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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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La violence, c’est pas un coup de poing dans la gueule. La violence, c’est de voir des plumeaux manger des bagels sans glutendans des villes qui ont été bâties il y a 1700 ans par des Gaulois et des Wisigoths de cent-trente kilos. À Raqqa, si une femme oublie de faire la vaisselle, on lui coupe la tête. À Paris, bander le matin c’est oppressif et misogyne... Ce monde commence à decenir compliqué. La boxe, le rugby, le pinard et le gras de canard vont disparaître, comme les dinosaures. Moi, je veux créer un Jurassic Park de la burne pour sauver tout ça. Dans l’enclos de tyrannosaures, on mettra Vincent Moscato, Vladimir Poutine, Éric Cantona, Marc Mercier, Jean Lasalle er Gérard Depardieu. Comme ça, les métrosexuels de 2030 pourront savoir de ce que c’était qu’un homme avant qu’ils puissent être enceintes. Dans la France actuelle, pour rembourser la dette, il faudrait taxee lâcheté ou l’épilation plûtot que le diesel, parce que 60 000 fiches S sur le territoire, ça fait relativiser sur les particules fines.
Le sociologue québécois Mathieu Bock-Côté dénonce le wokisme comme une idéologie née dans les universités américaines qui, selon lui, segmente la société sur une base raciale et vise à déconstruire la civilisation occidentale « blanche », présentée comme intrinsèquement coupable et oppressive. Il y décrit ses mécanismes (redéfinition du mot racisme, culpabilisation permanente, injonction à la « déblanchisation »), qu'il juge porteurs non de liberté mais d'exclusion et d'enfermement identitaire. L'ouvrage, salué par certains comme un essai courageux, est aussi critiqué pour son ton polémique et son manque de nuance face aux contextes ayant nourri les revendications décoloniales et antiracistes.
Dans cet ouvrage séminal, Jacques Ellul propose une analyse globale du phénomène technique en le distinguant radicalement de la simple machine, qu'il considère désormais comme un aspect secondaire et dépendant. L'auteur soutient que la technique est devenue une puissance autonome qui ne se limite plus au domaine industriel, mais s'étend à la totalité des activités humaines, incluant l'organisation sociale, la psychologie et l'économie. Il rejette la vision traditionnelle d'une technique subordonnée à la science, affirmant au contraire que la recherche scientifique est aujourd'hui asservie aux impératifs techniques et à l'efficacité immédiate. En définissant la technique comme la recherche de la méthode absolument efficace dans tous les domaines, Ellul avertit que ce système tend à absorber l'humain pour le transformer en un objet de gestion rationnelle. Le but ultime de ce travail est de susciter une prise de conscience fondamentale face à une civilisation où l'organisation technique remplace désormais les traditions et les libertés individuelles.
Dans cet ouvrage, Will Kymlicka propose une théorie libérale des droits des minorités afin de résoudre les tensions croissantes au sein des États démocratiques diversifiés. L'auteur soutient que les principes traditionnels des droits de l'homme sont insuffisants pour traiter des questions complexes telles que les droits linguistiques ou l'autonomie régionale, car ils ont longtemps privilégié un modèle idéalisé de communauté homogène. Pour structurer son analyse, il établit une distinction fondamentale entre les minorités nationales, issues de l'incorporation de cultures autrefois autonomes, et les groupes ethniques nés de l'immigration volontaire. Alors que les premières aspirent généralement à une forme d'autogouvernement pour préserver leur identité distincte, les seconds cherchent plutôt à s'intégrer au sein de la société majoritaire tout en obtenant une reconnaissance de leur héritage. L'objectif final est de démontrer que l'octroi de protections externes à ces groupes est non seulement compatible avec la liberté individuelle, mais essentiel à la justice sociale dans un monde marqué par le pluralisme culturel.
Cet ouvrage de David Miller explore la nature de la nationalité en tant qu’identité collective et principe politique fondamental dans le monde contemporain. L'auteur définit la nation comme une communauté imaginée et active, ancrée dans une continuité historique et liée à un territoire géographique spécifique par une culture publique partagée. Bien qu'il reconnaisse que les identités nationales comportent souvent des éléments de mythe ou de fiction, Miller soutient qu'elles sont essentielles pour cimenter une communauté éthique capable de soutenir des obligations mutuelles et une autodétermination politique. En distinguant soigneusement la nationalité de l'appartenance ethnique et de l'État, il cherche à construire une défense rationnelle du sentiment national qui soit compatible avec les valeurs libérales et la délibération démocratique ouverte.
