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Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
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Essai d'anthropologie de Maurice Godelier paru en 2007. L'auteur y interroge ce qui est unique et universel chez l'être humain : parenté, économie, politique et religion, fonctions qu'il distingue comme autant de fondements de toute société. Le livre prolonge son anthropologie fondamentale, nourrie de ses travaux de terrain en Nouvelle-Guinée.
Recueil d'essais de Maurice Merleau-Ponty publié chez Gallimard en 1960. Textes sur le langage, l'histoire, la politique et les sciences humaines : contre une philosophie idéaliste, le philosophe y cherche la corporéité du signe et dialogue notamment avec l'anthropologie structurale de Lévi-Strauss.
Étude d'Eugène Pittard publiée en 1924, sous-titrée Introduction ethnologique à l'histoire. Ce texte d'anthropologie appartient à l'histoire des sciences et doit être lu dans son contexte. Vers 00:44:05, Julien Rochedy cite Pittard sur la France comme « synthèse de l'Europe ». Le rapprochement avec cet ouvrage est probable, mais le titre n'est pas prononcé et la formule exacte n'a pas été retrouvée dans le texte primaire. Il ne s'agit pas d'une recommandation explicite du livre.
Essai historique et anthropologique qui relie les structures familiales aux différences culturelles et idéologiques en Europe. Todd y distingue notamment la famille nucléaire égalitaire, caractéristique de la France du Nord. Dans la vidéo de Julien Rochedy vers 00:22:25, ce modèle familial rend l'identification de L'Invention de l'Europe fortement probable. Le titre n'est toutefois pas prononcé dans ce passage; il s'agit d'une identification bibliographique, non d'une recommandation explicite.
Paru en 1961 aux États-Unis (African Genesis ; traduction Stock, 1963), cet essai de Robert Ardrey vulgarise la thèse du paléoanthropologue Raymond Dart : l'humanité serait née en Afrique d'ancêtres carnivores et prédateurs, distingués des autres singes par l'usage des armes. Premier volume d'une série sur la nature humaine qui eut un retentissement considérable.
Publié en 1977 chez Gallimard, Homo aequalis retrace, de Mandeville à Marx, le passage d'une conception holiste de la société à l'idéologie individualiste moderne. Louis Dumont y montre comment l'économie s'est autonomisée jusqu'à devenir la catégorie centrale de la pensée moderne. L'ouvrage figure dans la sélection de l'Institut Iliade.
Ouvrage fondateur de l'anthropologie philosophique d'Arnold Gehlen, paru en allemand en 1940 (traduction française Gallimard, 2021). Partant du paradoxe d'un homme démuni dans la nature mais ouvert au monde, il montre comment l'action et les institutions compensent cette indigence et ordonnent l'existence humaine.
Court essai de Max Scheler paru en allemand en 1928 (Die Stellung des Menschen im Kosmos ; traduction Aubier, 1951), qui ouvre le chantier de l'anthropologie philosophique. Il interroge la place de l'homme dans le monde vivant et sa capacité propre à prendre de la distance avec ses impulsions. Sélection de l'Institut Iliade.
Publié en 1982, Le Bouc émissaire prolonge La Violence et le Sacré : René Girard y montre que les persécutions historiques - procès de sorcières, massacres en temps de peste, pogroms - reposent sur le même mécanisme de la victime émissaire que les mythes. Face à ces textes qui occultent la violence collective, l'Évangile apparaît selon lui comme le récit qui, le premier, la révèle et la dénonce.
Publié en 1961, Mensonge romantique et vérité romanesque est l’ouvrage fondateur de René Girard. Il y développe une thèse centrale et dérangeante : le désir humain n’est jamais spontané ni autonome, mais toujours mimétique. Nous désirons toujours à travers un modèle, en imitant le désir d’autrui. À travers l’analyse de grands romanciers (Stendhal, Flaubert, Proust, Dostoïevski), Girard démontre que ce que le romantisme présente comme un désir individuel et original n’est en réalité qu’un « mensonge romantique ». Le grand roman révèle la « vérité romanesque » : notre désir est une imitation. Au-delà de la critique littéraire, Girard propose une véritable anthropologie du désir qui remet en cause l’idéal moderne d’autonomie individuelle. Seule une sortie de la rivalité mimétique, qu’il entrevoit notamment chez Dostoïevski, permettrait d’échapper à ce cycle infernal..
