Ouvrages
Ouvrages de tous horizons, avec une attention particulière et assumée pour la pensée de droite
Ouvrage
Parmi les cinq sens, l'olfaction et le goût sont les plus décriés, car ils rappellent avec trop d'insistance que l'homme n'est pas seulement un être qui pense, mais qu'il est aussi un animal qui renifle, sent et goûte. D'où le discrédit jeté sur ces deux sens et ce qu'ils permettent : la gastronomie, l'art de manger et de boire. Or, on peut entendre la gastronomie comme une discipline qui voit le jour après la Révolution française, avec l'effondrement de l'Ancien Régime ; une philosophie du goût n'est pas pensable dans les catégories classiques de la pensée occidentale. Seule une perspective hédoniste permet d'aborder ce sujet d'une manière spécifiquement philosophique. La Raison gourmande se propose de répondre positivement à la question de Nietzsche : y a-t-il une philosophie du goût ? L'ouvrage est composé sur le mode contrapuntique : un chapitre solide, un chapitre liquide. Dom Perignon, Grimod de la Reynière, Brillat-Savarin, Carême deviennent ainsi - avec Leibniz, Descartes et Condillac - les héros de ce livre savant et drôle. Chaque fois, l'auteur s'interroge : quelle est la métaphysique promise par un ragoût ou une cuisson ? Et, inversement : de quelle technique gastronomique s'autorisent les grands systèmes philosophiques ?
Michel Onfray reste fidèle à la morale "hédoniste" dont il avait déjà esquissé les principes. En effet, pour ce jeune philosophe, l'Occident est fondé sur des valeurs et des vertus caduques. Il leur oppose, avec une grande allégresse de pensée et de style d'autres valeurs tournées vers le plaisir, la jouissance. Il voudrait donc ressusciter la "virtù" de la Renaissance contre les "vertus" judéo-chrétiennes. Il a imaginé ce livre qui est une promenade autour de la Méditerranée, principalement en Italie, à la recherche de tous les vestiges de cette virtù. Il rencontre ainsi la statue équestre d'un condottiere qui lui semble résumer ce dont sa pensée conserve la nostalgie : courage, théâtre, sens du jeu et de l'audace, passion de l'amitié, de la beauté et de la politesse, qualités qui toutes pourraient permettre à l'individu moderne de se "sculpter".
« J'ai été arrêté un jour dans une rue par un expert spécialisé en attributions de peintures du XIXe siècle. Il savait que j'avais parlé des "Arts incohérents" dans l'un de mes livres et voulait me dire qu'il avait trouvé dans une malle vingt-deux oeuvres de ces fameux "anartistes" ! Pendant plus d'une dizaine d'années, ces Incohérents ont réalisé des expositions à Paris où l'humour, la drôlerie, la farce, l'ironie, la dérision ont mené le bal en générant la révolution qu'effectue un jour Marcel Duchamp. Car les premiers ready-made, ce sont eux - un rideau de fiacre exposé par Alphonse Allais. Le premier monochrome, c'est eux - Alphonse Allais et Pierre Bilhaud signent une Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige (1883) qui est un simple bristol blanc... Les premiers happenings, ou les premières oeuvres conceptuelles, ce sont aussi eux. Duchamp et Breton connaissaient ce courant esthétique révolutionnaire dont seuls subsistent les catalogues dont on aurait même pu penser, tant leur délire était grand, qu'ils étaient eux-mêmes des oeuvres conceptuelles d'expositions n'ayant jamais eu lieu ! Nous savons désormais que ça n'est pas le cas. » Michel Onfray
« Dans le premier tome de mes mémoires, les Français ont découvert un jeune Breton fier de sa famille, de sa petite patrie la Trinité, de sa grande patrie, la France. Un fils de la nation désolé de voir celle-ci blessée, rapetissée par la seconde guerre mondiale et la fin de l’Empire, qui n’aura pu, malgré son engagement, empêcher des responsables politiques en poste de l’enfoncer dans la décadence. Le deuxième tome raconte la construction d’un mouvement indépendant qui tente de relever la France, l’aventure exaltante du Front national, si généralement et si bassement calomnié. Quarante ans d’histoire de France, de lutte implacable. Une vie personnelle et familiale parfois difficile. Et puis la suite. La transmission qui ne coule pas de source. Les attaques de plus en plus vives contre la nation. Le mondialisme totalitaire, l’ouragan de l’invasion, l’écologisme maître de la pensée unique. Et la nation trahie. La droite et la gauche piétinant leurs valeurs respectives. Le peuple français abandonné par les collaborateurs du déclin, Giscard, Mitterrand, Chirac, puis par leurs minuscules épigones d’aujourd’hui. J’ai échoué à prendre le pouvoir, mais j’aurai fait ce qu’il fallait faire, vu ce qu’il fallait voir, dit ce qu’il fallait dire. À temps. J’aurai été le tribun d’un peuple martyrisé. Advienne maintenant que pourra. L’heure vient où il faut regarder plus haut que la terre, en espérant pourtant que notre civilisation, notre lignée, trouveront le moyen de survivre. Vive la France quand même ! »