Cet ouvrage propose une extension de sa théorie du contrat social à l'échelle mondiale, définissant ce qu'il nomme une utopie réaliste où la paix et la justice régneraient entre les nations. L'auteur y distingue les peuples des États traditionnels, arguant que les peuples possèdent une nature morale qui les pousse à respecter des principes de coopération plutôt que de simples intérêts de puissance. À travers le concept du Droit des Peuples, Rawls explique comment les sociétés libérales et les sociétés décentes (non libérales mais respectueuses des droits humains) peuvent coexister pacifiquement en adhérant à une base commune de raison publique. Le texte explore également la théorie non idéale, abordant les conditions sous lesquelles une guerre juste peut être menée contre des États hors-la-loi ou le devoir d'assistance envers les sociétés entravées par des conditions économiques défavorables. En somme, ce projet intellectuel vise à démontrer qu'un monde juste est possible si les institutions domestiques éliminent les injustices politiques majeures, faisant ainsi disparaître les grands maux de l'histoire humaine.
Éric Zemmour brosse le portrait d'une France en déclin, qu'il qualifie de République-Potemkine, où les institutions conservent une façade intacte tandis que leur âme s'est envolée. L'auteur soutient que les événements de Mai 68 ont marqué une révolution culturelle réussie qui a systématiquement entrepris la déconstruction des structures traditionnelles telles que la famille, la nation et l'autorité. À travers une série de chroniques historiques débutant par la mort du général de Gaulle, le texte illustre comment la fin du patriarcat et l'affaiblissement de l'État ont ouvert la voie à une domination conjointe du marché libéral et d'un pouvoir judiciaire tout-puissant. En examinant des mutations juridiques, monétaires et sociétales, Zemmour cherche à démontrer que le pays s'est dissous dans un individualisme hédoniste et un cosmopolitisme qui renient son héritage millénaire. Le but profond de ce récit est de documenter ce que l'écrivain perçoit comme quarante années de désintégration nationale orchestrées par des élites ayant troqué la souveraineté populaire contre les dogmes de la mondialisation.
Une analyse prospective explorant la transition de la société industrielle vers l'ère de l'information. Les auteurs soutiennent que les avancées technologiques, notamment le micro-traitement et la cryptographie, vont radicalement réduire le pouvoir de coercition des États-nations au profit de l'autonomie individuelle. Cette mutation « mégapolitique » annonce l'émergence d'une nouvelle figure, l'individu souverain, capable d'opérer dans un cyberespace affranchi des frontières physiques et des systèmes fiscaux traditionnels. Le livre structure sa réflexion autour de cycles historiques de cinq cents ans, prédisant une désintégration des grandes structures hiérarchiques et une restructuration du monde en juridictions compétitives. Finalement, l'œuvre se veut un guide pour naviguer dans cette révolution de la puissance, où la richesse ne dépendra plus du capital physique mais de la capacité intellectuelle et technologique de chacun.
Zero to One propose une vision radicale de l'entrepreneuriat et de l'innovation. L'auteur soutient que le véritable progrès n'est pas horizontal mais vertical, consistant à passer du néant à l'existence, soit de 0 à 1. Selon Thiel, le succès durable nécessite la création d'un monopole créatif capable de résoudre un problème unique, plutôt que de s'épuiser dans une concurrence stérile qui détruit les profits. Il analyse les leçons de la bulle internet des années 90 pour encourager les fondateurs à privilégier les plans audacieux et la pensée critique. En somme, le livre exhorte à construire un avenir technologique par l'invention de solutions inédites plutôt que par la simple mondialisation de modèles existants.
Cet essai est un manifeste à caractère politique et historique qui théorise le retour des populations extra-européennes vers leurs pays d'origine. À travers un avant-propos de Martin Sellner et une préface de l’auteur, le texte présente ce concept non seulement comme un programme concret de protection de l'identité européenne, mais aussi comme un mythe mobilisateur destiné à contrer le « Grand Remplacement ». L'auteur s'appuie sur une perspective de longue durée, affirmant que les Européens sont les peuples autochtones du continent avec un droit à la continuité historique remontant à 40,000 ans. En examinant des précédents historiques comme la Reconquista ou les échanges de populations du XXe siècle, le livre cherche à démontrer la faisabilité de son projet tout en dénonçant le « gouvernement des juges » et le cadre juridique actuel qui ferait obstacle à la souveraineté nationale. Enfin, l'ouvrage propose des mesures graduées, allant de l'arrêt total de l'immigration à la déchéance de nationalité pour les éléments jugés inassimilables, afin d'assurer la survie biologique et culturelle des nations d'Europe.
