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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Publié en 1947 par Raymond Queneau à partir des cours donnés par Alexandre Kojève de 1933 à 1939, Introduction à la lecture de Hegel propose une lecture de la Phénoménologie de l'esprit. Kojève y met au premier plan le désir, la lutte pour la reconnaissance et le travail. Ce livre est une référence pour la réception française de Hegel au XXe siècle.
Conférence prononcée à Berlin en 1949, cette méditation d'Ortega appelle à la construction européenne : seule l'unité peut rendre aux nations du Vieux Continent une place dans l'histoire.
Publié en 1969, cet essai de Gehlen diagnostique l'hypermorale moderne : quand l'exigence morale, débordant ses institutions, se retourne contre la société qui la porte.
Première des Considérations inactuelles (1873), cette charge contre David Strauss et le philistin cultivé est le coup d'envoi de la guerre de Nietzsche contre la culture de son temps.
Prononcés à Berlin en 1807-1808, sous l'occupation napoléonienne, ces discours de Fichte fondent le nationalisme moderne : un peuple se relève par l'éducation de sa langue et de son esprit, non par les armes.
Publié en 1975, Surveiller et punir retrace la naissance de la prison moderne et le passage, entre le XVIIIe et le XIXe siècle, des châtiments spectaculaires aux techniques disciplinaires. Michel Foucault y analyse comment le pouvoir s'est déplacé du corps supplicié vers la surveillance, la normalisation et l'organisation des corps, de la caserne à l'école et à l'atelier. Un classique de la pensée critique contemporaine.
Cet ouvrage retrace l'épopée intellectuelle de la French Theory, ce corpus de pensée post-structuraliste regroupant des figures comme Foucault, Derrida ou Deleuze, qui a paradoxalement conquis l'Amérique alors qu'il déclinait en France. L'auteur analyse comment ces textes ont fait l'objet d'un malentendu créateur, étant réappropriés par les universités américaines pour fonder les luttes identitaires et les départements d'études culturelles ou de genre. À travers le prisme de l'affaire Sokal, Cusset souligne le décalage profond entre une France revenue à un humanisme classique et des États-Unis utilisant ces concepts pour subvertir les structures politiques et artistiques. Cette étude explore ainsi la décontextualisation des idées, montrant comment une théorie peut acquérir une puissance nouvelle et hybride lorsqu'elle s'exporte au-delà de ses frontières d'origine.
Transcription de son cours au Collège de France de l'année 1974-1975, Les anormaux prolonge et radicalise l'enquête généalogique que Michel Foucault consacre aux mécanismes de pouvoir traversant le corps social moderne. L'ouvrage s'articule autour de trois figures historiques centrales – le monstre humain, l'individu à corriger, l'onaniste – dont Foucault retrace la construction progressive comme objets d'un savoir spécialisé et d'une intervention institutionnelle. Le monstre humain, figure juridico-naturelle héritée du Moyen Âge, se transforme progressivement en objet psychiatrique ; l'enfant à corriger devient la cible des pédagogies normalisatrices ; l'onaniste, figure éminemment moderne, concentre les angoisses médicales sur la sexualité enfantine. En reconstituant ces généalogies, Foucault montre que les catégories d'anormalité ne sont pas des découvertes objectives mais des productions historiques, engendrées par la rencontre entre des savoirs – psychiatrie, criminologie, pédagogie – et des institutions – hôpital, école, tribunal. Cette analyse éclaire la manière dont les sociétés modernes exercent leur pouvoir moins par la répression frontale que par la normalisation continue des conduites et des corps. Les enjeux contemporains de ces analyses demeurent considérables : ils interrogent les fondements de la psychiatrie légale, les catégories du normal et du pathologique, et les dispositifs disciplinaires qui fabriquent en permanence de nouveaux individus à corriger ou à traiter.
Archéologie : mot dangereux puisqu'il semble évoquer des traces tombées hors du temps et figées maintenant dans leur mutisme. En fait, il s'agit pour Michel Foucault de décrire des discours. Non point des livres (dans leur rapport à leur auteur), non point des théories (avec leurs structures et leur cohérence), mais ces ensembles à la fois familiers et énigmatiques qui, à travers le temps, se donnent comme la médecine, ou l'économie politique, ou la biologie. Ces unités forment autant de domaines autonomes, bien qu'ils ne soient pas indépendants, réglés, bien qu'ils soient en perpétuelle transformation, anonymes et sans sujet, bien qu'ils traversent tant d'œuvres individuelles. Et là où l'histoire des idées cherchait à déceler, en déchiffrant les textes, les mouvements secrets de la pensée, apparaît alors, dans sa spécificité, le niveau des 'choses dites' : leur condition d'apparition, les formes de leur cumul et de leur enchaînement, les règles de leur transformation, les discontinuités qui les scandent. Le domaine des choses dites, c'est ce qu'on appelle l'archive ; l'archéologie est destinée à en faire l'analyse.
"L’Histoire de la sexualité, articulée en trois volumes (La volonté de savoir, L’usage des plaisirs et Le souci de soi), prolonge les recherches entreprises avec L’archéologie du savoir et Surveiller et punir. Michel Foucault concentre ses analyses sur la constellation de phénomènes que nous désignons par le « sexe » et la sexualité. L’axe de cette entreprise n’est pas de s’ériger contre une « répression » de la sexualité afin de la « libérer », mais de montrer comment la vie sexuelle a enclenché une volonté systématique de tout savoir sur le sexe qui s’est systématisée en une « science de la sexualité », laquelle, à son tour, ouvre la voie à une administration de la vie sexuelle sociale, de plus en plus présente dans notre existence.Foucault fait ainsi l’archéologie des discours sur la sexualité (littérature érotique, pratique de la confession, médecine, anthropologie, psychanalyse, théorie politique, droit, etc.) depuis le XVIIIe siècle et, surtout, au XIXe, dont nous héritons jusque dans les postures récentes de « libération sexuelle ». L’attitude de censure et celle d’affranchissement se rencontrent finalement dans le même type de présupposé : le sexe serait cause de tous les phénomènes de notre vie comme il commanderait l’ensemble de l’existence sociale."--
Thèse de doctorat soutenue en 1961 sous la direction de Georges Canguilhem, cette Histoire de la folie constitue l'œuvre fondatrice de Michel Foucault, celle dans laquelle s'élaborent les grandes intuitions qui traverseront toute son entreprise ultérieure. L'enquête archéologique porte sur un paradoxe central : pourquoi la modernité occidentale, qui se définit par l'avènement de la Raison, a-t-elle commencé par enfermer les fous ? Foucault montre que la Renaissance entretenait avec la folie un dialogue ambivalent mais fécond – la folie portait un sens mystérieux, comme en témoigne l'iconographie de la Nef des fous. L'époque classique rompt radicalement avec cette cohabitation : le Grand Renfermement du XVIIe siècle relègue les fous, avec les pauvres, les vagabonds et les libertins, dans les hôpitaux généraux, lieux de travail forcé et d'exclusion sociale. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle, avec Pinel et Tuke, que la folie devient un objet médical proprement dit – mais cet affranchissement des chaînes cache une domination plus subtile, celle du regard psychiatrique qui impose sa vérité au malade. Foucault invite à considérer la naissance de la psychiatrie non comme un progrès humaniste mais comme un nouvel exercice du pouvoir sur la déviance, rendant impossible la parole de la folie que nos sociétés avaient d'abord choisi de faire taire.