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Deuxième volet à la hauteur du premier : L'étoffe d'un chef désosse Marx sans jamais le caricaturer, et c'est là que la chaîne se distingue – vulgariser à ce point sans rien sacrifier à la profondeur, peu y arrivent. On suit la mécanique, baisse tendancielle du taux de profit et dialectique héritée de Hegel, sans décrocher. Reste une envie pour la suite : un épisode sur Proudhon, l'autre socialisme, celui que Marx a justement voulu enterrer.
Je suis assez content de voir que le débat entre Michel Onfray et David Lisnard a circulé chez pas mal de créateurs (Victor Ferry aussi). C’est plutôt sain que ce type d’échange existe encore et soit vu. J’aime bien Onfray, mais il faut être lucide : c’est un intellectuel de gauche à l’ancienne, avec une grille de lecture assez figée. Sur le libéralisme, il caricature énormément, en le ramenant systématiquement à une forme de “loi de la jungle”, ce qui empêche presque toute discussion sérieuse. Il devrait relire Ayn Rand. En face, Lisnard est plus intéressant que je ne le pensais. Pas forcément brillant orateur, mais plus rigoureux sur les concepts. Il rappelle une chose simple que beaucoup oublient : le libéralisme n’est pas l’absence d’État, mais un cadre qui protège les libertés. Le problème du débat, au fond, c’est qu’ils ne parlent pas exactement de la même chose. Onfray critique une version caricaturale du libéralisme. Lisnard défend une version théorique et assez propre. Résultat : ils se croisent plus qu’ils ne s’opposent vraiment.
Antoine Dress, la personne derrière la chaine Ego Non, philosophe belge et directeur des publications de l’Institut Iliade, livre dans cet entretien une réflexion lucide sur le rôle de la philosophie politique face à l’effondrement culturel et civilisationnel de l’Europe. Critiquant à la fois le romantisme esthétique qui guette une partie de la droite et les dérives court-termistes de la démocratie libérale moderne (à la manière de Hans-Hermann Hoppe), il plaide pour une pensée enracinée, rigoureuse et réaliste, capable d’affronter les rapports de force véritables plutôt que de se perdre dans des mises en scène symboliques.
Le Philosef, youtubeur philosophe au comique burlesque propose un portrait ambivalent de François Bégaudeau : à la fois Français styliste remarquable et intellectuel de gauche profondément irritant. L’analyse est particulièrement intéressante lorsqu’elle dissocie l’écrivain du militant, reconnaissant une vraie maîtrise rhétorique tout en pointant une forme de posture idéologique et de snobisme culturel. La lecture d’un Bégaudeau traversé par des tensions internes, entre affects identitaires et idéal universaliste, est convaincante, tout comme le parallèle avec une forme de culpabilité morale héritée du christianisme.
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