Ouvrages
Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Essai de Régis Debray paru chez Gallimard en mai 2017. Partant de l'effacement de la civilisation européenne au profit de l'américaine, il observe le transfert dans le quotidien - « de la CIA au rap, de House of Cards à Baron noir, des primaries à nos primaires » - pour penser un changement d'hégémonie.
Étude de géographie politique publiée en 1913, consacrée aux comportements électoraux de l'Ouest français sous la Troisième République. Dans la vidéo de Julien Rochedy vers 00:21:39, la discussion du bocage, des structures sociales et du vote renvoie probablement à cet ouvrage classique d'André Siegfried. Rochedy conteste la généralisation de ce modèle; le titre n'est pas prononcé et cette référence discutée ne doit pas être présentée comme une recommandation.
Publié chez Plon fin 1976 et vendu à un million d'exemplaires, Le Mal français part d'une question : pourquoi ce peuple vif et doué fournit-il si souvent le spectacle de ses divisions et de son impuissance ? Alain Peyrefitte, ancien ministre, y diagnostique la bureaucratie, la centralisation et la « société bloquée », à partir de son expérience politique autant que de ses lectures.
Publié en 1947, cet ouvrage de Jean-François Gravier est consacré à la « macrocéphalie parisienne » : le gonflement disproportionné de la capitale par rapport au reste du pays. Premier à en proposer une explication globale - territoire, équipements, population, activités -, il en appelle à une réorganisation de l'espace national. Un classique de la géographie et de l'aménagement du territoire.
Essai posthume de Simone Weil publié en 1949 par Albert Camus dans la collection "Espoir" de Gallimard. Rédigé à Londres pour la France libre comme prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain, le livre analyse le déracinement moderne, ouvrier, paysan et national, et les conditions d'un enracinement des peuples dans leur passé, leur milieu et une spiritualité du travail.
Essai d'Ivan Illich publié en 1973 (version française remaniée au Seuil, avec Luce Giard et Vincent Bardet). Il y cherche les seuils au-delà desquels les institutions et les outils se retournent contre leurs fins, et oppose à la domination des spécialistes des outils conviviaux, accessibles, qui préservent la créativité et les relations entre les personnes.
Deux conférences prononcées par Max Weber en 1919, traduites par Julien Freund avec une introduction de Raymond Aron (Plon, 1959). Il y distingue éthique de conviction et éthique de responsabilité, et définit l'État moderne par le monopole de la violence légitime. Des textes devenus des classiques de la sociologie et de la science politique ; sélection de l'Institut Iliade.
Paru aux éditions Galilée en 1981, Simulacres et simulation rassemble des textes où Jean Baudrillard analyse la disparition du réel derrière les modèles, les médias et les codes. Le premier chapitre, La précession des simulacres, est devenu une référence de la pensée contemporaine sur l'image et le virtuel. Sélection de l'Institut Iliade.
Lucile Peytavin soutient que la socialisation masculine produit un cout collectif massif, visible dans la criminalite, les violences, les comportements a risque et les depenses publiques associees. L essai mobilise statistiques et argumentaire feministe pour chiffrer les consequences sociales de la virilite. Il plaide pour une transformation de l education des garcons et des normes de masculinite.
Génération Z (1995-2013) : plus déprimée, anxieuse et fragile que toutes les précédentes. Dans Malaise dans la génération Z, Pierre Valentin montre que smartphones et Covid n’ont fait qu’exacerber une culture thérapeutique individualiste qui pathologise le quotidien, transforme les troubles en identité (70 % des jeunes Américains s’y reconnaissent) et révèle, derrière les chiffres hallucinants, une profonde crise du sens.
Un essai courageux au service d'un combat désormais inévitable contre l'intolérance, le fanatisme et l'oppression. Dans L'Islam contre la modernité, Ferghane Azihari, issu d'une famille musulmane comorienne, mais d'abord libre penseur, mène un combat intellectuel à la manière de Voltaire. À la lumière des textes fondateurs et de la géopolitique, il montre comment l'Islam a rejeté l'héritage des grandes civilisations antiques, colonisé les esprits et les peuples, et bâti un système de surveillance morale étouffant. Passant en revue les rendez-vous que l'Islam a manqués avec la modernité au cours de son histoire, il dénonce une " superstition " responsable du blocage des sociétés islamiques, rétives à toute réforme, et interroge la menace que fait peser aujourd'hui l'expansionnisme islamique sur l'Europe et ses libertés. Essayiste, Ferghane Azihari est chroniqueur au Figaro Magazine et sur France Info TV.
Un essai fondateur en psychologie sociale, qui analyse le comportement des individus lorsqu’ils se fondent dans une foule. Le Bon soutient que la foule forme une entité psychologique distincte de la somme des individus qui la composent. Dans la foule, l’individu perd son sens critique, sa volonté personnelle et son individualité : il devient suggestible, impulsif, excessif et irrationnel. Caractéristiques principales de la « mentalité collective » : contagion mentale (les idées et émotions se propagent comme un virus), suggestibilité extrême (la foule accepte sans réfléchir les affirmations simples, violentes et imagées), exagération des sentiments (amour, haine, héroïsme ou cruauté sont portés à l’extrême), disparition de la responsabilité (l’anonymat pousse à des actes que l’individu seul n’oserait pas commettre). Le Bon décrit aussi les leaders (orateurs charismatiques) qui manipulent les foules par des images, des répétitions et des affirmations catégoriques. Un ouvrage influent (lu par Freud, Mussolini, Hitler, de Gaulle…) qui explique les dynamiques des révolutions, des émeutes et des mouvements de masse.
