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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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André Comte-Sponville, l'un des philosophes français les plus lus de sa génération, poursuit dans cet essai sa méditation sur les conditions du bonheur humain en prenant au sérieux la figure du désespoir, non comme contraire de la joie mais comme son point de départ nécessaire. Le titre, qui joue sur l'écho nietzschéen du « gai savoir », énonce le paradoxe central de la sagesse matérialiste : c'est en acceptant lucidement les limites de l'existence – la mort, la perte, l'absence de sens transcendant – que devient possible une joie authentique et non illusoire. Comte-Sponville hérite ici de Spinoza, pour qui la liberté consiste à connaître sa propre nécessité plutôt qu'à s'en lamenter, et d'Épictète, pour qui la sagesse réside dans la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Cette philosophie de l'immanence refuse autant le nihilisme déclaratoire que le spiritualisme consolateur : il ne s'agit ni de désespérer du monde ni d'espérer une transcendance fictive, mais d'habiter pleinement le réel dans son impermanence radicale. L'essai se déploie avec la clarté pédagogique caractéristique de l'écriture de Comte-Sponville, accessible sans être superficielle. Il propose une sagesse pratique ancrée dans la tradition matérialiste française, de Montaigne à Camus, contre les illusions religieuses et les ressentiments du nihilisme contemporain.
Winner of the Spear's Best Business Book Award Longlisted for the 2012 Financial Times and Goldman Sachs Business Book of the Year Award For the past forty years western economies have splurged on debt. Now, as the reality dawns that many debts cannot be repaid, we find ourselves again in crisis. But the oncoming defaults have a time-worn place in our economic history. As with the crises in the 1930s and 1970s, governments will fall, currencies will lose their value, and new systems will emerge. Just as Britain set the terms of the international system in the nineteenth century, and America in the twentieth century, a new system will be set by today's creditors in China and the Middle East. In the process, rich will be pitted against poor, young against old, public sector workers against taxpayers and one country against another. In Paper Promises, Economist columnist Philip Coggan helps us to understand the origins of this mess and how it will affect the new global economy by explaining how our attitudes towards debt have changed throughout history, and how they may be about to change again.
Bronislaw Malinowski, ethnologue polonais formé à l'école anglaise d'anthropologie sociale, révolutionne la discipline avec ces trois essais qui constituent autant d'applications exemplaires de sa méthode d'observation participante. Le premier essai, consacré au mythe, rejette l'interprétation intellectualiste qui y voit une proto-science ou une narration esthétique : le mythe est une « charte vivante » qui justifie les institutions et les pratiques sociales existantes. Le deuxième essai, portant sur le droit primitif, conteste l'idée d'une société sans droit aux stades inférieurs de l'évolution : Malinowski montre que les sociétés mélanésiennes des Îles Trobriand sont régies par un réseau d'obligations réciproques parfaitement efficaces, fondées non sur la contrainte coercitive mais sur l'intérêt mutuel et la réciprocité. Le troisième essai, sur la magie, distingue soigneusement celle-ci de la religion et de la science, analysant son rôle fonctionnel dans la gestion de l'anxiété face aux domaines de l'existence – pêche en haute mer, guerre, jardinage – où l'incertitude technique domine. L'apport méthodologique de ces essais est considérable : Malinowski fonde l'ethnographie sur l'immersion prolongée dans la société étudiée, l'apprentissage de la langue vernaculaire et le refus des grilles d'interprétation importées de la culture de l'observateur. Ce fonctionnalisme empirique demeure une référence indispensable de l'anthropologie sociale contemporaine.
Dans Empty Planet : Le choc du déclin démographique mondial (titre français : Planète vide), Darrell Bricker (chercheur social chez Ipsos) et John Ibbitson (journaliste) soutiennent que, contrairement aux craintes historiques de surpopulation, la population mondiale va bientôt culminer puis décliner rapidement (probablement vers 9 milliards au milieu du siècle, puis redescendre), sous l’effet d’une chute accélérée de la fécondité partout sur la planète – y compris dans les pays en développement. Ils prédisent des bénéfices (salaires plus élevés, meilleur environnement, moins de famines, plus d’autonomie pour les femmes) mais aussi de graves défis : vieillissement massif, pénuries de main-d’œuvre, tensions sur les retraites et la santé, et risques économiques en Europe/Asie déjà visibles. Les auteurs insistent sur l’importance de l’immigration et de l’ouverture pour atténuer ces chocs, notamment pour les États-Unis et le Canada. Le livre est optimiste sur le potentiel à « façonner » cet avenir, basé sur des enquêtes de terrain et des données démographiques, et critique les projections de l’ONU jugées trop élevées. Le ton est provocateur et accessible, avec un fort accent sur les implications géopolitiques et sociétales.
