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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Rédigé en 44 av. J.-C., le De officiis de Cicéron est le grand traité latin de la morale pratique : ce que l'honnête homme doit à la cité, à ses proches et à lui-même.
Publiée en 1677, après la mort de son auteur, L'Éthique est le chef-d'œuvre de Spinoza et l'un des sommets de la philosophie moderne. Rédigé selon l'ordre géométrique, avec définitions, axiomes et démonstrations, l'ouvrage part de Dieu et de la substance pour aboutir à la liberté humaine : comprendre nos affects et les nécessités du monde est la voie même de la béatitude.
Paru en 1762, Du contrat social pose la question centrale de la philosophie politique moderne : comment une association d'hommes peut-elle obéir aux lois tout en demeurant libre ? Rousseau y fonde la souveraineté du peuple et la notion de volonté générale, discutées sans relâche depuis. Texte de référence des révolutions comme des républiques, il demeure l'un des ouvrages les plus commentés - et les plus disputés - de la tradition politique française.
Publiée en 1748, De l'esprit des lois est la somme politique de Montesquieu : une enquête comparée sur les gouvernements, les sociétés et les lois, dont le principe de séparation des pouvoirs a nourri les constitutions modernes. L'auteur y analyse comment les lois se rattachent au climat, aux mœurs, à la religion et au commerce de chaque peuple, et dessine une manière nouvelle de penser le politique, attentive à la diversité des situations plutôt qu'à des modèles abstraits.
Écrit en 1513 et publié après la mort de son auteur, Le Prince est le traité politique le plus commenté de la Renaissance. Nicolas Machiavel y examine comment un pouvoir se conquiert, se conserve et se perd, à partir de l'expérience des principautés italiennes et de l'histoire antique. Réalisme politique, rapport entre force et loi, rôle de la fortune et de la virtù : un petit livre qui a fait de son auteur le nom même de la politique sans illusions.
Épicure est le philosophe du plaisir : il proclame, contre les parangons de vertu, que le plaisir est à la fois le but de toutes nos activités et le critère auquel nous reconnaissons qu’elles sont bonnes. Pour nous en convaincre, il fallait qu’il soit un théoricien du juste calcul des plaisirs et des peines, et un penseur de l’amitié, condition de la félicité. Mais aussi un philosophe de la nature – parce qu’il n’y a pas de sérénité possible pour qui vit dans l’ignorance des causes, dans l’angoisse de la mort et dans la crainte superstitieuse des châtiments divins. Il nous enseigne ainsi que la philosophie est un tout, que l’éthique se fonde sur une véritable science du bonheur, et que le savoir lui-même, s’il ne nous rendait pas plus heureux, ne servirait à rien...
Marc Aurèle, à Carnuntum, écrit ses "Pensées pour moi-même", chef-d’œuvre de la philosophie stoïcienne, en douze livres, sans doute pour oublier le tumulte de la journée précédente passée à se battre. Stoïcisme ? Certes, bien que son œuvre ne soit pas totalement un traité de philosophie stoïcienne – elle ne comprend ni le dogme impitoyable d’Épictète ni le ton professoral et théorique de Sénèque –, elle a quelque chose de tout à fait propre à Marc Aurèle, c’est-à-dire la manière humaine, intime et émouvante dont il transforme la doctrine en un constant examen de conscience. Le constat de vanité et de caducité des choses le pousse à chercher une raison profonde à l’univers. Toute réalité est l’élément d’un organisme divin, unique, ordonné et harmonieux. L’homme, composé de trois principes: corps, âme, esprit, occupe une position centrale dans le cosmos. L’esprit, élément divin en chaque individu, guide son action. La prise de conscience de sa participation au divin doit ramener l’homme à sa vie intérieure pour qu’il retrouve la paix.
"Dans toutes les écoles, seront ainsi pratiqués des exercices destinés à assurer le progrès spirituel vers l'état idéal de la sagesse, des exercices de la raison qui seront, pour l'âme, analogues à l'entraînement de l'athlète ou aux pratiques d'une cure médicale. D'une manière générale, ils consistent surtout dans le contrôle de soi et dans la méditation. Le contrôle de soi est fondamentalement attention à soi-même : vigilance tendue dans le stoïcisme, renoncement aux désirs superflus dans l'épicurisme." Dans cette leçon inaugurale de la chaire d'histoire de la pensée hellénistique et romaine professée au Collège de France, Pierre Hadot expose la démarche qui préside à l'ensemble de ses travaux et développe l'une de ses idées directrices : la philosophie antique n'était pas un ensemble de connaissances à assimiler, mais une pratique de transformation de soi-même, une initiation.
