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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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La carte n'est pas le territoire : malgré leurs visées scientifiques, les cartes sont toujours subjectives, et intimement liées au contexte dans lequel elles naissent. Les cartographes ne se contentent pas de représenter le monde : ils le construisent, à partir des idées de leur époque et, de leur culture. Telle est la thèse de Jerry Brotton, et le point de départ de cet extraordinaire voyage à travers le temps et l'espace. En observant à la loupe douze cartes du monde, il ouvre autant, de fenêtres sur des civilisations aussi différentes que la Grèce antique et la Corée du XVe siècle, l'Europe des grandes découvertes et celle de la Révolution française, jusqu'au monde globalisé d'aujourd'hui, placé sous l'oeil de Google Earth. A l'issue de ce périple aussi captivant qu'instructif, on aura appris une foule de choses : saviez-vous de quand date l'habitude de placer le Nord en haut d'une carte ? quel planisphère a donné son nom à l'Amérique ? et vous doutiez-vous que, malgré les apparences, les cartes d'aujourd'hui ne sont pas plus définitives ni plus objectives que celles d'autrefois ? Lecteurs de ce livre, vous ne regarderez plus jamais votre GPS de la même façon.
Une œuvre monumentale en trois volumes (1973-1978), sous-titrée « Essai d’investigation littéraire ». Basé sur les témoignages de 227 prisonniers, sur les archives et sur l’expérience personnelle de l’auteur (détenu huit ans dans les camps soviétiques), le livre dénonce le système concentrationnaire stalinien : arrestations arbitraires, interrogatoires brutaux, sentences truquées, déportations massives, travail forcé, famine, exécutions. Soljenitsyne décrit le Goulag comme un véritable « archipel » invisible, disséminé à travers l’URSS, qui a englouti des millions d’innocents de 1918 aux années 1950. Il analyse la mécanique de la terreur, la déshumanisation, la corruption morale des bourreaux comme des victimes, et la complicité de la société. Œuvre magistrale mêlant récit, analyse historique, réflexion philosophique et satire, elle a contribué à démystifier le communisme soviétique et à accélérer sa chute morale. Un document essentiel sur le totalitarisme et la résistance de l’esprit humain.
Henry Laurens, historien spécialiste du Moyen-Orient et professeur au Collège de France, offre dans cet ouvrage une synthèse équilibrée et documentée du conflit israélo-palestinien depuis ses origines jusqu'à nos jours. Refusant les simplifications militantes qui réduisent ce conflit complexe à un affrontement binaire entre victimes et oppresseurs, Laurens reconstruit patiemment les logiques historiques, politiques et diplomatiques qui ont conduit à l'impasse actuelle. L'analyse commence avec le sionisme et le nationalisme arabe naissants à la fin du XIXe siècle, traverse les mandats britanniques, la création de l'État d'Israël en 1948, les guerres successives, les tentatives de paix et les cycles de violence. Laurens accorde une attention particulière aux dynamiques internes de chaque camp – divisions politiques, évolutions idéologiques, pressions démographiques – sans jamais perdre de vue les enjeux régionaux et internationaux. Son approche analytique s'efforce de comprendre les logiques propres à chaque acteur sans les justifier, offrant au lecteur les outils nécessaires pour naviguer dans un débat souvent plus passionnel que rigoureux. Cet ouvrage constitue une référence indispensable pour quiconque souhaite comprendre l'une des questions les plus explosives de la géopolitique mondiale contemporaine.
