Ouvrage
Notre Jeunesse
Essai majeur de Charles Péguy, publié en juillet 1910 dans le journal les Cahiers de la Quinzaine. Péguy y revient sur l’affaire Dreyfus et dresse le bilan d’une génération. Il y développe sa célèbre distinction entre mystique et politique : « Tout commence en mystique et finit en politique ». Selon lui, la mystique républicaine (idéal pour lequel on était prêt à mourir) s’est dégradée en simple politique politicienne (dont on tire profit).
Il revendique sa fidélité au dreyfusisme de sa jeunesse, refuse d’être assimilé aux nationalistes de l’Action française, et critique sévèrement les socialistes et républicains de son temps (notamment Jaurès) qu’il accuse d’avoir trahi l’idéal initial. L’ouvrage mêle réflexion politique, hommage à Bernard Lazare et méditation sur la République, le peuple et la modernité.
C’est l’un des textes les plus importants de Péguy, où il affirme sa continuité entre socialisme, dreyfusisme et christianisme naissant.
Auteur

Écrivain, poète et essayiste français, catholique et socialiste dreyfusard. Avec Notre jeunesse et ses Cahiers de la Quinzaine, il a refusé les mensonges d'État comme les embourgeoisements de parti. Mort au front en 1914, il reste une boussole morale pour des camps opposés.