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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Publié en anglais en 1958 (The Human Condition ; traduction Calmann-Lévy, 1961), cet essai de Hannah Arendt distingue les activités de la vie active : le travail, qui entretient la vie ; l'œuvre, qui construit un monde durable ; l'action, qui met les hommes en relation. Une analyse devenue classique du domaine public et de la portée de l'action politique.
Publié en 1977, Vu de droite, sous-titré Anthologie critique des idées contemporaines, rassemble des essais et critiques d'Alain de Benoist sur l'histoire des idées, la culture et les débats intellectuels de son temps. Cet ouvrage est une référence pour situer les premières formulations de sa pensée et les débats autour de la Nouvelle Droite.
Publié en 1947 par Raymond Queneau à partir des cours donnés par Alexandre Kojève de 1933 à 1939, Introduction à la lecture de Hegel propose une lecture de la Phénoménologie de l'esprit. Kojève y met au premier plan le désir, la lutte pour la reconnaissance et le travail. Ce livre est une référence pour la réception française de Hegel au XXe siècle.
Publié en 1927, Être et Temps est le grand ouvrage de Martin Heidegger sur la question du sens de l'être. À partir de l'analyse du Dasein, l'existence humaine située dans un monde, il examine la temporalité, le souci et la finitude. Ce livre est une référence de la phénoménologie et de la philosophie du XXe siècle.
Paru en 1907, cet essai de Wilhelm Dilthey pose une question simple : pourquoi les philosophies se contredisent-elles sans jamais se réfuter ? Sa doctrine des conceptions du monde y répond que tout système exprime l'une des trois attitudes fondamentales de la vie : naturalisme, idéalisme de la liberté, idéalisme objectif - types irréductibles parce qu'enracinés dans des expériences vécues différentes.
Écrite en 1918 dans la tourmente révolutionnaire russe et publiée à Berlin en 1923, cette œuvre de Nicolas Berdiaev, philosophe chrétien banni d'URSS, est son livre le plus tranchant. Il y dénonce l'égalitarisme comme passion de niveler qui détruit la qualité et la personne, et défend l'inégalité des vocations comme condition de toute culture et de toute aristocratie de l'esprit.
Premier ouvrage majeur de Carl Schmitt, publié en allemand en 1919. Le romantisme politique de Novalis, Adam Müller ou Friedrich Schlegel n'y est pas une doctrine mais une attitude, l'occasionalisme : le romantique fait de la réalité un prétexte à ses états d'âme, sublime la décision en discussion sans fin - et fuit la chose sérieuse de la politique, la décision.
Essais de Max Scheler publiés en allemand entre 1912 et 1915, réunis en français sous ce titre : l'une des grandes réponses philosophiques à Nietzsche. Scheler reconnaît la réalité du ressentiment comme poison moral, mais conteste que le christianisme en procède : l'amour chrétien est un mouvement ascendant ; c'est la morale moderne, bourgeoise et égalitaire envieuse, qui est structurée par le ressentiment.
Discours adressé par John Milton au Parlement d'Angleterre en 1644, en pleine guerre civile, contre la loi rétablissant l'autorisation préalable pour tout imprimé. La censure préalable y est dénoncée comme inefficace et impie : la vérité a besoin du choc des opinions pour triompher - « qu'elle lutte à découvert avec le mensonge, dans une rencontre libre et ouverte ». Un classique de la liberté de la presse.
Leçon inaugurale prononcée par Isaiah Berlin à Oxford en 1958, l'un des classiques de la philosophie politique du XXe siècle. Berlin y distingue la liberté négative, absence d'entraves, de la liberté positive, maîtrise de soi : absolutisée, la seconde bascule dans l'oppression au nom de l'homme « vrai », tandis que la première prolonge le libéralisme anglais.
Paru en Allemagne en 1969, cet essai d'Arnold Gehlen est l'une des analyses les plus pénétrantes de la dérive morale des sociétés contemporaines. La morale n'est supportable que canalisée par les institutions - famille, métier, État ; absolutisée en « hypermorale », elle devient un instrument de culpabilisation et de décomposition, brandi contre les institutions elles-mêmes.
Publié à Naples en 1982, cet essai de Giorgio Locchi est l'un des textes majeurs de la Nouvelle Droite européenne. Il y dégage le « mythe surhumaniste » né chez Wagner : l'homme peut se dépasser non vers un au-delà chrétien mais vers une figure nouvelle, héritière des dieux indo-européens. Wagner et Nietzsche, loin de leur querelle de façade, travaillent à la même œuvre.
