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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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L’humanité entretient depuis longtemps une fascination pour le sacrifice sanglant. En réalité, il n’a nullement été rare qu’un enfant vienne au monde pour n’être ensuite patiemment et affectueusement élevé par des fanatiques religieux, convaincus que la meilleure manière de maintenir le soleil sur sa trajectoire ou d’assurer une récolte abondante consiste à le conduire, d’une main tendre, dans un champ ou au sommet d’une montagne, puis à l’enterrer, l’égorger ou le brûler vif en offrande à un Dieu invisible. L’idée selon laquelle Jésus-Christ est mort pour nos péchés et que sa mort constitue une expiation réussie destinée à apaiser un Dieu « aimant » est un héritage direct et sans fard des saignées superstitieuses qui ont tourmenté des peuples désorientés tout au long de l’histoire.
L’islam est-il une religion de paix ou de guerre ? Est-il réformable ? Pourquoi tant de musulmans semblent-ils attirés par l’extrémisme ? Et que signifient réellement des mots comme djihadisme et fondamentalisme ? Dans un monde déchiré par l’incompréhension et la violence, Sam Harris – athée célèbre – et Maajid Nawaz – ancien radical – montrent comment deux personnes aux convictions religieuses très différentes peuvent trouver un terrain d’entente et vous invitent à participer à une conversation dont l’urgence s’impose. « Quelle bouffée d’air frais que de lire un échange honnête et pourtant chaleureux entre Maajid Nawaz, islamiste devenu musulman libéral, et Sam Harris, le neuroscientifique qui défend un athéisme empreint de pleine conscience… Leur dialogue dissipe de nombreuses confusions qui empoisonnent le débat public sur l’islam. » – Irshad Manji, New York Times Book Review « Il est malheureusement rare, à n’importe quelle époque, de trouver un dialogue fondé sur les faits et la raison – et il est plus rare encore que des intellectuels musulmans et non musulmans parviennent à garder la distance critique nécessaire sur de grandes questions concernant l’islam. Ce qui fait de Islam and the Future of Tolerance une sorte de licorne… La plupart des conversations sur la religion sont marquées par l’incapacité des deux camps à s’écouter ; mais ici, enfin, se tient un véritable débat. » – New Statesman
Pour les millions d’Américains qui souhaitent une spiritualité sans religion, le nouveau livre de Sam Harris est un guide de la méditation en tant que pratique spirituelle rationnelle, éclairée par les neurosciences et la psychologie. Waking Up s’adresse aux 30 % d’Américains qui ne suivent aucune religion, mais qui soupçonnent que Jésus, Bouddha, Lao Tseu, Rûmî et les autres saints et sages de l’histoire ne pouvaient pas tous être des épileptiques, des schizophrènes ou des imposteurs. Tout au long du livre, Harris soutient qu’on peut trouver des vérités importantes dans les expériences de ces contemplatifs – et que, par conséquent, la compréhension du réel ne se réduit pas à ce que la science et la culture séculière admettent généralement. Waking Up est à la fois un récit personnel de chercheur spirituel et une exploration des fondements scientifiques de la spiritualité. Aucun autre ouvrage ne marie ainsi la sagesse contemplative et la science moderne, et aucun auteur autre que Sam Harris – scientifique, philosophe et sceptique renommé – ne pouvait l’écrire.
Par l’auteur best-seller du New York Times de The End of Faith, voici une réflexion stimulante, « brillante et pleine d’esprit » (Oliver Sacks), sur la notion de libre arbitre – et sur les implications du fait qu’il ne serait qu’une illusion. La croyance au libre arbitre touche à presque tout ce que les êtres humains valorisent. Il est difficile de penser le droit, la politique, la religion, les politiques publiques, les relations intimes, la morale – ainsi que les sentiments de remords ou d’accomplissement personnel – sans imaginer d’abord que chaque individu est la véritable source de ses pensées et de ses actes. Et pourtant, les faits nous disent que le libre arbitre est une illusion. Dans cet ouvrage éclairant, Sam Harris soutient que cette vérité sur l’esprit humain ne sape pas la morale et ne diminue pas l’importance des libertés sociales et politiques ; mais qu’elle peut – et doit – changer la manière dont nous pensons certaines des questions les plus essentielles de la vie.
