A Droite

Universitaire

Arnold Gehlen

Philosophe et sociologue allemand, figure de l'anthropologie philosophique. Il a pensé l'homme comme être déficient compensant sa nature par la culture et les institutions. Influence durable en sciences sociales et en critique de la modernité.

1904–1976•Allemand•2 ouvrages

Biographie

Né à Leipzig en 1904 dans une famille de la haute bourgeoisie saxonne, Arnold Gehlen étudie la philosophie et la sociologie à Leipzig. Auteur précoce, il enseigne dès l'entre-deux-guerres et adhère au parti national-socialiste en 1933. Sa carrière est rapide : chaires à Königsberg en 1936, puis à Vienne en 1940, année où paraît son œuvre maîtresse, Der Mensch (L'Homme). Il combat pendant la guerre et est blessé sur le front de Silésie.

Après 1945, son passé politique lui ferme durablement les portes de l'université ; il poursuit néanmoins ses recherches et son enseignement, notamment à l'école d'ingénieurs d'Aix-la-Chapelle. Ses travaux ultérieurs, d'Urmensch und Spätkultur (1956) à Moral und Hypermoral (1969), creusent sa critique de la modernité et de ce qu'il appelle la surmoralisation des sociétés contemporaines.

Gehlen est le principal représentant de l'anthropologie philosophique, dans le sillage de Max Scheler et de Helmuth Plessner. Il définit l'homme comme un « être déficient » par rapport à l'animal, qui compense ce handicap par la culture, le langage, la technique et surtout les institutions : en le délestant de décisions permanentes, celles-ci rendent l'action et la liberté possibles. Il se revendique en cela anti-Rousseau.

Sa pensée des institutions et sa critique du progressisme en ont fait une référence de la droite intellectuelle ouest-allemande d'après-guerre et une source pour la Nouvelle Droite européenne. Il meurt à Hambourg en 1976.

Ouvrages