Ouvrage
Mémoires
Publiés en 1983, l'année de sa mort, les Mémoires de Raymond Aron couvrent cinquante ans de réflexion politique, de l'Allemagne de Weimar à la fin des années 1970. Le sociologue y revient sur son itinéraire - la guerre, Londres, le journalisme, l'université - et sur les grandes controverses du siècle, avec le recul d'un témoin qui a pris part à presque tous les débats de son époque.
Auteur

Raymond Aron était un philosophe, sociologue et journaliste français. Il est connu pour ses travaux sur la société moderne et son analyse des systèmes politiques.
Catégories
Positionnement
Somme intellectuelle du même Aron que L'Opium des intellectuels, classé droite modérée sur le site : itinéraire libéral et atlantiste, critique des illusions progressistes, dans la tradition libérale-conservatrice.
Contenu
Parus chez Julliard quelques mois avant la mort d'Aron en octobre 1983, ces Mémoires furent immédiatement salués comme un événement. L'édition Bouquins de 2010, préfacée par Nicolas Baverez, en propose une version intégrale augmentée de trois textes inédits. L'ouvrage ne procède pas par confidences : Aron y écrit moins sa vie que l'histoire politique et intellectuelle d'un demi-siècle, telle qu'un acteur vigilant l'a traversée.
On y suit sa formation de normalien philosophe, ses années allemandes de 1930 à 1933, qui lui révèlent la crise de Weimar et la montée du nazisme, puis la guerre et la direction de La France libre à Londres. Vient ensuite le temps du journalisme engagé - éditorialiste au Figaro pendant trente ans, puis à L'Express - et celui de l'université, de la Sorbonne au Collège de France, en passant par la fondation de la Maison des sciences de l'homme.
La méthode d'Aron traverse l'ensemble : contre les philosophies de l'histoire, rapporter chaque événement aux informations disponibles au moment où il a fallu se prononcer. Les pages sur l'Algérie, sur Mai 68 ou sur les relations avec Sartre, son petit camarade de promotion devenu son adversaire le plus célèbre, montrent cette discipline à l'œuvre, y compris lorsqu'elle conduit Aron à reconnaître des erreurs ou des retards.
Pourquoi le lire ? Parce qu'aucun autre livre ne donne une vue aussi complète de l'intellectuel français du XXe siècle vu de l'intérieur, par quelqu'un qui en fut à la fois l'acteur et le critique ; parce que la fresque historique y est partout au service d'une réflexion sur la lucidité et l'engagement. Après Le Spectateur engagé, c'est la grande porte d'entrée dans l'œuvre.