Comme dans Anna Karénine, Madame Bovary et Othello, il en va de même dans la vie. La plupart des formes de vice privé et de mal public naissent et se maintiennent par le mensonge. L’adultère et autres trahisons personnelles, la fraude financière, la corruption gouvernementale – voire le meurtre et le génocide – exigent généralement un défaut moral supplémentaire : la disposition à mentir. Dans Lying, l’auteur à succès et neuroscientifique Sam Harris soutient que nous pouvons simplifier radicalement nos vies et améliorer la société en disant simplement la vérité dans des situations où d’autres mentent souvent. Il se concentre sur les « mensonges blancs » – ces mensonges que nous racontons pour épargner aux gens un malaise – car ce sont ceux qui nous tentent le plus souvent. Et ils tendent à être les seuls mensonges que les gens bien racontent, tout en s’imaginant qu’ils font le bien en agissant ainsi.
Bryan Ward-Perkins, historien médiéviste à Oxford, s'engage dans ce livre contre la tendance historiographique qui a relativisé la chute de Rome en la présentant comme simple « transformation » pacifique plutôt que comme catastrophe réelle. En mobilisant des données archéologiques – niveaux de vie, production céramique, taille des bâtiments, présence d'animaux domestiques – Ward-Perkins démontre que la fin de l'Empire romain d'Occident a bien constitué une rupture dramatique dans les conditions matérielles d'existence de la population. La complexité économique, la spécialisation du travail, l'alphabétisation, la qualité de la construction : tous ces indicateurs s'effondrent de manière spectaculaire entre le Ve et le VIIe siècle dans les régions anciennement romaines. Cette régression n'est pas simplement culturelle ou institutionnelle : elle affecte concrètement la vie quotidienne de millions de personnes. Ward-Perkins réhabilite ainsi la notion de « Dark Ages » que les historiens postmodernes avaient voulu bannir comme eurocentrique. Son argumentation rigoureusement empirique constitue une leçon de méthode historique : contre les constructions idéologiques qui colorent l'interprétation du passé, il rappelle que les sociétés humaines peuvent effectivement régresser et que cette régression a des conséquences humaines bien réelles.
Sapiens : Une brève histoire de l'humanité de Yuval Noah Harari est un essai grand public qui retrace l’histoire de l’espèce humaine depuis ses origines jusqu’à nos jours, en seulement 400 pages environ. Harari explique comment Homo sapiens, il y a environ 70 000 ans, a franchi la Révolution Cognitive : grâce à notre capacité unique à inventer et à croire en des fictions collectives (mythes, religions, nations, argent, droits humains), nous avons pu coopérer massivement et dominer les autres espèces humaines puis la planète. Il analyse ensuite les trois grandes révolutions qui ont façonné notre destin : Cognitive (langage, imagination), Agricole (sédentarisation, inégalités, « piège » du blé), Scientifique (depuis le XVIe siècle, explosion technologique et pouvoir sans précédent). Provocateur, fluide et multidisciplinaire, le livre questionne le progrès, le bonheur, notre impact écologique et les futurs possibles (IA, biotechnologies). Un best-seller qui change radicalement la façon de voir l’humanité.