Ce texte de Martin Sellner présente une proposition stratégique pour une politique migratoire identitaire centrée sur le concept de rémigration, défini comme le retour volontaire ou forcé des immigrés dans leur pays d'origine. L'auteur soutient que l'Allemagne subit une immigration de remplacement qui menace de transformer le peuple autochtone en minorité, entraînant ainsi une perte de souveraineté démocratique et une instabilité sociale. Pour remédier à ce qu'il décrit comme un « échec collectif du projet migratoire », il appelle à une inversion des flux migratoires par des réformes juridiques strictes et une remise en question du culte de la culpabilité historique. Selon Sellner, la restauration d'une majorité culturelle stable est la condition préalable indispensable à toute forme d'assimilation réussie et à la survie de l'identité nationale. L'ouvrage se veut ainsi un manifeste politique visant à remplacer le multiculturalisme actuel par une gestion démographique qui privilégie la continuité ethnoculturelle européenne.
Le géographe Christophe Guilluy théorise la fracture entre les métropoles mondialisées et la « France périphérique ». Voici les concepts clés qui structurent cette grille de lecture sociogéographique. La dépossession culturelle et économique : Selon cette thèse, les classes supérieures (urbaines et intégrées à l'économie globale) bénéficient de la mondialisation tout en façonnant un modèle sociétal et culturel qui leur est propre. L'invisibilisation des classes populaires : Le discours dominant, qu'il soit médiatique ou politique, tend à occulter la réalité quotidienne et les difficultés matérielles de la France périphérique (périurbaine et rurale), qualifiée de « France invisible ». L'instrumentalisation de l'antifascisme : L'utilisation constante d'un discours moralisateur ou anti-Front national est ici perçue comme un outil rhétorique. Pour les classes dirigeantes, cela permettrait de délégitimiser les revendications sociales et identitaires de ces populations, finissant par les marginaliser encore davantage plutôt que de résoudre leurs problématiques.
Onfray décrypte et analyse notre société à la lumière de la pensée de Proudhon. Les mots anarchie, anarchiste, sont aujourd'hui la plupart du temps très connotés. L'époque dans laquelle nous vivons est intermédiaire entre deux civilisations, l'une qui s'effondre, l'autre qui n'est pas même encore esquissée. Proudhon lui-même écrivait : "La civilisation est bien réellement dans une crise, dont on ne trouve qu'un seul analogue dans l'histoire, c'est la crise qui détermine à l'avènement du christianisme." Mais Proudhon est optimiste : il sait qu'in fine le mouvement des choses va vers l'harmonie. Il sait qu'un monde doit périr, car tous les mondes périssent ; mais qu'un autre, qui sera celui de la Justice, va nécessairement advenir, car tous les mondes renaissent. De sorte que, conscient de la nécessité, qu'il nomme parfois la Providence, comme moteur de l'Histoire, il estime qu'il faut contribuer à son mouvement. Non pas en détruisant, en fabriquant des barricades, en activant des canonnades, en bourrant la gueule des fusils de poudre pour tuer son vis-à-vis, en tuant des bourgeois attablés dans des restaurants chics de Paris, mais en osant l'anarchie positive.
Ce texte, publié en 1840, rendit célèbre Pierre-Joseph Proudhon grâce à une impérissable formule « La propriété, c'est le vol. » Pour Proudhon, le capitalisme est l'apothéose d'une extorsion invisible. Le rassemblement productif des travailleurs dégage une force collective supérieure à la somme des forces de ces travailleurs pris isolément. Or la propriété privée des moyens de production autorise le capitaliste à rémunérer le travailleur sur la seule base individuelle de ce qu'il aurait produit s'il avait été placé hors de la force collective de production. Le propriétaire du capital empoche la différence ; ce surplus est le profit capitaliste, que Proudhon appelle l'aubaine. Toute la question économique de la justice est de répartir cette plus-value sans accaparement ni spoliation. En notre temps de crise du capitalisme, est-il question plus urgente ? La lecture du texte provocateur de Proudhon nous en prouve l'actualité. Saurons-nous y répondre mieux que lui ?
