A Droite

Philosophe

Vladimir Jankélévitch

Vladimir Jankélévitch était un philosophe et musicologue français, connu pour ses réflexions sur la morale, la musique et l'existence. Il a été une figure influente du XXe siècle, explorant des thèmes tels que le temps et la mort.

1903–1985•Français•1 ouvrage
Musicologue

Biographie

Né le 31 août 1903 à Bourges, au sein d'une famille juive russe émigrée, Vladimir Jankélévitch suit un parcours éclatant : Normal sup, agrégation de philosophie en 1926, doctorat consacré à Schelling. Mobilisé en 1939 puis écarté de l'enseignement par les lois antijuives de Vichy, il entre dans la Résistance toulousaine, expérience qui marque durablement sa pensée. Après la guerre, il est professeur de philosophie morale à la Sorbonne jusqu'en 1978.

Sa philosophie, à la croisée de Bergson et de Schelling, explore l'ineffable et le presque-rien : Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien (1957) en donne le programme. Dans le sillage de sa thèse L'Irréversible et la nostalgie (1931, rééd. 1974), il médite sur le temps, la mort et le pardon — Le Pardon (1967) refuse que les crimes contre les juifs puissent être pardonnés, s'opposant à toute prescription du devoir de mémoire.

Musicien et musicologue, il consacre des ouvrages à Fauré, Debussy, Ravel et Liszt, défendant l'idée que la musique dit ce que les mots ne peuvent atteindre. Ses livres mêlent analyse savante et méditation littéraire, dans un style à part, fait d'aphorismes et d'ellipses.

Figure de la vie intellectuelle française, engagé à gauche — il soutient les causes anticolonialistes et signe de nombreuses pétitions —, il poursuit conférences et entretiens jusqu'à sa mort à Paris le 6 juin 1985. Son œuvre, longtemps marginale dans l'institution, connaît depuis une redécouverte marquée.

Ouvrages