Les maudits de l'histoire " Il est remarquable que la dictature soit à présent contagieuse, comme le fut jadis la liberté. " Paul Valéry, Regards sur le monde actuel Si la dictature est aussi ancienne que l'histoire, le phénomène prend un tournant majeur au sortir de la Première Guerre mondiale avec l'avènement des totalitarismes soviétique et fasciste, avant que la crise de 1929 ne favorise le triomphe du nazisme. Quatre générations durant, sur tous les continents, des régimes hantés par l'idéologie vont faire régner un ordre de fer, présidant aux guerres et exterminations d'un siècle barbare qui a retourné le progrès contre l'humanité. Cette forme absolue de l'absolutisme est orchestrée par des chefs impitoyables et cruels, tous jouant par essence un rôle prépondérant au sein d'un régime qu'ils marquent au fer rouge de leur empreinte. Leurs profils et leurs caractères sont différents, souvent opposés, mais ils communient dans une même soif de pouvoir fondée sur la banalisation de la terreur, une même défiance envers leurs semblables et le mépris le plus profond de la vie humaine et, plus largement, de toute forme de liberté. Pour la première fois est ici brossé le portrait des plus édifiants d'entre eux, qu'ils soient célèbres, méconnus ou oubliés ; vingt-deux portraits d'envergure où l'exhaustivité de l'enquête se conjugue avec l'art narratif des meilleurs journalistes et historiens actuels réunis à dessein par Olivier Guez qui signe une préface magistrale.
L'Occident est engagé sur une pente qui pourrait bien lui être fatale à brève échéance. Il ne s'agit pas d'une prophétie mais d'un diagnostic sur l'état mental, moral, intellectuel de nos sociétés, sur le mal qui les ronge et qui détruit sous nos yeux un idéal humain auquel ont travaillé des millénaires d'histoire, de religion et de civilisation. L'Occident n'est pas menacé par le déclin de sa puissance relative face aux puissances émergentes qui le concurrencent dans un monde qu'il avait l'habitude de dominer sans partage. Le plus grand danger n'est pas dehors mais dedans, dans l'obstination d'une majorité des élites occidentales à penser que le progrès économique, scientifique et technique a changé la nature de l'homme et dans leur orgueil démesuré à croire qu'elles sont les architectes d'un Nouveau Monde où les leçons du passé n'ont plus aucune valeur. Ce n'est pas la première fois que l'idéologie de la table rase s'attaque à ce que la civilisation a construit pour canaliser les instincts sauvages qui demeurent éternellement au plus profond de la nature humaine. Ne pas prendre conscience de ce qui est en train de s'effondrer dans l'homme occidental, c'est laisser se tendre à nouveau le ressort des grandes tragédies. Et une fois que le ressort est tendu, la tragédie, implacablement, va jusqu'à son terme. Le but de ce livre : nous forcer à ouvrir les yeux avant qu'il soit trop tard.
Thibaut Gress, agrégé de philosophie et auteur de nombreux ouvrages pédagogiques, propose avec ce guide une navigation intelligente à travers l'immense continent de la pensée philosophique occidentale. De Héraclite aux penseurs contemporains, l'ouvrage traverse vingt-cinq siècles d'histoire des idées en soixante fiches thématiques et biographiques soigneusement construites. Chaque fiche restitue l'œuvre dans son contexte intellectuel et historique, expose les thèses fondamentales de l'auteur, identifie ses interlocuteurs implicites et évalue son importance dans la tradition philosophique. L'approche de Gress refuse l'encyclopédisme superficiel : il ne s'agit pas de couvrir exhaustivement l'ensemble de la philosophie, mais de choisir soixante œuvres véritablement charnières dont la lecture permet d'accéder aux problèmes philosophiques essentiels. Des présocratiques et leur interrogation sur l'archè aux existentialismes du XXe siècle, en passant par le rationalisme cartésien, les morales des Lumières et la critique kantienne, chaque étape révèle comment la philosophie répond à des interrogations fondamentales sur l'être, la connaissance, le bien et la politique. Conçu autant pour l'étudiant qui débute que pour le lecteur cultivé souhaitant combler des lacunes, cet ouvrage constitue une invitation à la lecture directe des textes. Gress ne cherche pas à substituer son guide aux œuvres elles-mêmes mais à en faciliter l'accès, rappelant que la philosophie s'apprend en pratiquant la pensée avec ses grands auteurs.