Marylène Patou-Mathis, préhistorienne et directrice de recherche au CNRS, nous plonge dans la vie et la disparition du Néandertalien, notre cousin le plus proche dans l'arbre de l'évolution humaine. S'appuyant sur les découvertes archéologiques et paléontologiques les plus récentes, l'auteure dresse un portrait nuancé et fascinant de cette espèce longtemps caricaturée comme brute primitive. L'ouvrage déconstruit méthodiquement les stéréotypes : les Néandertaliens enterraient leurs morts avec soin, fabriquaient des outils sophistiqués, utilisaient des pigments et connaissaient probablement une forme de langage. Ces êtres pensants ont peuplé l'Europe et l'Asie pendant plus de trois cent mille ans avant de disparaître il y a environ quarante mille ans. Patou-Mathis explore les hypothèses sur les causes de cette extinction : concurrence avec Homo sapiens, changements climatiques, épidémies ou hybridation progressive. La découverte récente que la plupart des humains modernes portent une petite fraction d'ADN néandertalien bouleverse la vision d'une disparition totale et suggère des échanges entre les deux espèces. Ce livre passionnant nous invite à reconsidérer notre rapport à l'autre et à l'altérité, en révélant que l'humanité a longtemps coexisté avec d'autres formes d'intelligence et de culture.
Les morceaux réunis dans ce volume n'ont qu'un seul lien qui les rattache les uns aux autres, c'est le goût de la vérité historique et des méthodes qui permettent de la trouver. Quelques-uns de ces morceaux sont fort anciens, et remontent à un temps où, sans hésiter sur ma voie (je n'ai jamais compris le devoir et le plaisir que d'une seule manière), j'hésitais encore sur l'application particulière que je donnerais à mes facultés de travail. Quand on est jeune, on croit pouvoir tout embrasser, et, comme pour un esprit vraiment philosophique tout est également digne d'ètre connu, on ne se résigne que tardivement à limiter son horizon, à évacuer des terres qu'on s'était adjugées et que l'on croyait mème avoir conquises.
Rémi Soulié propose dans cet essai une réflexion critique sur le mythe du Progrès comme religion séculière de la modernité occidentale. Contre l'idéologie progressiste qui postule une marche irréversible de l'humanité vers le meilleur, l'auteur mobilise la philosophie, l'histoire et la littérature pour démonter les présupposés qui fondent cette croyance. Soulié identifie dans le mythe du progrès une forme d'opium philosophique : il anesthésie la conscience critique en promettant une téléologie rassurante, en rendant acceptable le présent au nom d'un avenir meilleur toujours différé. Comme l'opium religieux dénoncé par Marx, le progressisme fonctionne comme consolation et justification de l'ordre établi. L'essai retrace les origines de cette foi progressiste – Condorcet, Hegel, Comte – et analyse comment elle s'est imposée comme évidence indiscutable, rendant toute réserve suspecte de réaction ou d'obscurantisme. Soulié défend une position qui n'est ni nostalgique ni réactionnaire mais critique : il s'agit de penser le temps autrement que selon le schéma linéaire du progrès continu. L'auteur convoque les grandes voix dissidentes – Baudelaire, Péguy, Bernanos – qui ont résisté à cette métaphysique de l'avenir radieux pour défendre une vision plus complexe et plus tragique de la condition humaine.
Auberges, bouillons, cafés, brasseries, bistrots, " étoilés "... Plongez au cœur de dix siècles d'une histoire savoureuse : celle du Paris culinaire. Paris est incontestablement la capitale de la gastronomie. Mais qui sait comment cette réputation s'est construite année après année ? Comment se sont progressivement créés les restaurants et les meilleures tables ? Pourquoi les plus grands chefs ont-ils été attirés par cette ville ? Dès le Moyen Âge, la ville est un grand centre de consommation et un important marché alimentaire. Alors que les halles centrales symbolisent le " ventre de Paris ", un artisanat de bouche raffiné s'y développe progressivement. À l'orée de la Renaissance, la capitale est perçue comme une cité de cocagne et donne le ton du bien manger et du bien boire. Elle devient vite le lieu des débats et des révolutions culinaires : on y intellectualise la cuisine, on y crée une nouvelle littérature gourmande, on y invente le restaurant. Petit à petit, l'art de la " bonne chère " est érigé en dogme et Paris devient la capitale mondiale des gourmets. Désormais cosmopolite et dotée d'un rayonnement international, la Ville Lumière est à la pointe de l'innovation : après avoir fait émerger la " nouvelle cuisine " dans les années 1970 et la bistronomie au cours des années 2000, elle réinvente et modernise la gastronomie (grâce aux food trucks et autres " prêts à manger ") depuis les années 2010. Des premiers " petits pâtés " à la parisienne achetés à des marchands ambulants à la création d'institutions iconiques ( Le Dôme, La Coupole, La Closerie des Lilas, etc.) en passant par l'invention des célèbres " bouillons parisiens ", cet ouvrage basé sur une recherche approfondie et inédite nous offre l'histoire riche et méconnue d'un Paris gourmand.
