Ouvrage
Somme théologique
Rédigée entre 1265 et 1274 et restée inachevée, la Somme théologique est l'œuvre majeure de Thomas d'Aquin : un vaste traité organisé en questions et articles qui expose l'existence de Dieu, la loi, la nature humaine, les vertus et la grâce, en dialoguant avec Aristote, les Pères de l'Église et les philosophes arabes et juifs. Elle est devenue la référence doctrinale de la théologie catholique.
Auteur

Thomas d'Aquin était un théologien et philosophe médiéval, considéré comme l'un des plus grands penseurs de l'Église catholique. Il a intégré la philosophie aristotélicienne à la théologie chrétienne.
Contenu
Commencée vers 1265 et interrompue en décembre 1273, quelques mois avant la mort de son auteur, la Somme théologique (Summa theologiae) est le grand ouvrage de maturité de Thomas d'Aquin. Il y reprend l'ensemble du savoir théologique de son temps dans une forme scolaire rigoureuse : chaque question est divisée en articles, qui exposent d'abord les objections adverses, puis un argument d'autorité (sed contra), la réponse développée de Thomas, et enfin la réfutation des objections.
L'ouvrage se divise en trois parties. La première traite de Dieu, de la création, des anges et de l'homme. La deuxième, elle-même scindée en deux, étudie l'agir humain : la finalité de l'homme et le bonheur, les passions, les habitus, la loi et la grâce (prima secundae), puis les vertus théologales et morales en détail (secunda secundae). La troisième partie, restée inachevée, aborde le Christ et les sacrements ; elle s'arrête au traité de la pénitence, et le Supplément qui la complète a été composé par des disciples à partir d'écrits antérieurs.
Sa méthode articule foi et raison en convoquant Aristote, qu'il contribue à intégrer durablement à la pensée chrétienne, aux côtés d'Augustin, de Boèce, du Pseudo-Denys et des commentateurs arabes et juifs comme Avicenne et Maïmonide. Suspectée lors des condamnations de 1277, l'œuvre est ensuite devenue le socle de la théologie scolastique : Thomas est canonisé en 1323, proclamé docteur de l'Église en 1567, et sa doctrine est recommandée comme référence par l'Église catholique, notamment depuis l'encyclique Aeterni Patris (1879).