
Rémi Soulié propose dans cet essai une réflexion critique sur le mythe du Progrès comme religion séculière de la modernité occidentale. Contre l'idéologie progressiste qui postule une marche irréversible de l'humanité vers le meilleur, l'auteur mobilise la philosophie, l'histoire et la littérature pour démonter les présupposés qui fondent cette croyance. Soulié identifie dans le mythe du progrès une forme d'opium philosophique : il anesthésie la conscience critique en promettant une téléologie rassurante, en rendant acceptable le présent au nom d'un avenir meilleur toujours différé. Comme l'opium religieux dénoncé par Marx, le progressisme fonctionne comme consolation et justification de l'ordre établi. L'essai retrace les origines de cette foi progressiste – Condorcet, Hegel, Comte – et analyse comment elle s'est imposée comme évidence indiscutable, rendant toute réserve suspecte de réaction ou d'obscurantisme. Soulié défend une position qui n'est ni nostalgique ni réactionnaire mais critique : il s'agit de penser le temps autrement que selon le schéma linéaire du progrès continu. L'auteur convoque les grandes voix dissidentes – Baudelaire, Péguy, Bernanos – qui ont résisté à cette métaphysique de l'avenir radieux pour défendre une vision plus complexe et plus tragique de la condition humaine.
- Auteur
- Robert Redeker
- Annee
- 2004