Mathieu Bock-Côté, sociologue québécois et chroniqueur influent, poursuit dans cet essai son analyse de la transformation idéologique des sociétés occidentales contemporaines. Son diagnostic central est que le « politiquement correct » n'est pas une simple question de courtoisie langagière mais le symptôme d'une révolution culturelle profonde ayant instauré une nouvelle orthodoxie progressiste dans les institutions, les médias et les universités. Cette orthodoxie fonctionne comme un régime d'intimidation intellectuelle : elle délimite les opinions exprimables et criminalise les déviances, créant une atmosphère de conformisme généralisé que Bock-Côté rapproche des mécanismes des totalitarismes doux décrits par Tocqueville. L'auteur identifie une nouvelle classe dirigeante qui s'est approprié les institutions culturelles et médiatiques pour imposer sa grille de lecture identitaire et multiculturaliste. Cette hégémonie culturelle transforme le débat démocratique en théâtre d'épuration symbolique où les opposants ne sont pas réfutés mais disqualifiés moralement. Bock-Côté défend une vision conservatrice de la démocratie qui suppose la liberté d'expression authentique, le pluralisme des opinions et l'enracinement culturel comme conditions du débat public sain. Sa perspective québécoise donne à son analyse une dimension particulière : la question de l'identité culturelle face à l'américanisation et au multiculturalisme fédéral canadien éclaire les enjeux européens de manière transversale, révélant la dimension continentale du phénomène analysé.
François Bégaudeau, romancier et essayiste dont Entre les murs a révélé l'acuité du regard sur le fait scolaire, propose avec cet essai une réflexion philosophique et politique décapante sur la joie comme catégorie existentielle et collective. Loin de tout développement personnel et de toute complaisance sentimentale, Bégaudeau prend le risque d'une pensée exigeante qui lie indissociablement la joie à la politique et à l'émancipation sociale. Sa thèse provocatrice est que la joie authentique – distincte du bonheur bourgeois privatisé et de l'épanouissement individuel promu par la culture néolibérale – est inséparable d'une transformation du monde. On ne peut être vraiment joyeux sans participer à la construction d'un monde plus juste : la joie est acte, non état passif. Bégaudeau s'attaque au discours dominant du bonheur individuel comme diversion politique, manière de canaliser l'énergie des individus vers l'intérieur tout en laissant intact l'ordre social inégalitaire. Son écriture, volontairement provocante et peu accommodante, n'hésite pas à déranger le lecteur dans ses certitudes. L'essai est aussi une réflexion sur ce que signifie militer, s'engager collectivement, éprouver la solidarité comme source d'une joie que nulle satisfaction consumériste ne saurait atteindre. Texte inclassable entre l'essai philosophique, le pamphlet politique et la méditation intime, il affirme avec une franchise rarissime que penser et se réjouir sont deux aspects indissociables de la même vitalité humaine.
« Catéchisme révolutionnaire » de Michel Bakounine est un texte fondateur de l'anarchisme moderne, rédigé au coeur du dix-neuvième siècle, à une époque où la lutte pour la liberté et l'égalité anime l'Europe. Dans ce manifeste incisif, Bakounine expose une critique radicale de l'oppression et de l'ordre établi, appelant à l'insurrection du peuple contre toutes les formes d'autorité. À travers une série de questions et de réponses, il pose les bases d'une théorie politique nouvelle, fondée sur l'emancipation collective, la justice sociale et la solidarité. L'auteur analyse les mécanismes de la société et propose une vision utopique où l'action révolutionnaire devient le moteur du changement. Par son engagement sans compromis, il inspire les mouvements de lutte et d'engagement social, invitant chacun à remettre en cause les dogmes et à s'approprier la liberté. Ce texte, à la fois manifeste et guide pratique, demeure une référence majeure pour comprendre les enjeux de la révolution, la place du peuple dans l'histoire et la nécessité d'une transformation profonde de la société. Entre critique sociale et appel à l'action, « Catéchisme révolutionnaire » s'inscrit dans la lignée des grands écrits politiques, offrant une réflexion puissante sur la justice, l'utopie et la construction d'un avenir libéré de l'oppression. Les lecteurs passionnés de théorie politique, d'histoire des idées et de mouvements sociaux y trouveront une source d'inspiration et de réflexion toujours actuelle.
Suivant la manière de Bainville, le sujet est traité sans idée préconçue, en privilégiant l'explication synthétique par rapport à la narration détaillée. À son époque, semblable en cela à la nôtre, Napoléon et l'Empire gardaient des nostalgiques de l'”homme de la nation” conciliant un pouvoir fort avec les idées de la Révolution. Aussi, l'historien fait-il utilement justice de la mythologie impériale pour faire apparaître le personnage, sa situation dans la période, ses forces et ses faiblesses.Du portrait hallucinant de vérité qu'il en brosse, tout contre-révolutionnaire conséquent tirera l'horreur d'un homme que l'ambition, et l'entêtement ont porté sa patrie à un effort démesuré où elle a manqué se briser.
