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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Ce livre explore l'évolution de la figure du combattant irrégulier dans l'histoire moderne. L'auteur identifie la **guérilla espagnole** de 1808 comme le point de rupture où des civils ont affronté pour la première fois une armée régulière issue de la Révolution française. Cette transition marque la fin du **droit classique de la guerre**, lequel reposait sur une distinction stricte entre militaires et non-combattants au sein de conflits étatiques limités. Le texte souligne comment cette forme de lutte, centrée sur une **hostilité absolue**, a été théorisée par des penseurs comme Clausewitz avant d'être radicalisée par Lénine et Mao Tsé-toung. Finalement, Schmitt démontre que le partisan moderne n'est plus un simple hors-la-loi, mais un acteur politique central des **conflits mondiaux** contemporains.
Dans cet essai, Peter Thiel soutient que les attentats du **11 septembre 2001** ont brisé le cadre politique rationnel de la modernité occidentale. L'auteur analyse comment les pères fondateurs, sous l'influence de **John Locke**, ont délibérément mis de côté les questions fondamentales sur la **nature humaine** et la religion pour favoriser la paix par le commerce. Cette stratégie de l'**Enlightenment** est désormais défiée par des acteurs comme Oussama ben Laden, qui réintroduisent une violence radicale motivée par la foi. Thiel examine alors les théories de **Carl Schmitt** sur l'inéluctabilité du conflit entre amis et ennemis, ainsi que l'approche ésotérique de **Leo Strauss**. Finalement, l'œuvre suggère que l'Occident doit sortir de son amnésie intellectuelle pour affronter un monde où la prospérité économique ne suffit plus à garantir la sécurité.
L'ouvrage propose une critique radicale du système démocratique à travers le prisme de l'**école autrichienne d'économie**. L'auteur y soutient que la transition de la monarchie vers la démocratie a entraîné une **décivilisation** marquée par une augmentation de la dépense publique et une érosion du respect de la **propriété privée**. Il analyse la démocratie comme une machine de **redistribution forcée** qui encourage une vision à court terme au détriment de l'épargne et de l'investissement. Pour remédier à cet échec, Hoppe préconise la **sécession** et la création de petites unités politiques concurrentes sur le modèle de la propriété privée. Ses thèses abordent également des sujets polémiques tels que l'**immigration** et les fondements **conservateurs** de l'ordre naturel. En somme, ce livre remet en question les certitudes politiques modernes pour défendre une vision de la **liberté radicale**.
Ces mémoires retracent la genèse de la pensée stratégique et de l'attachement viscéral à la grandeur de la France de Charles de Gaulle. Il y décrit son passage à l'armée et son constat alarmant face à l'inconsistance du pouvoir politique et au conservatisme militaire de l'entre-deux-guerres. Convaincu de l'imminence d'un nouveau conflit, il préconise alors la création d'une armée de métier mécanisée et l'usage massif des blindés pour rompre avec la passivité défensive. Le texte expose ses efforts pour alerter l'opinion et influencer les dirigeants, soulignant le contraste tragique entre l'audace technologique allemande et l'inertie française. Ce récit témoigne ainsi du combat solitaire d'un officier visionnaire tentant de moderniser la défense de sa nation avant la catastrophe.
Une analyse prospective explorant la transition de la société industrielle vers l'ère de l'information. Les auteurs soutiennent que les avancées technologiques, notamment le micro-traitement et la cryptographie, vont radicalement réduire le pouvoir de coercition des États-nations au profit de l'autonomie individuelle. Cette mutation « mégapolitique » annonce l'émergence d'une nouvelle figure, l'individu souverain, capable d'opérer dans un cyberespace affranchi des frontières physiques et des systèmes fiscaux traditionnels. Le livre structure sa réflexion autour de cycles historiques de cinq cents ans, prédisant une désintégration des grandes structures hiérarchiques et une restructuration du monde en juridictions compétitives. Finalement, l'œuvre se veut un guide pour naviguer dans cette révolution de la puissance, où la richesse ne dépendra plus du capital physique mais de la capacité intellectuelle et technologique de chacun.
L’imprégnation décoloniale a fait surgir un nouvel espace de l’extrémisme politique : « antiracistes » racistes visant les « Blancs », gauchistes violents, islamo-gauchistes, indigénistes… Des groupuscules identitaires extrémistes s’érigent en tribunaux d’inquisition, censurent des œuvres et imposent des « déboulonnages ». Face à la prolifération de mémoires victimaires vindicatives et politiquement instrumentalisées, Pierre-André Taguieff dresse un état des lieux, analyse sans concession les discours décoloniaux et en esquisse une généalogie : autant d’éléments pour la discussion sérieuse d’une imposture de grande ampleur.
