A Droite

Ouvrage

La Conversion - Vivre selon Lucrèce

L'intérêt des philosophes romains c'est qu'on peut vivre selon leurs principes. Le poème de Lucrèce, De la nature des choses, se présente un immense traité existentiel perdu dans une encyclopédie du monde. On peut vivre selon Lucrèce. Son poème est d'ailleurs une proposition existentielle faite à son dédicataire Memmius. Le philosophe propose en effet une conversion, autrement dit : une vie nouvelle faisant suite à l'ancienne qu'on abandonne après avoir compris ce qu'il y avait à comprendre, initié par un sage qui nous transmet son savoir. Ici : que le réel est matériel, qu'il n'est fait que d'atomes qui tombent dans le vide et de rien d'autre ; que cette physique de l'ici-bas dispense d'une métaphysique de l'au-delà ; que la religion est superstition et qu'il faut lui préférer la philosophie ; qu'il faut donner au corps ce qu'il demande dans la limite où ce qu'on lui donne ne l'asservit pas ; que l'amour est un remède à la passion ; que la sagesse est atteignable et qu'elle consiste en une arithmétique des plaisirs accompagnée par une diététique des désirs ; qu'il n'y a ni enfer ni paradis mais juste un monde immanent et tangible ; que la mort n'est pas à craindre puisqu'elle n'est qu'une modification de la matière et non sa suppression ; que le réel est tragique et que le savoir confère de la sérénité ; que le paradis existe sur terre pourvu qu'on le construise avec détermination. Ce livre pend donc la forme d'une série de neuf lettres comme autant d'invitations à une sculpture de soi. Cette éthique propose une esthétique de l'existence.

Auteur

Michel Onfray
Michel Onfray
PhilosopheEssayiste

Michel Onfray est un philosophe, essayiste et professeur français, né en 1959. Il est connu pour ses critiques de la religion et de la morale traditionnelle, ainsi que pour sa promotion de l'hédonisme et de la pensée libre.

Positionnement

Onfray réhabilite le philosophe antique Lucrèce et le matérialisme antique contre l'ascétisme religieux chrétien, dans une perspective d'émancipation intellectuelle modérée.

Contenu

Michel Onfray est un philosophe français né en 1959, héritier revendiqué de la tradition épicurienne et lucrétienne. Son matérialisme hédoniste trouve dans le poème De la Nature des choses de Lucrèce un texte fondateur, une manière de vivre autant qu'une cosmologie matérialiste.

À propos de ce livre

Publié en 2021 aux éditions Bouquins, La Conversion – Vivre selon Lucrèce est un commentaire philosophique et existentiel du grand poème de Lucrèce, De rerum natura. Onfray y lit Lucrèce comme un maître de vie : le poème propose une « conversion » – non au sens religieux, mais philosophique – une transformation de soi par la compréhension de la nature des choses. Le livre explore les grands thèmes lucrétiens : l'atomisme, l'amour, la mort, la religion et la vie selon la nature.

Résumé chapitre par chapitre

L'atomisme comme vision du monde

Onfray expose la physique atomiste de Lucrèce, héritée d'Épicure et de Démocrite : le monde est fait d'atomes et de vide, rien ne vient du néant, tout se transforme sans cesse. Cette cosmologie matérialiste est la base de toute l'éthique lucrétienne : comprendre la nature des choses, c'est se libérer de la peur des dieux et de la mort.

La religion comme source de maux

Tantum religio potuit suadere malorum – « Tant de maux la religion a pu suggérer. » Lucrèce est l'un des premiers penseurs à faire de la critique de la religion un programme philosophique systématique. Onfray commente cette attaque contre la superstition en la reliant à son propre athéisme militant.

L'amour et le désir : la sagesse lucrétienne des passions

Lucrèce consacre un livre entier à l'amour, à la sexualité et au désir – avec une lucidité qui confine au cynisme. Onfray commente cette vision des passions amoureuses comme source de trouble et d'illusion, tout en soulignant la beauté poétique avec laquelle Lucrèce décrit la puissance d'Éros.

La mort comme rien : l'argument lucrétien

L'argument central de Lucrèce contre la peur de la mort est exposé et commenté : quand la mort est là, nous n'y sommes plus ; quand nous y sommes, elle n'est pas là. Cette symétrie entre le non-être avant la naissance et le non-être après la mort est, pour Onfray, la base d'une sérénité philosophique authentique.