Ouvrage
La Venus à la fourrure de Von Sacher Masoch
Dans La Vénus à la fourrure, Séverin se fait esclave volontaire de Wanda, qui l’humilie et le fouette vêtue de fourrure jusqu’à ce qu’un amant plus fort qu’elle le « guérisse » de sa soumission — et que Sacher-Masoch en tire que la femme ne peut être que despote ou esclave tant qu’elle n’est pas l’égale de l’homme.
Contenu
Le récit dont le nom de l’auteur, Masoch, a donné le mot « masochisme ». C’est une nouvelle du cycle inachevé L’Héritage de Caïn, largement autobiographique.
Un narrateur rêve de Vénus en fourrure, puis trouve chez son ami Séverin von Kusiemski un tableau le représentant à genoux, fouetté par une femme en pelisse. Séverin lui tend un manuscrit : Confession d’un homme suprasensuel.
Séverin y raconte sa passion pour Wanda von Dunajew, jeune veuve rencontrée dans une station. Il ne veut pas seulement l’aimer : il veut être son esclave. Wanda, d’abord réticente, préfère un homme qui la domine ; elle finit par accepter un contrat d’un an : elle sera maîtresse, toujours vêtue de fourrure, libre de le fouetter, de l’humilier, même de le tuer. Séverin prend le nom de valet « Gregor ». Ils partent pour Florence. Wanda s’enfonce dans le rôle, fait appel à des servantes pour le châtier, et méprise en même temps l’homme qui se laisse faire.
La rupture vient avec Alexis Papadopolis, Grec byronien auquel Wanda, elle, voudrait se soumettre. C’est lui qui fouette Séverin sous les yeux de Wanda. L’humiliation « guérit » Séverin : le désir de soumission s’éteint.
Morale que Séverin tire à la fin : la femme, telle que la nature l’a faite et que l’homme l’éduque, ne peut être que son esclave ou son despote, jamais sa compagne — jusqu’à ce qu’elle ait les mêmes droits, la même éducation et le même travail. Entre paganisme sensuel (Vénus gelée dans le Nord chrétien, d’où la fourrure) et culpabilité, le livre fixe le fétichisme de la fourrure, du fouet et du contrat comme scène fondatrice du masochisme littéraire.