Dans la Contre-Histoire de la philosophie, Michel Onfray veut explorer, en six volumes, un vaste pan de pensée qu’il estime écarté des récits académiques : une « philosophie oubliée » couvrant vingt-cinq siècles. Selon lui, cette occultation n’est pas accidentelle : elle découle d’un rapport de forces historique entre idéalistes et matérialistes. Avec l’avènement du christianisme, les idéalistes accèdent à une forme d’hégémonie intellectuelle pendant près de vingt siècles. Ils structurent alors le canon philosophique en favorisant les penseurs compatibles avec leur vision, et en effaçant les traditions concurrentes. Onfray propose donc de redonner vie à tout un « continent » de pensée non canonique : matérialistes, cyniques, cyrénaïques, épicuriens, libertins, courants hétérodoxes, « ultras » des Lumières, utilitaristes, socialistes hédonistes, nietzschéens de gauche, etc. Le point commun de ces traditions : une philosophie claire, incarnée, tournée vers une sagesse praticable, qui refuse la technicité hermétique et la « philosophie de spécialistes ». Onfray revendique une philosophie comme art de vivre, dans la continuité des Anciens. Enfin, ces volumes sont l’aboutissement de sept ans de séminaires menés à l’Université Populaire de Caen (créée en 2002), diffusés sur France Culture et largement édités.
Ce 3ème volume de la Contre-Histoire de la philosophie (consacré au XVIIe siècle) propose l’« envers » du Grand Siècle officiel enseigné à l’université. Michel Onfray y met en lumière une constellation d’auteurs marginalisés par le canon (au-delà de Descartes, Pascal ou Fénelon) : les « libertins baroques », encore chrétiens pour certains, mais nourris de Montaigne, des récits de voyage du Nouveau Monde, des cabinets de curiosité, des découvertes scientifiques (astronomie), et d’une sensibilité baroque (anamorphoses, art). Le fil conducteur est une philosophie hédoniste, pratique, tournée vers la volupté, la jouissance, la joie, et une forme de liberté intellectuelle face à la morale religieuse. Onfray y traite notamment Charron, La Mothe Le Vayer, Saint-Évremond, Gassendi, Cyrano de Bergerac, et Spinoza (relus sous un angle hédoniste).
Ce texte présente un volet consacré au “Grand Homme” dans le XIXe siècle, complémentaire des deux tomes précédents d’Onfray, L’eudémonisme social : philosophie des masses, Les radicalités existentielles : philosophie des individus. Ici, il s’agit du troisième axe : la construction du surhomme, c’est-à-dire l’aspiration du Grand Homme à une vie sublime. Le texte met en avant Jean-Marie Guyau (1854-1888), tuberculeux mais porté par une discipline stoïcienne, qui développe une philosophie vitaliste opposée à la morale kantienne. Il valorise l’action, le risque, la dépense, la générosité, au point d’apparaître comme un possible « Nietzsche français ». Mais cette pensée comporte aussi un versant ambigu : hygiénisme, racialisme, natalisme, présentés comme des thèmes pouvant annoncer certains aspects idéologiques du XXe siècle. Guyau défend enfin une forme d’immortalité panthéiste, fondée sur les traces laissées par un amour puissant. Le texte relie ensuite cette métaphysique à Nietzsche (1844-1900) et à sa figure du Surhomme : Nietzsche évoluerait de Schopenhauer et Wagner vers une période épicurienne, avant d’aboutir au surhomme (souvent caricaturé). Le Surhomme désigne ici l’individu qui accepte pleinement la volonté de puissance, la veut, puis l’aime, afin d’atteindre une jubilation supérieure – une technique de sagesse accessible à tous.