Un essai fondateur en psychologie sociale, qui analyse le comportement des individus lorsqu’ils se fondent dans une foule. Le Bon soutient que la foule forme une entité psychologique distincte de la somme des individus qui la composent. Dans la foule, l’individu perd son sens critique, sa volonté personnelle et son individualité : il devient suggestible, impulsif, excessif et irrationnel. Caractéristiques principales de la « mentalité collective » : contagion mentale (les idées et émotions se propagent comme un virus), suggestibilité extrême (la foule accepte sans réfléchir les affirmations simples, violentes et imagées), exagération des sentiments (amour, haine, héroïsme ou cruauté sont portés à l’extrême), disparition de la responsabilité (l’anonymat pousse à des actes que l’individu seul n’oserait pas commettre). Le Bon décrit aussi les leaders (orateurs charismatiques) qui manipulent les foules par des images, des répétitions et des affirmations catégoriques. Un ouvrage influent (lu par Freud, Mussolini, Hitler, de Gaulle…) qui explique les dynamiques des révolutions, des émeutes et des mouvements de masse.
Anthony D. Smith montre que les nations modernes ne surgissent pas ex nihilo : elles prolongent des communautés ethniques anciennes dont elles reprennent les mythes, symboles, mémoires et valeurs. Contre les modernistes qui voient la nation comme entièrement récente et contre les primordialistes qui la pensent naturelle, Smith défend une voie médiane : la nation est une construction moderne fondée sur des matériaux pré-modernes. Il distingue le modèle civique-occidental et le modèle ethnique-généalogique, et montre comment l’État moderne, la citoyenneté et la mobilisation de masse ont réorganisé sans effacer les héritages culturels et historiques. Pour Smith, la nation n’abandonne pas l’ethnie : elle la transforme, la politise et la réactive pour garantir continuité et identité.
Essai de l'anthropologue français Lévi-Strauss, avec une section introductive qui détaille les ouvrages précédents de l'auteur, notamment sur la vie sociale et la parenté des Indiens Nambikwara du Brésil, que l'auteur a rencontré. Les premières parties du texte, intitulées « La fin des voyages » et « Feuilles de route », servent de récit personnel où l'auteur exprime son dégoût pour les récits d'expédition sensationnalistes et la profession d'explorateur. Il narre ses propres expériences de voyage, y compris une traversée difficile vers la Martinique en 1941, où il a été confronté à l'hostilité et à la bêtise des autorités françaises, et discute des circonstances qui l'ont mené à devenir ethnologue à l'Université de São Paulo. Lévi-Strauss critique l'impact destructeur de la civilisation occidentale sur les cultures indigènes et déplore l'illusion du voyage, cherchant à se confronter à la vérité de son expérience.
Une histoire de l'anthropologie L'histoire de l'anthropologie est complexe et bien plus riche que ne le laissent penser certaines approches qui la réduisent à un seul courant. Si l'on veut se donner les moyens de saisir le champ de l'anthropologie dans son ensemble, il faut passer par la Grande-Bretagne, l'Allemagne et les États-Unis autant que par la France - et oser remonter quelque peu dans le temps. C'est l'ambition du présent ouvrage, qui se donne à lire comme un vade-mecum permettant de situer les hommes et les idées qui ont peu à peu construit la discipline en Europe et outre-Atlantique.
La variété des conceptions de l'au-delà comme des rites funéraires révèle combien la question du trépas constitue depuis les origines l'un des fondements des sociétés humaines. Comment celles-ci s'expliquent-elles que l'humanité soit mortelle ? Comment se représentent-elles l'acte même de mourir ou se comportent-elles face à celui qui agonise ? À quelles nécessités sociales ou religieuses répondent l'inhumation, la crémation ou la momification des dépouilles ? Quelles que soient les formes qu'elles revêtent, les funérailles témoignent toujours de la volonté de conjurer la mort et de préparer la vie du défunt dans un autre monde. C'est ce que nous confirme cet ouvrage à travers l'étude de sociétés aussi diverses que celles de la Grèce et de la Rome antiques, du Moyen Âge chrétien, de la Chine et de l'Inde contemporaines ou des aborigènes d'Australie. Il montre l'extraordinaire créativité des hommes dans leur face-à-face avec la mort et l'inconnu de l'au-delà, qu'ils soient juifs, musulmans, bouddhistes, amérindiens ou mélanésiens. Mais au-delà des imaginaires et des rites qui distinguent toutes ces cultures, un socle invariant les réunit : nulle part, la mort ne s'oppose à la vie.