Cet ouvrage retrace l'épopée intellectuelle de la French Theory, ce corpus de pensée post-structuraliste regroupant des figures comme Foucault, Derrida ou Deleuze, qui a paradoxalement conquis l'Amérique alors qu'il déclinait en France. L'auteur analyse comment ces textes ont fait l'objet d'un malentendu créateur, étant réappropriés par les universités américaines pour fonder les luttes identitaires et les départements d'études culturelles ou de genre. À travers le prisme de l'affaire Sokal, Cusset souligne le décalage profond entre une France revenue à un humanisme classique et des États-Unis utilisant ces concepts pour subvertir les structures politiques et artistiques. Cette étude explore ainsi la décontextualisation des idées, montrant comment une théorie peut acquérir une puissance nouvelle et hybride lorsqu'elle s'exporte au-delà de ses frontières d'origine.
Dans l'ouvrage La Défaite de la pensée, Alain Finkielkraut analyse la crise de la culture en Occident, marquée par le passage d'un idéal d'éminence de la « vie avec la pensée » à un relativisme où tout est considéré comme culturel, des grandes œuvres de l'esprit aux simples gestes du quotidien. Il retrace la généalogie intellectuelle de ce basculement à travers le conflit entre l'universalisme des Lumières, qui cherchait à affirmer l'autonomie de l'individu par la raison, et le **romantisme allemand**, qui enferme l'homme dans sa communauté, sa langue et son sol via le concept de Volksgeist (génie national). L'auteur dénonce ainsi une « deuxième mort de l'homme » opérée par les sciences humaines et le multiculturalisme, aboutissant à une civilisation qui renonce à toute hiérarchie des valeurs au profit du divertissement de masse. Il conclut que ce triomphe de la non-pensée mène à un face-à-face désastreux entre le fanatique, prisonnier de son identité close, et le zombie, individu atomisé et absorbé par l'industrie du loisir.
The Technological Republic d’Alexander C. Karp et Nicholas W. Zamiska est un réquisitoire puissant contre la décadence de la Silicon Valley et de l’Occident. Les auteurs dénoncent le fait que les plus brillants ingénieurs, qui collaboraient autrefois avec l’État pour bâtir des technologies stratégiques assurant la suprématie occidentale, se contentent aujourd’hui de créer des applications futiles et addictives guidées par la seule logique du marché. Cette perte d’ambition, ce relativisme culturel, cette aversion pour le hard power et cette tyrannie des applications ont rendu l’Occident vulnérable face à la Chine et aux puissances autoritaires. Karp et Zamiska appellent à une refondation : renouer l’alliance entre la technologie et l’État, réaffirmer le devoir moral des ingénieurs envers leur nation, embrasser une technologie au service de la puissance et de la défense civilisationnelle, et sortir de la complaisance pour relever les défis du XXIe siècle, notamment la course à l’IA militaire. Un manifeste ambitieux et provocateur en faveur d’une « République Technologique » réaliste et déterminée.
Composé de textes courts s'enchaînant logiquement pour raconter ce combat d’idées qu’est l’Histoire, sans omettre de resituer ces idées dans l’Histoire qui les a vu naître, Comprendre l’Empire aurait tout aussi bien pu s’intituler Sociologie de la domination ou Sociologie du mensonge, tant Empire et domination par le mensonge sont liés. Peu universitaire dans sa forme, par respect pour le lecteur, mais fruit de cinquante années d’expériences combinant lectures et engagement sans lequel il n’est point de compréhension véritable, cet essai pédagogique récapitule le parcours complet – allant de la Tradition au marxisme et du marxisme à la Tradition – qui seul permet la mise à jour du processus de domination oligarchique engagé depuis plus de deux siècles en Occident. Refusant le cynisme d'élite qui conduit au mépris du peuple, l'auteur y dépeint la structure d'une gouvernance globale s'opposant à la révolte des Nations, tout en désignant la Banque comme le pouvoir politique caché derrière le spectacle de la démocratie parlementaire.
Publié en 1961, Mensonge romantique et vérité romanesque est l’ouvrage fondateur de René Girard. Il y développe une thèse centrale et dérangeante : le désir humain n’est jamais spontané ni autonome, mais toujours mimétique. Nous désirons toujours à travers un modèle, en imitant le désir d’autrui. À travers l’analyse de grands romanciers (Stendhal, Flaubert, Proust, Dostoïevski), Girard démontre que ce que le romantisme présente comme un désir individuel et original n’est en réalité qu’un « mensonge romantique ». Le grand roman révèle la « vérité romanesque » : notre désir est une imitation. Au-delà de la critique littéraire, Girard propose une véritable anthropologie du désir qui remet en cause l’idéal moderne d’autonomie individuelle. Seule une sortie de la rivalité mimétique, qu’il entrevoit notamment chez Dostoïevski, permettrait d’échapper à ce cycle infernal..