Michel Onfray propose, dans sa Contre-Histoire de la philosophie, de revisiter 25 siècles de pensée “oubliée” en six volumes, en s’opposant au récit académique classique. Selon lui, l’histoire officielle de la philosophie a été écrite par les vainqueurs (les idéalistes, renforcés par le christianisme), ce qui a conduit à effacer ou marginaliser des traditions entières : matérialistes, cyniques, épicuriens, cyrénaïques, libertins, gnostiques, radicaux des Lumières, utilitaristes, socialistes dionysiens, etc. Le fil conducteur de ces penseurs : une philosophie claire, pratique, tournée vers la sagesse vécue et la philosophie comme art de vivre, plutôt que comme langage obscur réservé aux spécialistes. L’ensemble synthétise sept ans de cours donnés par Onfray à l’Université Populaire de Caen (créée en 2002), popularisés via France Culture et des coffrets audio. Le tome 1 porte sur la période préchrétienne, de Leucippe à Diogène d’Œnoanda.
Dans ce volume consacré au siècle des Lumières, Michel Onfray applique sa démarche de contre-histoire : il oppose aux Lumières « officielles » (Voltaire, Rousseau) un courant beaucoup plus radical, largement négligé par l’enseignement et l’historiographie. Il met en avant une pensée hédoniste, matérialiste, athée et révolutionnaire, mais dont il conteste l’interprétation marxiste classique : selon lui, ce radicalisme ne mène pas principalement au marxisme, mais à une sensibilité distincte qu’il appelle « utilitarisme français ». Exportée ensuite en Angleterre, cette orientation devient une matrice de la philosophie anglo-saxonne, en rupture avec la tradition continentale et notamment avec Kant. Onfray valorise ainsi des figures comme Meslier, La Mettrie, Maupertuis, Helvétius, d’Holbach. En parallèle, il déconstruit le statut de Sade, qu’il refuse de voir comme un libérateur : il le présente plutôt comme un penseur féodal, contre-révolutionnaire, et même précurseur du fascisme.
Ce Tome 6 de la Contre-Histoire de la philosophie appelle à résister à la massification moderne en construisant une subjectivité forte et une vie réellement philosophique. Onfray y met en avant trois penseurs qui ouvrent des formes d’existence radicales : Henry David Thoreau : la nature comme école de liberté contre la technique, la consommation et la modernité ; éloge de Walden, de la marche, de la solitude, de la simplicité, de l’autosubsistance et d’une rébellion libertaire. Arthur Schopenhauer : malgré un pessimisme théorique, il propose un art de vivre proche de l’épicurisme (notamment dans L’Art du bonheur), révélant un hédonisme pratique. Max Stirner : avec L’Unique et sa propriété, il fonde une affirmation post-chrétienne de l’individu et de sa puissance, annonçant certains aspects de Nietzsche. Le message central : la philosophie ne doit pas produire des professeurs, mais permettre de vivre philosophiquement, en transformant sa manière d’être au monde.
Michel Onfray poursuit dans ce neuvième volume de sa contre-histoire de la philosophie l'exploration des figures de la pensée libertaire et matérialiste que l'histoire officielle de la philosophie académique a marginalisées ou ignorées. Fidèle à sa méthode généalogique, Onfray met en lumière des penseurs qui ont proposé des alternatives radicales à la métaphysique platonico-chrétienne dominante. Ce volume se concentre sur des figures du XIXe siècle qui ont développé des philosophies de l'immanence, du corps et de la jouissance en rupture avec les idéalismes dominants. Onfray fait le pari de la réhabilitation : ces philosophes mineurs, oubliés ou méprisés, portent des insights précieux pour penser notre présent. Sa démarche pédagogique rend accessibles des textes souvent ardus, sans sacrifier la rigueur de l'analyse philosophique. La contre-histoire d'Onfray est aussi un acte politique : en réhabilitant les matérialistes, les épicuriens, les cyniques et les libertins, il construit une généalogie alternative de la modernité, opposée à la version officielle dominée par les idéalismes platoniciens et chrétiens. Ce volume témoigne de la cohérence et de l'ambition du projet encyclopédique d'Onfray, qui vise rien moins qu'une réécriture complète de l'histoire de la pensée occidentale depuis ses marges oubliées.