"[A] magnificent history of money and finance." – New York Times Book Review "Convincingly makes the case that finance is a change-maker of change-makers." – Financial Times In the aftermath of recent financial crises, it's easy to see finance as a wrecking ball: something that destroys fortunes and jobs, and undermines governments and banks. In Money Changes Everything, leading financial historian William Goetzmann argues the exact opposite – that the development of finance has made the growth of civilizations possible. Goetzmann explains that finance is a time machine, a technology that allows us to move value forward and backward through time; and that this innovation has changed the very way we think about and plan for the future. He shows how finance was present at key moments in history: driving the invention of writing in ancient Mesopotamia, spurring the classical civilizations of Greece and Rome to become great empires, determining the rise and fall of dynasties in imperial China, and underwriting the trade expeditions that led Europeans to the New World. He also demonstrates how the apparatus we associate with a modern economy – stock markets, lines of credit, complex financial products, and international trade – were repeatedly developed, forgotten, and reinvented over the course of human history. Exploring the critical role of finance over the millennia, and around the world, Goetzmann details how wondrous financial technologies and institutions – money, bonds, banks, corporations, and more – have helped urban centers to expand and cultures to flourish. And it's not done reshaping our lives, as Goetzmann considers the challenges we face in the future, such as how to use the power of finance to care for an aging and expanding population. Money Changes Everything presents a fascinating look into the way that finance has steered the course of history.
Now in paperback, the updated and expanded edition: David Graeber’s “fresh . . . fascinating . . . thought-provoking . . . and exceedingly timely” (Financial Times) history of debt Here anthropologist David Graeber presents a stunning reversal of conventional wisdom: he shows that before there was money, there was debt. For more than 5,000 years, since the beginnings of the first agrarian empires, humans have used elaborate credit systems to buy and sell goods – that is, long before the invention of coins or cash. It is in this era, Graeber argues, that we also first encounter a society divided into debtors and creditors. Graeber shows that arguments about debt and debt forgiveness have been at the center of political debates from Italy to China, as well as sparking innumerable insurrections. He also brilliantly demonstrates that the language of the ancient works of law and religion (words like “guilt,” “sin,” and “redemption”) derive in large part from ancient debates about debt, and shape even our most basic ideas of right and wrong. We are still fighting these battles today without knowing it.
Transcription de son cours au Collège de France de l'année 1974-1975, Les anormaux prolonge et radicalise l'enquête généalogique que Michel Foucault consacre aux mécanismes de pouvoir traversant le corps social moderne. L'ouvrage s'articule autour de trois figures historiques centrales – le monstre humain, l'individu à corriger, l'onaniste – dont Foucault retrace la construction progressive comme objets d'un savoir spécialisé et d'une intervention institutionnelle. Le monstre humain, figure juridico-naturelle héritée du Moyen Âge, se transforme progressivement en objet psychiatrique ; l'enfant à corriger devient la cible des pédagogies normalisatrices ; l'onaniste, figure éminemment moderne, concentre les angoisses médicales sur la sexualité enfantine. En reconstituant ces généalogies, Foucault montre que les catégories d'anormalité ne sont pas des découvertes objectives mais des productions historiques, engendrées par la rencontre entre des savoirs – psychiatrie, criminologie, pédagogie – et des institutions – hôpital, école, tribunal. Cette analyse éclaire la manière dont les sociétés modernes exercent leur pouvoir moins par la répression frontale que par la normalisation continue des conduites et des corps. Les enjeux contemporains de ces analyses demeurent considérables : ils interrogent les fondements de la psychiatrie légale, les catégories du normal et du pathologique, et les dispositifs disciplinaires qui fabriquent en permanence de nouveaux individus à corriger ou à traiter.