Christopher Lasch analyse comment les transformations économiques et sociales du XXe siècle américain ont fait émerger une personnalité narcissique devenue dominante dans la culture. S’appuyant sur Freud et sur une grille de lecture en partie marxiste, Lasch décrit une société où l’autorité, les communautés traditionnelles et les liens familiaux se sont affaiblis, produisant des individus anxieux, obsédés par leur image, dépendants du regard des autres et incapables de se projeter dans l’histoire. Il critique autant la gauche progressiste – accusée d’avoir fragilisé la famille – que la droite libérale – qui aurait dissous les solidarités locales. Des phénomènes tels que le développement personnel, les nouveaux mouvements spirituels, l’évolution du sport ou le comportement des hommes politiques lui apparaissent comme les symptômes d’une même pathologie culturelle. L’ouvrage, polémique et incisif, est devenu une référence majeure de la critique sociale américaine.
Hippolyte Taine entreprend dans ce monument historiographique une analyse structurale de la Révolution française et de ses origines profondes dans la société d'Ancien Régime. Contrairement aux historiens romantiques qui célébraient 1789 comme avènement de la liberté, Taine adopte une perspective résolument critique, s'attachant à décrire les mécanismes psychologiques et sociaux qui ont conduit à la Terreur. Son approche naturaliste et positiviste – influencée par les sciences naturelles de son époque – cherche à identifier les « forces » et les « milieux » qui expliquent les comportements collectifs révolutionnaires. Taine identifie une « anarchie spontanée » dans les masses révolutionnaires, produit d'une désagrégation brutale des structures sociales traditionnelles. La Révolution n'apparaît pas comme triomphe de la Raison mais comme déchaînement d'instincts primitifs habillés en idéologie. Ce regard conservateur a fortement influencé la tradition contre-révolutionnaire française. L'ouvrage reste une référence majeure pour comprendre les interprétations critiques de la Révolution française et continue d'alimenter les débats historiographiques sur la nature du changement politique radical. Sa vision du peuple révolutionnaire comme masse irrationnelle a profondément marqué la pensée politique française du XIXe au XXe siècle.
Gaston Mialaret, figure majeure des sciences de l'éducation françaises, propose dans cet ouvrage de synthèse une introduction rigoureuse aux fondements théoriques et méthodologiques de la psychologie de l'éducation. Discipline carrefour entre psychologie cognitive, psychologie du développement et sciences de l'éducation, la psychologie de l'éducation cherche à comprendre les mécanismes par lesquels les individus apprennent et se développent dans des contextes éducatifs formels et informels. Mialaret présente les grandes théories qui ont structuré ce champ : le béhaviorisme de Skinner, le constructivisme de Piaget, le socioconstructivisme de Vygotski, les théories cognitives de Bruner et leurs implications pédagogiques respectives. Il analyse également les recherches sur la motivation, l'attention, la mémoire et les différentes formes d'intelligence, montrant comment ces connaissances peuvent éclairer les pratiques éducatives. L'ouvrage aborde aussi les questions de différenciation pédagogique, d'évaluation et d'adaptation aux besoins particuliers des élèves. Mialaret insiste sur la nécessité de fonder la pratique pédagogique sur des connaissances scientifiques validées plutôt que sur des intuitions ou des traditions non questionnées. Ce manuel de référence constitue une introduction indispensable pour les étudiants en sciences de l'éducation et pour les enseignants soucieux de comprendre les bases psychologiques de leur pratique professionnelle.
Paul Veyne, historien antiquisantet membre de l'Académie française, réunit dans ce recueil une série d'essais et de leçons qui illustrent sa conception singulière de l'histoire ancienne : un regard à la fois savant et étonné sur les façons de penser et de vivre des Anciens, radicalement différentes des nôtres. Veyne excelle à restituer l'étrangeté du passé sans l'anachronisme : il ne projette pas nos catégories modernes sur les Grecs et les Romains, mais cherche à comprendre leur logique propre, leurs évidences et leurs angles morts. Ces essais abordent des thèmes variés : la sexualité antique, la religion romaine, le stoïcisme comme art de vie, la conception du bonheur chez les Anciens, le rapport à la mort et à la mémoire. Veyne montre comment ces sociétés ont construit des systèmes cohérents de représentation du monde qui n'ont ni la même logique ni les mêmes priorités que les nôtres. Son écriture, remarquablement claire et souvent ironique, rend accessibles des questions d'histoire intellectuelle habituellement réservées aux spécialistes. À l'école des Anciens constitue une invitation à la philosophie pratique autant qu'à l'histoire : ces penseurs du passé, en nous montrant que d'autres manières de vivre ont été possibles, élargissent notre imagination du présent et de l'avenir.