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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Écrit en 1970 et publié à titre posthume en 1987, cet essai d'Adriano Romualdi est le testament intellectuel d'une figure de la jeune droite italienne, proche d'Evola. Il y fait le procès d'une droite d'après-guerre incapable de doctrine et d'un nationalisme épuisé, et esquisse ce que devrait être une droite moderne : européenne, aristocratique de culture, assumant la modernité.
Conférence prononcée par Carl Schmitt en 1931, reprise dans le recueil Positionen und Begriffe (1940). Schmitt y constate le basculement de l'État libéral neutre du XIXe siècle vers un État auquel la société demande d'intervenir partout, et distingue deux voies de ce tournant : un État total par faiblesse, colonisé par les partis, ou un État fort capable de trancher.
Leçon inaugurale prononcée par Isaiah Berlin à Oxford en 1958, l'un des classiques de la philosophie politique du XXe siècle. Berlin y distingue la liberté négative, absence d'entraves, de la liberté positive, maîtrise de soi : absolutisée, la seconde bascule dans l'oppression au nom de l'homme « vrai », tandis que la première prolonge le libéralisme anglais.
Paru en 1762, Du contrat social pose la question centrale de la philosophie politique moderne : comment une association d'hommes peut-elle obéir aux lois tout en demeurant libre ? Rousseau y fonde la souveraineté du peuple et la notion de volonté générale, discutées sans relâche depuis. Texte de référence des révolutions comme des républiques, il demeure l'un des ouvrages les plus commentés - et les plus disputés - de la tradition politique française.
Publiée en 1748, De l'esprit des lois est la somme politique de Montesquieu : une enquête comparée sur les gouvernements, les sociétés et les lois, dont le principe de séparation des pouvoirs a nourri les constitutions modernes. L'auteur y analyse comment les lois se rattachent au climat, aux mœurs, à la religion et au commerce de chaque peuple, et dessine une manière nouvelle de penser le politique, attentive à la diversité des situations plutôt qu'à des modèles abstraits.
Ce livre explore l'évolution de la figure du combattant irrégulier dans l'histoire moderne. L'auteur identifie la guérilla espagnole de 1808 comme le point de rupture où des civils ont affronté pour la première fois une armée régulière issue de la Révolution française. Cette transition marque la fin du droit classique de la guerre, lequel reposait sur une distinction stricte entre militaires et non-combattants au sein de conflits étatiques limités. Le texte souligne comment cette forme de lutte, centrée sur une hostilité absolue, a été théorisée par des penseurs comme Clausewitz avant d'être radicalisée par Lénine et Mao Tsé-toung. Finalement, Schmitt démontre que le partisan moderne n'est plus un simple hors-la-loi, mais un acteur politique central des conflits mondiaux contemporains.
Geoffroy de Lagasnerie propose une remise en question radicale des fondements de nos systèmes politiques actuels. L'auteur soutient que l'idéal démocratique, loin d'être un rempart contre l'oppression, sert souvent de mécanisme de légitimation pour des politiques violentes, injustes ou réactionnaires. En s'appuyant sur la pensée d'Henry David Thoreau, il affirme que la recherche de la justice doit impérativement primer sur le respect aveugle des procédures électorales ou de la volonté majoritaire. Lagasnerie explore ainsi l'idée que la démocratie n'est pas une fin en soi, mais une simple technique d'organisation dont il faut savoir s'extraire pour imaginer un avenir plus respirable. Ce texte invite donc à briser le tabou de la critique démocratique afin de construire un nouvel horizon politique libéré des fétichismes institutionnels.
Fukuyama examine si la démocratie libérale marque l'aboutissement de l'évolution politique. La croissance économique ne suffit pas à son raisonnement : le désir de reconnaissance compte aussi. Reste une difficulté interne à cette promesse, celle d'individus satisfaits matériellement mais privés d'un but qui les dépasse.
