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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Paru aux États-Unis en 1994, cet essai du psychologue Richard J. Herrnstein et du politiste Charles Murray soutient que l'intelligence mesurée par les tests prédit mieux que l'origine sociale la réussite scolaire, professionnelle et familiale, et décrit la formation d'une « élite cognitive ». Ses chapitres sur les écarts de QI entre groupes ethniques ont fait polémique aux États-Unis comme ailleurs.
Publié en 1977 chez Gallimard, Homo aequalis retrace, de Mandeville à Marx, le passage d'une conception holiste de la société à l'idéologie individualiste moderne. Louis Dumont y montre comment l'économie s'est autonomisée jusqu'à devenir la catégorie centrale de la pensée moderne. L'ouvrage figure dans la sélection de l'Institut Iliade.
Livre le plus lu de José Ortega y Gasset, paru en 1930, et l'un des essais les plus influents du XXe siècle. La modernité y a produit un type humain nouveau, l'« homme-masse » : satisfait de lui-même, héritier de droits qu'il croit naturels, fermé à ce qui le dépasse. Sa révolte n'est pas une révolution sociale mais une insolence : il occupe la scène et impose ses goûts.
Paru chez Félix Alcan en 1894, ce premier grand essai rendit Gustave Le Bon célèbre et prépara Psychologie des foules. Il y fonde une science des peuples : chaque peuple est guidé par une « âme » collective, héritage stable forgé par les ancêtres, dont institutions, arts et croyances ne sont que les expressions - et qu'on ne transpose pas d'un peuple à l'autre.
Cet essai pose deux faits que l’auteur juge indispensables pour contrer le récit du racisme systémique : les groupes raciaux américains (Européens, Africains, Latins, Asiatiques) n’ont ni la même distribution d’aptitude cognitive ni les mêmes taux de criminalité violente. Les Asiatiques et les Blancs ont en moyenne des QI plus élevés ; les Noirs, un écart d’environ un écart-type qui s’est d’abord réduit puis stabilisé, et des taux de violence plusieurs fois plus élevés, très concentrés géographiquement et surtout intra-raciaux. Ces écarts, dit Murray, suffisent à expliquer une grande part des inégalités d’école, d’emploi et d’incarcération ; les nier ouvre la voie aux quotas et détruit le credo américain de juger les individus plutôt que les groupes.
Thomas Sowell distingue les disparites observees entre groupes et la discrimination comme cause unique. Il montre que les differences de resultats peuvent venir de facteurs multiples: age, culture, geographie, choix, institutions, histoire et incitations. L ouvrage critique les politiques fondees sur une interpretation automatique des ecarts statistiques et defend l analyse empirique.
Pap Ndiaye analyse l experience sociale des Noirs en France comme minorite visible, marquee par l histoire coloniale, les discriminations et les formes particulieres de racialisation republicaine. L essai cherche a penser la condition noire sans importer mecaniquement les categories americaines, tout en montrant les angles morts du modele francais d universalisme.
Jean-Paul Brighelli prolonge sa critique de l ecole francaise en denoncant l aggravation de la baisse du niveau, l emprise du pedagogisme et l abandon de la transmission. Le livre decrit une institution qui, selon lui, produit de l ignorance au nom de l egalite et prepare une catastrophe culturelle. Il appelle a restaurer les savoirs, la discipline et l exigence scolaire.
Lucile Peytavin soutient que la socialisation masculine produit un cout collectif massif, visible dans la criminalite, les violences, les comportements a risque et les depenses publiques associees. L essai mobilise statistiques et argumentaire feministe pour chiffrer les consequences sociales de la virilite. Il plaide pour une transformation de l education des garcons et des normes de masculinite.
Laetitia Strauch-Bonart interroge les effets du feminisme contemporain, des transformations du travail et des mutations familiales sur la place des hommes. L essai examine la crise masculine sans reduire le sujet a la domination ou a la nostalgie patriarcale. Il cherche une voie entre critique des exces masculinistes et refus d une guerre des sexes permanente.
Sous-titré Dominations plurielles : sexe, classe et race, cet ouvrage collectif dirigé par Myriam Boussahba, Emmanuelle Delanoë et Sandeep Bakshi constitue une introduction accessible au concept d’intersectionnalité. Issu du féminisme noir américain, ce concept a été théorisé en 1989 par la juriste Kimberlé Crenshaw (dont l’article fondateur est ici traduit pour la première fois en français). Il vise à montrer que les discriminations (de race, de sexe, de classe, etc.) ne s’additionnent pas simplement, mais s’imbriquent et se renforcent mutuellement, produisant des formes spécifiques d’oppression souvent invisibilisées. Le livre retrace les origines du concept (de Sojourner Truth au Black feminism), en expose les fondements théoriques et en explore les applications concrètes dans trois domaines : la vie sociale, le militantisme et la culture. Il se présente comme un outil pour mieux analyser les inégalités plurielles et agir contre elles.
Court essai de Pauline Harmange publié en 2020 au Seuil, devenu un phénomène de librairie. L'autrice y revendique la misandrie comme une réaction légitime face à la misogynie structurelle, en la distinguant de celle-ci : une méfiance envers les hommes en tant que groupe, nourrie de son expérience et de statistiques sur les violences, qu'elle présente comme potentiellement libératrice.
