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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Il y a des philosophes mélomanes et des philosophes sourds... Quelques-uns seulement ont fait de la musique l’épicentre de leur vision du monde. Deux ou trois ont été compositeurs – Rousseau, Adorno. D’autres, mélomanes, ont écrit sur la musique ou les musiciens. Nietzsche, lui, a réuni ces trois talents. Avec son ami Jean-Yves Clément, Michel Onfray aborde une multitude de questions : y a-t-il une essence de la musique ? Dit-elle quelque chose ? Comment et pourquoi devient-on mélomane ? Quels rapports entretiennent musique et philosophie ? Michel Onfray raconte ses premières expériences, ses rendez-vous manqués, la façon dont il a construit sa culture musicale en autodidacte, avant de travailler aujourd’hui avec des compositeurs contemporains. Il nous confie comment la musique lui a appris à écrire, à composer ses livres...
Comme dans Anna Karénine, Madame Bovary et Othello, il en va de même dans la vie. La plupart des formes de vice privé et de mal public naissent et se maintiennent par le mensonge. L’adultère et autres trahisons personnelles, la fraude financière, la corruption gouvernementale – voire le meurtre et le génocide – exigent généralement un défaut moral supplémentaire : la disposition à mentir. Dans Lying, l’auteur à succès et neuroscientifique Sam Harris soutient que nous pouvons simplifier radicalement nos vies et améliorer la société en disant simplement la vérité dans des situations où d’autres mentent souvent. Il se concentre sur les « mensonges blancs » – ces mensonges que nous racontons pour épargner aux gens un malaise – car ce sont ceux qui nous tentent le plus souvent. Et ils tendent à être les seuls mensonges que les gens bien racontent, tout en s’imaginant qu’ils font le bien en agissant ainsi.
Thibaut Gress, agrégé de philosophie et auteur de nombreux ouvrages pédagogiques, propose avec ce guide une navigation intelligente à travers l'immense continent de la pensée philosophique occidentale. De Héraclite aux penseurs contemporains, l'ouvrage traverse vingt-cinq siècles d'histoire des idées en soixante fiches thématiques et biographiques soigneusement construites. Chaque fiche restitue l'œuvre dans son contexte intellectuel et historique, expose les thèses fondamentales de l'auteur, identifie ses interlocuteurs implicites et évalue son importance dans la tradition philosophique. L'approche de Gress refuse l'encyclopédisme superficiel : il ne s'agit pas de couvrir exhaustivement l'ensemble de la philosophie, mais de choisir soixante œuvres véritablement charnières dont la lecture permet d'accéder aux problèmes philosophiques essentiels. Des présocratiques et leur interrogation sur l'archè aux existentialismes du XXe siècle, en passant par le rationalisme cartésien, les morales des Lumières et la critique kantienne, chaque étape révèle comment la philosophie répond à des interrogations fondamentales sur l'être, la connaissance, le bien et la politique. Conçu autant pour l'étudiant qui débute que pour le lecteur cultivé souhaitant combler des lacunes, cet ouvrage constitue une invitation à la lecture directe des textes. Gress ne cherche pas à substituer son guide aux œuvres elles-mêmes mais à en faciliter l'accès, rappelant que la philosophie s'apprend en pratiquant la pensée avec ses grands auteurs.
Transcription de son cours au Collège de France de l'année 1974-1975, Les anormaux prolonge et radicalise l'enquête généalogique que Michel Foucault consacre aux mécanismes de pouvoir traversant le corps social moderne. L'ouvrage s'articule autour de trois figures historiques centrales – le monstre humain, l'individu à corriger, l'onaniste – dont Foucault retrace la construction progressive comme objets d'un savoir spécialisé et d'une intervention institutionnelle. Le monstre humain, figure juridico-naturelle héritée du Moyen Âge, se transforme progressivement en objet psychiatrique ; l'enfant à corriger devient la cible des pédagogies normalisatrices ; l'onaniste, figure éminemment moderne, concentre les angoisses médicales sur la sexualité enfantine. En reconstituant ces généalogies, Foucault montre que les catégories d'anormalité ne sont pas des découvertes objectives mais des productions historiques, engendrées par la rencontre entre des savoirs – psychiatrie, criminologie, pédagogie – et des institutions – hôpital, école, tribunal. Cette analyse éclaire la manière dont les sociétés modernes exercent leur pouvoir moins par la répression frontale que par la normalisation continue des conduites et des corps. Les enjeux contemporains de ces analyses demeurent considérables : ils interrogent les fondements de la psychiatrie légale, les catégories du normal et du pathologique, et les dispositifs disciplinaires qui fabriquent en permanence de nouveaux individus à corriger ou à traiter.