John Iliffe propose ici une histoire générale de l'Afrique, des origines de l'humanité jusqu'à nos jours. Les Africains ont conquis une région particulièrement hostile du globe au nom de toute l'espèce humaine. Le peuplement du continent, la coexistence de l'homme avec son environnement, la construction de sociétés durables et la défense contre les agressions venues des contrées les plus favorisées constituent les axes principaux de cette histoire. Celle-ci est aussi marquée par les blessures et les cicatrices. En consacrant une longue analyse à l'esclavage, John Biffe montre que la souffrance se trouve au coeur de l'expérience africaine. Contre cette souffrance, les Africains ont élaboré des défenses qui leur sont propres : ils placent l'endurance, le courage et le sens de l'honneur au premier plan de toutes les vertus. Autant de valeurs grâce auxquelles ils affrontent les nouveaux défis du monde contemporain -- l'instabilité politique, les guerres, les bouleversements culturels et, surtout, la propagation du Sida. Telle est l'histoire exceptionnelle de populations exceptionnelles : celles du Maghreb, de l'Egypte, de l'Ethiopie, de toute l'Afrique noire -- une communauté de destins qui lie en une seule histoire les tout premiers humains à leurs descendants d'aujourd'hui.
Marylène Patou-Mathis, préhistorienne et directrice de recherche au CNRS, nous plonge dans la vie et la disparition du Néandertalien, notre cousin le plus proche dans l'arbre de l'évolution humaine. S'appuyant sur les découvertes archéologiques et paléontologiques les plus récentes, l'auteure dresse un portrait nuancé et fascinant de cette espèce longtemps caricaturée comme brute primitive. L'ouvrage déconstruit méthodiquement les stéréotypes : les Néandertaliens enterraient leurs morts avec soin, fabriquaient des outils sophistiqués, utilisaient des pigments et connaissaient probablement une forme de langage. Ces êtres pensants ont peuplé l'Europe et l'Asie pendant plus de trois cent mille ans avant de disparaître il y a environ quarante mille ans. Patou-Mathis explore les hypothèses sur les causes de cette extinction : concurrence avec Homo sapiens, changements climatiques, épidémies ou hybridation progressive. La découverte récente que la plupart des humains modernes portent une petite fraction d'ADN néandertalien bouleverse la vision d'une disparition totale et suggère des échanges entre les deux espèces. Ce livre passionnant nous invite à reconsidérer notre rapport à l'autre et à l'altérité, en révélant que l'humanité a longtemps coexisté avec d'autres formes d'intelligence et de culture.
Claude Lévi-Strauss explore la nature et la sophistication de la pensée dite "primitive," argumentant qu'elle n'est pas inférieure à la pensée scientifique occidentale, mais plutôt une logique concrète et méthodologique distincte. L'auteur réfute l'idée que les savoirs indigènes sont uniquement fonctionnels ou limités par les besoins pratiques, en citant des exemples de classifications zoologiques et botaniques extrêmement précises, comme chez les Indiens. Lévi-Strauss introduit le concept de bricolage pour caractériser cette pensée, qui utilise un ensemble fini de moyens pour créer des systèmes d'intelligibilité, soulignant que des pratiques comme la magie et la science moderne sont des modes de connaissance parallèles. Enfin, l'ouvrage démontre l'omniprésence des systèmes de classification dans les mythes, les rituels et l'organisation sociale, allant des tabous aux totémismes, pour affirmer que la pensée sauvage est logique et hautement structurée.
Dans Essai sur le don (1925), Marcel Mauss montre, à partir d’exemples ethnologiques issus de sociétés traditionnelles (Polynésie, Amérique du Nord, Mélanésie), que l’échange n’est pas d’abord un acte économique utilitaire, mais un fait social total engageant à la fois le religieux, le juridique, le politique, le symbolique et l’affectif. Le don n’y est jamais gratuit : il obéit à une triple obligation – donner, recevoir, rendre – qui structure les alliances, hiérarchies et rapports de prestige entre groupes. En révélant que la réciprocité précède historiquement le marché et le contrat, Mauss démontre que les sociétés humaines reposent d’abord sur des relations d’obligation mutuelle plutôt que sur le calcul marchand, offrant ainsi une critique fondamentale des conceptions purement économiques du lien social.
