Ouvrages
Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Essai de James Burnham paru en anglais en 1941 (The Managerial Revolution), traduit chez Calmann-Lévy en 1947 avec une préface de Léon Blum. L'ancien trotskiste y annonce l'avènement d'une classe dirigeante de managers et de techniciens, ni socialiste ni bourgeoise. Un classique de la sociologie des élites.
Opuscule de Charles Maurras publié en février 1898, qui fait de la décentralisation le moyen d'aboutir à un État fédéral. Dédié à Comte, Le Play, Renan et Taine, il range Tocqueville, Proudhon et Barrès parmi les décentralisateurs et récuse l'idée que la centralisation garantirait la stabilité, rappelant les cinq changements de régime du XIXe siècle et la défaite de 1870.
Grand ouvrage de Bertrand de Jouvenel publié en 1945 (Du pouvoir. Histoire naturelle de sa croissance ; édition Pluriel, 2006). Il suit les formes prises par l'autorité politique au fil de l'histoire et les mécanismes - centralisation, guerre, rapport entre gouvernants et gouvernés - par lesquels le pouvoir accroît sans cesse ses moyens d'action.
Publié en 1957, l'année de son prix Nobel, Réflexions sur la guillotine est le grand texte d'Albert Camus contre la peine de mort. L'écrivain y démonte, un à un, les arguments des partisans du châtiment suprême - l'exemple, la dissuasion, la justice - et oppose à la logique de l'État la mesure de l'homme. Un classique du combat abolitionniste, toujours d'actualité.
Publié en 1975, Surveiller et punir retrace la naissance de la prison moderne et le passage, entre le XVIIIe et le XIXe siècle, des châtiments spectaculaires aux techniques disciplinaires. Michel Foucault y analyse comment le pouvoir s'est déplacé du corps supplicié vers la surveillance, la normalisation et l'organisation des corps, de la caserne à l'école et à l'atelier. Un classique de la pensée critique contemporaine.
Publiée en 1748, De l'esprit des lois est la somme politique de Montesquieu : une enquête comparée sur les gouvernements, les sociétés et les lois, dont le principe de séparation des pouvoirs a nourri les constitutions modernes. L'auteur y analyse comment les lois se rattachent au climat, aux mœurs, à la religion et au commerce de chaque peuple, et dessine une manière nouvelle de penser le politique, attentive à la diversité des situations plutôt qu'à des modèles abstraits.
Charlotte Belaich et ses coauteurs enquêtent sur des accusations de violences sexuelles, de pouvoir et de silence dans un milieu politique et militant. Le livre interroge les mecanismes de protection collective, les loyautes partisanes et la difficulte des victimes a faire entendre leur parole. Il s inscrit dans le sillage de #MeToo politique et des debats sur les violences sexistes.
Florence Bergeaud-Blackler analyse le frerisme comme ecosysteme ideologique, associatif et institutionnel lie aux Freres musulmans en Europe. Elle decrit ses reseaux, ses strategies d influence, son rapport au halal, a l education, aux normes sociales et au pouvoir politique. L ouvrage a suscite un debat public intense sur l islamisme, la laicite et les angles morts des institutions.
Jean-Philippe Jaworski signe un roman de fantasy politique situe dans l univers du Vieux Royaume. On y suit Benvenuto Gesufal, spadassin cynique et brillant, pris dans les intrigues d une cite inspiree de la Renaissance italienne. Le livre mele aventure, complots, violence, humour noir et observation des rapports de pouvoir. Son ampleur et son style en font l une des references francaises de la fantasy contemporaine.
Dans cet essai court et percutant, le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie interroge l’échec récurrent des forces de gauche et progressistes depuis plusieurs décennies. Il part d’un constat simple : la gauche perd la plupart des combats qu’elle engage, stagne ou régresse, et vit une expérience généralisée d’impuissance politique. Lagasnerie distingue deux attitudes : s’exprimer (manifester, pétitionner, débattre, témoigner) et agir (produire des effets concrets et immédiats sur le réel). Selon lui, une grande partie du militantisme contemporain s’est transformée en pure communication symbolique, sans véritable capacité de transformation. Il appelle à repenser les stratégies politiques en privilégiant l’efficacité, l’action directe et le conflit assumé, plutôt que la conformité morale ou l’indignation stérile. L’ouvrage propose une réflexion sur les conditions d’une véritable puissance politique pour les forces émancipatrices.
Le livre « Biological Leninism » (2017) de l’auteur connu sous le nom de Spandrell est un texte fondateur du mouvement néoréactionnaire qui analyse le progressisme moderne comme une forme évoluée des dynamiques de pouvoir léninistes. L’ouvrage est structuré en trois essais principaux suivis d’une interview exhaustive.