Dans Macron président, la fin de l'innocence, un documentaire à sa gloire diffusé sur France 3, le président de la République Emmanuel Macron dit à propos de la Commune : « Versailles, c'est là où la République s'était retranchée quand elle était menacée ». Les communards ont affublé Thiers, le boucher de la Commune, d'un certain nombre de sobriquets : Adolphe-le-Petit, Général Boum, Coeur Saignant, Obus 1er, Crapaud Venimeux, Tamerlan à Lunettes, César en raccourci, Satrape de Seine-et-Oise, Petit Jean-Foutre, Général Tom Pouce, Croquemort de la Nation. Chez Jules Vallès il y avait aussi : « Foutriquet ». Michel Onfray Dans la pure tradition du libelle politique, Michel Onfray ose un portrait irrévérencieux d'Emmanuel Macron et dresse un bilan sans concession du quinquennat de l'« en même temps ». Cet essai mordant et drôle offre aussi, à l'heure des présidentielles, une édifiante radioscopie de notre société et de la faillite de sa classe politique. Indispensable à quiconque entend voter... ou pas.
Michel Onfray réexamine la figure de Jésus à travers la thèse mythiste, largement ignorée par les théologiens. Il soutient que Jésus n’a pas existé historiquement et qu’il s’agit d’un “Logos” façonné à partir de traditions religieuses antérieures, surtout celles de l’Ancien Testament. Les récits évangéliques – nativité, miracles, paraboles, résurrection – sont analysés comme des constructions symboliques et non des faits. L’auteur critique aussi la formation du judéo-christianisme et les tentatives jugées frauduleuses d’étayer l’existence physique de Jésus par des reliques comme le Suaire de Turin. Il conclut que la force de Jésus tient à sa postérité textuelle et esthétique plutôt qu’à une réalité historique.
" Conquise, la Gaule a perdu la parole. Sa mémoire était tout entière dans le souvenir inquiet qu'en avaient gardé ceux qui l'avaient soumise. Rome a fait oublier la Gaule. Puis on a cru la reconnaître dans les "Sauvages" de l'Amérique, ou bien reflétant, à distance, notre image : celle de "nos ancêtres les Gaulois". Les découvreurs qui ont exhumé ses vestiges à partir de la fin du XIXe siècle, ont été surpris de la voir livrer des créations subtiles et magnifiques, que l'on croyait trop belles pour elle. Il a fallu attendre les surréalistes, comme André Breton, pour que l'on prenne la mesure de la force d'expressivité et de l'originalité de l'art gaulois. Nous y reconnaissons maintenant la marque d'une pensée et d'un savoir, voisin de celui de la science grecque. " L.O. Retraçant les réinventions successives dont les " Gaulois " ont fait l'objet depuis l'époque de César, Laurent Olivier remonte le fil du temps pour s'approcher au plus près d'un monde disparu, celui des Celtes. Laurent Olivier est archéologue, conservateur en chef des collections d'archéologie celtique et gauloise du musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Auteur de nombreuses publications scientifiques, il a publié au Seuil Le Sombre Abîme du temps, mémoire et archéologie (2008).
