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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Recueil d'essais de Maurice Merleau-Ponty publié chez Gallimard en 1960. Textes sur le langage, l'histoire, la politique et les sciences humaines : contre une philosophie idéaliste, le philosophe y cherche la corporéité du signe et dialogue notamment avec l'anthropologie structurale de Lévi-Strauss.
Essai philosophique où Nietzsche examine notamment la morale et la religion. Au §52, il évoque « la vieille Asie et [...] sa petite presqu'île, l'Europe ». Ce passage correspond à l'image géographique que Julien Rochedy rapproche de Valéry vers 00:18:16. Le texte primaire confirme le rapprochement, mais Rochedy ne prononce ni le titre du livre ni le numéro du paragraphe.
Essai posthume de Simone Weil publié en 1949 par Albert Camus dans la collection "Espoir" de Gallimard. Rédigé à Londres pour la France libre comme prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain, le livre analyse le déracinement moderne, ouvrier, paysan et national, et les conditions d'un enracinement des peuples dans leur passé, leur milieu et une spiritualité du travail.
Publié en anglais en 1958 (The Human Condition ; traduction Calmann-Lévy, 1961), cet essai de Hannah Arendt distingue les activités de la vie active : le travail, qui entretient la vie ; l'œuvre, qui construit un monde durable ; l'action, qui met les hommes en relation. Une analyse devenue classique du domaine public et de la portée de l'action politique.
Recueil de Gustave Thibon sous-titré « Nouveaux diagnostics », paru en 1943 à Lyon chez Lardanchet. Le philosophe chrétien y dénonce l'irréalisme des idées et des conduites modernes quand les liens vitaux et l'expérience vécue se relâchent, et plaide pour un retour au concret, à la mesure et à l'enracinement.
Ouvrage fondateur de l'anthropologie philosophique d'Arnold Gehlen, paru en allemand en 1940 (traduction française Gallimard, 2021). Partant du paradoxe d'un homme démuni dans la nature mais ouvert au monde, il montre comment l'action et les institutions compensent cette indigence et ordonnent l'existence humaine.
Paru en 1883, ce grand ouvrage de Wilhelm Dilthey fonde le projet d'une critique de la raison historique et d'une méthode propre aux sciences de l'esprit, distincte de celle des sciences de la nature. L'édition française du Cerf y joint la Critique de la raison historique et des matériaux préparatoires éclairant sa genèse.
Court essai de Max Scheler paru en allemand en 1928 (Die Stellung des Menschen im Kosmos ; traduction Aubier, 1951), qui ouvre le chantier de l'anthropologie philosophique. Il interroge la place de l'homme dans le monde vivant et sa capacité propre à prendre de la distance avec ses impulsions. Sélection de l'Institut Iliade.
Publié en 1947 par Raymond Queneau à partir des cours donnés par Alexandre Kojève de 1933 à 1939, Introduction à la lecture de Hegel propose une lecture de la Phénoménologie de l'esprit. Kojève y met au premier plan le désir, la lutte pour la reconnaissance et le travail. Ce livre est une référence pour la réception française de Hegel au XXe siècle.
Publié en 1927, Être et Temps est le grand ouvrage de Martin Heidegger sur la question du sens de l'être. À partir de l'analyse du Dasein, l'existence humaine située dans un monde, il examine la temporalité, le souci et la finitude. Ce livre est une référence de la phénoménologie et de la philosophie du XXe siècle.
Principal ouvrage d'Alfred North Whitehead, publié en 1929 (Process and Reality ; traduction française Gallimard). Il y construit un système de notions pour rendre compte de l'expérience, de la nature et du devenir : les entités y sont décrites comme des événements liés par leurs relations, en dialogue avec la philosophie classique et les sciences.
Seul ouvrage publié du vivant de Ludwig Wittgenstein (1921). Il y étudie comment une proposition peut représenter un état de choses et distingue les énoncés dotés de sens de ce qui ne se laisse pas dire : « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire. » Son architecture numérotée a marqué toute la philosophie du langage au XXe siècle.
Paru en 1907, cet essai de Wilhelm Dilthey pose une question simple : pourquoi les philosophies se contredisent-elles sans jamais se réfuter ? Sa doctrine des conceptions du monde y répond que tout système exprime l'une des trois attitudes fondamentales de la vie : naturalisme, idéalisme de la liberté, idéalisme objectif - types irréductibles parce qu'enracinés dans des expériences vécues différentes.
Leçon inaugurale prononcée par Isaiah Berlin à Oxford en 1958, l'un des classiques de la philosophie politique du XXe siècle. Berlin y distingue la liberté négative, absence d'entraves, de la liberté positive, maîtrise de soi : absolutisée, la seconde bascule dans l'oppression au nom de l'homme « vrai », tandis que la première prolonge le libéralisme anglais.
Paru en Allemagne en 1969, cet essai d'Arnold Gehlen est l'une des analyses les plus pénétrantes de la dérive morale des sociétés contemporaines. La morale n'est supportable que canalisée par les institutions - famille, métier, État ; absolutisée en « hypermorale », elle devient un instrument de culpabilisation et de décomposition, brandi contre les institutions elles-mêmes.
Parue en 1873, la première des Considérations inactuelles est un pamphlet du jeune Nietzsche contre le théologien David Strauss, auteur d'une Vie de Jésus démythifiée. Sa cible : la culture allemande triomphante de 1871, imposture du philistin content de soi et incapable de création. Contre cette fausse culture, Nietzsche appelle à une aristocratie de l'esprit et à la figure du génie.