Rédigé à l'automne 44 av. J.-C., entre l'assassinat de César et la proscription de son auteur, le De officiis est la lettre-testament de Cicéron à son fils et le traité de morale pratique le plus lu de l'Antiquité latine. En trois livres, il soutient que le véritable utile ne peut jamais s'opposer à l'honnête : l'homme est fait pour la vie commune, et la gloire du politique se mesure au service du bien public.
Parue en 1873, la première des Considérations inactuelles est un pamphlet du jeune Nietzsche contre le théologien David Strauss, auteur d'une Vie de Jésus démythifiée. Sa cible : la culture allemande triomphante de 1871, imposture du philistin content de soi et incapable de création. Contre cette fausse culture, Nietzsche appelle à une aristocratie de l'esprit et à la figure du génie.
Prononcés à Berlin occupée entre décembre 1807 et mars 1808, après Iéna et la paix de Tilsit, les Discours à la nation allemande sont le grand texte politique de Fichte. Sa thèse : la défaite militaire n'est pas fatale si la nation se refonde par l'éducation. La nation est une communauté vivante de langue et de culture, contre les sociétés mortes de l'imitation.
Livre le plus lu de José Ortega y Gasset, paru en 1930, et l'un des essais les plus influents du XXe siècle. La modernité y a produit un type humain nouveau, l'« homme-masse » : satisfait de lui-même, héritier de droits qu'il croit naturels, fermé à ce qui le dépasse. Sa révolte n'est pas une révolution sociale mais une insolence : il occupe la scène et impose ses goûts.
Œuvre posthume de Marcel de Corte, philosophe belge et thomiste, parue en 2002 chez R. Perrin. Sa thèse : une société ne tient pas par le contrat ou la prospérité mais par un héritage reçu - nature, famille, religion, mémoire. En rejetant ces fondements au nom de l'individu souverain, l'Occident ne réforme pas la société, il la dissout : voilà la « dissociété ».
Rédigé en 1950, Orientations est le plus bref et le plus direct des textes de Julius Evola : onze points destinés aux hommes qui, après la guerre, se reconnaissent dans une droite européenne en ruines. La défaite matérielle ne signifie pas la défaite intérieure : fidélité aux principes plutôt qu'aux régimes, aristocratie de l'âme contre démocratie de masse.
Livre le plus lu de Carl Schmitt, paru en 1922. Il s'ouvre sur une formule devenue canonique : « Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle. » Contre le normativisme de Kelsen, Schmitt soutient que l'ordre juridique repose sur une décision, non sur une norme, et que les concepts de l'État moderne sont des concepts théologiques sécularisés.
Testament intellectuel de Juan Donoso Cortés, paru en 1851, après les révolutions de 1848. Sa thèse : toute question politique est au fond une question théologique. Le socialisme athée pousse la négation jusqu'au bout ; le libéralisme n'est que l'école de la discussion, incapable de décider ; seul le catholicisme offre une réponse complète, parce qu'il affirme.
Publiée en 1958, la Métaphysique du sexe est née d'un projet d'introduction au Sexe et Caractère d'Otto Weininger, devenu livre à part entière. Evola y soutient que le masculin et le féminin sont des principes métaphysiques incarnés, non de simples données biologiques : le monde moderne, en nivellant cette différence ou en la réduisant à la pulsion, en perd la signification profonde.
Grand essai d'Ernst Jünger paru en 1932 (Der Arbeiter), entre défaite de 1918 et effondrement de Weimar. Tirant les leçons de la guerre de matériel, il y annonce la fin du XIXe siècle bourgeois et l'avènement de la « forme » du Travailleur, figure qui dépasse les classes et organise le monde selon la logique de la mobilisation totale.
Publié en 1908, ce recueil défend l'idée que les grands mouvements sociaux sont portés par des mythes mobilisateurs plutôt que par des plans rationnels. Sorel y fait de la grève générale le mythe central du syndicalisme révolutionnaire et réhabilite la violence prolétarienne comme signe de vitalité face à une bourgeoisie qu'il juge épuisée.
Publié en 1841, Les Héros rassemble les conférences que Thomas Carlyle consacra aux grandes figures de l'histoire : prophètes, poètes, religieux, hommes de lettres, rois et chefs. Pour l'historien écossais, l'histoire universelle est au fond l'histoire de ces grands hommes, et l'incapacité d'une époque à les reconnaître signe son déclin. Un classique de la pensée du XIXe siècle, entre historiographie et philosophie politique.
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