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La Conversion - Vivre selon Lucrèce

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La Conversion - Vivre selon Lucrèce

L'intérêt des philosophes romains c'est qu'on peut vivre selon leurs principes. Le poème de Lucrèce, De la nature des choses, se présente un immense traité existentiel perdu dans une encyclopédie du monde. On peut vivre selon Lucrèce. Son poème est d'ailleurs une proposition existentielle faite à son dédicataire Memmius. Le philosophe propose en effet une conversion, autrement dit : une vie nouvelle faisant suite à l'ancienne qu'on abandonne après avoir compris ce qu'il y avait à comprendre, initié par un sage qui nous transmet son savoir. Ici : que le réel est matériel, qu'il n'est fait que d'atomes qui tombent dans le vide et de rien d'autre ; que cette physique de l'ici-bas dispense d'une métaphysique de l'au-delà ; que la religion est superstition et qu'il faut lui préférer la philosophie ; qu'il faut donner au corps ce qu'il demande dans la limite où ce qu'on lui donne ne l'asservit pas ; que l'amour est un remède à la passion ; que la sagesse est atteignable et qu'elle consiste en une arithmétique des plaisirs accompagnée par une diététique des désirs ; qu'il n'y a ni enfer ni paradis mais juste un monde immanent et tangible ; que la mort n'est pas à craindre puisqu'elle n'est qu'une modification de la matière et non sa suppression ; que le réel est tragique et que le savoir confère de la sérénité ; que le paradis existe sur terre pourvu qu'on le construise avec détermination. Ce livre pend donc la forme d'une série de neuf lettres comme autant d'invitations à une sculpture de soi. Cette éthique propose une esthétique de l'existence.

Michel Onfray
Histoire de la rome antique

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Histoire de la rome antique

André Piganiol, historien français spécialiste de l'Antiquité romaine, offre dans cet ouvrage de synthèse une fresque complète de l'histoire de Rome depuis ses origines légendaires jusqu'à la chute de l'Empire d'Occident en 476. Alliant érudition philologique et sens de la narration, Piganiol guide le lecteur à travers les grandes phases de l'histoire romaine : la monarchie primitive, la République aristocratique et ses crises, l'Empire augustéen et sa stabilisation, les dynasties successives et leurs vicissitudes, la crise du IIIe siècle et la transformation tardive de l'Empire. Piganiol accorde une attention particulière aux structures institutionnelles, économiques et sociales qui ont permis à Rome de construire un empire méditerranéen durable, mais aussi aux tensions internes et aux pressions extérieures qui ont progressivement érodé cette construction monumentale. Sa lecture de la chute de Rome est nuancée : il refuse les explications monocausales au profit d'une analyse complexe mêlant facteurs militaires, économiques, démographiques et culturels. L'ouvrage reste une synthèse de référence par la clarté de son exposé et la solidité de son érudition, même si les découvertes archéologiques et historiographiques ultérieures ont enrichi ou nuancé certaines de ses analyses. Une introduction solide et complète pour quiconque souhaite comprendre l'une des civilisations les plus influentes de l'histoire humaine.

Lucien Jerphagnon
La Cité Antique; Étude sur Le Culte, Le Droit, Les Institutions de la Grèce et de Rome

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La Cité Antique; Étude sur Le Culte, Le Droit, Les Institutions de la Grèce et de Rome

Publié en 1864, cet ouvrage de Numa Denis Fustel de Coulanges constitue une œuvre fondatrice de l'histoire des institutions antiques et de la sociologie historique. La thèse centrale, audacieuse pour l'époque, soutient que la vie politique et juridique de la Grèce et de Rome ne peut être comprise qu'à partir de sa base religieuse. Pour Fustel de Coulanges, la religion domestique primitive – le culte des ancêtres, du foyer sacré et des dieux pénates – n'est pas un simple ornement de la vie sociale mais son fondement constitutif. C'est cette sacralité de l'espace domestique qui génère, par extension progressive, la famille au sens large, la phratrie, la tribu et finalement la cité. Chaque institution civique, chaque règle juridique, chaque magistrature trouve son origine dans un acte religieux primordial. Cette thèse conduit l'auteur à une interprétation radicalement différente de l'Antiquité classique : les Grecs et les Romains ne sont pas nos contemporains sous des noms différents mais habitent un univers mental entièrement gouverné par des croyances et des pratiques sans équivalent dans la modernité. La méthode, rigoureusement fondée sur les sources primaires – poèmes, lois, inscriptions – anticipe les exigences de la méthode historique moderne. Cet ouvrage demeure une lecture indispensable pour qui veut saisir comment les sociétés antiques pensaient le lien indissoluble entre religion, famille et politique.

Fustel De Coulanges