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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Houria Bouteldja expose les theses du Parti des Indigenes de la Republique sur la race, la colonisation, l antisemitisme, le philosionisme, le feminisme et les rapports entre minorites. L ouvrage revendique une parole decoloniale et conflictuelle, critique l universalisme republicain et appelle les populations non blanches a se penser comme sujets politiques autonomes. Texte influent et tres controverse, il est central dans les debats francais sur l antiracisme politique.
Cet ouvrage de l’historien Dominique Venner se présente comme une réflexion sur l’identité européenne, conçue non comme une construction politique récente (Maastricht), mais comme une communauté de culture très ancienne, remontant à la préhistoire. Venner y défend l’idée d’une tradition européenne spécifique, nourrie par les peuples constitutifs du continent, leurs mythes fondateurs (Homère, légendes celtes et nordiques), l’héritage romain, l’imaginaire médiéval et une certaine manière d’être face à la vie, à la mort, à l’amour et au destin. Il oppose cette tradition enracinée au nihilisme moderne, qu’il juge dissolvant.
La France n’a pas dit son dernier mot (Éric Zemmour, éditions Rubempré, septembre 2021, environ 350 pages) est un essai politique présenté comme la suite du Suicide français. Il se présente sous la forme d’un journal de notes et de chroniques rédigées entre 2006 et 2020. L’auteur y dresse un tableau très critique de la situation de la France : déclin économique et industriel, immigration de masse, islamisation, désunion nationale, déconstruction culturelle et « humiliation » permanente orchestrée selon lui par les élites progressistes. Zemmour mêle analyses politiques, souvenirs médiatiques, récits de rencontres avec des personnalités et propositions (souvent radicales) pour un redressement national. Le ton est polémique ; le titre même affirme que l’histoire de France n’est pas terminée et qu’une renaissance reste possible. L’ouvrage a connu un fort succès commercial à sa sortie.
Génération Z (1995-2013) : plus déprimée, anxieuse et fragile que toutes les précédentes. Dans Malaise dans la génération Z, Pierre Valentin montre que smartphones et Covid n’ont fait qu’exacerber une culture thérapeutique individualiste qui pathologise le quotidien, transforme les troubles en identité (70 % des jeunes Américains s’y reconnaissent) et révèle, derrière les chiffres hallucinants, une profonde crise du sens.
Le sociologue québécois Mathieu Bock-Côté dénonce le wokisme comme une idéologie née dans les universités américaines qui, selon lui, segmente la société sur une base raciale et vise à déconstruire la civilisation occidentale « blanche », présentée comme intrinsèquement coupable et oppressive. Il y décrit ses mécanismes (redéfinition du mot racisme, culpabilisation permanente, injonction à la « déblanchisation »), qu'il juge porteurs non de liberté mais d'exclusion et d'enfermement identitaire. L'ouvrage, salué par certains comme un essai courageux, est aussi critiqué pour son ton polémique et son manque de nuance face aux contextes ayant nourri les revendications décoloniales et antiracistes.
Eric Zemmour propose une lecture decliniste de la France contemporaine, depuis l apres-gaullisme jusqu aux annees 2010. Il attribue ce recul a Mai 68, a l affaiblissement de la famille, de l ecole, de l Etat et de la nation, ainsi qu a la montee de l individualisme, du libre-echange et du multiculturalisme. Construit comme une suite de chapitres historiques et polemiques, le livre defend l idee d une dissolution progressive de la souverainete francaise et d une rupture avec l heritage culturel du pays.
Cet ouvrage retrace l'épopée intellectuelle de la French Theory, ce corpus de pensée post-structuraliste regroupant des figures comme Foucault, Derrida ou Deleuze, qui a paradoxalement conquis l'Amérique alors qu'il déclinait en France. L'auteur analyse comment ces textes ont fait l'objet d'un malentendu créateur, étant réappropriés par les universités américaines pour fonder les luttes identitaires et les départements d'études culturelles ou de genre. À travers le prisme de l'affaire Sokal, Cusset souligne le décalage profond entre une France revenue à un humanisme classique et des États-Unis utilisant ces concepts pour subvertir les structures politiques et artistiques. Cette étude explore ainsi la décontextualisation des idées, montrant comment une théorie peut acquérir une puissance nouvelle et hybride lorsqu'elle s'exporte au-delà de ses frontières d'origine.