L'Énéide de Virgile constitue bien plus qu'une simple narration héroïque : c'est une méditation profonde sur le destin, la piété et les fondations mythologiques de Rome. Cette épopée retrace le périple du Troyen Énée qui, après la chute catastrophique de Troie, entreprend un voyage initiatique guidé par les dieux vers l'Italie où l'attend une destinée transcendante. À travers les épreuves multiples qui jalonnent son chemin – des tempêtes provoquées par Junon aux enchantements de Didon – Énée incarne l'héros romain idéal, celui qui subordonne ses désirs personnels au bien collectif. Virgile construit son récit en explorant les tensions entre la volonté divine et les aspirations humaines, entre l'amour et le devoir, questions universelles intemporelles. L'œuvre célèbre la grandeur de Rome en la projetant dans une antiquité mythique tout en interrogeant le prix humain de la gloire politique. Par sa maîtrise de la langue latine et sa richesse symbolique, l'Énéide s'affirme comme le poème fondateur de la civilisation occidentale et demeure un texte paradigmatique pour comprendre comment les sociétés se racontent leurs origines.
Parmi les Anciens, Démocrite, Épicure et Lucrèce ont eu le génie de professer que l’univers entier est une sorte d’immense Lego ! Ils enseignèrent que l’être est un et, tout à la fois, sporadique ; que la naissance est composition et la mort désagrégation ; que de minuscules éléments de construction, lesquels, pris un à un, sont éternels et immodifiables, se combinent puis se dissocient au gré de leur agitation incessante dans le vide immense. Épicure et Lucrèce, son plus grand disciple romain, furent en outre deux maîtres de volupté : beaucoup plus que chez Démocrite, la philosophie des atomes a chez eux partie liée avec la poursuite du plaisir qu’ils identifient au bien souverain. À ce titre, ils sont résolument modernes. Comme ils le sont aussi quand ils annoncent que, dans un univers dont la Providence est exclue, dans ce Lego fait de corpuscules insensibles, chacun pourra mesurer le néant des fables qui agitent les mortels, l’absurdité des mythes relatifs aux châtiments infernaux et, ainsi, parvenir à l’idée qu’il est possible d’atteindre un bonheur intense, durable et parfait, dans les limites de la vie terrestre. Édition revue et corrigée 2013
D'une grande figure de la philosophie à une école de pensée, des maîtres aux disciples, d'un discours sur sa méthode à une leçon d'histoire, Lucien Jerphagnon nous plonge aux sources de notre temps et de notre culture. Avec son érudition savoureuse, et cet art fulgurant d'exhumer le passé et d'incarner les textes, le grand historien nous rappelle pourquoi les penseurs de l'Antiquité - Platon, Plotin et saint Augustin en tête - ont porté jusqu'à nos jours une irréfutable initiation à tout ce qui est la vie de l'esprit, et à tout ce qui rend vivant en général. En recréant, par-delà les siècles, la plus enthousiasmante des communautés d'esprit, Lucien Jerphagnon remplit tous les devoirs de la paideia, cet art d'enseigner et de transmettre qui, plus qu'un savoir, est une éducation de l'être.
La Lettre à Ménécée constitue le texte le plus accessible par lequel Épicure nous a transmis les fondements de sa philosophie du bonheur. Adressée à un disciple, elle expose avec une concision remarquable les quatre remèdes – le tétrapharmakos – contre les principales causes de l'inquiétude humaine : la crainte des dieux, la peur de la mort, l'incapacité à atteindre le bien et la difficulté à supporter le mal. Épicure y développe sa célèbre distinction entre les désirs naturels et nécessaires, naturels mais non nécessaires, et les désirs vains engendrés par des opinions fausses. Seule la satisfaction des premiers garantit l'ataraxie – la tranquillité de l'âme – et l'aponie – l'absence de douleur corporelle – qui constituent pour lui le souverain bien. Sa philosophie, profondément matérialiste, s'appuie sur la physique atomiste de Démocrite pour libérer l'homme des superstitions religieuses : si l'âme est un assemblage d'atomes qui se dissout à la mort, la mort ne peut être crainte, car là où elle est, nous ne sommes plus. Complétée par la Lettre à Hérodote sur la physique, la Lettre à Pythoclès sur les phénomènes célestes et les Maximes capitales, cette édition restitue la cohérence d'une philosophie qui ne vise pas le plaisir débridé mais la sérénité obtenue par la raison, l'amitié et la contemplation philosophique.