Biographie
Philosophe politique, essayiste et journaliste français, figure centrale et fondatrice de la Nouvelle Droite (GRECE – Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne, créé en 1968).
Issu d’un milieu conservateur et catholique traditionaliste, il s’engage très tôt dans les milieux nationalistes et d’extrême droite post-Algérie (il collabore à Europe-Action dans les années 1960). À partir de la fin des années 1960, il opère une rupture stratégique : abandon des références fascistes ou pétainistes explicites, critique du libéralisme économique et du nationalisme étroit, pour promouvoir une pensée « métapolitique » influencée par Gramsci (hégémonie culturelle par les idées plutôt que par le pouvoir direct).
La Nouvelle Droite, dont il est le principal théoricien, se caractérise par :
- Une critique radicale du libéralisme (économique et culturel), vu comme force d’homogénéisation et de destruction des identités.
- La défense du droit à la différence (ethno-différentialisme ou ethnopluralisme) : opposition à l’universalisme égalitaire, plaidoyer pour la préservation des cultures et identités distinctes contre le « melting-pot » globalisé.
- Un retour aux racines païennes européennes (anti-christianisme virulent dans certains textes, valorisation du polythéisme indo-européen).
- Une critique de l’Occident moderne, du consumérisme, de l’individualisme et de l’atlantisme.
- Une position anti-américaine et anti-impérialiste (soutien à certains mouvements tiers-mondistes ou anti-occidentaux dans les années 1980-1990).
Il a publié plus de 100 livres et des milliers d’articles, souvent dans des revues comme Nouvelle École, Krisis (qu’il dirige) ou Éléments. Parmi les ouvrages les plus influents :
- Vu de droite (1977) → anthologie fondatrice, Prix de l’essai de l’Académie française (controversé).
- Les Idées à l’endroit (1979).
- On Being a Pagan (1981, en anglais ; Comment peut-on être païen ?).
- Contre le libéralisme (recueils récents).
- Au-delà des droits de l’homme (2004).
- Carl Schmitt aujourd’hui (influence schmittienne sur l’ami/ennemi, le politique).
Alain de Benoist reste une figure controversée : accusé par ses détracteurs d’être un « néo-fasciste respectable » ou d’extrême droite camouflée (ethno-différentialisme vu comme euphémisme pour le racisme), il se défend en se présentant comme un penseur anti-totalitaire, anti-libéral, défenseur de la pluralité des mondes contre l’uniformisation globale. Il est souvent classé à l’extrême droite, bien qu’il critique tant la droite libérale/conservatrice traditionnelle que l’extrême droite populiste actuelle (qu’il juge trop atlantiste ou pro-israélienne).
Influencé par

Philosophe

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