Publié en 1651 pendant la Guerre civile anglaise, le Léviathan de Thomas Hobbes énonce la doctrine fondatrice de la philosophie politique moderne contractuelle. Confronté au spectacle de l'effondrement politique et social, Hobbes construit un système théorique implacable : dans l'état de nature pré-politique règne la guerre de tous contre tous, où chaque vie demeure nécessairement « sordide, bestiale et brève ». Seul remède à cette violence originelle : un contrat social où les individus renoncent volontairement à leurs libertés absolues pour confier toute autorité à un souverain omnipotent, qu'il soit monarque, assemblée ou magistrature. Cette abdication de la liberté naturelle demeure l'unique fondement possible de la paix civile et de la sécurité collective. Hobbes rejette l'illusion que les arrangements institutionnels fragmentés ou limités puissent garantir la stabilité : seul le pouvoir indivisible, armé de la terreur légitime, peut imposer l'ordre. Cette philosophie de l'absolutisme contractuel inaugure le débat fondateur de la modernité politique : comment justifier légalement et rationnellement l'autorité souveraine ? Locke, Rousseau et Kant débattront ce paradigme hobbésien du contrat, mais tous demeurent captifs de sa problématique. Leviathan demeure l'œuvre maîtresse de la pensée politique réaliste.
Jean Bordonove est un écrivain et biographe français connu pour ses ouvrages historiques accessibles et bien documentés. Dans ses travaux consacrés à Napoléon, il propose un portrait clair, vivant et dépouillé d’emphase, où l’empereur apparaît avant tout comme un homme politique et un chef militaire façonné par les circonstances exceptionnelles de son époque. Bordonove met l’accent sur la logique interne de l’ascension napoléonienne, la cohérence de ses réformes, la dynamique de ses campagnes et la dimension profondément européenne de son action, tout en évitant les excès hagiographiques ou les condamnations systématiques. Son approche, à la fois narrative et rigoureuse, en fait une porte d’entrée solide pour comprendre Napoléon sans être submergé par l’érudition ou les polémiques.
Frédéric Lordon, économiste et philosophe au CNRS, signe dans ce texte satirique et polémique une charge virulente contre les mensonges et les hypocrisies du discours économique dominant. Le titre provocateur situe d'emblée le registre : il ne s'agit pas d'une critique académique feutrée mais d'une invective philosophique contre ceux qui prétendent transformer l'économie néolibérale en destin inévitable et en vérité scientifique. Lordon mobilise Spinoza et sa théorie des affects pour analyser comment le capitalisme contemporain capture les désirs et les énergies des individus au service de l'accumulation. Sa critique ne se limite pas aux dimensions économiques : il s'attaque à la façon dont le néolibéralisme a colonisé les imaginaires, les subjectivités et les formes de vie, rendant difficile même de concevoir des alternatives. Le texte combine rigueur théorique et verve polémique dans une prose souvent féroce qui n'épargne ni les économistes mainstream ni les responsables politiques qui les suivent. Lordon défend une position radicalement critique qui refuse tout réformisme partiel pour exiger une transformation structurelle des rapports de production. Cet ouvrage, difficile à classer entre l'essai politique, la satire et le traité philosophique, témoigne de la vitalité d'une pensée économique hétérodoxe qui refuse de se soumettre aux catégories dominantes.
Transcription de son cours au Collège de France de l'année 1974-1975, Les anormaux prolonge et radicalise l'enquête généalogique que Michel Foucault consacre aux mécanismes de pouvoir traversant le corps social moderne. L'ouvrage s'articule autour de trois figures historiques centrales – le monstre humain, l'individu à corriger, l'onaniste – dont Foucault retrace la construction progressive comme objets d'un savoir spécialisé et d'une intervention institutionnelle. Le monstre humain, figure juridico-naturelle héritée du Moyen Âge, se transforme progressivement en objet psychiatrique ; l'enfant à corriger devient la cible des pédagogies normalisatrices ; l'onaniste, figure éminemment moderne, concentre les angoisses médicales sur la sexualité enfantine. En reconstituant ces généalogies, Foucault montre que les catégories d'anormalité ne sont pas des découvertes objectives mais des productions historiques, engendrées par la rencontre entre des savoirs – psychiatrie, criminologie, pédagogie – et des institutions – hôpital, école, tribunal. Cette analyse éclaire la manière dont les sociétés modernes exercent leur pouvoir moins par la répression frontale que par la normalisation continue des conduites et des corps. Les enjeux contemporains de ces analyses demeurent considérables : ils interrogent les fondements de la psychiatrie légale, les catégories du normal et du pathologique, et les dispositifs disciplinaires qui fabriquent en permanence de nouveaux individus à corriger ou à traiter.
"L’Histoire de la sexualité, articulée en trois volumes (La volonté de savoir, L’usage des plaisirs et Le souci de soi), prolonge les recherches entreprises avec L’archéologie du savoir et Surveiller et punir. Michel Foucault concentre ses analyses sur la constellation de phénomènes que nous désignons par le « sexe » et la sexualité. L’axe de cette entreprise n’est pas de s’ériger contre une « répression » de la sexualité afin de la « libérer », mais de montrer comment la vie sexuelle a enclenché une volonté systématique de tout savoir sur le sexe qui s’est systématisée en une « science de la sexualité », laquelle, à son tour, ouvre la voie à une administration de la vie sexuelle sociale, de plus en plus présente dans notre existence.Foucault fait ainsi l’archéologie des discours sur la sexualité (littérature érotique, pratique de la confession, médecine, anthropologie, psychanalyse, théorie politique, droit, etc.) depuis le XVIIIe siècle et, surtout, au XIXe, dont nous héritons jusque dans les postures récentes de « libération sexuelle ». L’attitude de censure et celle d’affranchissement se rencontrent finalement dans le même type de présupposé : le sexe serait cause de tous les phénomènes de notre vie comme il commanderait l’ensemble de l’existence sociale."--