Ce texte présente un aperçu de l'ouvrage de Charles Murray, Coming Apart, qui analyse la fragmentation de la société américaine entre 1960 et 2010. L'auteur soutient qu'une nouvelle classe supérieure isolée s'est formée, se distinguant radicalement d'une classe inférieure en déclin. En utilisant l'année 1963 comme point de bascule, Murray examine comment la fin d'une culture commune a entraîné une divergence profonde des valeurs morales et sociales. L'étude se concentre volontairement sur la population blanche pour démontrer que ce clivage dépasse les questions raciales ou d'immigration. En fin de compte, l'œuvre avertit que cette séparation culturelle menace les fondements mêmes du projet démocratique américain. Coming Apart: The State of White America, 1960–2010 (2012) de Charles Murray n’a pas été traduit en français. On le trouve uniquement en version originale anglaise.
John Rawls expose sa théorie de la justice comme équité (justice as fairness), qu'il présente comme une alternative au principe d'utilité, en se concentrant sur les principes de justice qui régiraient les institutions d'une société bien ordonnée. Il traite de concepts fondamentaux tels que la position originelle (une expérience de pensée hypothétique), la liberté égale (le premier principe), et le principe de différence (qui garantit que les inégalités bénéficient aux moins avantagés). Le travail compare et contraste cette approche contractualiste avec l'intuitionnisme et l'utilitarisme, et explore la stabilité de la conception de la justice et son rapport avec le bien individuel (la rationalité délibérative).
Thomas Sowell analyse plusieurs raisonnements qu il considere fallacieux dans les discours contemporains sur la justice sociale. Il critique les comparaisons statistiques simplistes, l oubli des causes multiples, les politiques de redistribution mal evaluees et l attribution automatique des disparites a la discrimination. L ouvrage defend une approche empirique, sceptique envers les intentions morales non mesurees a leurs consequences.
Jean-Claude Michéa entreprend dans ce travail critique une déconstruction systématique des fondements idéologiques du libéralisme moderne, système dominant qui s'est progressivement imposé comme horizon politique indépassable. Loin de limiter son analyse aux seules dimensions économiques, Michéa démêle comment les principes libéraux ont imprégné les structures politiques, sociales et culturelles des sociétés contemporaines, redéfinissant en profondeur la conception même de l'individu et de la communauté. L'auteur met en évidence les paradoxes internes et les contradictions substantielles du projet libéral : comment une doctrine prétendument universaliste produit concrètement des inégalités croissantes ; comment la promesse de liberté coexiste avec de nouvelles formes de domination ; comment la neutralité affichée dissimule en réalité des présupposés philosophiques considérables sur la nature humaine. Cette approche critique ne demeure pas qu'académique mais s'attache à montrer les conséquences tangibles du libéralisme sur la vie quotidienne, les liens sociaux et les capacités d'autodétermination collective. Michéa propose une réflexion profonde invitant le lecteur à interroger les évidences du système auquel nous sommes soumis et à envisager d'autres voies possibles.
Thomas Piketty présente dans ce travail monumental, fruit de quinze années de recherche sur les inégalités économiques dans vingt pays sur trois siècles, une thèse centrale et provocatrice : le capitalisme génère structurellement des inégalités croissantes, et seule une intervention politique délibérée peut les contenir. La loi fondamentale que Piketty énonce – r > g, le rendement du capital excède structurellement la croissance économique – explique pourquoi les détenteurs de patrimoine s'enrichissent plus vite que les travailleurs. L'auteur mobilise une masse considérable de données fiscales et successorales pour montrer que le XXe siècle, avec sa compression des inégalités, constituait une exception historique liée aux deux guerres mondiales et aux politiques redistributives qui s'ensuivirent. Le retour aux inégalités de type patrimonial du XIXe siècle serait désormais amorcé. Face à ce diagnostic, Piketty propose un impôt mondial progressif sur le capital comme seule mesure capable d'enrayer la reconcentration des richesses. L'ouvrage a suscité des débats considérables : certains contestent les données, d'autres la politique préconisée, mais tous reconnaissent la contribution exceptionnelle de Piketty à la documentation empirique des inégalités. Capital et idéologie demeure une référence incontournable du débat contemporain sur la justice économique.
« Catéchisme révolutionnaire » de Michel Bakounine est un texte fondateur de l'anarchisme moderne, rédigé au coeur du dix-neuvième siècle, à une époque où la lutte pour la liberté et l'égalité anime l'Europe. Dans ce manifeste incisif, Bakounine expose une critique radicale de l'oppression et de l'ordre établi, appelant à l'insurrection du peuple contre toutes les formes d'autorité. À travers une série de questions et de réponses, il pose les bases d'une théorie politique nouvelle, fondée sur l'emancipation collective, la justice sociale et la solidarité. L'auteur analyse les mécanismes de la société et propose une vision utopique où l'action révolutionnaire devient le moteur du changement. Par son engagement sans compromis, il inspire les mouvements de lutte et d'engagement social, invitant chacun à remettre en cause les dogmes et à s'approprier la liberté. Ce texte, à la fois manifeste et guide pratique, demeure une référence majeure pour comprendre les enjeux de la révolution, la place du peuple dans l'histoire et la nécessité d'une transformation profonde de la société. Entre critique sociale et appel à l'action, « Catéchisme révolutionnaire » s'inscrit dans la lignée des grands écrits politiques, offrant une réflexion puissante sur la justice, l'utopie et la construction d'un avenir libéré de l'oppression. Les lecteurs passionnés de théorie politique, d'histoire des idées et de mouvements sociaux y trouveront une source d'inspiration et de réflexion toujours actuelle.