Georges Minois, historien de la culture et des religions, retrace l'évolution de l'incroyance dans le monde occidental des origines à nos jours. Contrairement à l'idée reçue, l'athéisme n'est pas né au XIXe siècle avec la « mort de Dieu » : dès le VIe siècle avant notre ère, Théodore l'Athée proclamait l'inexistence des dieux. Aussi vieux que la pensée humaine, il constitue l'une des grandes visions du monde, où l'homme se retrouve seul face à lui-même et à une nature régie par des lois immuables. Loin d'être le simple négatif des religions, l'athéisme regroupe tous ceux – sceptiques, libres-penseurs, libertins, déistes, agnostiques, matérialistes – qui cherchent un sens à la vie sans foi religieuse. Pluriel comme les religions, il prend des formes variées et parfois antagonistes : révolte contre le mal ou les interdits, spéculation en période de crise, confiance chez Hegel et Marx, volonté chez Nietzsche, pessimisme chez Schopenhauer, ou encore athéisme diffus de l'époque contemporaine où la frontière entre croyants et non-croyants s'estompe.
Cet ouvrage de référence propose une histoire narrative et une analyse conceptuelle exhaustive du fascisme européen entre 1914 et 1945. L'auteur y développe une définition tripartite, articulée autour de l'idéologie, des négations et du style, pour identifier le fascisme comme une forme révolutionnaire d'ultra-nationalisme visant la renaissance nationale (palingénésie) par le biais du vitalisme et de la violence. En retraçant ses racines dans la crise culturelle du « fin de siècle » et la brutalisation politique issue de la Grande Guerre, Payne compare les régimes d'Italie et d'Allemagne avec les mouvements d'autres pays, tout en distinguant soigneusement le fascisme pur des autres droites autoritaires. Il conclut que le fascisme fut un phénomène historique spécifique, principalement propre aux « nations nouvelles » en quête de puissance impériale, dont le projet s'est effondré avec sa destruction militaire totale en 1945, ne laissant place après-guerre qu'à des formes marginales de néofascisme.
Qui sont les Blancs ? propose une lecture de l’identité européenne comme une continuité historique faite d’« empreintes » successives – climatiques, mentales, culturelles et spirituelles. Julien Rochedy relie le froid, l’héritage grec du logos, la forme romaine de l’État et l’intériorité chrétienne pour expliquer la singularité européenne. Le christianisme y apparaît non comme une rupture, mais comme une transformation compatible d’un fond indo-européen. Le Moyen Âge et la Renaissance consolident l’individualisme, le travail et la science, tandis que la modernité pousse ces traits jusqu’à l’excès. Le XXᵉ siècle révèle alors une crise interne : l’Europe risque de disparaître par oubli d’elle-même. L’alternative posée est simple : déclin ou renaissance par la mémoire de sa continuité.
Cet ouvrage de Guillaume Faye constitue un manifeste radical qui dénonce ce que l'auteur qualifie de colonisation de peuplement de l'Europe par l'immigration massive, principalement issue du monde arabo-musulman. Structuré comme un cri d'alarme, le texte fustige l'aveuglement des élites, qu'il nomme les collaborateurs, et prédit l'éclatement inévitable d'une guerre civile ethnique provoquée par le choc des cultures et l'islamisation du continent. Faye rejette les concepts d'intégration et de multiculturalisme au profit d'un ethnocentrisme européen, affirmant que la survie d'une civilisation dépend avant tout de la préservation de son substrat biologique et anthropologique. La finalité de ce discours provocateur est d'exhorter la jeunesse à se préparer à une Reconquista, une reprise en main territoriale et spirituelle qui ne pourra survenir, selon lui, qu'à la faveur d'une crise majeure et salvatrice.
Jean-Claude Michéa analyse la civilisation libérale comme un projet de pacification sociale né des traumatismes des guerres de religion. Cette idéologie repose sur une neutralité axiologique qui évacue toute morale collective au profit du Droit procédural et du Marché autorégulateur. L'auteur démontre que ce système réduit l'humain à un individu abstrait et égoïste, dont la seule boussole est la poursuite de son intérêt personnel. En déléguant la gestion du monde à des mécanismes techniques, le libéralisme finit par dissoudre la common decency et les liens sociaux traditionnels. Michéa souligne enfin que cette fuite en avant débouche sur un optimisme technologique inquiétant, menaçant l'essence même de notre humanité.
