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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite

276 ouvrages

Les anormaux

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Les anormaux

Transcription de son cours au Collège de France de l'année 1974-1975, Les anormaux prolonge et radicalise l'enquête généalogique que Michel Foucault consacre aux mécanismes de pouvoir traversant le corps social moderne. L'ouvrage s'articule autour de trois figures historiques centrales – le monstre humain, l'individu à corriger, l'onaniste – dont Foucault retrace la construction progressive comme objets d'un savoir spécialisé et d'une intervention institutionnelle. Le monstre humain, figure juridico-naturelle héritée du Moyen Âge, se transforme progressivement en objet psychiatrique ; l'enfant à corriger devient la cible des pédagogies normalisatrices ; l'onaniste, figure éminemment moderne, concentre les angoisses médicales sur la sexualité enfantine. En reconstituant ces généalogies, Foucault montre que les catégories d'anormalité ne sont pas des découvertes objectives mais des productions historiques, engendrées par la rencontre entre des savoirs – psychiatrie, criminologie, pédagogie – et des institutions – hôpital, école, tribunal. Cette analyse éclaire la manière dont les sociétés modernes exercent leur pouvoir moins par la répression frontale que par la normalisation continue des conduites et des corps. Les enjeux contemporains de ces analyses demeurent considérables : ils interrogent les fondements de la psychiatrie légale, les catégories du normal et du pathologique, et les dispositifs disciplinaires qui fabriquent en permanence de nouveaux individus à corriger ou à traiter.

Michel Foucault
La seule exactitude

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La seule exactitude

Recueil d'essais et d'entretiens parus entre 2013 et 2015, ce volume rassemble la pensée d'Alain Finkielkraut autour de sa préoccupation centrale et constante : la défense de la culture et de la liberté de penser face aux conformismes du temps. L'exactitude du titre n'est pas mathématique ; elle désigne l'exigence intellectuelle qui consiste à nommer les choses avec précision, à refuser les facilités du langage idéologique et à maintenir un rapport juste avec la réalité, même lorsque cela dérange. Finkielkraut se confronte ici aux grandes questions qui agitent le débat public français contemporain : la crise de la transmission culturelle, le défi de l'immigration et de l'intégration, la montée des identitarismes concurrents, le déclin du sens critique dans les institutions d'enseignement. Sa posture d'humaniste libéral-conservateur le conduit à refuser avec la même vigueur les simplifications de la gauche progressiste et les crispations xénophobes de la droite réactionnaire. Ce qu'il défend, c'est un espace intellectuel où la pensée complexe reste possible, où les grandes œuvres de la littérature et de la philosophie continuent de nourrir notre rapport au monde. L'ouvrage incarne un type rare d'engagement intellectuel : celui qui ne sacrifie pas la nuance à l'efficacité rhétorique, et qui considère que la fidélité à la réalité – même inconfortable – constitue la première obligation de l'honnêteté intellectuelle.

Alain Finkielkraut
The Ascent of Money

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The Ascent of Money

Niall Ferguson retrace l'histoire de la finance depuis ses origines en Mésopotamie antique jusqu'aux crises contemporaines, en démontrant que l'évolution de la monnaie, du crédit et des instruments financiers constitue le fil rouge essentiel de l'histoire humaine, souvent plus déterminant que les guerres, les révolutions ou les avancées technologiques. Le livre est structuré autour des principaux piliers de la finance moderne : le chapitre sur la monnaie et le crédit explore les débuts du troc, l'invention des pièces, l'essor des banques en Italie du Nord (Médicis) et les bulles spéculatives comme celle de John Law au XVIIIe siècle ; les obligations (bonds) sont analysées via leur rôle dans le financement des États et des guerres (Rothschild finançant Napoléon) ; les actions et marchés boursiers sont illustrés par les premières compagnies à capitaux (hollandaises) et les grandes bulles (South Sea, dot-com) ; l'assurance et la gestion du risque remontent aux origines romaines et aux loteries pour couvrir les risques maritimes ou incendies ; un chapitre sur l'immobilier met en lumière l'importance de la propriété privée pour la démocratie et les bulles immobilières pré-2008 ; enfin, Ferguson examine la « planète finance » globale, où la financiarisation accélérée propulse des pays comme la Chine et l'Inde hors de la pauvreté, tout en générant inégalités et crises récurrentes. L'auteur insiste sur le fait que la finance n'est pas un mal nécessaire mais le moteur de progrès, même si elle reste fragile, cyclique et sujette aux excès humains, et que comprendre son ascension permet de mieux saisir pourquoi les sociétés prospèrent ou s'effondrent.

Niall Ferguson
Commentaires sur la Société du Spectacle

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Commentaires sur la Société du Spectacle

Publiés en 1988, vingt et un ans après la parution de La société du spectacle, ces Commentaires constituent moins une révision qu'une radicalisation du diagnostic initial. Guy Debord, dont la lucidité n'a rien perdu de son tranchant, revient sur ses analyses fondamentales à la lumière de deux décennies d'histoire – mai 68, les mutations du capitalisme, l'essor des médias de masse – pour constater que le spectacle ne s'est pas affaibli mais perfectionné. Il introduit une notion nouvelle, le « spectacle intégré », synthèse du spectaculaire concentré des régimes totalitaires et du spectaculaire diffus des démocraties libérales de consommation. Dans ce stade avancé, le spectacle a pénétré jusqu'aux interstices les plus intimes de l'existence, colonisant la mémoire, le désir et la perception du temps. Plus inquiétant encore : les mouvements contestataires, les dissidences et les formes alternatives de vie sont eux-mêmes absorbés et neutralisés par le système qu'ils prétendaient combattre. La critique devient marchandise, la révolte devient spectacle. Debord observe avec une lucidité désabusée que le monde dans lequel il écrit est dominé par des structures d'opacité et de désinformation organisées. Ces Commentaires, rédigés avec la concision acérée qui caractérise leur auteur, offrent une clé d'interprétation de la modernité médiatique que les développements ultérieurs d'Internet et des réseaux sociaux n'ont fait que confirmer et amplifier.