Cet ouvrage propose une exploration complète de l'histoire du continent africain, depuis les premières civilisations jusqu'à nos jours. Il aborde les grandes périodes historiques, les dynamiques politiques, économiques et culturelles qui ont façonné l'Afrique. L'auteur met en lumière les interactions entre l'Afrique et le reste du monde, tout en soulignant les spécificités locales. Il insiste notamment sur l’impact déterminant des transformations climatiques préhistoriques, sur la conquête et l’islamisation de l’Afrique du Nord, sur l’essor des grands empires sahéliens et sur les effets cumulatifs des trois traites esclavagistes. L’analyse se poursuit avec l’impérialisme du XIXe siècle et le partage du continent à Berlin, puis avec la décolonisation rapide après 1960 et les défis posés par des frontières héritées de l’époque coloniale. Enfin, l’ouvrage montre comment, depuis la fin de la Guerre froide, la réaffirmation des identités ethniques et l’importation de modèles politiques occidentaux ont engendré des tensions contemporaines qui structurent encore la vie politique africaine.
André Piganiol, historien français spécialiste de l'Antiquité romaine, offre dans cet ouvrage de synthèse une fresque complète de l'histoire de Rome depuis ses origines légendaires jusqu'à la chute de l'Empire d'Occident en 476. Alliant érudition philologique et sens de la narration, Piganiol guide le lecteur à travers les grandes phases de l'histoire romaine : la monarchie primitive, la République aristocratique et ses crises, l'Empire augustéen et sa stabilisation, les dynasties successives et leurs vicissitudes, la crise du IIIe siècle et la transformation tardive de l'Empire. Piganiol accorde une attention particulière aux structures institutionnelles, économiques et sociales qui ont permis à Rome de construire un empire méditerranéen durable, mais aussi aux tensions internes et aux pressions extérieures qui ont progressivement érodé cette construction monumentale. Sa lecture de la chute de Rome est nuancée : il refuse les explications monocausales au profit d'une analyse complexe mêlant facteurs militaires, économiques, démographiques et culturels. L'ouvrage reste une synthèse de référence par la clarté de son exposé et la solidité de son érudition, même si les découvertes archéologiques et historiographiques ultérieures ont enrichi ou nuancé certaines de ses analyses. Une introduction solide et complète pour quiconque souhaite comprendre l'une des civilisations les plus influentes de l'histoire humaine.
Paul Veyne, historien antiquisantet membre de l'Académie française, réunit dans ce recueil une série d'essais et de leçons qui illustrent sa conception singulière de l'histoire ancienne : un regard à la fois savant et étonné sur les façons de penser et de vivre des Anciens, radicalement différentes des nôtres. Veyne excelle à restituer l'étrangeté du passé sans l'anachronisme : il ne projette pas nos catégories modernes sur les Grecs et les Romains, mais cherche à comprendre leur logique propre, leurs évidences et leurs angles morts. Ces essais abordent des thèmes variés : la sexualité antique, la religion romaine, le stoïcisme comme art de vie, la conception du bonheur chez les Anciens, le rapport à la mort et à la mémoire. Veyne montre comment ces sociétés ont construit des systèmes cohérents de représentation du monde qui n'ont ni la même logique ni les mêmes priorités que les nôtres. Son écriture, remarquablement claire et souvent ironique, rend accessibles des questions d'histoire intellectuelle habituellement réservées aux spécialistes. À l'école des Anciens constitue une invitation à la philosophie pratique autant qu'à l'histoire : ces penseurs du passé, en nous montrant que d'autres manières de vivre ont été possibles, élargissent notre imagination du présent et de l'avenir.
Frédéric Hermel vit en Espagne depuis près de trente ans mais reste profondément attaché à ses racines : la France et son Pas-de-Calais natal. Exilé volontaire, il visite dans cet ouvrage les petits et grands trésors de notre pays, ces merveilles du quotidien qui marquent notre différence mais que, souvent, nous ne savons plus voir ni apprécier. Chaque chapitre est construit comme un tableau dans lequel l’auteur brosse avec tendresse le portrait d’une particularité typiquement française : les bals du 14 Juillet, la passion du pain, le vouvoiement, le parfum, mais aussi les poèmes de Victor Hugo qu’on apprend à l’école ou l’attente fébrile du passage du Tour de France... Tous ces tableaux forment un musée imaginaire dans lequel le lecteur déambule le cœur léger. Un hymne vibrant à la France et à ses innombrables beautés.