Ce texte propose une critique acerbe de l'intelligentsia française, accusant de nombreuses figures intellectuelles de complaisance envers l'antisémitisme et le fascisme. L'auteur déconstruit les trajectoires de penseurs célèbres comme Sartre, Beauvoir, Ricoeur ou Foucault, révélant leurs ambiguïtés sous l'Occupation ou leur soutien à des régimes théocratiques. Il explore la généalogie d'un antisémitisme structurel à gauche, prenant racine chez Marx et les socialistes du XIXe siècle pour aboutir à l'islamo-gauchisme contemporain. Onfray dénonce également le négationnisme de Roger Garaudy et les dérives de la déconstruction, qu'il juge responsables d'une haine renouvelée envers l'État d'Israël. En soulignant les contradictions de ces « maîtres à penser », l'ouvrage appelle à une relecture sans concession de l'histoire politique et philosophique moderne. Cette analyse vise à démontrer comment une certaine élite a systématiquement occulté ses propres compromissions morales pour préserver sa domination culturelle.
Ce texte théorise le triomphe mondial de la démocratie libérale. L'auteur soutient que ce modèle politique, couplé au capitalisme, constitue l'aboutissement du développement idéologique de l'humanité face aux échecs du totalitarisme. Il s'appuie sur la notion hégélienne de la lutte pour la reconnaissance, affirmant que le désir de dignité individuelle est le moteur essentiel du progrès historique. Bien que la science moderne et l'économie unifient le monde, Fukuyama souligne que les identités culturelles et le nationalisme restent des forces complexes. Enfin, il s'interroge sur la stabilité à long terme de ces sociétés, craignant que l'absence de grands défis ne mène à un ennui existentiel profond.
Premier volume d'un cycle en quatre tomes qui retrace l'histoire de la civilisation occidentale à travers la philosophie. Ce premier opus consacré à l'Antiquité gréco-romaine présente la philosophie comme une "guerre des idées" structurée par des antagonismes radicaux. Onfray s'appuie sur une "dynamique des diades" qui oppose les grandes figures pour en révéler les tensions fondatrices : l'idéalisme de Platon contre le matérialisme de Démocrite, Héraclite contre Parménide, la vertu stoïcienne contre l'hédonisme d'Aristippe, l'ascétisme d'Épicure face à la jouissance de Lucrèce. Le titre évoque les "ruines" au double sens : notre connaissance fragmentaire de l'Antiquité (victime des autodafés chrétiens) et les fondations philosophiques sur lesquelles s'est bâtie notre civilisation. Les trois volumes suivants traiteront du christianisme, de la Renaissance à la Révolution, puis de la modernité nihiliste. Sélectionné au Prix Renaudot Essai, ce livre propose une initiation accessible à la sagesse antique tout en montrant comment ces débats millénaires structurent encore notre pensée contemporaine.
Anthony D. Smith montre que les nations modernes ne surgissent pas ex nihilo : elles prolongent des communautés ethniques anciennes dont elles reprennent les mythes, symboles, mémoires et valeurs. Contre les modernistes qui voient la nation comme entièrement récente et contre les primordialistes qui la pensent naturelle, Smith défend une voie médiane : la nation est une construction moderne fondée sur des matériaux pré-modernes. Il distingue le modèle civique-occidental et le modèle ethnique-généalogique, et montre comment l’État moderne, la citoyenneté et la mobilisation de masse ont réorganisé sans effacer les héritages culturels et historiques. Pour Smith, la nation n’abandonne pas l’ethnie : elle la transforme, la politise et la réactive pour garantir continuité et identité.
L’Histoire de France de Jacques Bainville propose une lecture continue et géopolitique du destin français, depuis la Gaule romanisée jusqu’à l’après-1918. Il y montre comment la France s’est patiemment construite autour de la monarchie capétienne, seule force capable d’unifier un territoire morcelé et d’assurer la cohérence politique du pays face aux puissances voisines. Pour Bainville, l’histoire française est une chaîne de causes et de conséquences où chaque erreur – guerres civiles, divisions idéologiques, ruptures révolutionnaires – affaiblit durablement la nation. Il insiste sur la menace récurrente de l’Allemagne, née de la politique napoléonienne, et sur l’instabilité chronique du XIXe siècle qui conduit aux catastrophes de 1870 puis aux fragilités de 1914. Même la victoire de la Grande Guerre lui semble compromise par un traité de Versailles trop clément. Au total, Bainville défend l’idée que la grandeur française repose sur la continuité, la prudence et la force organisatrice de l’État.
