Les études des civilisations prennent les grandes cultures pour unité d'analyse, plutôt que les seuls États. Deux approches se partagent ce champ. La morphologie des civilisations, de Spengler à Toynbee, décrit chaque civilisation comme un ensemble organique qui naît, s'épanouit et décline selon un rythme propre, avec son style, ses symboles et son âme. La géopolitique des civilisations, illustrée par Huntington, lit les conflits contemporains aux failles entre ces grandes aires. Ce courant réunit les deux approches.
Ses fondateurs :
- Spengler : Le Déclin de l'Occident compare les civilisations à des organismes vivants et annonce la phase crépusculaire de la culture européenne.
- Toynbee : son œuvre monumentale décrit la genèse, la croissance et la désintégration des civilisations en réponse aux défis qu'elles rencontrent.
- Danilevski : La Russie et l'Europe (1869) affirmait déjà l'existence de types civilisationnels distincts, dont un type slave.
- Huntington : Le Choc des civilisations (1996) transpose cette grille aux conflits de l'après-guerre froide, en réponse à la « fin de l'histoire » de Francis Fukuyama, son ancien étudiant.
Feliks Koneczny (De la pluralité des civilisations), Ernst Jünger, Ortega y Gasset (Une méditation sur l'Europe) et David Engels prolongent cette tradition pour l'Europe contemporaine. À distinguer de la géopolitique réaliste, qui raisonne en rapports de puissance entre États, et du courant Décadence et déclin civilisationnel, qui porte le diagnostic du déclin occidental actuel.