Dans l'ouvrage La Défaite de la pensée, Alain Finkielkraut analyse la crise de la culture en Occident, marquée par le passage d'un idéal d'éminence de la « vie avec la pensée » à un relativisme où tout est considéré comme culturel, des grandes œuvres de l'esprit aux simples gestes du quotidien. Il retrace la généalogie intellectuelle de ce basculement à travers le conflit entre l'universalisme des Lumières, qui cherchait à affirmer l'autonomie de l'individu par la raison, et le romantisme allemand, qui enferme l'homme dans sa communauté, sa langue et son sol via le concept de Volksgeist (génie national). L'auteur dénonce ainsi une « deuxième mort de l'homme » opérée par les sciences humaines et le multiculturalisme, aboutissant à une civilisation qui renonce à toute hiérarchie des valeurs au profit du divertissement de masse. Il conclut que ce triomphe de la non-pensée mène à un face-à-face désastreux entre le fanatique, prisonnier de son identité close, et le zombie, individu atomisé et absorbé par l'industrie du loisir.
Qui sont les Blancs ? propose une lecture de l’identité européenne comme une continuité historique faite d’« empreintes » successives – climatiques, mentales, culturelles et spirituelles. Julien Rochedy relie le froid, l’héritage grec du logos, la forme romaine de l’État et l’intériorité chrétienne pour expliquer la singularité européenne. Le christianisme y apparaît non comme une rupture, mais comme une transformation compatible d’un fond indo-européen. Le Moyen Âge et la Renaissance consolident l’individualisme, le travail et la science, tandis que la modernité pousse ces traits jusqu’à l’excès. Le XXᵉ siècle révèle alors une crise interne : l’Europe risque de disparaître par oubli d’elle-même. L’alternative posée est simple : déclin ou renaissance par la mémoire de sa continuité.
Cet ouvrage de Guillaume Faye constitue un manifeste radical qui dénonce ce que l'auteur qualifie de colonisation de peuplement de l'Europe par l'immigration massive, principalement issue du monde arabo-musulman. Structuré comme un cri d'alarme, le texte fustige l'aveuglement des élites, qu'il nomme les collaborateurs, et prédit l'éclatement inévitable d'une guerre civile ethnique provoquée par le choc des cultures et l'islamisation du continent. Faye rejette les concepts d'intégration et de multiculturalisme au profit d'un ethnocentrisme européen, affirmant que la survie d'une civilisation dépend avant tout de la préservation de son substrat biologique et anthropologique. La finalité de ce discours provocateur est d'exhorter la jeunesse à se préparer à une Reconquista, une reprise en main territoriale et spirituelle qui ne pourra survenir, selon lui, qu'à la faveur d'une crise majeure et salvatrice.
Cet essai de François Héran dénonce le déni d'immigration en France, un procédé politique consistant à fantasmer une menace de submersion pour justifier des mesures d'exclusion impraticables. L'auteur s'appuie sur une rigueur statistique pour démontrer que la croissance migratoire est une réalité structurelle et inéluctable liée à la mondialisation, et non le résultat d'un manque de volonté politique. En analysant les débats entourant la loi Darmanin, il expose les contradictions d'un État qui déplore l'irrégularité tout en la produisant par son incurie administrative et le manque de moyens des préfectures. Finalement, l'ouvrage plaide pour une conception souveraine de la solidarité, invitant la France à assumer sa part de l'accueil européen et à favoriser une intégration par le temps plutôt que par des prérequis illusoires.
