Ouvrage
Du contrat social
Paru en 1762, Du contrat social pose la question centrale de la philosophie politique moderne : comment une association d'hommes peut-elle obéir aux lois tout en demeurant libre ? Rousseau y fonde la souveraineté du peuple et la notion de volonté générale, discutées sans relâche depuis. Texte de référence des révolutions comme des républiques, il demeure l'un des ouvrages les plus commentés - et les plus disputés - de la tradition politique française.
Auteur

Écrivain et philosophe genevois, Rousseau développe l’idée d’un homme naturellement bon mais corrompu par la société. Son œuvre politique, centrée sur la volonté générale, a profondément influencé la pensée révolutionnaire.
Courants
Catégories
Positionnement
Texte fondateur disputé par toutes les traditions depuis 1762 : le site classe au centre transversal les classiques qui échappent à un usage partisan (De la démocratie en Amérique, Le Prince), et Du contrat social relève du même cas.
Contenu
Publié à Amsterdam en 1762, la même année que l'Émile, Du contrat social vaut aussitôt à Rousseau la condamnation de ses deux livres et l'exil. Le projet du traité tient en une question : par quoi une obéissance aux lois peut-elle être légitime ? La réponse passe par un pacte dans lequel chacun s'engage envers tous, et n'obéit finalement qu'à lui-même en tant que membre du corps politique.
L'ouvrage distingue la volonté générale, qui vise l'intérêt commun, de la volonté de tous, simple somme des volontés particulières. La souveraineté qui en découle est inaliénable et indivisible : elle ne se représente pas et ne se délègue pas. Cette exigence, qui inspire la démocratie directe autant qu'elle en interdit certaines formes représentatives, donne au livre sa force et ses tensions.
La thèse du livre fait de la liberté civile une obéissance à la loi que l'on s'est prescrite. Autour d'elle, Rousseau développe des figures difficiles : le législateur, chargé de former un peuple capable de se donner des lois ; la religion civile, pensée comme ciment minimal du lien social. Ces pages ont nourri des lectures opposées - fondatrice de la liberté moderne pour les uns, matrice des dérives collectivistes pour les autres - et la dispute fait partie de l'héritage du livre.
Pourquoi le lire ? Pour mesurer, à la source, l'ambition et les difficultés de la souveraineté populaire ; pour comprendre aussi pourquoi ce court traité a pu servir de référence à la Révolution française comme à ses critiques. Le lire en entier, plutôt qu'en extraits, reste le meilleur moyen de se faire une opinion sur ce qu'il autorise et ce qu'il interdit.