Archéologie : mot dangereux puisqu'il semble évoquer des traces tombées hors du temps et figées maintenant dans leur mutisme. En fait, il s'agit pour Michel Foucault de décrire des discours. Non point des livres (dans leur rapport à leur auteur), non point des théories (avec leurs structures et leur cohérence), mais ces ensembles à la fois familiers et énigmatiques qui, à travers le temps, se donnent comme la médecine, ou l'économie politique, ou la biologie. Ces unités forment autant de domaines autonomes, bien qu'ils ne soient pas indépendants, réglés, bien qu'ils soient en perpétuelle transformation, anonymes et sans sujet, bien qu'ils traversent tant d'œuvres individuelles. Et là où l'histoire des idées cherchait à déceler, en déchiffrant les textes, les mouvements secrets de la pensée, apparaît alors, dans sa spécificité, le niveau des 'choses dites' : leur condition d'apparition, les formes de leur cumul et de leur enchaînement, les règles de leur transformation, les discontinuités qui les scandent. Le domaine des choses dites, c'est ce qu'on appelle l'archive ; l'archéologie est destinée à en faire l'analyse.
"L’Histoire de la sexualité, articulée en trois volumes (La volonté de savoir, L’usage des plaisirs et Le souci de soi), prolonge les recherches entreprises avec L’archéologie du savoir et Surveiller et punir. Michel Foucault concentre ses analyses sur la constellation de phénomènes que nous désignons par le « sexe » et la sexualité. L’axe de cette entreprise n’est pas de s’ériger contre une « répression » de la sexualité afin de la « libérer », mais de montrer comment la vie sexuelle a enclenché une volonté systématique de tout savoir sur le sexe qui s’est systématisée en une « science de la sexualité », laquelle, à son tour, ouvre la voie à une administration de la vie sexuelle sociale, de plus en plus présente dans notre existence.Foucault fait ainsi l’archéologie des discours sur la sexualité (littérature érotique, pratique de la confession, médecine, anthropologie, psychanalyse, théorie politique, droit, etc.) depuis le XVIIIe siècle et, surtout, au XIXe, dont nous héritons jusque dans les postures récentes de « libération sexuelle ». L’attitude de censure et celle d’affranchissement se rencontrent finalement dans le même type de présupposé : le sexe serait cause de tous les phénomènes de notre vie comme il commanderait l’ensemble de l’existence sociale."--
Thèse de doctorat soutenue en 1961 sous la direction de Georges Canguilhem, cette Histoire de la folie constitue l'œuvre fondatrice de Michel Foucault, celle dans laquelle s'élaborent les grandes intuitions qui traverseront toute son entreprise ultérieure. L'enquête archéologique porte sur un paradoxe central : pourquoi la modernité occidentale, qui se définit par l'avènement de la Raison, a-t-elle commencé par enfermer les fous ? Foucault montre que la Renaissance entretenait avec la folie un dialogue ambivalent mais fécond – la folie portait un sens mystérieux, comme en témoigne l'iconographie de la Nef des fous. L'époque classique rompt radicalement avec cette cohabitation : le Grand Renfermement du XVIIe siècle relègue les fous, avec les pauvres, les vagabonds et les libertins, dans les hôpitaux généraux, lieux de travail forcé et d'exclusion sociale. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle, avec Pinel et Tuke, que la folie devient un objet médical proprement dit – mais cet affranchissement des chaînes cache une domination plus subtile, celle du regard psychiatrique qui impose sa vérité au malade. Foucault invite à considérer la naissance de la psychiatrie non comme un progrès humaniste mais comme un nouvel exercice du pouvoir sur la déviance, rendant impossible la parole de la folie que nos sociétés avaient d'abord choisi de faire taire.