Publié en 2003, La Préparation du roman rassemble les deux derniers cours que Roland Barthes donna au Collège de France, en 1978-1979 et 1979-1980. Le sémiologue y médite sur le désir d'écrire, sur le roman comme forme et sur le haïku comme modèle de notation du monde. Un texte devenu classique, à la croisée de la théorie littéraire et du journal intime.
Publié entre 1883 et 1885, Ainsi parlait Zarathoustra est l'œuvre la plus célèbre de Nietzsche, un livre pour tous et pour personne selon son sous-titre. Le prophète Zarathoustra y descend de sa montagne pour annoncer la mort de Dieu, le dépassement de l'homme et l'éternel retour, dans une langue poétique qui doit autant à Luther qu'aux moralistes. Une expérience de lecture unique dans l'histoire de la philosophie.
Publiée en 1872, La Naissance de la tragédie est le premier livre de Nietzsche. Le jeune philologue y soutient que la tragédie grecque est née de l'union de deux pulsions, l'apollinien et le dionysiaque, et que sa disparition sous le rationalisme socratique a durablement orienté la culture européenne. Un essai fondateur, à la fois érudition philologique, philosophie de l'art et diagnostic sur la modernité.
Publié en 1981, Le Spectateur engagé rassemble les entretiens de Raymond Aron avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton. Le sociologue y retrace un demi-siècle d'histoire politique et intellectuelle, de la montée du nazisme à la guerre froide, et précise sa conception du rôle de l'intellectuel : lucide sans se dérober, engagé sans abdiquer le jugement.
Cet ouvrage retrace l'épopée intellectuelle de la French Theory, ce corpus de pensée post-structuraliste regroupant des figures comme Foucault, Derrida ou Deleuze, qui a paradoxalement conquis l'Amérique alors qu'il déclinait en France. L'auteur analyse comment ces textes ont fait l'objet d'un malentendu créateur, étant réappropriés par les universités américaines pour fonder les luttes identitaires et les départements d'études culturelles ou de genre. À travers le prisme de l'affaire Sokal, Cusset souligne le décalage profond entre une France revenue à un humanisme classique et des États-Unis utilisant ces concepts pour subvertir les structures politiques et artistiques. Cette étude explore ainsi la décontextualisation des idées, montrant comment une théorie peut acquérir une puissance nouvelle et hybride lorsqu'elle s'exporte au-delà de ses frontières d'origine.
Dans l'ouvrage La Défaite de la pensée, Alain Finkielkraut analyse la crise de la culture en Occident, marquée par le passage d'un idéal d'éminence de la « vie avec la pensée » à un relativisme où tout est considéré comme culturel, des grandes œuvres de l'esprit aux simples gestes du quotidien. Il retrace la généalogie intellectuelle de ce basculement à travers le conflit entre l'universalisme des Lumières, qui cherchait à affirmer l'autonomie de l'individu par la raison, et le romantisme allemand, qui enferme l'homme dans sa communauté, sa langue et son sol via le concept de Volksgeist (génie national). L'auteur dénonce ainsi une « deuxième mort de l'homme » opérée par les sciences humaines et le multiculturalisme, aboutissant à une civilisation qui renonce à toute hiérarchie des valeurs au profit du divertissement de masse. Il conclut que ce triomphe de la non-pensée mène à un face-à-face désastreux entre le fanatique, prisonnier de son identité close, et le zombie, individu atomisé et absorbé par l'industrie du loisir.
Publié en 1961, Mensonge romantique et vérité romanesque est l’ouvrage fondateur de René Girard. Il y développe une thèse centrale et dérangeante : le désir humain n’est jamais spontané ni autonome, mais toujours mimétique. Nous désirons toujours à travers un modèle, en imitant le désir d’autrui. À travers l’analyse de grands romanciers (Stendhal, Flaubert, Proust, Dostoïevski), Girard démontre que ce que le romantisme présente comme un désir individuel et original n’est en réalité qu’un « mensonge romantique ». Le grand roman révèle la « vérité romanesque » : notre désir est une imitation. Au-delà de la critique littéraire, Girard propose une véritable anthropologie du désir qui remet en cause l’idéal moderne d’autonomie individuelle. Seule une sortie de la rivalité mimétique, qu’il entrevoit notamment chez Dostoïevski, permettrait d’échapper à ce cycle infernal..
Julien Rochedy entreprend dans cet essai une archéologie philosophique et historique des concepts de supériorité et d'infériorité qui structurent depuis l'Antiquité nos représentations de l'humanité. Au-delà de la simple histoire des idées, l'auteur interroge les fondements ontologiques et éthiques de ces distinctions : comment les sociétés légitiment-elles les hiérarchies humaines ? Rochedy refuse tant l'illusion égalitariste moderne qui nierait tout fondement naturel aux différences qu'un darwinisme social brut. Son approche situe plutôt ces catégories dans une longue généalogie : de l'aristocratie antique à l'eugénisme moderne, en passant par les systèmes de castes, ces concepts révèlent comment l'ordre politique s'enracine dans des représentations de la nature humaine. L'essai analyse comment ces concepts impactent concrètement les sociétés : les hiérarchies légitimes crées par la pensée philosophique et religieuse modèlent les institutions, les droits et les devoirs. Rochedy explore particulièrement le moment moderne où la science biologiste a prétendu fonder scientifiquement les distinctions humaines, ouvrant vers les idéologies racistes du XXe siècle. Son analyse reste critique, refusant le relativisme qui dénierait toute validité aux différences réelles tout en combattant les essentialismes réductionnistes. L'ouvrage invite ainsi à repenser radicalement les catégories de supériorité sans sombrer dans l'égalitarisme abstrait.
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