A Droite

Ouvrage

La Violence et le Sacré

Publié en 1972, La Violence et le Sacré est l'œuvre fondatrice de la théorie mimétique de René Girard. À partir des tragiques grecs, des rites archaïques et des mythes, l'auteur y soutient que le sacrifice et le sacré ont fonctionné, dans les sociétés humaines, comme des dispositifs d'endiguement de la violence. Une anthropologie de la violence qui a profondément renouvelé la lecture des religions et des sociétés.

Auteur

René Girard
René Girard
1923-2015•Français

René Girard était un philosophe français, connu pour ses théories sur le désir mimétique et le bouc émissaire. Son travail a influencé la littérature, la théologie et la psychologie.

Positionnement

Même auteur et même geste anthropologique que Mensonge romantique et vérité romanesque, classé droite modérée sur le site : une pensée de l'ordre social et du religieux qui s'inscrit dans la tradition conservatrice-libérale.

Contenu

Après Mensonge romantique et vérité romanesque, consacré au désir mimétique dans le roman, La Violence et le Sacré (1972) déplace l'enquête vers les sociétés archaïques. Girard y lit les rites, les mythes et les interdits à la lumière d'une hypothèse unique : la violence est mimétique, elle se propage par rivalité et imitation, et menace toute communauté qui ne la canalise pas.

Au centre du livre se trouve la figure de la victime émissaire. Lorsque la crise mimétique atteint son paroxysme, la violence de tous contre tous peut basculer en violence de tous contre un : une victime, souvent marginale et sans défenseurs, cristallise l'hostilité du groupe. Son élimination rétablit provisoirement la paix, et le sacré naît de ce basculement incompris, que les rites sacrificiels rejouent ensuite pour tenir la violence à distance.

La thèse du livre renverse l'approche habituelle du sacré : loin d'être une réalité première que les hommes célébreraient, le sacré serait la violence collective maîtrisée et transfigurée. Girard en tire des lectures nouvelles d'Œdipe, des pharmakos grecs et des différences entre sociétés archaïques et sociétés de droit, où la justice retient la vengeance privée. La portée de l'hypothèse déborde l'anthropologie : elle rejoint la philosophie politique et la théologie.

Pourquoi le lire ? Parce que c'est le livre où tout commence chez Girard : la victime émissaire, la crise sacrificielle, le rapport entre violence et institutions y sont posés une fois pour toutes ; parce que ses analyses des rites et des mythes restent parmi les plus stimulantes de l'anthropologie du XXe siècle. À poursuivre avec Le Bouc émissaire, qui en étend le propos aux textes historiques et évangéliques.