L’immigration qui contribue et contribuera toujours davantage au peuplement du Vieux Monde renvoie les nations européennes et l’Europe elle-même à la question de leur identité. Les individus cosmopolites que nous étions spontanément font, sous le choc de l’altérité, la découverte de leur être. Découverte précieuse, découverte périlleuse : il nous faut combattre la tentation ethnocentrique de persécuter les différences et de nous ériger en modèle idéal, sans pour autant succomber à la tentation pénitentielle de nous déprendre de nous-mêmes pour expier nos fautes. La bonne conscience nous est interdite mais il y a des limites à la mauvaise conscience. Notre héritage, qui ne fait certes pas de nous des êtres supérieurs, mérite d’être préservé, entretenu et transmis aussi bien aux autochtones qu’aux nouveaux arrivants. Reste à savoir, dans un monde qui remplace l’art de lire par l’interconnexion permanente et qui proscrit l’élitisme culturel au nom de l’égalité, s’il est encore possible d’hériter et de transmettre. A. F.
"Réactionnaire, disent-ils. Le moment m’a donc semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyants ni complaisance. Il ne s’agit en aucune façon pour moi de rabattre la connaissance sur la confession et de défendre une vérité purement subjective. Je ne choisis pas, à l’heure des comptes, de me retrancher dans la forteresse imprenable de l’autobiographie. Je joue cartes sur table, je dis d’où je parle, mais je ne dis pas pour autant : "À chacun sa vision des choses." Le vrai que je cherche, encore et toujours, est le vrai du réel : son élucidation reste à mes yeux prioritaire. Cependant, comme l’a écrit Kierkegaard : "Penser est une chose, exister dans ce qu’on pense est autre chose." C’est cet "autre chose" que j’ai voulu mettre au clair en écrivant, une fois n’est pas coutume, à la première personne." Alain Finkielkraut.
Recueil d'essais et d'entretiens parus entre 2013 et 2015, ce volume rassemble la pensée d'Alain Finkielkraut autour de sa préoccupation centrale et constante : la défense de la culture et de la liberté de penser face aux conformismes du temps. L'exactitude du titre n'est pas mathématique ; elle désigne l'exigence intellectuelle qui consiste à nommer les choses avec précision, à refuser les facilités du langage idéologique et à maintenir un rapport juste avec la réalité, même lorsque cela dérange. Finkielkraut se confronte ici aux grandes questions qui agitent le débat public français contemporain : la crise de la transmission culturelle, le défi de l'immigration et de l'intégration, la montée des identitarismes concurrents, le déclin du sens critique dans les institutions d'enseignement. Sa posture d'humaniste libéral-conservateur le conduit à refuser avec la même vigueur les simplifications de la gauche progressiste et les crispations xénophobes de la droite réactionnaire. Ce qu'il défend, c'est un espace intellectuel où la pensée complexe reste possible, où les grandes œuvres de la littérature et de la philosophie continuent de nourrir notre rapport au monde. L'ouvrage incarne un type rare d'engagement intellectuel : celui qui ne sacrifie pas la nuance à l'efficacité rhétorique, et qui considère que la fidélité à la réalité – même inconfortable – constitue la première obligation de l'honnêteté intellectuelle.
« Aujourd’hui, notre pitié ne s’arrête plus à l’humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l’invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d’autrefois, l’imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes et souffre avec elles. L’homme moderne est tiraillé entre une ambition immense et une compassion sans limite. Il veut être le Seigneur de la Création et il découvre progressivement en lui la faculté de s’identifier à toutes les créatures. Ainsi s’explique l’irruption récente de la cause animale sur la scène politique. La nouvelle sensibilité aux animaux aura-t-elle le pouvoir de changer la donne ou l’impératif de rentabilité continuera- t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du coeur ? » A. F.
