A Droite

Ouvrage

Contre-histoire de la philosophie tome 4 : Les ultras des lumières

Dans ce volume consacré au siècle des Lumières, Michel Onfray applique sa démarche de contre-histoire : il oppose aux Lumières « officielles » (Voltaire, Rousseau) un courant beaucoup plus radical, largement négligé par l’enseignement et l’historiographie.

Il met en avant une pensée hédoniste, matérialiste, athée et révolutionnaire, mais dont il conteste l’interprétation marxiste classique : selon lui, ce radicalisme ne mène pas principalement au marxisme, mais à une sensibilité distincte qu’il appelle « utilitarisme français ». Exportée ensuite en Angleterre, cette orientation devient une matrice de la philosophie anglo-saxonne, en rupture avec la tradition continentale et notamment avec Kant.

Onfray valorise ainsi des figures comme Meslier, La Mettrie, Maupertuis, Helvétius, d’Holbach. En parallèle, il déconstruit le statut de Sade, qu’il refuse de voir comme un libérateur : il le présente plutôt comme un penseur féodal, contre-révolutionnaire, et même précurseur du fascisme.

Auteur

Michel Onfray
Michel Onfray
PhilosopheEssayiste

Michel Onfray est un philosophe, essayiste et professeur français, né en 1959. Il est connu pour ses critiques de la religion et de la morale traditionnelle, ainsi que pour sa promotion de l'hédonisme et de la pensée libre.

Positionnement

Onfray réhabilite les penseurs radicaux des Lumières – libertins, athées, matérialistes – occultés par l'histoire officielle de la philosophie, dans une perspective émancipatrice et libertaire affirmée.

Contenu

Michel Onfray (né en 1959) est philosophe, essayiste et fondateur de l'Université populaire de Caen. Sa démarche de « contre-histoire » exhume, à chaque époque, la tradition matérialiste et hédoniste négligée par l'historiographie officielle. Athée militant et hédoniste revendiqué, il s'inscrit dans le sillage de Nietzsche et des Lumières radicales, contre toutes les formes d'idéalisme et de morale ascétique.

À propos de ce livre

Le quatrième tome de la Contre-histoire de la philosophie (2007) est consacré aux représentants les plus radicaux des Lumières : La Mettrie, Helvétius, d'Holbach, Maupertuis et le curé Meslier. Contre l'image d'un siècle des Lumières représenté par Voltaire et Rousseau, Onfray révèle un courant matérialiste, hédoniste et athée constituant la véritable matrice de l'utilitarisme plutôt que du socialisme marxiste.

Résumé chapitre par chapitre

Jean Meslier : le curé athée

Meslier est un curé de village qui rédige secrètement un Testament athée et révolutionnaire, ne le révélant qu'après sa mort. Il nie Dieu, critique la propriété privée et appelle à la révolte des opprimés. Pour Onfray, il est le penseur le plus courageux du siècle.

La Mettrie : le matérialisme radical

Dans L'Homme-Machine (1747), La Mettrie nie l'âme, réduit la pensée aux mécanismes corporels et fonde une philosophie du plaisir sensuel sans culpabilité. Exilé sous la protection de Frédéric II, il incarne le libertin philosophe qui assume pleinement ses positions.

Maupertuis : l'hédonisme calculé

Maupertuis introduit un calcul hédoniste des plaisirs et des douleurs anticipant l'utilitarisme de Bentham. En appliquant les méthodes de la physique à la morale, il fonde une éthique quantitative fondée sur la maximisation du bonheur individuel et collectif.

Helvétius : la sensibilité comme fondement

Dans De l'Esprit (1758), Helvétius fait de la sensibilité physique le fondement de toute connaissance et de toute morale. Son sensualisme radical lui vaut la condamnation du Parlement et du pape. Il est le premier à systématiser l'utilitarisme moral en France.

D'Holbach : l'athéisme systématique

Dans son Système de la Nature (1770), d'Holbach réunit matérialisme, athéisme et utilitarisme : tout est matière en mouvement, Dieu n'est qu'une illusion forgée par la peur. La morale se fonde sur les intérêts mutuels des hommes en société, sans besoin du sacré.

Sade : les limites des Lumières

Onfray conduit une lecture critique de Sade : loin d'être un libertaire, Sade défend les privilèges aristocratiques. Ses fantasmes de domination reproduisent le droit féodal du seigneur, révélant les limites de classe d'un radicalisme pas aussi universel qu'il le prétend.