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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Essai historique de Yuri Slezkine, paru en anglais en 2004 sous le titre The Jewish Century et traduit en français par Marc Saint-Upéry. À travers les trajectoires juives en Russie, aux États-Unis et en Israël, l'auteur étudie les liens entre modernité, mobilité sociale, nationalisme et idéologies du XXe siècle. L'édition française de La Découverte a notamment été reprise en poche en 2018.
Publié chez Gallimard en 1985, cet essai de Marcel Gauchet propose une histoire politique de la religion : le religieux a façonné les sociétés et leurs formes de pouvoir, avant la sortie de la religion dans la modernité. Il accorde au christianisme une place singulière dans ce devenir et examine le lien entre autonomie collective et désenchantement. Un classique de la pensée française contemporaine.
Livre le plus lu de José Ortega y Gasset, paru en 1930, et l'un des essais les plus influents du XXe siècle. La modernité y a produit un type humain nouveau, l'« homme-masse » : satisfait de lui-même, héritier de droits qu'il croit naturels, fermé à ce qui le dépasse. Sa révolte n'est pas une révolution sociale mais une insolence : il occupe la scène et impose ses goûts.
Grand essai polémique d'Abel Bonnard paru chez Grasset en 1936, sous-titré Le Drame du présent, dans la France du Front populaire. Sa thèse : la modération n'est pas une sagesse mais une fuite ; la prudence systématique sert toujours le camp le plus déterminé. Contre l'esprit de demi-mesure, Bonnard appelle à une doctrine de la décision.
Grand essai d'Ernst Jünger paru en 1932 (Der Arbeiter), entre défaite de 1918 et effondrement de Weimar. Tirant les leçons de la guerre de matériel, il y annonce la fin du XIXe siècle bourgeois et l'avènement de la « forme » du Travailleur, figure qui dépasse les classes et organise le monde selon la logique de la mobilisation totale.
Vera Nikolski conteste l idee selon laquelle le feminisme serait le principal moteur de l emancipation des femmes. Elle met l accent sur le role de la technique, de l energie, de la medecine, de la contraception et de l economie moderne. L essai propose une lecture materialiste des transformations feminines et interroge ce que deviendra l emancipation dans un monde de contraintes ecologiques et energetiques.
Dany-Robert Dufour analyse la question trans comme symptome d une mutation anthropologique plus large: primat du desir individuel, puissance de la technique et effacement des limites symboliques. L essai critique les discours contemporains sur l identite de genre et les replace dans une histoire du liberalisme, du corps et de la subjectivite moderne.
Mark Fisher analyse le capitalisme contemporain comme horizon culturel apparemment indepassable. Il montre comment cette atmosphere affecte le travail, l education, la sante mentale, la culture populaire et l imagination politique. L ouvrage decrit une societe capable d absorber ses critiques et de produire resignation, depression et absence d alternatives collectives.
Un roman présenté sous la forme d’un journal intime. Anne-France Razaveth, une très vieille dame isolée et misérable, décide de se laisser mourir dans sa mansarde tout en rédigeant ses dernières pages. Au fil de son récit, elle retrace sa vie tourmentée (amante, nièce, mère) et, à travers elle, l’histoire d’une France qui s’effondre : déclin social, solitude des anciens, disparition d’un monde ancien. Le personnage d’Anne-France fonctionne comme une allégorie de la France populaire et traditionnelle, abandonnée et en voie d’extinction. Le ton est sombre, poétique et élégiaque. Jean Raspail a qualifié l’ouvrage de « chef-d’œuvre ».
Publié en 2018 sous le pseudonyme de Bronze Age Pervert, cet essai culte de la dissidence en ligne décrit le monde moderne comme une « prison de fer » bureaucratique qui domestique l'homme en « homme-insecte ». Contre cette domestication, il exalte la vitalité, le corps, l'audace et les grandes figures conquérantes de l'histoire, dans un style pamphlétaire et provocateur.
Accueilli par la presse britannique avec un mélange égal d’acclamations et d’indignation, ce livre entreprend de définir et de défendre la haute culture contre le monde du pop, du kitsch et du popcorn. Il montre précisément pourquoi la culture importe dans un âge sans foi, et développe un long argument, s’appuyant sur la philosophie, la critique et l’anthropologie, contre la vision du monde « post-moderniste ». Scruton livre une attaque pénétrante contre la déconstruction, contre Foucault, contre l’auto-indulgence nietzschéenne et contre la « culture de la répudiation » qui a contaminé l’université moderne. Mais son livre n’est pas seulement négatif. C’est une célébration des vrais héros de la culture moderne et un appel à la vie supérieure. L’édition américaine de cette œuvre célèbre et notoire a été révisée pour tenir compte de la controverse qu’elle a suscitée, et contient des matériaux nouveaux spécialement destinés aux Américains. An Intelligent Person’s Guide to Modern Culture n’a pas été traduit en français.