Papacito explore le thème grandiose de la décadence civilisationnelle à travers l'analyse de la société contemporaine, en plaçant au centre de son enquête la chute inexorable des structures politiques et sociales qui ont porté les grandes civilisations. L'essai diagnostique comment les valeurs traditionnelles qui cimentaient jadis les communautés humaines s'effondrent sous les assauts combinés du nihilisme et du relativisme culturel. Papacito envisage cette décadence comme phénomène multifactoriel : désagrégation des cadres familiaux, dissolution des références communes, perte de transcendance et d'orientation métaphysique. Le titre « Crépuscule des titans » évoque moins la fatalité pessimiste que l'agonie d'un ordre politique et moral qui se savait fondé sur des essences pérennes. L'auteur interroge les racines de cette crise : elle ne procède ni d'accidents historiques ni de simple fatigue collective, mais du triomphe intellectuel du relativisme post-moderne niant tout ancrage normatif à la réalité. Papacito défend l'intuition que sans hiérarchies de valeurs, sans référence à un ordre naturel ou transcendant, les sociétés libérées sombrent dans l'anomie et l'autodestruction. L'essai propose une archéologie critique de la modernité tardive, identifiant comment le progressisme a systématiquement démoli les piliers civilisationnels. Papacito esquisse une redéfinition des conditions permettant la renaissance d'une civilisation ancrée dans la tradition et l'ordre.
Claude Lévi-Strauss démantèle dans cet essai publié en 1952 le concept même de « race » comme catégorie pertinente pour comprendre l'humanité, substituant au vocabulaire racial une anthropologie attentive aux cultures. Rédigé dans le contexte de l'effort de l'UNESCO contre le racisme, Lévi-Strauss opère un déplacement paradigmatique radical : il élimine la pseudo-biologie raciale pour centraliser l'étude des systèmes culturels. L'auteur critique violemment les théories racialistes de Gobineau et ses épigones qui prétendaient hiérarchiser les « races primitives » selon des critères biologiques, révélant l'absurdité scientifique de ces entreprises. Lévi-Strauss argue que toute culture existe en « coalition » avec d'autres, que les emprunts mutuels constituent la dynamique même de l'évolution culturelle. Aucune civilisation n'accumule seule les progrès : le progrès culturel procède toujours d'une interaction, d'une coagulation entre systèmes distincts. Cette interdépendance révèle une égale dignité à tous les peuples, non par altruisme moral mais par constatation anthropologique. L'essai refuse tant la hiérarchie raciale que le multiculturalisme naïf, insistant sur la structure dialogique de la création culturelle. Lévi-Strauss énonce clairement : chaque culture contribue à l'édifice commun, aucune ne possède le monopole de la vérité. Race et histoire inaugure une anthropologie structurale soucieuse de préserver la diversité culturelle comme bien irremplaçable de l'humanité.
Jean Bordonove est un écrivain et biographe français connu pour ses ouvrages historiques accessibles et bien documentés. Dans ses travaux consacrés à Napoléon, il propose un portrait clair, vivant et dépouillé d’emphase, où l’empereur apparaît avant tout comme un homme politique et un chef militaire façonné par les circonstances exceptionnelles de son époque. Bordonove met l’accent sur la logique interne de l’ascension napoléonienne, la cohérence de ses réformes, la dynamique de ses campagnes et la dimension profondément européenne de son action, tout en évitant les excès hagiographiques ou les condamnations systématiques. Son approche, à la fois narrative et rigoureuse, en fait une porte d’entrée solide pour comprendre Napoléon sans être submergé par l’érudition ou les polémiques.
Une histoire de l'anthropologie L'histoire de l'anthropologie est complexe et bien plus riche que ne le laissent penser certaines approches qui la réduisent à un seul courant. Si l'on veut se donner les moyens de saisir le champ de l'anthropologie dans son ensemble, il faut passer par la Grande-Bretagne, l'Allemagne et les États-Unis autant que par la France - et oser remonter quelque peu dans le temps. C'est l'ambition du présent ouvrage, qui se donne à lire comme un vade-mecum permettant de situer les hommes et les idées qui ont peu à peu construit la discipline en Europe et outre-Atlantique.