Guy Debord
De La Démocratie En Amérique

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De La Démocratie En Amérique

Fruit de son voyage aux États-Unis en 1831-1832, cette œuvre maîtresse d'Alexis de Tocqueville constitue l'une des analyses les plus profondes jamais consacrées aux démocraties modernes. Loin de se limiter à une description du régime américain, Tocqueville y élabore une véritable sociologie politique de la démocratie, saisie dans ses conditions d'existence, ses mœurs constitutives et ses contradictions internes. Son intuition fondamentale est que l'égalité des conditions constitue une révolution irrésistible qui transforme non seulement les institutions politiques mais l'ensemble des rapports sociaux, des croyances, des goûts et des habitudes. Ce mouvement vers l'égalité recèle des promesses incontestables – liberté politique, mobilité sociale, dignité individuelle – mais aussi des périls spécifiques que les théoriciens classiques n'avaient pas anticipés. Tocqueville forge le concept de « despotisme doux » pour désigner le risque qu'une société démocratique, éprise de bien-être et d'égalité, se laisse gouverner par un pouvoir tutélaire et bienveillant qui finit par éteindre l'énergie civique. Il identifie également la « tyrannie de la majorité » comme menace proprement démocratique sur les libertés minoritaires. Face à ces périls, il valorise les corps intermédiaires, les associations civiles, la pratique du jury et la religion comme remparts contre la centralisation despotique. Texte fondateur de la philosophie politique libérale, il reste d'une extraordinaire pertinence pour comprendre les tensions de la démocratie contemporaine.

Alexis de Tocqueville
La Cité Antique; Étude sur Le Culte, Le Droit, Les Institutions de la Grèce et de Rome

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La Cité Antique; Étude sur Le Culte, Le Droit, Les Institutions de la Grèce et de Rome

Publié en 1864, cet ouvrage de Numa Denis Fustel de Coulanges constitue une œuvre fondatrice de l'histoire des institutions antiques et de la sociologie historique. La thèse centrale, audacieuse pour l'époque, soutient que la vie politique et juridique de la Grèce et de Rome ne peut être comprise qu'à partir de sa base religieuse. Pour Fustel de Coulanges, la religion domestique primitive – le culte des ancêtres, du foyer sacré et des dieux pénates – n'est pas un simple ornement de la vie sociale mais son fondement constitutif. C'est cette sacralité de l'espace domestique qui génère, par extension progressive, la famille au sens large, la phratrie, la tribu et finalement la cité. Chaque institution civique, chaque règle juridique, chaque magistrature trouve son origine dans un acte religieux primordial. Cette thèse conduit l'auteur à une interprétation radicalement différente de l'Antiquité classique : les Grecs et les Romains ne sont pas nos contemporains sous des noms différents mais habitent un univers mental entièrement gouverné par des croyances et des pratiques sans équivalent dans la modernité. La méthode, rigoureusement fondée sur les sources primaires – poèmes, lois, inscriptions – anticipe les exigences de la méthode historique moderne. Cet ouvrage demeure une lecture indispensable pour qui veut saisir comment les sociétés antiques pensaient le lien indissoluble entre religion, famille et politique.

Fustel De Coulanges
Libérer le travail - Pourquoi la gauche s'en moque et pourquoi ça doit changer

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Libérer le travail - Pourquoi la gauche s'en moque et pourquoi ça doit changer

La moitié des Français expriment un mal-être au travail. Une organisation néo-taylorienne soumise au rendement financier est en train de détruire notre monde commun. Cette machine à extraire le profit écrase le travail vivant : celui qui mobilise notre corps, notre intelligence, notre créativité, notre empathie et fait de nous, dans l'épreuve de la confrontation au réel, des êtres humains. Contre les " réformes " néolibérales du travail, on a raison de lutter. Mais pour défendre les conquêtes du salariat et prendre soin du monde, il nous faut repenser le travail. Nous avons besoin d'un souffle nouveau, d'un " avenir désirable ". La liberté, l'autonomie, la démocratie au travail, doivent être replacées au cœur de toute politique d'émancipation. La gauche politique et syndicale a trop longtemps privilégié le pouvoir d'achat au pouvoir d'agir dans le travail. Paradoxalement, les innovations dans ce domaine sont d'abord venues des managers : " l'entreprise libérée " inspire des initiatives patronales souvent futiles et parfois stimulantes. Des consultants créatifs proposent des modèles " d'entreprise autogouvernée " plus audacieux que les rêves autogestionnaires les plus fous. Mais surtout, des expériences multiples fleurissent un peu partout inspirées du travail collaboratif, du care, de la construction du commun, qui sont autant d'écoles d'une démocratie refondée. Et si on libérait le travail, vraiment ? C'est possible : ce livre en fait la démonstration !

Thomas Coutrot

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