Publié en 1651 pendant la Guerre civile anglaise, le Léviathan de Thomas Hobbes énonce la doctrine fondatrice de la philosophie politique moderne contractuelle. Confronté au spectacle de l'effondrement politique et social, Hobbes construit un système théorique implacable : dans l'état de nature pré-politique règne la guerre de tous contre tous, où chaque vie demeure nécessairement « sordide, bestiale et brève ». Seul remède à cette violence originelle : un contrat social où les individus renoncent volontairement à leurs libertés absolues pour confier toute autorité à un souverain omnipotent, qu'il soit monarque, assemblée ou magistrature. Cette abdication de la liberté naturelle demeure l'unique fondement possible de la paix civile et de la sécurité collective. Hobbes rejette l'illusion que les arrangements institutionnels fragmentés ou limités puissent garantir la stabilité : seul le pouvoir indivisible, armé de la terreur légitime, peut imposer l'ordre. Cette philosophie de l'absolutisme contractuel inaugure le débat fondateur de la modernité politique : comment justifier légalement et rationnellement l'autorité souveraine ? Locke, Rousseau et Kant débattront ce paradigme hobbésien du contrat, mais tous demeurent captifs de sa problématique. Leviathan demeure l'œuvre maîtresse de la pensée politique réaliste.
Julien Rochedy confie à un ami sa vision du monde et les principes philosophiques constituant sa conception de la droite intellectuelle française. Cet essai ne se veut ni polémique crude ni manifeste partisan, mais plutôt catéchèse pédagogique exposant l'architecture conceptuelle d'une pensée politique alternative. L'auteur situe sa philosophie dans la lignée des penseurs contre-révolutionnaires : de Maistre, Burke, Bonald et Cortès fournissent les fondations théoriques. Cette droite-là repose sur trois piliers : l'ordre comme principe d'intelligibilité politique, la tradition comme sagesse séculaire plus fiable que la raison révolutionnaire, et la nature comme réalité irréductible aux projets utopiques des idéologues. Rochedy oppose systématiquement cette vision conservatrice à l'utopie progressiste de gauche, mais aussi à la bêtise superficielle d'une droite libérale détachée de ses racines doctrinales. L'essai déploie la continuité historique d'une pensée politique refusant l'illusion du commencement absolu ; la révolution apparaît chez lui comme processus désastreux brisant la cumulation prudente des civilisations. Rochedy enrichit sa réflexion par une postface confrontant ses idées à la nouvelle gauche déconstructionniste du wokisme contemporain, présentée comme l'aboutissement logique de la destruction révolutionnaire des essences. L'ouvrage se veut synthèse accessible de la pensée politique de droite.
Le présent ouvrage est le texte des leçons professées par Raymond Aron à l’École Nationale d’Administration en 1952. Il ne constitue pas un exposé de faits ou de doctrines mais une analyse conceptuelle de la démocratie moderne dans ses deux versions antithétiques : institutions représentatives des grands pays occidentaux d’une part, démocraties populaires de l’autre. Il s’attache à définir, au-delà de leurs idéaux proclamés (égalité, liberté, souveraineté populaire, avènement d’une société sans classe), leur réalité essentielle, leur logique interne, en un mot leur principe. La conquête du pouvoir résulte pour les premières d’une compétition pacifique ; son exercice fait appel à l’art du compromis : l’expression des mécontentements catégoriels nés d’un état social naturellement imparfait peut s’y donner libre cours. Dans les secondes les gouvernants tirent leur légitimité d’un processus révolutionnaire mené au nom d’une doctrine millénariste qui justifie l’élimination des opposants et l’emprise d’un parti unique sur l’ensemble de la vie sociale. Comment, à partir de ces prémisses, discerner leur évolution comme leur devenir ? Telle est, dans la lignée de la pensée politique classique, la question centrale de ce livre où Raymond Aron enseigne avec une rigueur méthodique exemplaire l’art de soumettre à la raison les passions politiques de notre temps.
