L'école autrichienne est une tradition d'économistes née à Vienne à la fin du XIXe siècle avec Carl Menger, développée en exil par Ludwig von Mises et Friedrich Hayek, puis prolongée aux États-Unis par Murray Rothbard. Elle explique les phénomènes économiques à partir de l'action individuelle plutôt que de grandeurs collectives.
Trois idées en font l'unité :
- L'individualisme méthodologique et la praxéologie : dans L'Action humaine, Mises fonde l'économie comme science de l'action humaine - les choix, les préférences et les calculs des individus, et non les modèles agrégés, en sont le point de départ.
- Le processus de marché contre la planification : Mises, puis Hayek, soutiennent que les prix condensent une information dispersée qu'aucune planification centrale ne peut rassembler. Hayek expose cet argument dans The Use of Knowledge in Society (1945) ; La route de la servitude (1944) porte sur les risques politiques de la planification.
- La monnaie et l'ordre spontané : de la théorie mengerienne de l'origine de la monnaie aux cycles économiques provoqués par le crédit artificiel, l'école voit l'ordre social comme le résultat d'actions humaines et non d'un dessein humain.
Cette tradition a nourri, au-delà de l'économie, une philosophie politique : chez Rothbard, elle débouche sur une défense radicale de la propriété et du marché libre.
Pour cette école, la liberté économique n'est pas un système parmi d'autres : c'est la condition de la coordination pacifique de millions de décisions individuelles.