Dans cet essai, le démographe Hervé Le Bras déconstruit la théorie complotiste d'un changement de peuple en France. L'auteur mobilise des données statistiques pour démontrer que les projections alarmistes, souvent basées sur des calculs erronés ou des fantasmes idéologiques, ne correspondent pas à la réalité des faits. Il souligne que la mixité sociale et la diversité des origines migratoires rendent impossible l'émergence de deux blocs de population homogènes et opposés. En analysant l'histoire de la rhétorique xénophobe, il révèle comment les discours sur l'invasion se sont succédé depuis le XIXe siècle sans jamais se réaliser. L'ouvrage dénonce enfin le mépris des chiffres chez les partisans de cette théorie, privilégiant une approche rationnelle pour apaiser les craintes liées à l'identité nationale.
Cet ouvrage défend une thèse provocatrice : le fascisme français ne serait pas une importation étrangère, mais l’aboutissement d’une tradition idéologique nationale. Il montre comment les thèmes de la nation, de la race, de la terre ou du culte du corps ont séduit une partie des élites, de l’extrême droite jusqu’à certains courants socialistes. L’auteur insiste sur la continuité entre les mouvements radicaux d’avant-guerre et Vichy. Il dénonce aussi la compromission historique du Parti communiste, accusé d’avoir relayé une rhétorique nationaliste et xénophobe comparable à celle de Pétain. Enfin, Lévy estime que cette hostilité envers l’universalisme demeure une structure mentale persistante, encore visible aujourd’hui, et entend déconstruire le mythe d’une France naturellement immunisée contre le totalitarisme.
Renaud Camus théorise le concept du Grand Remplacement, affirmant qu'une substitution de population sans précédent transforme radicalement la France et l'Europe. Il soutient que ce processus est facilité par une Grande Déculturation et une érosion du sentiment national au sein des élites et du système éducatif. L'auteur critique vivement ce qu'il nomme l'antiracisme dogmatique, l'accusant d'imposer un silence médiatique et juridique sur la réalité des tensions migratoires. À travers son Parti de l'In-nocence, il propose une vision politique centrée sur la préservation de la civilisation française et une distinction stricte entre citoyens et non-citoyens. Il dénonce enfin un "remplacisme" globalisé qui traiterait les individus comme des pièces interchangeables au détriment des identités culturelles historiques.
Une critique virulente de l'état actuel de la France et de l'Occident, articulée autour du concept de « populicide », qu'il soit physique ou anthropologique. L'auteur, Philippe de Villiers, déplore la perte d'identité nationale et le reniement de l'histoire française, exacerbés par la montée de l'islam et le multiculturalisme. Il critique fermement les élites politiques européistes pour leur laxisme migratoire et leur abandon de la souveraineté à des entités supranationales et à des juges progressistes. L'ouvrage met en garde contre un avenir de contrôle totalitaire facilité par la technologie et le gouvernement par le chaos, et exhorte à un réveil de la fierté et de la conscience nationale pour éviter l'extinction culturelle, en s'appuyant notamment sur l'exemple du Puy du Fou.
The Strange Death of Europe est un récit personnel et polémique où Douglas Murray décrit une Europe engagée, selon lui, dans un processus d’autodestruction. Il y analyse la combinaison d’une démographie en déclin, d’une immigration massive et d’une perte de confiance culturelle qui rendraient les Européens incapables de défendre leur civilisation. À travers ses voyages – de Lampedusa à Berlin, de Paris à la Scandinavie – Murray observe les effets concrets du multiculturalisme, des revirements politiques comme celui d’Angela Merkel, de l’absence de politiques de retour et d’un climat marqué par les attentats et l’érosion des libertés. L’ouvrage s’achève sur deux scénarios possibles pour l’avenir du continent, l’un optimiste, l’autre sombre, laissant ouverte la question du destin d’une civilisation peut-être vouée, comme le suggérait Spengler, à la naissance, au déclin puis à la disparition.
