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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Dans The French Intifada: The Long War Between France and Its Arabs (2014), Andrew Hussey soutient que les émeutes de banlieue, la radicalisation et les tensions entre la France et ses populations d’origine maghrébine ne sont pas de simples problèmes sociaux ou économiques, mais le prolongement d’une « guerre longue » née de la colonisation du Maghreb. Il décrit un affrontement mémoriel et culturel entre le modèle républicain universaliste et des identités arabo-musulmanes marquées par les traumatismes de la décolonisation (notamment la guerre d’Algérie), avec les prisons et les cités comme principaux théâtres de cette conflictualité. L’ouvrage insiste aussi sur la résurgence de l’antisémitisme et sur le « déni » des élites françaises qui, selon lui, refusent de reconnaître la dimension postcoloniale et religieuse du conflit. L’ouvrage a été traduit en français sous le titre Insurrections en France (L’Artilleur, 2015). Son auteur, historien et critique culturel britannique, se situe clairement dans une perspective postcoloniale de gauche : il privilégie la grille de lecture du traumatisme colonial et de l’aliénation des héritiers de l’empire, tout en étant nettement critique du modèle républicain français et relativement indulgent envers les dynamiques identitaires et contestataires des banlieues.
Essai de Jacques Heers paru aux Éditions de Paris en avril 2006. Le médiéviste y dénonce les usages politiques du passé : depuis Jules Ferry, selon lui, l'école républicaine a fait de l'histoire une arme de propagande, truquant le récit national. Un réquisitoire contre les cadres idéologiques de la mémoire collective.
Mémoires d'Hélie de Saint Marc publiés en 1995 avec la collaboration de Laurent Beccaria. Résistant déporté à Buchenwald, officier de la Légion en Indochine et en Algérie, il revient sur les épreuves d'une vie de soldat, jusqu'au putsch d'avril 1961 et à la prison. Au-delà du témoignage, une méditation sur l'honneur, l'obéissance et le sacrifice qui a réintroduit sa figure dans le débat public.
Mémoires posthumes d'Adèle d'Osmond, comtesse de Boigne, publiés en quatre volumes en 1907-1908, également sous le titre Récits d'une tante. Ils décrivent la vie aristocratique, les relations sociales et les événements politiques de la fin de l'Ancien Régime à 1848. L'édition intégrale de 1921-1923 compte cinq volumes. Ce sont des mémoires, non un roman.
Essai d'Éric Zemmour publié chez Fayard en 2010. L'auteur y soutient que la France, héritière de la Gaule puis de l'Empire romain, a porté pendant des siècles l'ambition d'être la puissance dominante de l'Europe, et que le renoncement à ce dessein nourrit une mélancolie nationale. Il y traite aussi d'assimilation, d'Europe et de déclin.
Paru chez Gallimard en 1996, Saint Louis met en présence une figure de proue des Annales, école « traditionnellement hostile au culte de la biographie », et la plus haute figure de l'histoire nationale. Fruit de quinze ans de recherche, le livre de Jacques Le Goff ne raconte pas seulement Louis IX : il interroge ce que l'historien peut savoir d'un homme du XIIIe siècle.
Mathias Kessler met en scene des amoureux du livre, de la collection et de la transmission dans un univers ou la bibliophilie devient passion, obsession et maniere d habiter le monde. Le roman joue avec le rapport charnel aux ouvrages, la memoire des textes et les sociabilites d un petit monde de lecteurs. Il celebre autant qu il ironise sur les rites de la culture livresque.
Nous étions invincibles est le témoignage autobiographique de Denis Morisset, l’un des seize premiers membres de la Deuxième Force opérationnelle interarmées (FOI 2 / JTF 2), l’unité d’élite des forces spéciales canadiennes, qu’il a intégrée de 1993 à 2001. Rédigé en collaboration avec Claude Coulombe, le livre raconte la formation extrêmement sélective et brutale de ces commandos, ainsi que leurs missions clandestines à travers le monde : Afghanistan, Croatie, Rwanda, Pérou, Serbie… Morisset décrit un univers d’opérations secrètes, de violence extrême et de sacrifices anonymes. Sept de ses compagnons d’armes n’ont pas survécu. Le récit, direct et sans fard, met en lumière le prix physique et psychologique payé par ces soldats d’élite, ainsi que le peu de reconnaissance officielle qu’ils reçoivent. C’est un témoignage rare sur une unité dont l’existence et les actions restent largement méconnues du grand public.