Il y a un malheur français, bien spécifique à ce pays : pourquoi sommes-nous les champions du monde du pessimisme et du mécontentement de nous-mêmes ? En 1950, à la sortie de la guerre, la France était un pays pauvre mais plein d’espoir. Soixante-dix ans plus tard, elle est devenue un pays riche, mais qui doute profondément de lui-même et de son avenir. Marcel Gauchet, l’un des plus grands penseurs français contemporains, analyse avec lucidité les raisons de ce basculement. Il retrace les grandes mutations qui ont transformé la société française depuis l’après-guerre : individualisation, désenchantement du politique, montée de l’individualisme, crise de l’intégration républicaine, effets de la construction européenne et de la globalisation. Il explique comment ces évolutions ont conduit à un sentiment diffus de déclin et de perte de sens collectif. Un diagnostic sans concession sur les illusions et les impasses de la France contemporaine.
L’imprégnation décoloniale a fait surgir un nouvel espace de l’extrémisme politique : « antiracistes » racistes visant les « Blancs », gauchistes violents, islamo-gauchistes, indigénistes… Des groupuscules identitaires extrémistes s’érigent en tribunaux d’inquisition, censurent des œuvres et imposent des « déboulonnages ». Face à la prolifération de mémoires victimaires vindicatives et politiquement instrumentalisées, Pierre-André Taguieff dresse un état des lieux, analyse sans concession les discours décoloniaux et en esquisse une généalogie : autant d’éléments pour la discussion sérieuse d’une imposture de grande ampleur.
Écrit en exil au Brésil, ce dernier essai de Zweig est un portrait passionné de Montaigne comme modèle de liberté intérieure face au chaos. Dans un XVIe siècle déchiré par les guerres de religion, Montaigne se retire dans sa tour pour explorer son moi, refusant dogmes, fanatismes et ambitions. Zweig y voit un humaniste sceptique, tolérant et lucide, maître de la peur de la mort et de la vanité du monde. Parallèle saisissant avec son propre désespoir face au nazisme : préserver sa dignité quand tout s’effondre. Un testament spirituel vibrant.
Ce recueil d’essais biographiques explore trois figures « daimoniques » du romantisme allemand : Hölderlin, Kleist et Nietzsche. Zweig y voit un combat intérieur tragique contre un génie destructeur qui consume l’âme. Hölderlin : poète visionnaire, possédé par une exaltation mystique qui le mène à la folie. Kleist : dramaturge tourmenté par l’absolu, la mort et l’impossibilité de vivre, suicidé à 34 ans. Nietzsche : le plus puissant, génie solitaire en lutte contre lui-même, la maladie, la société, jusqu’à l’effondrement mental. Zweig analyse ce « démon » comme une force créatrice et autodestructrice : l’hyper-sensibilité, l’exigence absolue, l’isolement qui font naître l’œuvre mais dévorent l’homme. Écrit avec passion, ce livre reflète les angoisses de Zweig face à la modernité et à la perte de repères humanistes. C’est un portrait psychologique intense, presque prophétique, du génie tragique. Un classique pour comprendre la vision zweigienne de la création comme sacrifice.
Georges Minois, historien de la culture et des religions, retrace l'évolution de l'incroyance dans le monde occidental des origines à nos jours. Contrairement à l'idée reçue, l'athéisme n'est pas né au XIXe siècle avec la « mort de Dieu » : dès le VIe siècle avant notre ère, Théodore l'Athée proclamait l'inexistence des dieux. Aussi vieux que la pensée humaine, il constitue l'une des grandes visions du monde, où l'homme se retrouve seul face à lui-même et à une nature régie par des lois immuables. Loin d'être le simple négatif des religions, l'athéisme regroupe tous ceux – sceptiques, libres-penseurs, libertins, déistes, agnostiques, matérialistes – qui cherchent un sens à la vie sans foi religieuse. Pluriel comme les religions, il prend des formes variées et parfois antagonistes : révolte contre le mal ou les interdits, spéculation en période de crise, confiance chez Hegel et Marx, volonté chez Nietzsche, pessimisme chez Schopenhauer, ou encore athéisme diffus de l'époque contemporaine où la frontière entre croyants et non-croyants s'estompe.
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