Un nouveau regard sur Le Pen : le sien « Mes grands-parents ne savaient pas lire mais surent donner une vie décente à leurs enfants. Ma paysanne de mère était élégante et fière, mon père, patron pêcheur taciturne, avait navigué pendant la Grande guerre, à treize ans, mousse sur un cap-hornier, ces cathédrales de toile et de bois qui affrontaient les quarantièmes rugissants. A la maison, il n’y avait pas l'eau courante mais on aimait sa famille, son pays et Dieu – et la Bretagne aussi, avec ses îles, ses navires. L’instituteur et le curé nous apprenaient à les chanter ensemble. En somme, j’étais un petit Breton heureux dans la grande France. Puis vint la Seconde guerre mondiale. Le père est mort, la France était blessée, des curés m’ont dégoûté de Dieu. C’est alors que j’ai découvert la folie des hommes, Paris, l’université, l’Indochine, l’Assemblée nationale, l’Algérie. J’eus une épouse et des filles. La vie s’offrait, tantôt magnifique, tantôt désolante. Le petit Breton avait grandi, la France rapetissé. Pour la relever, j’ai choisi le combat politique. »
Paul Veyne, historien antiquisantet membre de l'Académie française, réunit dans ce recueil une série d'essais et de leçons qui illustrent sa conception singulière de l'histoire ancienne : un regard à la fois savant et étonné sur les façons de penser et de vivre des Anciens, radicalement différentes des nôtres. Veyne excelle à restituer l'étrangeté du passé sans l'anachronisme : il ne projette pas nos catégories modernes sur les Grecs et les Romains, mais cherche à comprendre leur logique propre, leurs évidences et leurs angles morts. Ces essais abordent des thèmes variés : la sexualité antique, la religion romaine, le stoïcisme comme art de vie, la conception du bonheur chez les Anciens, le rapport à la mort et à la mémoire. Veyne montre comment ces sociétés ont construit des systèmes cohérents de représentation du monde qui n'ont ni la même logique ni les mêmes priorités que les nôtres. Son écriture, remarquablement claire et souvent ironique, rend accessibles des questions d'histoire intellectuelle habituellement réservées aux spécialistes. À l'école des Anciens constitue une invitation à la philosophie pratique autant qu'à l'histoire : ces penseurs du passé, en nous montrant que d'autres manières de vivre ont été possibles, élargissent notre imagination du présent et de l'avenir.
L’islam est-il une religion de paix ou de guerre ? Est-il réformable ? Pourquoi tant de musulmans semblent-ils attirés par l’extrémisme ? Et que signifient réellement des mots comme djihadisme et fondamentalisme ? Dans un monde déchiré par l’incompréhension et la violence, Sam Harris – athée célèbre – et Maajid Nawaz – ancien radical – montrent comment deux personnes aux convictions religieuses très différentes peuvent trouver un terrain d’entente et vous invitent à participer à une conversation dont l’urgence s’impose. « Quelle bouffée d’air frais que de lire un échange honnête et pourtant chaleureux entre Maajid Nawaz, islamiste devenu musulman libéral, et Sam Harris, le neuroscientifique qui défend un athéisme empreint de pleine conscience… Leur dialogue dissipe de nombreuses confusions qui empoisonnent le débat public sur l’islam. » – Irshad Manji, New York Times Book Review « Il est malheureusement rare, à n’importe quelle époque, de trouver un dialogue fondé sur les faits et la raison – et il est plus rare encore que des intellectuels musulmans et non musulmans parviennent à garder la distance critique nécessaire sur de grandes questions concernant l’islam. Ce qui fait de Islam and the Future of Tolerance une sorte de licorne… La plupart des conversations sur la religion sont marquées par l’incapacité des deux camps à s’écouter ; mais ici, enfin, se tient un véritable débat. » – New Statesman
L'homme se tient sur une brèche, dans l'intervalle entre le passé révolu et l'avenir infigurable. Il ne peut s'y tenir que dans la mesure où il pense, brisant ainsi, par sa résistance aux forces du passé infini et du futur infini, le flux du temps indifférent. Chaque génération nouvelle, chaque homme nouveau doit redécouvrir laborieusement l'activité de pensée. Longtemps, pour ce faire, on put recourir à la tradition. Or nous vivons, à l'âge moderne, l'usure de la tradition, la crise de la culture. Il ne s'agit pas de renouer le fil rompu de la tradition, ni d'inventer quelque succédané ultra-moderne, mais de savoir s'exercer à penser pour se mouvoir dans la brèche. Hannah Arendt, à travers ces essais d'interprétation critique - notamment de la tradition et des concepts modernes d'histoire, d'autorité et de liberté, des rapports entre vérité et politique, de la crise de l'éducation entend nous aider à savoir comment penser en notre siècle.