Archéologie : mot dangereux puisqu'il semble évoquer des traces tombées hors du temps et figées maintenant dans leur mutisme. En fait, il s'agit pour Michel Foucault de décrire des discours. Non point des livres (dans leur rapport à leur auteur), non point des théories (avec leurs structures et leur cohérence), mais ces ensembles à la fois familiers et énigmatiques qui, à travers le temps, se donnent comme la médecine, ou l'économie politique, ou la biologie. Ces unités forment autant de domaines autonomes, bien qu'ils ne soient pas indépendants, réglés, bien qu'ils soient en perpétuelle transformation, anonymes et sans sujet, bien qu'ils traversent tant d'œuvres individuelles. Et là où l'histoire des idées cherchait à déceler, en déchiffrant les textes, les mouvements secrets de la pensée, apparaît alors, dans sa spécificité, le niveau des 'choses dites' : leur condition d'apparition, les formes de leur cumul et de leur enchaînement, les règles de leur transformation, les discontinuités qui les scandent. Le domaine des choses dites, c'est ce qu'on appelle l'archive ; l'archéologie est destinée à en faire l'analyse.
Thèse de doctorat soutenue en 1961 sous la direction de Georges Canguilhem, cette Histoire de la folie constitue l'œuvre fondatrice de Michel Foucault, celle dans laquelle s'élaborent les grandes intuitions qui traverseront toute son entreprise ultérieure. L'enquête archéologique porte sur un paradoxe central : pourquoi la modernité occidentale, qui se définit par l'avènement de la Raison, a-t-elle commencé par enfermer les fous ? Foucault montre que la Renaissance entretenait avec la folie un dialogue ambivalent mais fécond – la folie portait un sens mystérieux, comme en témoigne l'iconographie de la Nef des fous. L'époque classique rompt radicalement avec cette cohabitation : le Grand Renfermement du XVIIe siècle relègue les fous, avec les pauvres, les vagabonds et les libertins, dans les hôpitaux généraux, lieux de travail forcé et d'exclusion sociale. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle, avec Pinel et Tuke, que la folie devient un objet médical proprement dit – mais cet affranchissement des chaînes cache une domination plus subtile, celle du regard psychiatrique qui impose sa vérité au malade. Foucault invite à considérer la naissance de la psychiatrie non comme un progrès humaniste mais comme un nouvel exercice du pouvoir sur la déviance, rendant impossible la parole de la folie que nos sociétés avaient d'abord choisi de faire taire.
Recueil d'essais et d'entretiens parus entre 2013 et 2015, ce volume rassemble la pensée d'Alain Finkielkraut autour de sa préoccupation centrale et constante : la défense de la culture et de la liberté de penser face aux conformismes du temps. L'exactitude du titre n'est pas mathématique ; elle désigne l'exigence intellectuelle qui consiste à nommer les choses avec précision, à refuser les facilités du langage idéologique et à maintenir un rapport juste avec la réalité, même lorsque cela dérange. Finkielkraut se confronte ici aux grandes questions qui agitent le débat public français contemporain : la crise de la transmission culturelle, le défi de l'immigration et de l'intégration, la montée des identitarismes concurrents, le déclin du sens critique dans les institutions d'enseignement. Sa posture d'humaniste libéral-conservateur le conduit à refuser avec la même vigueur les simplifications de la gauche progressiste et les crispations xénophobes de la droite réactionnaire. Ce qu'il défend, c'est un espace intellectuel où la pensée complexe reste possible, où les grandes œuvres de la littérature et de la philosophie continuent de nourrir notre rapport au monde. L'ouvrage incarne un type rare d'engagement intellectuel : celui qui ne sacrifie pas la nuance à l'efficacité rhétorique, et qui considère que la fidélité à la réalité – même inconfortable – constitue la première obligation de l'honnêteté intellectuelle.
