Ouvrage
L'État total
Conférence de 1931 où Carl Schmitt analyse le tournant vers l'État total : la distinction État/société s'efface et l'État neutre des libéraux devient un État-parti ou un État fort.
Auteur

Juriste et philosophe politique allemand, Schmitt affirme que le politique repose sur la distinction fondamentale entre ami et ennemi. Il critique les illusions libérales et insiste sur la nécessité d’un souverain capable de trancher dans les situations de crise.
Positionnement
Carl Schmitt, juriste de la décision et de l'État fort, critique du libéralisme et du pluralisme de partis. Droite affirmée.
Contenu
L'État total (Die Wendung zum totalen Staat) est une conférence prononcée par Carl Schmitt en 1931, reprise dans le recueil Positionen und Begriffe im Kampf mit Weimar-Genf-Versailles 1923-1939 (Hanseatische Verlagsanstalt, 1940).
Le texte : Schmitt y constate le basculement de l'État libéral neutre du XIXe siècle - qui se contentait d'arbitrer une société supposée autonome - vers un État auquel la société elle-même demande d'intervenir partout : économie, culture, vie quotidienne. Ce 'tournant vers l'État total' peut prendre deux voies opposées : un État total par faiblesse, livré aux partis et aux intérêts qui le colonisent, ou un État fort, capable de distinguer l'essentiel de l'accessoire et de tenir la pluralité des groupements à distance.
Portée et réception. Écrit l'année de Der Hüter der Verfassung, le texte éclaire l'analyse schmittienne de la crise de Weimar et du pluralisme : l'État qui ne tranche pas est voué à être capturé. Il reste une référence pour penser le rapport entre État et société.
Pourquoi le lire ? Pour saisir l'une des analyses les plus lucides de la neutralisation libérale de l'État et de ses deux issues possibles : la captation par les partis ou le redressement de l'autorité.