Essai majeur de Charles Péguy, publié en juillet 1910 dans le journal les Cahiers de la Quinzaine. Péguy y revient sur l’affaire Dreyfus et dresse le bilan d’une génération. Il y développe sa célèbre distinction entre mystique et politique : « Tout commence en mystique et finit en politique ». Selon lui, la mystique républicaine (idéal pour lequel on était prêt à mourir) s’est dégradée en simple politique politicienne (dont on tire profit). Il revendique sa fidélité au dreyfusisme de sa jeunesse, refuse d’être assimilé aux nationalistes de l’Action française, et critique sévèrement les socialistes et républicains de son temps (notamment Jaurès) qu’il accuse d’avoir trahi l’idéal initial. L’ouvrage mêle réflexion politique, hommage à Bernard Lazare et méditation sur la République, le peuple et la modernité. C’est l’un des textes les plus importants de Péguy, où il affirme sa continuité entre socialisme, dreyfusisme et christianisme naissant.
La vie de Nadia Murad a basculé le 15 octobre 2014, lorsque les djihadistes de Daech sont entrés dans le village de Kocho, en Irak. Ce jour-là, après avoir rassemblé tous les habitants de cette communauté yézidie dans l'école, les terroristes les ont méthodiquement tués ou kidnappés. Les hommes qui refusaient de se convertir à l'islam devaient rejoindre dans les fosses les femmes jugées trop vieilles pour servir. Et parmi elles, la mère de Nadia Murad. La jeune Yézidie est emmenée à Mossoul avec des milliers d'autres filles pour y être vendue. Servante, esclave sexuelle, elle devient la prisonnière de combattants de l'État islamique, jusqu'à sa fuite miraculeuse, grâce à l'aide d'une famille irakienne sunnite. Nadia Murad vit aujourd'hui en Allemagne. Meurtrie par la disparition de tant des siens et par ce qu'elle a subi, elle ne souhaite qu’une chose : être la dernière à avoir à raconter une telle histoire.
Enquête historique de Tidiane N'Diaye, anthropologue et économiste franco-sénégalais, publiée chez Gallimard en 2008. Elle retrace treize siècles de traite négrière arabo-musulmane en Afrique subsaharienne - razzias, castrations, déportations - dont il évalue le coût à environ 17 millions de victimes, et analyse pourquoi cette histoire est restée voilée.
Michel Schneider, essayiste et haut fonctionnaire, livre dans cet ouvrage un témoignage poignant et une réflexion sur la solitude radicale qui caractérise notre époque de connexions permanentes et d'hypervisibilité. À travers des expériences personnelles entremêlées d'analyses culturelles et philosophiques, il explore le paradoxe de sociétés où chacun est constamment relié à tous mais où la solitude profonde – celle du cœur et de l'âme – n'a jamais été aussi répandue. Schneider interroge les conditions contemporaines qui rendent si difficile la véritable rencontre avec l'autre : la superficialité des échanges numériques, la peur de l'engagement et de la vulnérabilité, l'atomisation des individus dans des métropoles anonymes. Il convoque Proust, Beckett et d'autres grands témoins littéraires de la solitude humaine pour montrer que ce sentiment n'est pas une pathologie à guérir mais une dimension constitutive de l'existence qu'il faut apprendre à habiter. L'essai défend une conception de la solitude non comme échec relationnel mais comme espace intérieur nécessaire à la formation du sujet et à la qualité des liens véritables. Une méditation sobre et profonde sur ce que signifie être avec soi-même à l'ère du tout-social.
L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, "délégué" de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion... Boualem Sansal s’est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d’un récit débridé, plein d’innocence goguenarde, d’inventions cocasses ou inquiétantes, il s’inscrit dans la filiation d’Orwell pour brocarder les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties. Grand Prix du roman de l'Académie française 2015.