Anthony D. Smith montre que les nations modernes ne surgissent pas ex nihilo : elles prolongent des communautés ethniques anciennes dont elles reprennent les mythes, symboles, mémoires et valeurs. Contre les modernistes qui voient la nation comme entièrement récente et contre les primordialistes qui la pensent naturelle, Smith défend une voie médiane : la nation est une construction moderne fondée sur des matériaux pré-modernes. Il distingue le modèle civique-occidental et le modèle ethnique-généalogique, et montre comment l’État moderne, la citoyenneté et la mobilisation de masse ont réorganisé sans effacer les héritages culturels et historiques. Pour Smith, la nation n’abandonne pas l’ethnie : elle la transforme, la politise et la réactive pour garantir continuité et identité.
Dans A Hunter-Gatherer's Guide to the 21st Century, les biologistes évolutionnistes Heather Heying et Bret Weinstein expliquent que notre ère de prospérité inédite coexiste avec un mal-être croissant (solitude, dépression, maladies, divisions sociales) parce que le rythme effréné des changements modernes (« hyper-nouveauté ») dépasse les capacités d’adaptation de notre cerveau et de notre corps, forgés par des millions d’années d’évolution en petits groupes de chasseurs-cueilleurs. Ils analysent divers domaines (alimentation, sommeil, éducation, rôles de genre, parentalité, etc.) à travers le prisme de l’évolution, critiquent les dérives de la société actuelle et proposent des principes scientifiques pour mieux aligner notre vie sur nos adaptations ancestrales, afin de réduire cette dissonance et d’améliorer notre bien-être. Le ton est provocateur, assumant des positions souvent contraires aux discours dominants contemporains.
Papacito livre dans ce recueil une série d'essais incisifs interrogeant les paradoxes constitutifs de la modernité tardive, axés particulièrement sur le destin de la masculinité contemporaine. L'essai refuse la fausse conciliation entre tradition et modernité pour explorer crûment les contradictions irréductibles qui définissent l'époque présente. Le titre « Expédition punitive » suggère une certaine violence intellectuelle : Papacito ne compromet pas, il affronte les lâchetés de sa civilisation avec la vigueur d'un guerrier philosophe. L'auteur défend une vision affirmée de la virilité et de l'engagement personnel contre les dissolutions contemporaines qui émasculeraient l'homme occidental. Cette virilité n'incarne pas un retour nostalgique à des formes archaïques, mais plutôt une réaffirmation de principes éternels de courage, de responsabilité et d'honneur face à l'apathie moderne. Papacito examine comment les valeurs masculines ont été perverties ou abandonnées sous les assauts du féminisme contemporain et du relativisme éthique. L'essai combine analyse sociologique et invective philosophique : chaque section démonte un faux consensus de l'époque. L'auteur promeut un recentrage existentiel sur le devoir, l'action vertueuse et l'ascèse virile, seules capables de régénérer une civilisation décadente. Expédition punitive demeure manifeste d'une éthique guerrière remise au goût du jour face aux crises actuelles.
""Je savais où je voulais vivre, avec qui je voulais vivre, et comment je voulais vivre. À mes yeux médusés d'enfant, le mot France brillait de tous les feux : histoire, littérature, politique, guerre, amour, tout était rassemblé et transfiguré par une même lumière sacrée, un même art de vivre mais aussi de mourir, une même grandeur, une même allure, même dans les pires turpitudes. La France coulait dans mes veines, emplissait l'air que je respirais ; je n'imaginais pas être la dernière génération à grandir ainsi. Il ne faut pas se leurrer. Le travail de déconstruction opéré depuis quarante ans n'a laissé que des ruines. Il n'y a pas d'origine de la France, puisque la France n'existe pas, puisqu'il n'y a plus d'origine à rien. On veut défaire par l'histoire ce qui a été fait par l'Histoire : la France. L'Histoire est désormais détournée, occultée, ignorée, néantisée. L'Histoire de France est interdite. On préfère nous raconter l'histoire des Français ou l'histoire du monde. Tout sauf l'Histoire de France. Mais cette Histoire se poursuit malgré tout et malgré tous. Elle a des racines trop profondes pour être arrachées. Elle s'est répétée trop souvent pour ne pas se prolonger jusqu'à aujourd'hui. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les mêmes lois s'imposent au-delà des générations. L'Histoire se venge." Après le phénoménal best-seller Le Suicide français, Éric Zemmour se livre avec force et sans tabou à une analyse de l'identité française en réhabilitant ses fondations."--Title page verso.