Walter Benjamin collectionnait amoureusement les citations. Dans la magnifique étude qu'elle lui a consacrée, Hannah Arendt compare ce penseur inclassable à un pêcheur de perles qui va au fond des mers « pour en arracher le riche et l'étrange ».Subjugué par cette image, je me suis plongé dans les carnets de citations que j'accumule pieusement depuis plusieurs décennies. J'ai tiré de ce vagabondage les phrases qui me font signe, qui m'ouvrent la voie, qui désentravent mon intelligence 3e la vie et du monde.Arendt, Kundera, Levinas, mais aussi Valéry, Canetti, Tocqueville, Nietzsche, Thomas Mann, Virginia Woolf ont été quelques-uns de mes guides. Dans leur sillage, j'ai essayé de penser à nouveaux frais l'expérience de l'amour, la mort, les avatars de la civilité, le destin de l'Europe, la fragilité de l'humour, le monde comme il va et surtout comme il ne va pas.[lelivre.ch]
Au cœur de Paris, deux bandes de livrent bataille : celle du docteur Fandango, « le Fils de la Condamnée », et celle du Duc de Rudelame-Carthagène, « Les Chevaliers Pieuvres mâles ». Pour faire régner sa propre loi, c’est à celui qui sera le plus fort. Tous les moyens sont bons, mais au prix de combien de vies ? Le crime, vous ne l’avez jamais vu ou imaginé sous toutes ses formes et dans tous les genres ? Cette fabrique, c’est comme un magasin où on irait acheter une manière de tuer chaque fois différente. Mélange de caricatures, d’humour et d’horreur qui n’amoindrissent en rien le suspens.
Niall Ferguson retrace l'histoire de la finance depuis ses origines en Mésopotamie antique jusqu'aux crises contemporaines, en démontrant que l'évolution de la monnaie, du crédit et des instruments financiers constitue le fil rouge essentiel de l'histoire humaine, souvent plus déterminant que les guerres, les révolutions ou les avancées technologiques. Le livre est structuré autour des principaux piliers de la finance moderne : le chapitre sur la monnaie et le crédit explore les débuts du troc, l'invention des pièces, l'essor des banques en Italie du Nord (Médicis) et les bulles spéculatives comme celle de John Law au XVIIIe siècle ; les obligations (bonds) sont analysées via leur rôle dans le financement des États et des guerres (Rothschild finançant Napoléon) ; les actions et marchés boursiers sont illustrés par les premières compagnies à capitaux (hollandaises) et les grandes bulles (South Sea, dot-com) ; l'assurance et la gestion du risque remontent aux origines romaines et aux loteries pour couvrir les risques maritimes ou incendies ; un chapitre sur l'immobilier met en lumière l'importance de la propriété privée pour la démocratie et les bulles immobilières pré-2008 ; enfin, Ferguson examine la « planète finance » globale, où la financiarisation accélérée propulse des pays comme la Chine et l'Inde hors de la pauvreté, tout en générant inégalités et crises récurrentes. L'auteur insiste sur le fait que la finance n'est pas un mal nécessaire mais le moteur de progrès, même si elle reste fragile, cyclique et sujette aux excès humains, et que comprendre son ascension permet de mieux saisir pourquoi les sociétés prospèrent ou s'effondrent.
Using evolution as the template to understand growth, The Nature of Value takes a first-principles approach to explore the parallels between economic and ecological systems. Not only does Gogerty show how value is born out of tiny sparks of adaptive innovation, but he also explores the full scope of the economy as a complex network. He borrows from an array of disciplines – including anthropology, psychology, ecology, physics, sociology, and ethics – and, most revealing of all, examines how evolution's processes can help investors avoid risk and improve their allocation decisions. Starting with a look at how innovation creates value for firms, Gogerty considers the economic niches where companies compete and explores how they can create defensive moats to enhance their ability to survive. Throughout the book, Gogerty demonstrates how this ecological understanding of the economy can help allocators improve their performance, supporting his arguments with extensive data and years of practitioner experience from scientific, social, and economic disciplines. Gogerty's practical takeaways, couched in vivid explanations and accompanied by intuitive illustrations, help investors of all backgrounds gain fresh insight into the behavior of corporations and the economy in general.
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