Cet ouvrage de Michèle Tribalat constitue une critique acerbe de la production statistique et du discours médiatique concernant l’immigration en France. L’auteure y dénonce une hégémonie idéologique au sein des institutions savantes, comme l’Ined, qui conduirait à une dissimulation ou à une minimisation délibérée des réalités démographiques pour ne pas alimenter les thèses de l'extrême droite. À travers une analyse rigoureuse, elle expose les approximations méthodologiques et les biais de recherche qui transforment, selon elle, la science en un outil de militantisme politique. L'objectif final de ce texte est de réhabiliter le pluralisme scientifique et de mettre en garde contre une élite intellectuelle qui, par arrogance, disqualifie les perceptions populaires au profit d'un récit jugé moralement correct mais factuellement fragile.