G. K. Chesterton y raconte son cheminement intellectuel vers le christianisme en defendendant le paradoxe, le sens commun et la joie d exister. Contre le materialisme, le relativisme et le pessimisme moderne, il presente l orthodoxie chretienne comme une aventure de l esprit capable de tenir ensemble raison, mystere, liberte et gratitude.
Dans cet ouvrage séminal, Jacques Ellul propose une analyse globale du phénomène technique en le distinguant radicalement de la simple machine, qu'il considère désormais comme un aspect secondaire et dépendant. L'auteur soutient que la technique est devenue une puissance autonome qui ne se limite plus au domaine industriel, mais s'étend à la totalité des activités humaines, incluant l'organisation sociale, la psychologie et l'économie. Il rejette la vision traditionnelle d'une technique subordonnée à la science, affirmant au contraire que la recherche scientifique est aujourd'hui asservie aux impératifs techniques et à l'efficacité immédiate. En définissant la technique comme la recherche de la méthode absolument efficace dans tous les domaines, Ellul avertit que ce système tend à absorber l'humain pour le transformer en un objet de gestion rationnelle. Le but ultime de ce travail est de susciter une prise de conscience fondamentale face à une civilisation où l'organisation technique remplace désormais les traditions et les libertés individuelles.
Un essai courageux au service d'un combat désormais inévitable contre l'intolérance, le fanatisme et l'oppression. Dans L'Islam contre la modernité, Ferghane Azihari, issu d'une famille musulmane comorienne, mais d'abord libre penseur, mène un combat intellectuel à la manière de Voltaire. À la lumière des textes fondateurs et de la géopolitique, il montre comment l'Islam a rejeté l'héritage des grandes civilisations antiques, colonisé les esprits et les peuples, et bâti un système de surveillance morale étouffant. Passant en revue les rendez-vous que l'Islam a manqués avec la modernité au cours de son histoire, il dénonce une " superstition " responsable du blocage des sociétés islamiques, rétives à toute réforme, et interroge la menace que fait peser aujourd'hui l'expansionnisme islamique sur l'Europe et ses libertés. Essayiste, Ferghane Azihari est chroniqueur au Figaro Magazine et sur France Info TV.
Rédigé en exil au Brésil à la fin de la Seconde Guerre mondiale, La France contre les robots est un manifeste virulent dans lequel Georges Bernanos dénonce l’avènement d’une civilisation machiniste qui menace d’anéantir la liberté intérieure et l’autonomie spirituelle de l’homme. Rejetant le mythe du progrès technique libérateur, il montre comment la mécanisation asservit l’humanité aux impératifs d’efficacité et de rendement. Il y voit poindre une tyrannie douce des technocrates, plus redoutable que les despotismes traditionnels car elle se dissimule sous le masque du bien commun et du confort. Bernanos critique l’illusion libérale selon laquelle le marché produirait naturellement le bonheur, notant qu’il est plus profitable de flatter les vices que de satisfaire les vrais besoins. Cet essai prophétique appelle à un redressement spirituel et à la résistance de l’homme libre contre cette servitude invisible et la dictature du calcul.
Jean-Claude Michéa analyse la civilisation libérale comme un projet de pacification sociale né des traumatismes des guerres de religion. Cette idéologie repose sur une neutralité axiologique qui évacue toute morale collective au profit du Droit procédural et du Marché autorégulateur. L'auteur démontre que ce système réduit l'humain à un individu abstrait et égoïste, dont la seule boussole est la poursuite de son intérêt personnel. En déléguant la gestion du monde à des mécanismes techniques, le libéralisme finit par dissoudre la common decency et les liens sociaux traditionnels. Michéa souligne enfin que cette fuite en avant débouche sur un optimisme technologique inquiétant, menaçant l'essence même de notre humanité.
Hippolyte Taine entreprend dans ce monument historiographique une analyse structurale de la Révolution française et de ses origines profondes dans la société d'Ancien Régime. Contrairement aux historiens romantiques qui célébraient 1789 comme avènement de la liberté, Taine adopte une perspective résolument critique, s'attachant à décrire les mécanismes psychologiques et sociaux qui ont conduit à la Terreur. Son approche naturaliste et positiviste – influencée par les sciences naturelles de son époque – cherche à identifier les « forces » et les « milieux » qui expliquent les comportements collectifs révolutionnaires. Taine identifie une « anarchie spontanée » dans les masses révolutionnaires, produit d'une désagrégation brutale des structures sociales traditionnelles. La Révolution n'apparaît pas comme triomphe de la Raison mais comme déchaînement d'instincts primitifs habillés en idéologie. Ce regard conservateur a fortement influencé la tradition contre-révolutionnaire française. L'ouvrage reste une référence majeure pour comprendre les interprétations critiques de la Révolution française et continue d'alimenter les débats historiographiques sur la nature du changement politique radical. Sa vision du peuple révolutionnaire comme masse irrationnelle a profondément marqué la pensée politique française du XIXe au XXe siècle.