Ouvrage
Le Règne de la quantité et les signes des temps
Publié en 1945, cet essai prolonge la critique de la modernité menée par René Guénon. L’auteur décrit une civilisation qui réduit les êtres et les activités à ce qui se mesure, et interprète cette domination de la quantité comme un éloignement des principes métaphysiques.
Auteur
René Guénon (1886-1951) est un auteur français dont les travaux portent sur la métaphysique, le symbolisme et les traditions religieuses. Il est à l’origine de l’école de pensée traditionaliste, fondée sur l’idée d’une tradition primordiale commune aux religions.
Courants
Contenu
Le Règne de la quantité et les signes des temps reprend le diagnostic de La Crise du monde moderne en l’organisant autour de l’opposition entre qualité et quantité. Guénon ne critique pas seulement le goût des statistiques ou l’importance de l’argent : il vise une manière de connaître qui privilégie ce qui peut être compté et mesuré, au détriment de ce qu’il considère comme l’essence des choses.
Il relie cette réduction à la transformation des sciences, des métiers et de la vie collective. La standardisation et l’uniformisation sont interprétées comme les effets d’une même séparation entre les activités humaines et leurs fondements spirituels. La critique sociale dépend ainsi d’une thèse métaphysique, plutôt que d’un programme économique.
Le livre inscrit ces changements dans une conception cyclique du temps. Les troubles du monde moderne deviennent, dans cette lecture, les signes d’une fin de cycle. Les analyses du symbolisme et de l’initiation complètent donc la critique du matérialisme.
La première parution date de 1945. L’ouvrage est l’un des textes dans lesquels Guénon expose le plus directement son opposition à l’idée d’un progrès continu de la civilisation occidentale.