Cet ouvrage explore l'articulation historique et théorique entre la pensée anarchiste et les mouvements ouvriers, refusant de les envisager comme simples antécédents ou épiphénomènes d'idéologies politiques majeures. L'auteur analyse comment les idées anarchistes ont perméé les luttes ouvrières, fournissant des cadres conceptuels et des imaginaires de libération authentiquement enracinés dans l'expérience des travailleurs. Inversement, les pratiques ouvrières ont validé ou infléchi la théorie anarchiste, créant une dialectique féconde entre action et pensée. L'essai examine les concepts clés de l'anarchisme : l'abolition de l'État, le fédéralisme ouvrier, l'autogestion, l'action directe, en montrant comment ces catégories procèdent de l'expérience collective des prolétaires. L'anarchisme ouvrier refuse tant la dictature du prolétariat marxiste que la représentation parlementaire capitaliste, imaginant une démocratie directe fondée sur les associations volontaires. Le texte scrute les expériences historiques : les conseils ouvriers russes de 1917, les collectivités espagnoles de 1936, les mouvements autonomes contemporains. Chaque cas révèle comment la philosophie anarchiste ne constitue pas une utopie abstraite mais une cristallisation théorique des aspirations réelles des travailleurs. L'ouvrage défend une dignité intellectuelle à cette pensée politique marginalisée, montrant comment elle articule justice économique et liberté politique. Il redéfinit l'héritage anarchiste comme ressource critique toujours pertinente pour les luttes actuelles.
Michael Sandel's Justice: What's the Right Thing to Do? invites readers of all ages and political persuasions on a journey of moral reflection, and shows how reasoned debate can illuminate our lives. Is it always wrong to lie? Should there be limits to personal freedom? Can killing sometimes be justified? Is the free market fair? What is the right thing to do? Questions like these are at the heart of our lives. In this acclaimed book Michael Sandel - BBC Reith Lecturer and the Harvard professor whose 'Justice' course has become world famous - gives us a lively and accessible introduction to the intersection of politics and philosophy. He helps us think our way through such hotly contested issues as equal rights, democracy, euthanasia, abortion and same-sex marriage, as well as the ethical dilemmas we face every day. 'One of the most popular teachers in the world' - Observer 'Enormously refreshing ... Michael Sandel transforms moral philosophy by putting it at the heart of civic debate' - New Statesman 'One of the world's most interesting political philosophers' - Guardian 'Spellbinding' - The Nation
Pierre-Joseph Proudhon, fondateur du mutuellisme et premier penseur à se revendiquer ouvertement anarchiste, élabore dans cet ouvrage sa théorie de la propriété comme instrument central de l'exploitation sociale. Prolongeant son célèbre « La propriété, c'est le vol », Proudhon propose ici une analyse plus systématique des fondements juridiques, économiques et moraux de la propriété privée pour en démontrer l'illégitimité foncière. Sa critique ne vise pas toute forme de possession – il distingue la propriété des moyens de production de la possession d'usage – mais l'accumulation capitaliste qui permet à certains de vivre du travail d'autrui sans contribuer eux-mêmes à la production. La théorie mutuelliste de Proudhon imagine une société d'associations libres de travailleurs où l'échange se ferait à valeur égale, sans profit et sans État. Cette vision anticipe certaines formes modernes d'économie sociale et solidaire. L'influence de Proudhon sur le mouvement ouvrier du XIXe siècle a été considérable, même si Marx et lui se sont violemment opposés sur les moyens de la transformation sociale. Cet ouvrage demeure une pièce maîtresse de la pensée socialiste libertaire, représentant une alternative au collectivisme d'État et au capitalisme libéral, centrée sur l'autonomie et la réciprocité.
Des démocrates athéniens à Montesquieu, d'Aristote à Rousseau, personne ne songeait à faire de l'élection l'instrument démocratique par excellence. Démocratie n'équivalait alors pas à gouvernement représentatif ; c'est le tirage au sort qui paraissait le mieux apte à respecter l'égalité stricte des candidats. Que s'est-il donc passé au tournant du XVIIIe siècle, en Europe et aux Etats-Unis, pour que se renverse cette conception multiséculaire et qu'advienne l'idée qu'une démocratie est, par essence, un gouvernement représentatif ? Dans cet essai, Bernard Manin montre que le système représentatif n'a pas pour seule fonction de permettre au peuple de se gouverner lui-même. Le gouvernement représentatif mêle en fait des traits démocratiques et aristocratiques. L'élu n'est jamais le double ni le porte-parole de l'électeur, mais gouverne en anticipant le jour où le public rendra son jugement.
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