Tugdual Derville, figure engagée de la défense de la vie et militant catholique, propose dans cet essai une réflexion approfondie sur le sens du sacré dans la société contemporaine. À rebours des discours dominants qui confinent la foi à la sphère privée, Derville interroge la place que nos sociétés sécularisées accordent – ou refusent – au transcendant. Il explore comment le recul du religieux dans l'espace public génère un vide spirituel que les sociétés modernes tentent de combler par des substituts souvent décevants : consumérisme, idéologies politiques messianiques ou quêtes de sens individuelles. Partant de l'observation que la messe, pour beaucoup, n'est plus dite – au sens propre comme figuré – Derville s'interroge sur les conditions d'un renouveau spirituel authentique qui ne soit pas simple nostalgie réactionnaire ni compromis avec les modes du temps. Son analyse croise philosophie politique, anthropologie chrétienne et témoignage pastoral, offrant une réflexion équilibrée qui reconnaît les acquis de la modernité tout en identifiant ses manques fondamentaux. L'essai constitue une invitation à rouvrir le débat sur la transcendance comme condition d'une vie humaine pleinement accomplie.
Thomas Sowell reunit plusieurs essais sur la culture, les inegalites, l histoire des groupes et les erreurs d interpretation liees a la race. Il conteste des explications purement discriminatoires et insiste sur les effets de l histoire, des comportements transmis et des incitations sociales. L ouvrage defend une approche comparative et empirique, souvent critique des theses progressistes americaines.
Un guide philosophique pour naviguer entre l'ordre et le chaos. L'auteur part du postulat que la vie est indissociable de la souffrance, une réalité explorée à travers la psychologie, la mythologie et les traditions religieuses. Face à cette tragédie existentielle, Peterson soutient que le salut réside dans la responsabilité individuelle et le développement du caractère, plutôt que dans la quête d'un bonheur éphémère. Il exhorte ainsi chacun à « remettre sa propre maison en ordre » avant de critiquer le monde. À travers douze règles, telles que « dire la vérité » ou « se comparer à qui l'on était hier », l'ouvrage illustre comment stabiliser son existence. Peterson s'appuie sur la neurochimie des homards pour démontrer l'aspect biologique des hiérarchies et sur les grands récits pour analyser la lutte humaine entre le connu (l'ordre) et l'inconnu (le chaos). Le sens de la vie se trouve à l'équilibre entre ces deux forces, là où l'individu peut croître et se transformer. Finalement, l'ouvrage se veut un antidote au nihilisme, invitant à poursuivre ce qui est significatif pour améliorer l'Être.
Un nouveau regard sur Le Pen : le sien « Mes grands-parents ne savaient pas lire mais surent donner une vie décente à leurs enfants. Ma paysanne de mère était élégante et fière, mon père, patron pêcheur taciturne, avait navigué pendant la Grande guerre, à treize ans, mousse sur un cap-hornier, ces cathédrales de toile et de bois qui affrontaient les quarantièmes rugissants. A la maison, il n’y avait pas l'eau courante mais on aimait sa famille, son pays et Dieu – et la Bretagne aussi, avec ses îles, ses navires. L’instituteur et le curé nous apprenaient à les chanter ensemble. En somme, j’étais un petit Breton heureux dans la grande France. Puis vint la Seconde guerre mondiale. Le père est mort, la France était blessée, des curés m’ont dégoûté de Dieu. C’est alors que j’ai découvert la folie des hommes, Paris, l’université, l’Indochine, l’Assemblée nationale, l’Algérie. J’eus une épouse et des filles. La vie s’offrait, tantôt magnifique, tantôt désolante. Le petit Breton avait grandi, la France rapetissé. Pour la relever, j’ai choisi le combat politique. »
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