Ouvrage
Les Illusions du progrès
Publié en 1908, ce classique de Sorel démonte la religion du progrès : l'idée que l'histoire irait d'elle-même vers le mieux est une illusion bourgeoise que les faits démentent.
Auteur

Philosophe et sociologue français, théoricien du syndicalisme révolutionnaire. Ses Réflexions sur la violence ont marqué la gauche radicale comme certaines droites anti-bourgeoises. Penseur du mythe politique et de l'énergie des foules.
Positionnement
Charge fondatrice contre la religion du progrès ; Sorel, lu par toute la contre-révolution intellectuelle, y formule la critique de la modernité libérale. Droite affirmée.
Contenu
Paru en 1908 chez Marcel Rivière, Les Illusions du progrès est l'un des grands livres de Georges Sorel, écrit au moment où il achève Les Réflexions sur la violence.
La thèse du livre : l'idée de progrès, héritée des Lumières et reprise par tous les partis, est une idéologie de la classe dominante : elle flatte l'optimisme bourgeois, dispense de penser la lutte et masque la décadence réelle. Contre cette foi commode, Sorel oppose la lucidité tragique : rien ne s'améliore tout seul, et seules les forces morales - courage, sacrifice, esprit de lutte - sauvent une civilisation de la décomposition.
Portée et réception. Admiré par Péguy, lu par toute la droite anti-progressiste comme par les révolutionnaires, le livre est resté le texte de référence de la critique du mythe du progrès, d'Éric Voegelin à Christopher Lasch.
Pourquoi le lire ? Parce qu'aucun texte n'a mieux montré que le progrès n'est pas un fait mais une croyance - et ce qu'il en coûte à une civilisation de s'y abandonner.