Bryan Ward-Perkins, historien médiéviste à Oxford, s'engage dans ce livre contre la tendance historiographique qui a relativisé la chute de Rome en la présentant comme simple « transformation » pacifique plutôt que comme catastrophe réelle. En mobilisant des données archéologiques – niveaux de vie, production céramique, taille des bâtiments, présence d'animaux domestiques – Ward-Perkins démontre que la fin de l'Empire romain d'Occident a bien constitué une rupture dramatique dans les conditions matérielles d'existence de la population. La complexité économique, la spécialisation du travail, l'alphabétisation, la qualité de la construction : tous ces indicateurs s'effondrent de manière spectaculaire entre le Ve et le VIIe siècle dans les régions anciennement romaines. Cette régression n'est pas simplement culturelle ou institutionnelle : elle affecte concrètement la vie quotidienne de millions de personnes. Ward-Perkins réhabilite ainsi la notion de « Dark Ages » que les historiens postmodernes avaient voulu bannir comme eurocentrique. Son argumentation rigoureusement empirique constitue une leçon de méthode historique : contre les constructions idéologiques qui colorent l'interprétation du passé, il rappelle que les sociétés humaines peuvent effectivement régresser et que cette régression a des conséquences humaines bien réelles.
Les maudits de l'histoire " Il est remarquable que la dictature soit à présent contagieuse, comme le fut jadis la liberté. " Paul Valéry, Regards sur le monde actuel Si la dictature est aussi ancienne que l'histoire, le phénomène prend un tournant majeur au sortir de la Première Guerre mondiale avec l'avènement des totalitarismes soviétique et fasciste, avant que la crise de 1929 ne favorise le triomphe du nazisme. Quatre générations durant, sur tous les continents, des régimes hantés par l'idéologie vont faire régner un ordre de fer, présidant aux guerres et exterminations d'un siècle barbare qui a retourné le progrès contre l'humanité. Cette forme absolue de l'absolutisme est orchestrée par des chefs impitoyables et cruels, tous jouant par essence un rôle prépondérant au sein d'un régime qu'ils marquent au fer rouge de leur empreinte. Leurs profils et leurs caractères sont différents, souvent opposés, mais ils communient dans une même soif de pouvoir fondée sur la banalisation de la terreur, une même défiance envers leurs semblables et le mépris le plus profond de la vie humaine et, plus largement, de toute forme de liberté. Pour la première fois est ici brossé le portrait des plus édifiants d'entre eux, qu'ils soient célèbres, méconnus ou oubliés ; vingt-deux portraits d'envergure où l'exhaustivité de l'enquête se conjugue avec l'art narratif des meilleurs journalistes et historiens actuels réunis à dessein par Olivier Guez qui signe une préface magistrale.
"L’Histoire de la sexualité, articulée en trois volumes (La volonté de savoir, L’usage des plaisirs et Le souci de soi), prolonge les recherches entreprises avec L’archéologie du savoir et Surveiller et punir. Michel Foucault concentre ses analyses sur la constellation de phénomènes que nous désignons par le « sexe » et la sexualité. L’axe de cette entreprise n’est pas de s’ériger contre une « répression » de la sexualité afin de la « libérer », mais de montrer comment la vie sexuelle a enclenché une volonté systématique de tout savoir sur le sexe qui s’est systématisée en une « science de la sexualité », laquelle, à son tour, ouvre la voie à une administration de la vie sexuelle sociale, de plus en plus présente dans notre existence.Foucault fait ainsi l’archéologie des discours sur la sexualité (littérature érotique, pratique de la confession, médecine, anthropologie, psychanalyse, théorie politique, droit, etc.) depuis le XVIIIe siècle et, surtout, au XIXe, dont nous héritons jusque dans les postures récentes de « libération sexuelle ». L’attitude de censure et celle d’affranchissement se rencontrent finalement dans le même type de présupposé : le sexe serait cause de tous les phénomènes de notre vie comme il commanderait l’ensemble de l’existence sociale."--
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