Tim Flannery, paléontologue australien de renom, propose dans cet ouvrage une fresque époustouflante de l'histoire naturelle de l'Europe s'étendant sur cent millions d'années. Loin d'une perspective exclusivement géopolitique contemporaine, l'auteur inscrit le continent européen dans une temporalité géologique profonde, envisageant l'Europe comme un supercontinent façonné par les mouvements tectoniques, l'évolution des espèces et les transformations climatiques. Cette analyse novatrice révèle comment l'Europe s'est constituée progressivement comme carrefour de biodiversité accueillant des espèces migratrices en provenance d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Nord. Flannery examine les ruptures environnementales qui ont modelé la faune et la flore, tout en consacrant une attention particulière à l'apparition et à l'évolution de nos ancêtres humains préhistoriques. Son dernier chapitre, traitant l'Europe contemporaine des XXe et XXIe siècles, aborde les questions existentielles de notre époque : les possibilités de recréation génétique d'espèces disparues et la responsabilité humaine face à la préservation écologique. Cette combinaison de paléontologie rigoureuse et de narration captivante transforme la géographie continentale en véritable histoire du vivant.
Daniel Lefeuvre, historien parisien spécialiste de l'Algérie coloniale et de l'histoire méditerranéenne, entreprend dans cet essai polémique une relecture radicale du passé colonial français. Armé de données statistiques précises et de sources documentaires rigoureuses, Lefeuvre s'oppose frontalement au discours de la repentance systématique qui domine depuis les années 1990, affirmant qu'une compréhension honnête du passé exige d'en examiner les réalités complexes sans parti pris idéologique. Son approche réfute tant l'hagiographie complaisante que le masochisme historiographique réduisant la colonisation à un manichéisme simpliste bien-mal. Lefeuvre contextualise les actions coloniales en les situant dans les dynamiques historiques réelles de leur époque, sans absoudre les atrocités mais en les confrontant aux chiffres vérifiables et aux véritables enjeux économiques, politiques et sociaux. Cet ouvrage invite à dépasser les débats idéologiques pour accéder à une vérité historique ancrée dans les faits documentés. La perspective de Lefeuvre propose une troisième voie entre l'amnésie volontaire et la culpabilité permanente, cherchant à instaurer un rapport plus mature à l'histoire coloniale française.
John Iliffe propose ici une histoire générale de l'Afrique, des origines de l'humanité jusqu'à nos jours. Les Africains ont conquis une région particulièrement hostile du globe au nom de toute l'espèce humaine. Le peuplement du continent, la coexistence de l'homme avec son environnement, la construction de sociétés durables et la défense contre les agressions venues des contrées les plus favorisées constituent les axes principaux de cette histoire. Celle-ci est aussi marquée par les blessures et les cicatrices. En consacrant une longue analyse à l'esclavage, John Biffe montre que la souffrance se trouve au coeur de l'expérience africaine. Contre cette souffrance, les Africains ont élaboré des défenses qui leur sont propres : ils placent l'endurance, le courage et le sens de l'honneur au premier plan de toutes les vertus. Autant de valeurs grâce auxquelles ils affrontent les nouveaux défis du monde contemporain -- l'instabilité politique, les guerres, les bouleversements culturels et, surtout, la propagation du Sida. Telle est l'histoire exceptionnelle de populations exceptionnelles : celles du Maghreb, de l'Egypte, de l'Ethiopie, de toute l'Afrique noire -- une communauté de destins qui lie en une seule histoire les tout premiers humains à leurs descendants d'aujourd'hui.
Hippolyte Taine entreprend dans ce monument historiographique une analyse structurale de la Révolution française et de ses origines profondes dans la société d'Ancien Régime. Contrairement aux historiens romantiques qui célébraient 1789 comme avènement de la liberté, Taine adopte une perspective résolument critique, s'attachant à décrire les mécanismes psychologiques et sociaux qui ont conduit à la Terreur. Son approche naturaliste et positiviste – influencée par les sciences naturelles de son époque – cherche à identifier les « forces » et les « milieux » qui expliquent les comportements collectifs révolutionnaires. Taine identifie une « anarchie spontanée » dans les masses révolutionnaires, produit d'une désagrégation brutale des structures sociales traditionnelles. La Révolution n'apparaît pas comme triomphe de la Raison mais comme déchaînement d'instincts primitifs habillés en idéologie. Ce regard conservateur a fortement influencé la tradition contre-révolutionnaire française. L'ouvrage reste une référence majeure pour comprendre les interprétations critiques de la Révolution française et continue d'alimenter les débats historiographiques sur la nature du changement politique radical. Sa vision du peuple révolutionnaire comme masse irrationnelle a profondément marqué la pensée politique française du XIXe au XXe siècle.
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