Walter Benjamin collectionnait amoureusement les citations. Dans la magnifique étude qu'elle lui a consacrée, Hannah Arendt compare ce penseur inclassable à un pêcheur de perles qui va au fond des mers « pour en arracher le riche et l'étrange ».Subjugué par cette image, je me suis plongé dans les carnets de citations que j'accumule pieusement depuis plusieurs décennies. J'ai tiré de ce vagabondage les phrases qui me font signe, qui m'ouvrent la voie, qui désentravent mon intelligence 3e la vie et du monde.Arendt, Kundera, Levinas, mais aussi Valéry, Canetti, Tocqueville, Nietzsche, Thomas Mann, Virginia Woolf ont été quelques-uns de mes guides. Dans leur sillage, j'ai essayé de penser à nouveaux frais l'expérience de l'amour, la mort, les avatars de la civilité, le destin de l'Europe, la fragilité de l'humour, le monde comme il va et surtout comme il ne va pas.[lelivre.ch]
La Lettre à Ménécée constitue le texte le plus accessible par lequel Épicure nous a transmis les fondements de sa philosophie du bonheur. Adressée à un disciple, elle expose avec une concision remarquable les quatre remèdes – le tétrapharmakos – contre les principales causes de l'inquiétude humaine : la crainte des dieux, la peur de la mort, l'incapacité à atteindre le bien et la difficulté à supporter le mal. Épicure y développe sa célèbre distinction entre les désirs naturels et nécessaires, naturels mais non nécessaires, et les désirs vains engendrés par des opinions fausses. Seule la satisfaction des premiers garantit l'ataraxie – la tranquillité de l'âme – et l'aponie – l'absence de douleur corporelle – qui constituent pour lui le souverain bien. Sa philosophie, profondément matérialiste, s'appuie sur la physique atomiste de Démocrite pour libérer l'homme des superstitions religieuses : si l'âme est un assemblage d'atomes qui se dissout à la mort, la mort ne peut être crainte, car là où elle est, nous ne sommes plus. Complétée par la Lettre à Hérodote sur la physique, la Lettre à Pythoclès sur les phénomènes célestes et les Maximes capitales, cette édition restitue la cohérence d'une philosophie qui ne vise pas le plaisir débridé mais la sérénité obtenue par la raison, l'amitié et la contemplation philosophique.
André Comte-Sponville, l'un des philosophes français les plus lus de sa génération, poursuit dans cet essai sa méditation sur les conditions du bonheur humain en prenant au sérieux la figure du désespoir, non comme contraire de la joie mais comme son point de départ nécessaire. Le titre, qui joue sur l'écho nietzschéen du « gai savoir », énonce le paradoxe central de la sagesse matérialiste : c'est en acceptant lucidement les limites de l'existence – la mort, la perte, l'absence de sens transcendant – que devient possible une joie authentique et non illusoire. Comte-Sponville hérite ici de Spinoza, pour qui la liberté consiste à connaître sa propre nécessité plutôt qu'à s'en lamenter, et d'Épictète, pour qui la sagesse réside dans la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Cette philosophie de l'immanence refuse autant le nihilisme déclaratoire que le spiritualisme consolateur : il ne s'agit ni de désespérer du monde ni d'espérer une transcendance fictive, mais d'habiter pleinement le réel dans son impermanence radicale. L'essai se déploie avec la clarté pédagogique caractéristique de l'écriture de Comte-Sponville, accessible sans être superficielle. Il propose une sagesse pratique ancrée dans la tradition matérialiste française, de Montaigne à Camus, contre les illusions religieuses et les ressentiments du nihilisme contemporain.
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