Best-seller d’un anthropologue américain et théoricien anarchiste influent, initiateur d’Occupy Wall Street en 2011, David Graeber propose dans ce livre une lecture qui contredit le récit économique classique : selon lui, le crédit précède la monnaie et la dette structure depuis toujours nos systèmes économiques et nos rapports sociaux, bien avant le troc. Il montre aussi que nombre de nos concepts moraux – culpabilité, pardon, rédemption – trouvent leur origine dans les conflits antiques autour de la dette. L’ouvrage explore les alternances historiques entre sociétés de crédit et d’argent métallique, évoque les jubilés de dettes de l’Antiquité et interroge enfin la morale même du remboursement, en contestant l’idée que toute dette doive nécessairement être honorée.
Sapiens : Une brève histoire de l'humanité de Yuval Noah Harari est un essai grand public qui retrace l’histoire de l’espèce humaine depuis ses origines jusqu’à nos jours, en seulement 400 pages environ. Harari explique comment Homo sapiens, il y a environ 70 000 ans, a franchi la Révolution Cognitive : grâce à notre capacité unique à inventer et à croire en des fictions collectives (mythes, religions, nations, argent, droits humains), nous avons pu coopérer massivement et dominer les autres espèces humaines puis la planète. Il analyse ensuite les trois grandes révolutions qui ont façonné notre destin : Cognitive (langage, imagination), Agricole (sédentarisation, inégalités, « piège » du blé), Scientifique (depuis le XVIe siècle, explosion technologique et pouvoir sans précédent). Provocateur, fluide et multidisciplinaire, le livre questionne le progrès, le bonheur, notre impact écologique et les futurs possibles (IA, biotechnologies). Un best-seller qui change radicalement la façon de voir l’humanité.
« Aujourd’hui, notre pitié ne s’arrête plus à l’humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l’invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d’autrefois, l’imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes et souffre avec elles. L’homme moderne est tiraillé entre une ambition immense et une compassion sans limite. Il veut être le Seigneur de la Création et il découvre progressivement en lui la faculté de s’identifier à toutes les créatures. Ainsi s’explique l’irruption récente de la cause animale sur la scène politique. La nouvelle sensibilité aux animaux aura-t-elle le pouvoir de changer la donne ou l’impératif de rentabilité continuera- t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du coeur ? » A. F.
Bronislaw Malinowski, ethnologue polonais formé à l'école anglaise d'anthropologie sociale, révolutionne la discipline avec ces trois essais qui constituent autant d'applications exemplaires de sa méthode d'observation participante. Le premier essai, consacré au mythe, rejette l'interprétation intellectualiste qui y voit une proto-science ou une narration esthétique : le mythe est une « charte vivante » qui justifie les institutions et les pratiques sociales existantes. Le deuxième essai, portant sur le droit primitif, conteste l'idée d'une société sans droit aux stades inférieurs de l'évolution : Malinowski montre que les sociétés mélanésiennes des Îles Trobriand sont régies par un réseau d'obligations réciproques parfaitement efficaces, fondées non sur la contrainte coercitive mais sur l'intérêt mutuel et la réciprocité. Le troisième essai, sur la magie, distingue soigneusement celle-ci de la religion et de la science, analysant son rôle fonctionnel dans la gestion de l'anxiété face aux domaines de l'existence – pêche en haute mer, guerre, jardinage – où l'incertitude technique domine. L'apport méthodologique de ces essais est considérable : Malinowski fonde l'ethnographie sur l'immersion prolongée dans la société étudiée, l'apprentissage de la langue vernaculaire et le refus des grilles d'interprétation importées de la culture de l'observateur. Ce fonctionnalisme empirique demeure une référence indispensable de l'anthropologie sociale contemporaine.
Le Clan de l'Ours des cavernes est le premier tome de la saga Les Enfants de la Terre, un best-seller historique et préhistorique publié en 1980. Il y a environ 35 000 ans, en Europe glaciaire, une fillette de 5 ans, Ayla (Homo sapiens, Cro-Magnon), est orpheline après un tremblement de terre qui détruit son camp. Blessée par un lion des cavernes, affamée et mourante, elle est recueillie par un clan de Néandertaliens (le Clan de l’Ours des cavernes) qui cherche un nouveau foyer après le même séisme. La guérisseuse Iza la sauve et l’adopte, malgré les réticences du chef Brun et les différences physiques et culturelles avec « les Autres ». Ayla grandit au sein du clan, apprenant leurs traditions rigides, leurs rituels totémiques et leur mode de vie, mais son intelligence vive, son indépendance et ses aptitudes exceptionnelles (notamment en chasse et médecine) heurtent les coutumes patriarcales et provoquent des conflits, surtout avec le jeune Broud. Un roman immersif sur la survie, le choc des cultures, l’acceptation et le destin d’une femme hors norme à la préhistoire.