Le Clan de l'Ours des cavernes est le premier tome de la saga Les Enfants de la Terre, un best-seller historique et préhistorique publié en 1980. Il y a environ 35 000 ans, en Europe glaciaire, une fillette de 5 ans, Ayla (Homo sapiens, Cro-Magnon), est orpheline après un tremblement de terre qui détruit son camp. Blessée par un lion des cavernes, affamée et mourante, elle est recueillie par un clan de Néandertaliens (le Clan de l’Ours des cavernes) qui cherche un nouveau foyer après le même séisme. La guérisseuse Iza la sauve et l’adopte, malgré les réticences du chef Brun et les différences physiques et culturelles avec « les Autres ». Ayla grandit au sein du clan, apprenant leurs traditions rigides, leurs rituels totémiques et leur mode de vie, mais son intelligence vive, son indépendance et ses aptitudes exceptionnelles (notamment en chasse et médecine) heurtent les coutumes patriarcales et provoquent des conflits, surtout avec le jeune Broud. Un roman immersif sur la survie, le choc des cultures, l’acceptation et le destin d’une femme hors norme à la préhistoire.
Le désir de se débarrasser de la politique est de plus en plus répandu. Il rend manifeste l'existence d'une crise, qui nous contraint à nous demander : « Qu’est-ce que la politique ? » Voilà la question permanente de la pensée de Hannah Arendt, posée face au choc de l’événement totalitaire et au développement de nouveaux moyens d’anéantissement. La réponse tient dans deux thèses qui se trouvent déployées dans ce livre : l’essence de la politique est la pluralité ; son sens est la liberté. Cet ouvrage nous invite à comprendre pourquoi la philosophie s’est toujours révélée incapable de penser l’action collective, afin de nous faire entrer progressivement dans la politique en tant que domaine, c'est-à-dire dans la réalité des expériences qui la constituent. Pour se saisir des promesses que la politique recèle, abdiquons toute volonté de spéculation et laissons place à la pensée. Hannah Arendt, née à Hanovre en 1906, est l’une des plus belles figures intellectuelles du XXe siècle. Élève de Husserl, Heidegger et Jaspers, elle s’exile en 1941 aux États-Unis, où elle enseignera la philosophie et les sciences politiques. Elle est l’auteur d’ouvrages aussi célèbres que Les Origines du totalitarisme, Condition de l’homme moderne, La Crise de la culture ou Eichmann à Jérusalem. Nouvelle traduction, édition augmentée de cinq textes inédits.
L'homme se tient sur une brèche, dans l'intervalle entre le passé révolu et l'avenir infigurable. Il ne peut s'y tenir que dans la mesure où il pense, brisant ainsi, par sa résistance aux forces du passé infini et du futur infini, le flux du temps indifférent. Chaque génération nouvelle, chaque homme nouveau doit redécouvrir laborieusement l'activité de pensée. Longtemps, pour ce faire, on put recourir à la tradition. Or nous vivons, à l'âge moderne, l'usure de la tradition, la crise de la culture. Il ne s'agit pas de renouer le fil rompu de la tradition, ni d'inventer quelque succédané ultra-moderne, mais de savoir s'exercer à penser pour se mouvoir dans la brèche. Hannah Arendt, à travers ces essais d'interprétation critique - notamment de la tradition et des concepts modernes d'histoire, d'autorité et de liberté, des rapports entre vérité et politique, de la crise de l'éducation entend nous aider à savoir comment penser en notre siècle.
Alberto Angela, paléontologue et présentateur de vulgarisation scientifique devenu l'auteur historique le plus lu d'Italie, reconstitue dans ce livre une journée ordinaire de la vie quotidienne à Rome vers l'an 115 après Jésus-Christ, au sommet de la puissance impériale sous le règne de Trajan. Ce choix narratif audacieux – adopter l'échelle du quotidien plutôt que celle des grandes batailles et des empereurs – permet une immersion inédite dans la réalité vécue des Romains de toutes conditions sociales. Dès l'aube, le lecteur accompagne patriciens, affranchis, esclaves et marchands dans leurs déambulations à travers les rues encombrées de l'Urbs, ses insulae surpeuplées, ses thermes luxueux, ses tabernae animées et ses cérémonies religieuses. Angela mêle avec habileté les données archéologiques les plus récentes aux témoignages des auteurs antiques, transformant les vestiges matériels en scènes de vie palpables. Son approche novatrice fait la part belle aux anonymes – la plupart des habitants de Rome – plutôt qu'aux grands personnages dont l'histoire politique a retenu les noms. Les structures sociales, les inégalités criantes, les pratiques alimentaires, les croyances religieuses, les divertissements et les violences du quotidien apparaissent ainsi dans leur épaisseur concrète. Cette fresque vivante et érudite, accessible à tous sans jamais sacrifier la rigueur documentaire, restitue avec une rare efficacité la densité humaine de la civilisation romaine dans son apogée impériale.
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