste une œuvre fondamentale pour comprendre les origines du socialisme libertaire et ses différences fondamentales avec le marxisme orthodoxe.

Pierre-Joseph Proudhon
Contre-histoire de la philosophie tome 7 : La construction du surhomme

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Contre-histoire de la philosophie tome 7 : La construction du surhomme

Ce texte présente un volet consacré au “Grand Homme” dans le XIXe siècle, complémentaire des deux tomes précédents d’Onfray, L’eudémonisme social : philosophie des masses, Les radicalités existentielles : philosophie des individus. Ici, il s’agit du troisième axe : la construction du surhomme, c’est-à-dire l’aspiration du Grand Homme à une vie sublime. Le texte met en avant Jean-Marie Guyau (1854-1888), tuberculeux mais porté par une discipline stoïcienne, qui développe une philosophie vitaliste opposée à la morale kantienne. Il valorise l’action, le risque, la dépense, la générosité, au point d’apparaître comme un possible « Nietzsche français ». Mais cette pensée comporte aussi un versant ambigu : hygiénisme, racialisme, natalisme, présentés comme des thèmes pouvant annoncer certains aspects idéologiques du XXe siècle. Guyau défend enfin une forme d’immortalité panthéiste, fondée sur les traces laissées par un amour puissant. Le texte relie ensuite cette métaphysique à Nietzsche (1844-1900) et à sa figure du Surhomme : Nietzsche évoluerait de Schopenhauer et Wagner vers une période épicurienne, avant d’aboutir au surhomme (souvent caricaturé). Le Surhomme désigne ici l’individu qui accepte pleinement la volonté de puissance, la veut, puis l’aime, afin d’atteindre une jubilation supérieure – une technique de sagesse accessible à tous.

Michel Onfray

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